mardi 19 novembre 2013

Forêt de nuit

- C'est beau une forêt la nuit, quand il pleut, disait-elle...

... Nous roulions sur un chemin forestier. Je me suis arrêté à l'orée d'une clairière.

Elle s'est tortillée sur le siège.
Elle a retiré ses vêtements.
Elle est sortie 
sous l'averse tiède.

Elfe sylvestre improbable, elle virevoltait dans les phares de la voiture... Elle s'est approchée d'un grand pin, s'est collée à l'écorce trempée pour s'y frotter, impudique et sauvage. Subjugué par la fascination qu'elle semblait éprouver pour ce fût monumental, j'ai voulu voir de près l'étroit baiser de son ventre et du tronc qu'elle embrassait entièrement. La pointe de ses seins s'érigeait à la caresse rugueuse, alors que par à-coups successifs, son pubis battait délicatement contre l'immense phallus de bois. Dos cambré à l'extrême elle tendit son cul : l'eau s'y rassemblait, coulait entre ses fesses jusqu'à sa vulve qui ruisselait comme une source...

Sous la pluie, je me suis abreuvé et j'ai pris le fruit qu'elle m'offrait en silence...

 

Forêt la nuit

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mardi 8 juin 2010

Sylve nocturne

Je me demande parfois comment nous ne nous sommes jamais lassés de nos rituels coquins avec Agnès... Leur variété peut-être...

L’un des plus fréquents, qui pour des raisons mystérieuses nous paraissait inévitable, consistait en ce qu’elle se retrouve de nuit, nue dans des sites divers et parmi les plus improbables ! Il y eut donc des places de villages, des chapelles, des cimetières, des chemins creux, les bords de Seine, le bois de Boulogne, des escaliers, des couloirs et des ascenseurs d’hôtels, un port de pêche ou deux, des aires d’autoroutes et des péages... J’en passe ! Moments uniques, étranges et jubilatoires, préludes à nos nuits les plus chaudes. Les plus tendres aussi.
Elle cédait à mes suggestions ou bien, spontanément – et elle avait un vrai talent pour faire ça – elle commençait l’air de rien à s’effeuiller dans la voiture puis me demandait de m’arrêter. Elle descendait, laissait glisser les derniers vestiges de sa pudeur et prenait des poses innocentes en observant le paysage alentour. C’était alors à qui trouverait l’idée la plus farfelue, la plus osée, la plus...

Un soir... Je me souviens, c’était un début d’été caniculaire. Le rituel attendu s’imposa de nouveau... Nous roulions en bord de mer dans le couchant ; dans les derniers éclats rougeoyants du soleil elle retirait ses vêtements pour ne conserver bientôt qu’un foulard léger. Par un chemin désert, nous nous sommes aventurés au cœur de la forêt côtière. Jusqu’à cette clairière où je crois, nous mourions d’envie de faire l’amour "sous l'obscure clarté qui tombait des étoiles"... J’ai coupé le moteur. Silence peuplé de bruissements inquiétants, fûts vertigineux dressés devant nous, nuit noire bientôt, transpercée par les phares. C’est dans ce paysage fantomatique qu’elle m’est apparue soudain, frêle silhouette, nue, fragile dans la lumière crue... Nous avons fait quelques pas. Je lui tenais la main, je la désirais, nous avancions vers la noirceur impénétrable…
- Envie d’avoir peur, murmura-t-elle...
- Pardon ?
- J’ai un peu peur. J’ai envie d’avoir peur...
- Et c’est bon, n’est-ce pas ?
- Oui...
- Et si je te laissais là ?
- Non ! ... Oui...

J’avoue que je ne comprenais pas tout… Comprendrai-je un jour tout des femmes ? J’espère que non... Je devinais sans doute : fantasme de viol ou je ne sais quoi, l’abandon, la fragilité, l’envie de fuir et de ne pas pouvoir – comme dans ces rêves où l’on essaie de courir sans avancer d’un pas - la peur au ventre qui exacerbe l’excitation... J’avoue aussi que la situation me troublait : l’idée de la livrer ainsi à l’inconnu me donnait le curieux sentiment de la posséder davantage. Je m’éloignai...
- Attendez...
- Tu as la trouille ?
- Oui... Mais éteignez les phares...
Revenu à la voiture, j’ai coupé la lumière... J’ai bruyamment claqué la portière et je suppose qu’elle a entendu mes pas qui s’éloignaient.

