jeudi 23 octobre 2008
Frivolités
Ah, très Chère, vous vous demandez si je pense à vous ?
Enfin, au cas où vous vous le demanderiez : oui !
Oui, vous dis-je, et de façons diverses au fil de la journée...
Bien sûr, il y a des moments où je pense aussi à mon travail, à ceci ou cela, ou même à d'autres personnes, précieuses connaissances ou vieux amis (tiens, notamment à... Mais peu importe, je digresse).
Si je pense à vous, donc ? Oui. Et tenez, pas plus tard que ce matin !
Non, pas immédiatement à mon réveil qui me laisse généralement assez "vaseux" pendant un petit quart d'heure... Un peu plus tard... Reprenant mes esprits devant mon café, sommairement vêtu d'un t-shirt léger, le sexe distraitement bandé...
Je ne sais quelle association mystérieuse entre lui et vous a favorisé une érection plus conséquente. Enfin... modeste, tout de même, n'exagérons rien... Je sais qu'il est de bon ton chez un homme de laisser croire à des tailles considérables et par conséquent à des turgescences hors norme, mais non !
J'ai alors envisagé d'un oeil torve l'heure matinale sur la pendule de la cuisine, j'ai imaginé avec un peu d'envie votre sommeil encore paisible sous votre couette douillette et, de fil en aiguille si je puis dire, d'évocation de douceur ou de tiédeur en visualisations diverses, l'évidence de votre intimité moite m'est apparue sournoisement et... Et là, foin de modestie, nom de Zeus, la chose a pris rapidement des proportions intéressantes. Mais bref (enfin non, justement, mais bon...), je vous épargne les détails...
Je suis donc resté quelques minutes ainsi, posé du bout des fesses sur ma chaise en
paille, considérant le phénomène, philosophant un brin et me disant que nous étions vraiment peu de chose, nous les hommes, devant les mystères de la nature... Puis, pour satisfaire ma curiosité légendaire, je suis allé vérifier l'incongruité de la situation dans un miroir. J'y ai trouvé l'image d'un vieux satyre priapique à poil sous un t-shirt froissé, mal rasé, le cheveu hirsute, les yeux bouffis et le sexe inutilement dressé, tenant élégamment de sa main droite une tasse de café fumant, tandis qu'un journaliste insipide évoquait à la radio l'effondrement mondial des cours de la bourse !
Je n'avais pas le temps de m'attarder... Dommage, me dis-je, il faudrait bien qu'un jour j'arrive à fixer sur une photo ces curieux instants d'exhibition auto-satisfaisante qui attiseraient sans doute votre gourmandise, ou l'éteindraient à jamais...
lundi 25 août 2008
Lever du jour...
Il faisait frais, ce matin-là, sur la terrasse...
J'étais sortie très tôt, attirée par le soleil radieux de cette matinée d'août. Nue, enroulée dans une grande couverture, je profitais de la tranquillité de ce moment où tout était si calme. J'étais bien. Il y avait, dans cette nudité que seule une mince couverture séparait du reste du monde, quelque chose d'impudique qui affolait mes sens.
Mes doigts, invisibles pour le reste du monde, s'égaraient... Comme chaque fois que je pense à lui... À ses caresses, à ses baisers... À son souffle dans mon cou. À sa voix, chaude et douce. J'avais fermé les yeux, tout entière à mon plaisir.
Je l'ai senti se glisser sous la couverture. Mélange d'excitation et de honte de m'être laissée surprendre dans un tel moment d'abandon. Et cette rougeur sur mes joues le ravissait... Je suis si belle, lorsque je rougis, me répète-t-il souvent... Après s'être amusé quelques instants du trouble qu'il provoquait chez moi, il a à nouveau guidé mes doigts au creux de mon intimité. "Jouis pour moi", réclama-t-il alors...
Demandé si gentiment, je n'ai pas su refuser...
mardi 6 novembre 2007
Journal
Justine a tranquillement terminé sa page d'écriture.
Puis elle s'est relue, et s'est relue encore, gravement, en glissant une main entre ses cuisses...
Elle a fermé les yeux, la tête un peu penchée sur le côté...
Puis elle a joui, doucement, sans bruit pour ne réveiller personne...
Elle a refermé son cahier, en le mouillant un peu, là, juste au bas de la page...
Et elle est allée se coucher sans bruit, se disant que si son journal intime pouvait parler, il lui en dirait des choses coquines...
vendredi 8 décembre 2006
Sans détour...
