vendredi 31 octobre 2008
Démasqué !
La saison est propice à ses manifestations libidineuses...
L'Incube !

lundi 8 septembre 2008
Ecrire
- Ecrire, dit-elle... Ecrire l'impossible !
Je l'ai poussée contre le bureau, courbée, pliée sur le plateau, lui faisant écarter et tendre les jambes pour que seule la pointe de ses pieds effleure encore le sol. Affalée, poitrine écrasée sur le vieux bois patiné, elle ne devait plus son équilibre qu'à ses coudes et à ses avant-bras posés comme ceux du Sphinx, en attente...
- Redresse-toi, Julie... On n'écrit bien que dans la discipline du corps !
Elle a rejeté la tête en arrière. Ses reins se sont creusés, ses seins se sont tendus, provocants. Posture improbable, hiératique et obscène. J'ai disposé devant elle une feuille vierge, j'ai glissé un crayon entre ses doigts... Je me suis posté derrière elle... J'ai vu son dos cambré comme un arc, j'ai vu sa croupe ronde, j'ai vu son cul offert, ses fesses bandées sous l'effort, sa chatte en saillie, avide et majuscule.
- Ecris, dis-je... Ecris l'impossible !
Le stylo tremblait un peu dans sa main suspendue au-dessus de la page. J'entendais son souffle, rapide. Elle a posé la pointe de feutre noir sur le rectangle blanc... J'ai agrippé ses hanches, me suis ancré entre ses cuisses, dressé contre sa vulve...
- Guidez-moi, dit-elle... Dictez-moi...
J'ai glissé sur les mots, épelé son désir, récité sa luxure, conjugué son foutre, exploré ses pleins et ses déliés, prise... Pour ne plus la lâcher...
Elle... écrivait... écrivait...

mardi 22 juillet 2008
Missive...
Ma chère Dame, brûlante maîtresse,
Je ne savais pas, lorsque je vous invitai à monter à bord de mon navire, que vous me livreriez la carte d'un fabuleux trésor... Vous même, vous ignoriez la posséder : vous ne faisiez que pressentir à l'écoute distraite de vos inclinations, qu'il fallait commencer le voyage pour suivre la route de vos instincts...
Vous êtes ce trésor immensurable : vos yeux et leur éclat comme un phare dans la nuit, vos lèvres et leur douceur qui esquisse le Ô de vos envies, la chaleur de votre bouche écarlate, le creux de votre cou où s'égare un baiser, la courbe dorée de votre épaule sous le soleil de l'été... Vous vous livrez nue, dans l'écrin d'un savoureux abandon, captive de vos sens...
Je vous enlève, farouche Princesse et vous retiens sur ma brigantine pour mieux vous asservir à mes désirs et aux vôtres... Pour vous aimer dans l'ivresse, vous prendre tout entière, vous aimer encore et vous faire jouir, me dévouant aux émois de votre chatte insatiable comme aux troubles délicieux de votre âme...
Soyez à moi ma Libertine, que je me désaltère à votre source, et je vous ferai mal voluptueusement...
lundi 7 juillet 2008
Douce torpeur...
Notre conversation tardive a coloré ma nuit d'une fièvre magique...
J'avais hier soir un peu de mal à m'endormir ! Rêves éveillés, images d'elle en Galatée chaude et vibrante dont je redessinais à l'envie les courbes et les postures... Je l'animais de désirs insatiables, elle se soumettait voluptueusement à mes caprices, m'offrant tout d'elle, jusqu'à l'abandon des sens...
Vous m'apparteniez...
Je souhaitais que quelques mots précis glissés dans nos messages n'atteignent pas immédiatement sa conscience. Je voulais qu'ils tournent autour d'elle, qu'ils la caressent sans lui parler encore, qu'ils lui fredonnent juste un petit air de douceur, qu'ils prennent le temps... Sans l'effaroucher... Comme je prendrais sûrement le temps, si cela nous était donné, de lui faire l'amour, doucement, longuement, à n'en plus finir.