Je me suis assis quelque part au pied d’un arbre, dans un taillis pour qu'elle ne me voie plus... Moi, je ne percevais plus au loin que la tache claire de son corps, comme une apparition sur le touffus du sous-bois ; les yeux plissés, je croyais voir ses seins tendus soulevés par sa respiration, j’imaginais avec délectation la tâche plus sombre de son pubis. Je la rêvais plus nue que nue... La nuit était douce et parfumée, vibrante de craquements infimes, de souffles inquiets, de silences invisibles... Une appréhension étrange me gagnait, qui céda bientôt à de sourdes terreurs où l’image d’Agnès dénudée, offerte à son effroi, vint se ficher dans mon ventre comme un pal en fusion ! Un désir sauvage et brut s’imposa : je bandais... Je n’ose imaginer quelle partie primitive de mon cerveau me soufflait de partir en chasse et de chercher l’apaisement dans les chairs intimes d’Agnès. Silencieusement, je revins vers elle...

Debout contre un hêtre, elle y appuyait le front, frôlait de ses seins l’écorce rugueuse, entourait le tronc d’un bras et se balançait doucement d’avant en arrière  faisant saillir ses fesses blanches. Agnès se caressait ! Spectacle improbable, inattendu et qui pourtant, mesuré à mes propre réactions, me parut dans l’instant inévitable, évident... Elle ne m’entendait pas ou faisait semblant de ne pas m’entendre poursuivant ses caresses, si bien que je fus sur elle sans qu’elle puisse se retourner. Je l’ai serrée contre moi pour qu’elle sente l’ardeur de mon désir, et me défaisant à peine, je l’ai prise ainsi, la pénétrant d’un coup...
Nous avons joui ensemble, instantanément ou peu s'en faut, en hurlant comme des bêtes...

Plus tard, tendrement blottie contre moi alors que nous venions de nous aimer encore mais plus paisiblement, Agnès qui tremblait toujours me dit :
- Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai eu peur...
- Tu m’en veux ?
- Oui... Mais non...
Et après un long frisson :
- Vous pourriez me violer un jour ?

______________

Il y a souvent d'étranges échos dans certaines forêts ! Tenez...

Ici, Chilina
Là, Elodie

Et  qui encore ?

Et je pense à Baudelaire... Correspondances, Les Fleurs du mal.

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

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mercredi 17 mars 2010

Nettoyage de printemps...

Ah, cette envie de faire le ménage, au printemps !

On peut toujours donner un coup de balai ou d'aspirateur dans tous les coins, mais ce n'est pas suffisant. Le nettoyage de printemps, ça passe aussi par l'anamnèse, la mise en ordre des souvenirs, le rangement de ses petites archives, le règlement de compte avec ses vieux démons, ses ratages et ses râteaux... Un vrai bordel !

J'ai tout sorti de mes placards. En fait, je cherche un vieux texte inédit (et manuscrit !) de A. R-G. que je conserve là, quelque part... Un trésor. Il y raconte une histoire de masturbation, sujet que ma Douce affectionne particulièrement. Elle adore ça ! Il y a peu, elle est même arrivée à me convaincre de me manualiser pour elle, jusqu'à l'orgasme, devant une caméra ! Pas pu lui refuser. Encore moins d'ailleurs qu'elle en a fait autant pour moi et c'était vraiment... Mais bon, c'est une autre histoire !

Et donc gisent devant moi des milliers de fragments de vie, des lettres, des photos, des fantômes, des plaisirs, des regrets... Et puis là, entre deux coupures de presse, une photo, une lettre ! Et m'est revenu un truc...

Plus jeune, j'étais persuadé que les femmes et moi, ça ne fonctionnait pas bien ! Pourtant, je "fréquentais" comme on dit. Je n'étais pas seul, je concubinais déjà, mais je n'étais guère entreprenant, donc intimidé, donc... Sais pas, moi... Un complexe, un relent d'éducation judéo-chrétienne, une mauvaise connexion entre ma libido et le monde.  Jusqu'à ce jour précis, un 13 janvier exactement, où je me suis aperçu que j'avais tout faux. C'est arrivé un soir sur le coup de 22 heures... Je raccompagnais une collègue chez elle, hors de la ville... "Tu peux me rentrer, m'avait-elle dit, je te paye un verre..." Même pas relevé l'ambigüité de la formule. Ou alors in petto.

