lundi 26 avril 2010

Rendez-vous à ...

C’est pas vraiment mon truc ce genre de rencontre, mais ça s’est fait comme ça, par distraction, curiosité, amusement, je ne sais quoi... Un rendez-vous à l’aveugle, carrément ! Pourtant, nous avons échangé quelques petits mots, quelques détails sur nous, mais de ceux qui n'engagent à rien. Et tellement vagues qu'à la fin du compte, nous ne nous connaissons pas... Pas une photo, ni de sa part ni de la mienne, même pas un prénom, juste un pseudo constitué de chiffres et de lettres sans suite, et un détail "Je suis brune" m'a-t-elle écrit un jour...

Et puis le hasard de nos déplacements : "La semaine prochaine, je vais à ***..." pour deux ou trois jours. Ca alors, moi aussi ! Rendez-vous improvisé : "Vous connaissez l'Arthropode ? Un salon de thé juste en bas de la rue Machin..." Oui, je connais. 17 heures ? "On échange nos portables, au cas où ?" D'accord... J'y serai...

Et j'y suis... Désert, le salon de thé ! Ou presque : deux consommatrices qui lèvent le nez lorsque j'ouvre la porte, me sourient vaguement... Et replongent dans leur lecture. Circonspect, je la joue modeste et détachée, je prends une table, je commande, j'observe... Toutes les deux brunes, voilà qui complique les choses. Pourtant, la petite quarantaine alerte qui est au fond, là... Elle me regarde à la dérobée, se trémousse, consulte sa montre... Voilà qu'elle se lève. Pas de doute, c'est elle. Elle s'avance, j'esquisse un mouvement, elle glisse devant moi comme une apparition et sort... Ah ben non ! Donc, c'est l'autre... Ma foi, je ne perds pas au change ! Non mais quel goujat, que je me dis ! Tu te crois où ? Oui, mais bon...

Je me décide, j'y vais... Mais la porte s'ouvre et dans le soleil couchant paraît une époustouflante brunette qu'auréole soudain la lumière dorée. Mon regard est tellement insistant qu'elle me décoche un sourire ravageur, s'installe juste à côté de moi et engage la conversation... Je reconnais bien là cette pudeur mesurée observée ces derniers jours dans nos mails. On parle bientôt de tout, de rien. Elle prend un thé et quelques pâtisseries... "Et vous êtes à l'hôtel des *** ... Ici, c'est toujours là qu'on descend... Moi aussi ! Et votre voyage ?" Elle n'arrête plus, volubile, gaie, charmante. Désirable... Elle a, me dit-elle avec un sourire en coin, réservé sa soirée. Clin d'œil assassin... Je fonds. "Au fait, moi c'est Sandrine. Et vous ?" Sa jupe droite remonte sur ses bas, je louche malgré moi. "Vous aimez ? Moi j'adore... On se sent si... Vous comprenez ? " Mon portable vibre dans ma poche...

Je dis : "On y va ?"
Petit silence incertain... Serais-je trop pressé ? Elle rougit légèrement. "Oui..."
Tandis que je règle au comptoir, je consulte mon téléphone... Un pseudo impossible, un SMS énigmatique : "Désolée. Contretemps pour ce soir : mais demain pourquoi pas ? Même heure, même endroit." Mais alors... ?

Je me retourne : Sandrine m'attend, dans le soleil...

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vendredi 31 juillet 2009

Résonances

Tout de même, Elodie, je vous dois une réponse !
Et des éclaircissements qui ne manqueront pas de vous surprendre... Parce que vous ne semblez pas vous en douter mais toutes vérifications faites et recoupements établis, je peux vous révéler à présent que je vous connais... Et même, que nous nous sommes connus, au sens biblique mais peu orthodoxe du terme. Que vous ne vous en souveniez pas ne m'étonne guère : dans l'état où vous étiez cette nuit là, je crains que vous n'ayez pas mémorisé grand chose. Et comme vous avez eu depuis, la mauvaise idée de vous éloigner de mes zones géographiques nous privant ainsi de toute possibilité de nous croiser, il est fort probable que vous ne fassiez pas maintenant le rapprochement entre l'Eronaute et cet infâme succube qui vint inopinément ce soir là vous... dans le lit de votre copine.

Mais je soupçonne, car il ne faut douter de rien et surtout pas de l'impossible, qu'un recoin de votre inconscient retient encore le vague souvenir d'une agitation friponne. Ce qui expliquerait – vous savez comme je suis gourmand d'interprétations psychologiques un peu raides – l'état dans lequel vous mettent la lecture de mes billets coquins et la vision de quelques photos dont j'émaille si parcimonieusement ce blog...

Elodie2Vous allez croire que je me moque. Mais pas du tout ! Et comment le pourrais-je d'ailleurs : j'avais ce soir-là l'esprit tellement embrumé par le saké que j'ai du avoir des élans bien désordonnés, ne prêtant attention qu'à mes plus vils instincts. J'ai tout de même en mémoire, je crois, le goût de vos lèvres, la délicatesse chaloupée de vos ondulations et la douceur soyeuse de vos cuisses... Avouez qu'il y a là de quoi alimenter les rêveries d'un homme !

Et donc depuis, nous nous écrivions un peu... Sans savoir ! Jusqu'à ce que, après votre si belle lettre que vous me demandiez de publier ici, je réalise... Devais-je garder tout cela pour moi ? Je ne crois pas ! Je suis sûr que l'évocation de cette rencontre involontaire ajoutera à votre plaisir autant qu'à votre confusion...  Cela vous va si bien ! Et ce mélange subtil a parfois des effets aphrodisiaques d'une force insoupçonnée ! Vous ne rêviez donc pas, Elodie...