Elle... Il me semble aujourd'hui l'avoir toujours eue dans mes sphères. Peut-être l'ai-je inventée au fil du temps ! Peut-être comme Pygmalion, ai-je façonné dans mes rêves une idéale Galatée et qu'il suffisait qu'elle lui donne son âme. Ailleurs dans la réalité, à la terrasse d'un café, nous ne nous serions adressé qu'un mince sourire, elle, allant à ses affaires et moi, n'osant espérer... Cependant je veux croire qu'en quelques instants nous nous serions reconnus ! Mais la "réalité" pesante, ses affaires et les miennes, nous auraient sans doute rappelés au bon sens et "remis dans le droit chemin".
Mais le droit chemin m'ennuie et me prive de vous ! La fièvre de notre rencontre autant que notre curieux décalage horaire justifient l'urgence de ma déclaration : je vous aime...
Je l'aime pour sa spontanéité, pour sa fraîcheur et ses élans juvéniles, pour cette touffe de douceur dont elle sait m'envelopper, pour ses désirs sans nom, pour sa confiance...
"Faites de moi ce que vous voulez, m'a-t-elle dit, je vis des sensations et des émotions si intenses et exaltantes que j'ai bien envie de m'y abandonner complètement..."
Savez-vous bien à quoi vous vous exposez là, cher Ange ? Si j'en avais le pouvoir, mais peut-être me le donnez-vous à travers vos envies, je voudrais décupler vos sensations, multiplier vos émotions, enrichir vos plaisirs : une arithmétique du bonheur et de la jouissance ! Oui je veux votre total abandon à notre fièvre... Je vous veux déraisonnable autant qu'impudique, Je vous veux tout entière au service de votre émerveillement...
... Et je vous prends, dès lors...
lundi 19 novembre 2007
Dominus, domini... Domina ! *
Nous ne nous connaissions guère mais, de fil en aiguille, elle s'est retrouvée entièrement nue dans mes bras…
Il y avait eu sans doute à force de désir un peu de précipitation lors de notre arrivée. Déjà dans l'ascenseur j'avais mis à mal quelques zips trop tentants et une fois refermée la porte de la chambre, mêlant baisers, caresses et manœuvres subtiles, j'avais fini par la dévêtir complètement. Il y eut bien sûr quelques obstacles ! Encolures trop ajustées, agrafes prises à rebrousse-poil, un mini cache-cœur dont le redoutable lacet devait faire au moins trois fois le tour de sa taille, jusqu'à ce string arachnéen qui semblait fuir sous mes doigts…
Et donc, dans un tendre enchevêtrement de mains, de bras, de jambes et de soupirs, elle s'est retrouvée nue devant moi qui étais habillé de pied en cap, cravate comprise… Le genre de situation qui souligne parfois cette sorte d'ascendant que les hommes prétendent avoir sur les femmes dans ces circonstances, cette primauté que l'on mettrait dans le port d'un costume trois pièces opposé à la nudité ! J'avoue que cela peut ne pas manquer de piquant et anime quelques fantasmes masculins. Mais…
Elle eut alors ce geste qui dans une joute préliminaire est peut-être celui qui me bouleverse le plus… Face à moi, effarée de désir, et je ne l'étais pas moins, elle a passé sa main entre mes cuisses pour me saisir tout entier à travers l'étoffe de mon pantalon, comme elle aurait soupesé dans son pochon de papier kraft une grappe de fruits pour en tester le poids autant que la maturité… J'ai toujours vu dans ce simple geste, beaucoup plus que l'expression d'une sauvage gourmandise. Beaucoup plus que la vérification d'une érection en devenir… C'est une forme d'appropriation définitive qui envoie aux gémonies toute tentative de prépotence masculine ! La Belle peut bien alors être belle et nue, Messieurs, elle vous tient tout de même par les couilles !
Et ne me lâchant pas, elle défit alors calmement, et d'une seule main, tous les boutons, les lacets, les zips et autres tracasseries.
La suite, lorsqu'elle me libéra, fut vertigineuse…
* Ou : "La main à la poche", version québécoise.
samedi 14 octobre 2006
Retenue
Permettez-moi de vous retenir encore...