C’est vrai que vous avez fini par lui donner envie de se... Vous étiez tellement excitée, chaude, désireuse de vous faire prendre, qu'il a eu l'idée un peu perverse de vous faire attendre, jambes ouvertes, assise sur le grand fauteuil d'osier et les mains mollement liées dans le dos...
Vous étiez trempée, la chatte suintante, gorgée de désir. Votre fente s'ouvrait largement et lui laissait voir battre l'intimité votre coquillage rose… Et cette fente humide aux lèvres écartées, il l'a désirée au point de bander de plus en plus fort, de plus en plus dur, de plus en plus gros… Il aurait voulu vous pénétrer profondément, sentir votre sexe se resserrer autour de lui. Mais il voulait aussi vous agacer, vous rendre folle... Voir jusqu'à quel point vous pouviez vous exciter. C'est ainsi que vous lui avez donné envie de se masturber, là, devant vous qui ne pouviez qu'assister. Pour vous provoquer davantage !
Il n'a fait qu'entrouvrir son pantalon... Il a sorti son sexe qui s'est détendu comme un ressort sortant de sa boîte et vous l'a présenté, le tenant à deux mains... Vous ne le lâchiez pas des yeux, et vous baviez, vous passant la langue sur les lèvres. Vous auriez aimé le sucer, le prendre tout entier dans votre bouche, le mordre, l'avaler, le lécher des couilles jusqu’au gland… Et vous en repaître jusqu’à ne plus pouvoir respirer.
Mais c’est lui qui le tenait : une main pour sa queue qu'il branlait doucement, une main pour ses bourses qu'il massait. Par réflexe, vous ouvriez plus encore les cuisses et vous lui offriez votre chatte buissonnante. Mais il ne vous touchait pas... Il vous laissait à votre désir, prisonnière des liens de soie qui vous entravaient et qui ne vous permettaient que de vous toucher du bout des doigts… Et lui, là, juste devant vous... Votre fente ouverte dégoulinait, coulait jusque sur le parquet. Si ! Souvenez-vous... Il a eu envie de vous boire, de vous lécher le con pour vous rendre folle de désir… Votre cul dansait, vos fesses ondulaient, votre trou s’offrait à ses caprices… Il savait bien ce que vous vouliez : vous vous livriez à lui, vous attendiez qu'il vous prenne, sauvagement, autant pour assouvir vos désirs que pour vous soumettre ! Vous aimez tellement ça, le désir, le plaisir, la jouissance…
Vous aimez tant vous faire baiser qu’il vous faudrait parfois plus d’une queue pour vous satisfaire ! Mais pas cette fois ! Il se masturbait, se donnait à voir, s'exhibait… Jusqu'à ce qu'il éjacule et qu'il se répande sur vous en quelques jets longs et tièdes qui vous ont immédiatement fait jouir, dès qu'ils ont touché votre bouche, votre ventre, votre motte...
Gourmande ! Encore secouée de spasmes de plaisir, vous sortiez la langue, vous vous léchiez les lèvres…
Un jour, j'en suis sûr, vous allez lui faire payer ça… à votre façon !
mercredi 29 novembre 2006
Tout doucement
C'est venu comme ça... Doucement. Sans que j'y prenne garde.

Je rêve un peu, elle est là... Ses yeux noyés dans les miens, sa bouche gourmande, sa main qui va, sa main qui vient, si légèrement, sac et ressac, et son corps ondule comme une algue au gré du désir... Je crois... Je crois... Si je l'avais laissé continuer, rien n'aurait pu l'arrêter. Sauf mon épuisement peut-être, et encore : elle aurait su me faire renaître, indéfiniment. Vague après vague. Et la houle de ses hanches, flux et reflux, sur la plage de draps blancs. Rêve encore. Ses doigts qui courent, ses lèvres. Ses lèvres. Ses lèvres... inlassables, là, qui attisent mes sens.
Tout doucement, d'abord, c'est venu comme ça, oui… Cela m'a pris, m'a saisi, m'a empoigné ! Désir évoqué, désir ravivé jusqu'à s'imposer fermement. Désir dressé, impérial, impérieux ! Jusqu'à solliciter ma main qui happe, qui empaume, qui flatte, qui caresse, qui va, qui vient… Et ne cesse plus.
Et je suis venu. Comme ça… Sans que j'y prenne garde, rêvant des chevaux de la mer, de leur crinière au vent, d'écume jaillissante, d'embruns blancs emportés et de Dame Eronaute...
mercredi 27 septembre 2006
Humus Erectus
L'automne venait déjà, avec lui sa lumière dorée sur la montagne, sa brise encore tiède et ses odeurs d'humus qui sont comme des odeurs d'amour...