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samedi 5 avril 2008

Scrogneugneu !!

Bain- Regardez...
- Quoi donc ?
- Cette photo, sur internet, là...
- Oui... Et alors ?
- Il n'y a rien qui vous frappe ?
- Ah mais, si... Maintenant que vous le dites. Merde alors...
- Je ne vous le fais pas dire !
- C'est scandaleux, comment ont-ils pu ?
- Vous vous rendez compte ? Ma salle de bain !
- Comment ça, votre salle de bain ?
- Exactement. Ils ont fait leur photo dans ma salle de bain !
- ...
- Leur photo, et je n'ose pas imaginer quelles autres cochonneries.
- Je n'ose pas non plus, je vous assure...
- Je vais porter plainte. Je les attaque, ils passent en justice, je les lamine, les écrase et leur petite salope de blondasse, idem !
- Moi aussi !
- Vous aussi ? Mais...
- Moi aussi... Et vous allez passer un salle quart d'heure !
- M'enfin...
- Et vous devrez vous expliquer !
- M'expliquer ? Et à quel sujet, je vous prie ?
- Oui Monsieur ! Leur petite salope de blondasse, comme vous dites, c'est ma femme...

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jeudi 4 janvier 2007

Réthorique du puzzle

Accoudé au zinc, je pérorais…

- L'Eronaute navigue sur toutes les mers du désir, savez-vous ? Tel Jason voyageant à bord de l'Argo, je cherche inlassablement la Toison d'Or…

- Dommage, dit-elle, je suis épilée intégralement !

- Qu'importe ! Une toison, fût-elle d'or, peut être virtuelle…

- Je ne comprends rien à ce que vous dites : ma petite affaire n'a rien de virtuel je vous assure !

- C'est une métaphore !

- Ah, je vous en prie, ne m'insultez pas…

- Mieux : c'est une métonymie. Je veux bien prendre la partie pour le tout…

- Bon… Eh bien moi je retourne chez mon homme. Lui au moins, il sait où la mettre sa… Faure… ou son Nimie, comme vous dites. Et il n'attend pas que je me dore le coquillage. Non mais ! Ça alors… Une toison d'or ! Et quoi encore ? Un buisson ardent peut-être ? Pfff…

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lundi 28 août 2006

Un imprévu

"... Un imprévu, oui... Désolée ! Je ne rentrerai qu'assez tard ! Mais que cela ne vous empêche pas de venir, vous avez une clef... Oui, comme prévu... Vous n'aurez qu'à regarder la télé en m'attendant !"  Elle riait au téléphone et semblait s'amuser de ma déconvenue.

Mathilde ! Mathilde et ses jobs multiples, ses rendez-vous, son agenda surbooké... Un courant d'air... Avant de raccrocher elle ajoute au vol :

– J'oubliais : Elodie ! Elle passera la nuit à la maison. Elle ne va pas bien. Encore une de ses histoires, je ne sais pas... Elle nous rejoindra plus tard. D'accord ? Je file, baisers...

Eh bien, le week-end serait donc amputé de quelques heures ! Ce n'était pas la première fois et Mathilde avait assez de ressource et de tempérament pour qu'on se rattrape largement le samedi matin... Et pour ce soir ma foi, j'avais quelques articles à revoir, un peu de documentation à rassembler... Sur le tard, quitte à être seul, je dégustais des sushi chez le Japonais du coin... On m'offrit le saké, je m'en offris deux autres et c'est d'assez bonne humeur que je partis chez Mathilde.

Du coin de l'œil j'aperçus la masse sombre d'une voiture garée devant la villa et je m'en voulus soudain d'avoir traîné : elle était arrivée avant moi ! J'étais à deux doigts de me sentir coupable. La maison était sombre : Mathilde devait dormir, ou faire semblant, attendant sans doute que je la "surprenne" dans le noir... Elle adore ça. L'obscurité, de légers frôlement dans la chambre, les draps qui glissent et sans un mot deux corps qui se retrouvent et qui s'étreignent tandis qu'elle feint le sommeil...

Le plus discrètement possible et légèrement embrumé par le saké, je passe l'étape de la salle de bain, enfile le long couloir, me cogne à une chaise, hésite entre les deux chambres possibles, puisque Mathilde s'offre un décor différent selon son humeur, entre enfin dans la première et... L'obscurité, une respiration paisible (dormirait-elle vraiment ?), le frôlement des draps que je fais lentement glisser sur son corps... Et puis cette douceur tiède, mes mains qui s'aventurent entre ses cuisses qu'elle ouvre peu à peu, cette moiteur enivrante... Je sens sous mes doigts son désir... Elle ondule déjà, se met sur le ventre, m'offre son cul... A genoux derrière elle, férocement agrippé à ses hanches, je la prends dans l'urgence et la transperce...

...

Un bruit venant d'en bas me tire d'un sommeil sans rêve. Quelqu'un frappe à la porte. Je me lève tant bien que mal, me couvre hâtivement de je ne sais quoi et je descends...

Sur le perron, Mathilde m'accueille, rayonnante.

– Vous en faites une tête, dites donc ! Je vous réveille ?
– Mais...
– Avez-vous vu Elodie ? Elle est venue plus tôt finalement, je lui ai donné ma clef...
– Si j'ai vu... Eh bien...

Un léger vertige me prend, je cherche mes mots. Dans mon dos, une voix pâteuse me dispense de les trouver... Elodie est en bas de l'escalier, ébouriffée, à peine couverte d'un drap qui traîne derrière elle...

– Ah, vous êtes là tous les deux... C'est bien. Je vais me recoucher : j'ai dû prendre un somnifère, ça n'allait pas du tout... Amusez-vous bien...

Posté par Eronaute à 14:18 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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