Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

vendredi 10 avril 2009

Robinson 2

Il faisait froid, il neigeotait doucement et il y avait comme un parfum d'urgence indéfinie qui flottait autour de nous. J'ai ajusté le col de ton manteau, je t'ai poussée dans un taxi. Ça, je m'en souviens... Je m'en souviens d'autant mieux que, t'aidant à monter, je t'ai soutenue, j'ai posé une main sur ta hanche, l'autre au bas de tes reins et j'ai pris l'exacte mesure de ma soudaine et violente gourmandise pour ce corps chaud qui s'offrait sans se donner encore...La suite, ce n'est pas que je l'ai oubliée, non. Mais j'ai l'impression de l'avoir vécue comme si j'avais regardé la scène de l'extérieur et si, prenant quelques notes hâtives sur mon carnet, j'avais donné un autre sens à tout ce qui se passait...

D'abord, c'était une énorme voiture qui tanguait sur la neige et qui sentait le cèdre, comme lorsque les Amérindiens en font se consumer la poudre au cours de leurs rituels et j'ai eu la vision fugace d'une Julie extasiée, s'enivrant d'odeurs d'encens et de vanille... Je me suis assis à mon tour et elle est venue se blottir contre moi, laissant à sa gauche au moins deux mètres de banquette vide... J'ai senti sa chaleur. Elle avait froid mais je sentais sa chaleur à travers nos vêtements ! Ou alors je la supposais : elle devait brûler de l'intérieur. Et puis je me souviens avoir vu ses bas dans l'ouverture de son manteau. Ses genoux et ses bas, dont j'ai même aperçu le liseré de dentelles. "Une jupe par ce temps, ai-je pensé, elle s'est trompée de saison... ou de pays !" Et c'est parce que j'ai eu envie de la protéger, de la recouvrir, que j'ai posé ma main sur son genou, juste en dessus peut-être, que j'ai senti sous ma paume, le grésillement sensuel du nylon, puis que j'ai réalisé que quelques centimètres plus haut, sa peau blanche devait être nue.

Et de la même façon que, un peu plus tôt au milieu de la foule, j'avais eu sauvagement envie de voir ses seins nus sous son pull pour les saisir et les mordiller, je n'ai pu m'empêcher de désirer cette chair blanche faisant une petite dépression à la lisière de la jarretière, tandis qu'elle se pressait encore plus étroitement contre moi, qu'elle ne cessait plus de me regarder avec ses yeux en amande et qu'elle avait passé sa main sous mon bras, la laissant reposer sur ma cuisse à quelques infimes soupirs de mon sexe raidi !

"Vous ne connaissez pas la ville..." lui disais-je inutilement... Elle me disait "Non..." et pensait à autre chose.

Ce n'est qu'en évoquant plus tard cet épisode que j'ai compris qu'elle attendait elle-même que mes doigts s'aventurent plus loin et que dans ce taxi, dans le dos du chauffeur, sans un mot, je me hasarde jusqu'au creux de son désir... "Et le mascaret, vous savez ce qu'est le mascaret ici, sur la rivière ? " Elle faisait non de la tête et je pensais "J'ai envie de ma main au creux de tes cuisses, de ton petit animal sauvage autour de mes doigts, j'ai envie que tu m'inondes"... et elle faisait oui du bout des yeux, sans savoir ce que j'imaginais...

Et le chauffeur disait "C'est-tu donc la première fois que vous venez ici ?" ou encore "Nous voilà rendus..."
Elle avait fermé les yeux.
Ma main musardait sous sa jupe...

Posté par Eronaute à 11:59 - Pourquoi pas ? - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 7 décembre 2008

Amarres larguées

(Réedition)

Manœuvre à virer, la nuit sur le grand fleuve.

FlashAmarres larguées.
Demi-tour sur place, barre à tribord, en avant lentement...
Les Abeilles du port s'activent, vibrillonnent et s'accolent au navire pour de somptueux baisers de métal. Elles tirent et poussent, vont et viennent le long de la coque. Les haussières se tendent et claquent, s'ébrouent, dispersant alentour des cataractes irisées. Les remorqueurs se cabrent dans des bouillonnements d'écume... Le monstre s'ébranle et la proue fantomatique du cargo bientôt me fait face, majestueuse, qui se dresse dans un gémissement de câbles raidis.

Du haut des mats de charge, de gros projecteurs lèchent le ponton de leurs faisceaux, éclaboussent soudain notre voiture et leur lumière blanchâtre illumine un instant la croupe impudique puis la nuque de Douce qui, penchée entre mes cuisses s'affaire et me suce, faisant jaillir la promesse d'un autre voyage...

Posté par Eronaute à 18:43 - HISTOIRES VRAIES - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 19 novembre 2008

Ceintures

Emma

La ceinture de ©Emma vient s'ajouter à la collection qui n'attend que d'être enrichie par vos soins et vos contributions diverses...

Les "Ceintures"
de l'Eronaute,
sont à voir ICI...

Posté par Eronaute à 18:13 - PHOTONAUTE - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 15 mars 2006

Amarres larguées

Manœuvre à virer dans la nuit sur le grand fleuve.

Demi-tour sur place, barre à tribord, en avant lentement... Amarres larguées.

Les Abeilles du port s'activent, s'accolent au navire pour de somptueux baisers de métal. Elles tirent et poussent, vont et viennent le long de la coque. Les haussières se tendent et claquent, s'ébrouent, dispersant alentour des cataractes irisées. Les remorqueurs se cabrent dans des bouillonnements d'écume... Le monstre s'ébranle et la proue fantomatique du cargo bientôt me fait face, majestueuse, qui se dresse dans un gémissement de câbles raidis.

Du haut des mats de charge de gros projecteurs lèchent le ponton de leurs faisceaux, éclaboussent soudain notre voiture et leur lumière blanchâtre illumine un instant la croupe impudique puis la nuque de Douce qui, penchée entre mes cuisses s'affaire et me suce, faisant jaillir la promesse d'un autre voyage...

Posté par Eronaute à 08:25 - HISTOIRES VRAIES - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 19 février 2006

Il pleuvait

Deux portières se sont refermées, troublant le parking désert d'échos indiscrets...

Puis il y eut des mains. Des mains et des doigts, des doigts et des bouches, des bouches et des lèvres, des lèvres et des regards. Qui se cherchaient. Qui se trouvaient...

Il y eut son souffle dans mon cou, sa respiration et la mienne. De la buée sur les vitres...

Et les gémissements soyeux d'une jupe trop longue, le froissement fiévreux d'étoffes bouleversées. Et soudain dans l'ombre, l'éclair satiné d'une cuisse tendue, dans l'écrin d'un bas noir...

Et l'humide douceur d'un désir qui s'ouvrait...

Dehors il pleuvait...

Posté par Eronaute à 19:32 - HISTOIRES VRAIES - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

== Publicité ==


« Accueil  1