Nuit noire sur une petite route de montagne. L'hiver venait doucement... On devisait, on parlait plus ou moins de cul, celui des autres évidemment... Et puis son mec du moment, ma nana... Et puis d'un coup : "Tu veux bien t'arrêter une minute, s'il te plaît ?" Je me suis garé vite fait, pensant qu'elle avait un besoin pressant et qu'elle allait le satisfaire là, sur le bas-côté, à deux mètres de la voiture... J'imaginais déjà ses fesses dans la lumière des phares, le murmure acidulé de son petit jet entre ses lèvres ! Au lieu de ça, elle s'est tournée vers moi, a défait tranquillement ma ceinture en me regardant droit dans les yeux, ouvert mon jean, sorti ma queue qui s'y croyait déjà... Et puis elle a plongé entre mes cuisses, gobant tout sur son passage dévastateur ! Je me souviens qu'il a commencé à neiger à ce moment là... De gros flocons légers et définitifs qui tournoyaient contre les glaces embuées. Coincé derrière le volant, je n'ai pu que poser une main sur sa tête, l'autre fourrageant sous son pull pour y trouver ses seins aux pointes arrogantes.

J'ai joui comme une bête fauve ! La position assise n'est pas très confortable pour ce genre d'exercice : tu as l'impression que ça ne pourra jamais venir, que tu vas imploser... Mais non ! C'est venu. Elle a eu comme un petit hoquet, puis je l'ai nettement entendue déglutir avant de se relever, les lèvres toutes luisantes. "Bon, m'a dit Joëlle..." Elle me tenait encore dans ses mains et poursuivait un lent malaxage de mes génitoires que lubrifiait le peu de ma semence échappée de sa bouche "Tu imagines pas à quel point j'avais envie de te sucer... Il va falloir qu'on baise maintenant. Ça urge... On y va ?" *

 

Quoi la photo ?
Ah oui, dans mon petit bazar répandu à mes pieds...
Une photo, une lettre. Du temps où je pensais que...
Eh bien justement...
Mais ça aussi c'est une autre histoire ! Annig, elle s'appelait...

 

 

____

* On ira utilement voir , chez Succuba, de souriantes correspondances...

 

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vendredi 10 avril 2009

Robinson 2

Il faisait froid, il neigeotait doucement et il y avait comme un parfum d'urgence indéfinie qui flottait autour de nous. J'ai ajusté le col de son manteau, je l'ai poussée dans un taxi. Ça, je m'en souviens... Je m'en souviens d'autant mieux que, l'aidant à monter, je l'ai soutenue, j'ai posé une main sur sa hanche, l'autre au bas de ses reins et j'ai pris l'exacte mesure de ma soudaine et violente gourmandise pour ce corps chaud qui s'offrait sans se donner encore... La suite, ce n'est pas que je l'ai oubliée, non. Mais j'ai l'impression de l'avoir vécue comme si j'avais regardé la scène de l'extérieur et si, prenant quelques notes hâtives sur mon carnet, j'avais donné un autre sens à tout ce qui se passait...

C'était une énorme voiture qui tanguait sur la neige et qui sentait le cèdre, comme lorsque les Amérindiens en font se consumer la poudre au cours de leurs rituels et j'ai eu la vision fugace d'une Julie extasiée, s'enivrant d'odeurs d'encens et de vanille... Je me suis assis à mon tour et elle est venue se blottir contre moi, laissant à sa gauche au moins deux mètres de banquette vide... J'ai senti sa chaleur. Elle avait froid mais je sentais sa chaleur à travers nos vêtements ! Ou alors je la supposais : elle devait brûler de l'intérieur. Et puis je me souviens avoir vu ses bas dans l'ouverture de son manteau. Ses genoux et ses bas, dont j'ai même aperçu le liseré de dentelles. "Une jupe par ce temps, ai-je pensé, elle s'est trompée de saison... ou de pays !" Et c'est parce que j'ai eu envie de la protéger, de la recouvrir, que j'ai posé ma main sur son genou, juste en dessus peut-être, que j'ai senti sous ma paume, le grésillement sensuel du nylon, puis que j'ai réalisé que quelques centimètres plus haut, sa peau blanche devait être nue.

Et de la même façon qu'un peu plus tôt au milieu de la foule, j'avais eu sauvagement envie de voir ses seins nus sous son pull pour les saisir et les mordiller, je n'ai pu m'empêcher de désirer cette chair blanche faisant une petite dépression à la lisière de la jarretière, tandis qu'elle se pressait encore plus étroitement contre moi, qu'elle ne cessait plus de me regarder avec ses yeux en amande et qu'elle avait passé sa main sous mon bras, la laissant reposer sur ma cuisse à quelques infimes soupirs de mon sexe raidi !