Je marchais depuis deux bonnes heures cueillant ici ou là quelques champignons tentateurs, lorsque dans un fourré, un déplacement bref me figea sur place. Ce fut plus la couleur que le mouvement : dans la ramure basse de jeunes hêtres qui s'extirpaient d'un bosquet de hautes fougères, je venais de voir un éclair rose aussitôt camouflé par le placide balancement du feuillage sous la brise... Et puis encore ! Et encore... ce léger remous coloré, comme une reptation secrète et lumineuse.
Je fis quelques pas silencieux jusqu'à découvrir une minuscule clairière, un nid végétal où le soleil filtrait à travers les branches hautes. Sur la mousse, mollement étendue contre un ressaut herbu, la tête renversée, une femme était là. Me souvenant soudain du "Dormeur du val" de Rimbaud, je la crus sans vie ! Une main sur un sein, sous son tee-shirt, l'autre plongeant dans l'ouverture de son pantalon défait... Je fus bientôt rassuré sur la santé de la Dormeuse : l'étoffe rose s'animait de légers mouvements réguliers !
Je n'ai jamais rien vu d'aussi étrangement érotique qu'un pantalon négligemment entrebâillé sur le ventre d'une femme ! Une boutonnière orpheline d'un côté, un bouton esseulé de l'autre et les deux lèvres crantées d'un zip métallique et froid ouvert sur une plage lisse où l'ombre d'un fin liseré suggère déjà un sourire angélique... Sur cette arène de chair où je m'attardais, reposait le poignet de l'inconnue, tandis que le reste de sa main se dérobait à mes regards, parcouru d'oscillations lentes, parfois plus vives et dont il m'était facile d'imaginer l'exploration de plus en plus empressée.
Il y eut une sorte de fracture du temps ! Tandis qu'elle se cambrait soudain, tendant vers le ciel son pubis qui se découvrit d'un coup, sa main s'immobilisa et j'entendis alentour l'écho de ses gémissements qui se mêlèrent aux cris perçant des choucas qui tournoyaient dans le couchant... Elle retomba sur la mousse et les doigts encore nichés dans son sexe elle ouvrit les yeux et me vit. Il y eut dans son regard un bref éclair de panique, puis devant mon immobilité confuse, un sourire dont je me souviens m'être dit qu'il était aussi félin que carnassier, alors que ses deux mains se tendaient vers moi et que ses lèvres murmuraient : "Viens..."
Mon sac de champignons roula sur la mousse...
samedi 23 septembre 2006
L'Ondine

Aux caresses de l'aube
La nymphe en son jardin
Frissonnant sous son voile
Palpe d'un doigt gourmand
La mousse humide et tiède
Évoque abandonnée
L'empreinte inaltérable
D'un chimérique amant
(Peinture Yvonne Jeanette Karlsen)
vendredi 5 mai 2006
Soirée solitaire
Quelques manipulations, un clic de souris, un bouton qu'on enfonce… Et nos phrases s'effacent. Liaison interrompue.
Le "silence" retombe sur ma chambre… Les images au contraire se précisent. Dans la pénombre je brode ses mots sur ma réalité, je conjugue son désir imaginé avec le mien que je sens, lui, bien réel, se dresser au milieu de moi… J'abandonne alors comme une peau usée mon léger vêtement et nu, fier et lourd de mon sexe qui se tend vers l'impossible je vais dans mon jardin encore doux de l'automne qui vient, m'exhiber aux étoiles…
Je la vois sur son lit, abandonnée, ouverte et impudique. Ses cuisses écartées, son sexe impatient, sa main qui la cherche et l'explore... Je vois ses seins alanguis, leurs bouts qui pointent, comme un défi. Son ventre tiède où poser ma tête et que j'enivre de baisers…
Ou alors, audacieux, je la vois prosternée, cambrée, cul offert où se niche sa source aux lèvres gonflées… Fente secrète où palpite son coquillage… Je ne la prends pas encore mais je la possède, je ne la pénètre pas mais je suis en elle…
Et tandis que là-bas dans sa réalité ses doigts s'affairent sans doute et lui font plaisir, tandis qu'elle fouille au plus profond de son désir, je prends mon sexe bandé, le mouille à pleine main de ma liqueur qui perle déjà et solitaire, je nous fais l'amour...