jeudi 19 janvier 2006
Nocturne
Je vous ai invitée à vous habiller pour la circonstance : bas anthracite, talons aiguilles et une simple ceinture de smoking en soie noire, bien large qui vous serre la taille, rehausse les courbes de vos hanches et la cambrure de vos reins…
— Et puis ? m'avez-vous dit, cherchant déjà la jupe idéale…
— Et puis, plus rien Anaïs… C’est parfait comme ça : vous savez bien qu’un rien vous habille !
Je vous ai proposé cependant de vous couvrir d’une veste croisée rouge, profondément échancrée, fermée par deux boutons et qui vous arrive à mi-cuisse.
— Et c’est tout ! ?
Dubitative, une moue coquine sur le visage, vous vous adressiez à votre reflet dans le grand miroir…
Ce serait tout ! Bien suffisant pour prendre l’ascenseur, traverser le bar de l’hôtel et le grand hall plein de monde à cette heure-là, s’y arrêter un instant et rejoindre enfin, de l’autre côté de la rue, la voiture que nous avions laissée sur la place… Mais puisque vous insistiez, je vous ai promis de vous donner, tout à l’heure, un couvre-chef tout à fait adapté à la soirée.
Et nous sommes sortis...
Je vous ai abandonnée au rez-de-chaussée : je voulais vous voir évoluer seule parmi la clientèle essentiellement masculine. Vous n'êtes pas passée inaperçue ! Perchée sur vos talons trop hauts, vous aviez une démarche de danseuse et preniez sans le vouloir des airs de gourgandine. Vous avanciez à petits pas, ignorant le battement régulier des pans de votre veste qui s’ouvraient sur le haut de vos cuisses, révélant chaque fois la bordure noire de vos bas.
Nous voici à la voiture... Je feins de vous ouvrir la porte puis me ravise.
— Non... Ce soir, votre place n’est pas là !
Cérémonieusement je vous conduis à l’arrière où je vous ouvre le coffre... Je perçois votre air inquiet mais ne vous laisse pas le temps de protester.
— Un autre détail, Anaïs. Ou plutôt deux détails...
Je vous montre une cagoule de cuir noir. Une cagoule aveugle, percée d’un seul orifice rond à l’emplacement de la bouche, et munie d’un collier pour la refermer autour du cou. Sans attendre, je vous l'enfile sur la tête et serre le collier. Je vois votre bouche effarée qui s’ouvre toute ronde, je vois vos lèvres roses dans leur écrin de cuir noir. Je ne résiste pas au désir de vous effleurer d'un baiser.
— Et le second détail, me demandez-vous enfin ?
— Ah oui, le second détail... vous allez retirer votre veste !
— Mais je n’ai rien dessous !
— Justement... Vous allez voyager nue dans le coffre pour une destination que vous ignorez et je ne vous retirerai cette cagoule qu’à notre retour. Allons !
Comme vous ne semblez pas vouloir vous décider, je déboutonne votre veste et vous la retire... L’éclairage public me révèle une silhouette étrange. Hauts talons, jambes allongées, guipées de noir jusqu’en haut des cuisses, ventre doré où buissonne un petit triangle d’ombre, la taille prise dans votre ceinture de soie ajustée, seins hauts et ronds dont les bouts tendus sont comme deux yeux rivés sur moi. Et cette tête encagoulée de noir où s’ouvre le trou rond de votre bouche qui voudrait crier... Vous êtes là mais ce n’est plus vous ! Vous êtes une autre, inconnue, docile, soumise... Et je sais bien ce qui se passe sous votre masque : ne voyant rien vous vous sentez vous-même une autre, paradoxalement libérée.
Le bruit d'une moto qui passe vous ramène à la réalité : à tâtons, vous repérez la voiture et m’offrant un instant la vision de votre admirable cul, vous grimpez dans le coffre où vous vous lovez comme un animal farouche mais dompté. Une petite femelle dont la fente humide suinte de peur et de plaisir...
— J’oubliais, dis-je en m’approchant : il y a un troisième détail...
A l’anneau de votre collier je fixe une chaîne... Et je referme le coffre.
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