"Vous ne connaissez pas la ville..." lui disais-je inutilement... Elle me disait "Non..." et pensait à autre chose.

Ce n'est qu'en évoquant plus tard cet épisode que j'ai compris qu'elle attendait elle-même que mes doigts s'aventurent plus loin et que dans ce taxi, dans le dos du chauffeur, sans un mot, je me hasarde jusqu'au creux de son désir... "Et le mascaret, vous savez ce qu'est le mascaret ici, sur la rivière ? " Elle faisait non de la tête et je pensais "J'ai envie de ma main au creux de tes cuisses, de ton petit animal sauvage autour de mes doigts, j'ai envie que tu m'inondes"... et elle faisait oui du bout des yeux, sans savoir ce que j'imaginais...

Et le chauffeur disait "C'est-tu donc la première fois que vous venez ici ?" ou encore "Nous voilà rendus..."
Elle avait fermé les yeux.
Ma main musardait sous sa jupe...

Posté par Eronaute à 11:59 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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lundi 16 mars 2009

De fil en aiguille...

Je flâne, noctambule et solitaire le long d'une avenue déserte lorsqu'une petite voix venue d'ailleurs me tire de ma rêverie…

- Monsieur, s'il vous plaît ! Monsieur…
Une élégante brunette s'agite dans son cabriolet, empêtrée dans sa ceinture et vaguement brumeuse. Son œil pétille toutefois d'une étonnante malice.
- Ils m'ont bloquée… Ne pourrai jamais sortir d'ici, moi… Prise devant, prise derrière… Comment voulez-vous…
Elle rit.
Brusque coup d'accélérateur ! Bruit de verre pilé à l'arrière… Elle enclenche une première vrombissante, torture le volant, finit sa course dans la berline noire de devant dont l'alarme hurlante et clignotante se met en route…
- S'il vous plaît… Vous me sortiriez de…
Elle rit, elle pleure. Je ne sais plus trop. Elle non plus. Adorable… Elle se pousse côté passager, chiffonnant sa jupe qui s'accroche au levier de vitesses. Dans un sursaut menaçant, le moteur cale.
Bon, d'accord…

Vingt-cinq athlétiques coups de volant plus tard et sa voiture enfin dégagée, je tente de prendre congé lorsque…
- Nooon ! Attendez. Je ne suis pas très… Je ne peux pas… Ça vous ennuierait de me conduire jusque chez moi ? C'est juste là… S'il vous plaît ! Vous voulez bien ?
Je lui dirais bien qu'elle n'a qu'à rentrer à pied, que ça lui remettrait les idées en place, que… Mais à l'observer plus attentivement, je suis pris d'un doute. Et si elle allait s'effondrer dix mètres plus loin ? Si elle se perdait ? Si elle se faisait agresser ? Et sa voiture en double file ? Ok, j'ai compris...

B
ien droite sur le siège passager, elle remet en place le col de son chemisier, lisse sa jupe curieusement courte tout à coup et me donne quelques indications sur le trajet, la façon de m'y prendre… Droite, gauche, deuxième feu… C'est là. Place libre miraculeuse devant l'entrée d'un immeuble cossu. Sortie chancelante du véhicule, restitution des clefs, remerciements, mondanités… Elle s'éloigne, s'écroule sur les marches, se relève, digne. En larmes… Et merde !
- Vous…

5, 4, 7… non 3 puis A… Bzzz !
Nous passons victorieusement l'épreuve du digicode. Le hall s'inonde soudain de lumière, je nous vois dans douze miroirs à la fois : couple approximatif qui m'est étranger, moi un peu défait à force de la hâler, elle qui s'accroche à moi, petite femme menue, brune, paumée. Belle ! La porte de l'ascenseur s'ouvre, tentante… Se referme sur nous en soupirant...

- Je crois que je vais...
Au milieu du salon où j'ai réussi à la conduire, elle lâche prise, glisse le long de ma veste, s'accroche dangereusement à ma ceinture... S'endort, un sourire d'ange sur les lèvres, tandis qu'un chat persan sorti de nulle part se frotte à mes jambes en ronronnant ! Eh bien, me dis-je, allons-y... Je la remorque plus que je ne la porte jusqu'à une chambre et la débarque sans façon, en travers, sur le grand lit, jambes pendantes.
Elle ouvre un œil.
- Mes chaussures... me déshabiller, dit-elle en se trémoussant.

Ah, non !
Juste la remettre dans le bon sens, lui retirer ses escarpins, me tirer vite fait, bordel ! Un téléphone sonne dans l'immeuble, une porte claque. Le chat miaule à fendre l'âme. Dans ma retraite, je passe devant la cuisine, trouve un paquet de croquettes... Et si elle avait eu un chien, me dis-je un peu rêveur, ou un homme...
Je vais enfin franchir la porte, la refermer doucement quand je suis pris d'un doute, d'une inquiétude, je ne sais pas... J'y retourne. Bref instant de panique : ses vêtements sont en tas sur la moquette et elle repose nue, paisible, sur le jeté de lit bleu ciel... Curieusement, c'est à ce moment là que je vois vraiment son visage, ses cheveux courts et noirs, ses traits fins, ses sourcils finement ciselés en accents circonflexes, sa bouche un peu moqueuse. Elle sourit en dormant, abandonnée à ses rêves d'ivresse ! Elle a passé l'un de ses bras sous sa tête et cela lui remonte tendrement le sein gauche que je vois se soulever au rythme de sa respiration. Le bras droit repose sur son ventre, la main posée comme un papillon sur son léger buisson noir...
Je devine une longue fente sombre...

Je me suis assis sur le rebord du lit pour la regarder... Mon indiscrétion volontaire et son impudeur inconsciente confinent à l'obscénité ! Situation inédite. Silencieux, je l'observe, je grave chaque menu détail, de son corps... La trace d'une cicatrice d'enfance sur son épaule, un grain de beauté sur sa cuisse gauche, un léger hématome sur sa hanche. Je me raconte son histoire, je la fais mienne...
- J'ai nourri votre chat, dis-je soudain à mi-voix...
Je sursaute presque : ce sont les premiers mots que je lui adresse depuis que je l'ai rencontrée. Sortant enfin de ma contemplation hypnotique, je la couvre délicatement d'un plaid qui traîne au pied du lit et me glisse sans bruit hors de la chambre. Il serait temps que je rentre...

Une petite voix venue du fond de l'appartement...
- C'est une chatte... Vous l'aimez bien, ma chatte ?

J'ai tiré la porte derrière moi...

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dimanche 7 décembre 2008

Amarres larguées

Manœuvre à virer, la nuit sur le grand fleuve.

FlashAmarres larguées.
Demi-tour sur place, barre à tribord, en avant lentement...
Les Abeilles du port s'activent, vibrillonnent et s'accolent au navire pour de somptueux baisers de métal. Elles tirent et poussent, vont et viennent le long de la coque. Les haussières se tendent et claquent, s'ébrouent, dispersant alentour des cataractes irisées. Les remorqueurs se cabrent dans des bouillonnements d'écume... Le monstre s'ébranle et la proue fantomatique du cargo bientôt me fait face, majestueuse, qui se dresse dans un gémissement de câbles raidis.

Du haut des mats de charge, de gros projecteurs lèchent le ponton de leurs faisceaux, éclaboussent soudain notre voiture et leur lumière blanchâtre illumine un instant la croupe impudique puis la nuque de Douce qui, penchée entre mes cuisses s'affaire et me suce, faisant jaillir la promesse d'un autre voyage...

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mercredi 19 novembre 2008

Ceintures

Emma

La ceinture de ©Emma vient s'ajouter à la collection qui n'attend que d'être enrichie par vos soins et vos contributions diverses...

Les "Ceintures"
de l'Eronaute,
sont à voir ICI...

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dimanche 19 février 2006

Il pleuvait

Deux portières se sont refermées, troublant le parking désert d'échos indiscrets...

Puis il y eut des mains.
Des mains et des doigts
des doigts et des bouches
des bouches et des lèvres
des lèvres et des regards
Qui se cherchaient. Qui se trouvaient...

Il y eut son souffle dans mon cou, sa respiration et la mienne.
De la buée sur les vitres...

Et les gémissements soyeux d'une jupe trop longue, le froissement fiévreux d'étoffes bouleversées.
Et soudain dans l'ombre, l'éclair satiné d'une cuisse tendue, dans l'écrin d'un bas noir...

Et l'humide douceur d'un désir qui s'ouvrait...

Dehors il pleuvait...

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