vendredi 9 octobre 2009
Le chasse-marée
Basse-mer...
- Je suis atterrée, G ! Et terrifiée aussi, pour faire bonne mesure... Accablée, terrorisée et puis je ne sais quoi d'autre, mais je le suis, croyez-moi ! Et n'essayez surtout pas de me consoler, ni de me plaindre...
- Mais je n'ai encore rien dit, Sophie...
Ses lèvres tremblaient un peu. Nous étions chez elle, sous la véranda qui donne sur la mer. Refuge douillet mais ouvert aux mystères du large, à l'angoisse du vide et du temps qui passe sans nous le dire. Au loin là bas, un soleil automnal refusait de mourir, éclaboussant encore l'horizon de rayons rouges et or désespérés... Dans la lumière moribonde, Sophie m'apparaissait irréelle, splendide, magnétique à force d'être désirable. Comme hier, comme toujours...
- Vous n'avez encore rien dit, peut-être, mais je vous connais : vous allez trouver le moyen de me faire fondre et je vais oublier les raisons de ma dépression !
- Eh bien je ne vous console pas, je ne vous plains pas, mais dites-moi au moins ce qui vous arrive...
- Je vieillis ! Voilà ce qui m'arrive... Je vieillis et c'est une catastrophe : je grossis, je m’empâte, j'ai des vergetures ici ou là, ma chair est flasque, mes rides se creusent, mes seins tombent...
- Vos seins tombent ?! Vous voulez rire ou quoi ?
- Si ! Ils tombent… Et ils sont mous, c'est une horreur. Regardez...
D'un geste théâtral elle avait ouvert son chemisier sur sa poitrine nue, ferme, admirable, vivante. Sa peau douce et ambrée jouait si bien des reflets cuivrés du couchant que le soleil, un instant, suspendit sa course...
- Et puis bon, je suis obligée de porter des lunettes...
- Mais vous avez toujours porté des lunettes, Sophie !
- Oui, mais non !
- Ah...
Elle regardait la mer...
Silhouette dorée découpée sur le petit théâtre de l'estran que grignotait le flux du montant. Les vagues inlassables poursuivaient leur entreprise, apportaient et retiraient leur comptant de minuscules charognes marines, de putréfaction, de vie et de mort... Erosion, lente transformation, impermanence...
- Vous savez quoi, G ? La mer, c'est la vie autant que la mort... Le matin tôt, quand la plage est déserte, je descends me baigner nue et je me prends parfois pour un cadavre que la marée va reprendre pour nourrir un peu de vie, ailleurs...
Elle avait en parlant laissé glisser son chemisier puis sa jupe, qui s'étalait maintenant en corolle sombre autour de ses pieds, puis sa culotte...
- Voyez comme je suis, G...
- Toujours la même, Sophie... Délicieuse…
- Oui, mais... Vous pourriez me désirer encore, parfois, de temps en temps, à l'occasion, en rêve ou pour de vrai ?
- Venez là, So...
- Oui, mais...
Haute mer. Beaucoup plus tard...
Sur la plage, à la limite des vagues...
- C'est terrible ça... Quand je te suce j'aime bien voir...
- Normal, non ? Moi aussi, quand je te...
- Oui, mais...
- Quoi encore ?
- J'ai laissé mes lunettes là-haut. Tu vois bien que je vieillis...
mardi 21 avril 2009
Recette locale
Après quinze heures de voyage en train, avion, autobus et attentes diverses... me voici arrivé, dans un hôtel inconnu, avec devant moi cinq heures pour venir à bout d'une crève monumentale et de son cortège de frissons, de coups de fièvre et de maux de tête.
- Alors, en forme ? s'inquiète Chenoa, ma consœur locale venue prendre de mes nouvelles au téléphone.
- Non ! lui dis-je... Qu'est-ce qui est le plus économique dans votre pays : le rapatriement sanitaire ou le transport d'un macchabée ? Dans ce cas il n'y aurait qu'à patienter un petit quart d'heure...
- J'arrive, répond-elle illico...
C'est avec elle que je dois le soir même signer je ne sais quel partenariat lors dune conférence suivie de son inévitable pince-fesses. Je ne l'ai jamais vue : à 6000 kilomètres de distance on travaille par mail, par téléphone et je ne devine d'elle qu'une énergie communicative, une bonne humeur permanente et un sens pointu de la décision dans l'urgence...
Chenoa frappe, entre, m'embrasse chaleureusement et tout de suite, sur un ton qui n'admet aucune réplique :
- Bon ! Je vous prends : on passe au drugstore, je vous pose chez moi...
...Dans un dernier sursaut de lucidité, je réalise que je ne suis pas encore tout à fait mort puisque je note qu'elle a les yeux gris bleu, qu'elle est brune, beaucoup plus jolie que je ne pensais, presque ronde mais pas vraiment (j'adore les fausses rondes ou les fausses maigres, c'est selon), qu'elle porte une jupe courte façon tailleur sport et que sous son chemisier bleu pâle ses seins tressautent un peu à chacun de ses pas...
- ... je vous donne ce qu'il faut, je vous fais une tisane et ce soir vous rugirez comme un lion !
Une tisane ? Pas le temps de protester : elle a déjà saisi mon sac et me traîne jusqu'à sa voiture où je m'affale en lorgnant sur ses genoux... Je me souviens vaguement du drugstore où, plantée devant les rayons elle remplit son petit panier de fioles énigmatiques tout en s'entretenant avec le vieil indien, tenancier des lieux... Le reste est un peu brumeux, entrecoupé d'éternuements, de quintes moribondes et de pointes de fièvre qui doivent avoisiner les 48° à l’ombre...
Un peu plus tard, mollement répandu sur son sofa, je la vois du coin de l’œil s’affairer sur la table du living, trier ses emplettes, mélanger le contenu de ses flacons, réduire un truc innommable en bouillie pour me tendre enfin une capsule grisâtre et un bol de...
- Qu’est-ce que c’est ?
- Chez vous c’est de l’aspirine... Ici aussi d’ailleurs, mais en fait, c’est mieux.
- Ah... Et ça ?
D’un menton dubitatif je désigne le bol fumant...
- Une recette qui me vient de ma défunte grand-mère Micmac. Radical !
- Oui, mais ces choses, là, qui flottent...
- Ne faites pas l’enfant... Buvez ! Et d’un trait s’il vous plaît...
Au point où j’en suis... Une odeur d’œuf pourri, un goût prononcé d’ail, des relents de vase à marée basse... Je bois, puis me rince le gosier d'un arrache-gueule qui doit lui servir à décaper des vieux vernis...
- Ça, c’est un vieil alcool où je fais macérer des testicules de castor... Mais noooon, je plaisante ! Et maintenant, tout nu sous la couverture : faut laisser agir !
- Tout nu ? M’enfin...
- Allez, allez... Et ne vous inquiétez pas des effets secondaires, lance-t-elle en sortant !
Je proteste d’autant moins qu’une sorte de somnolence me terrasse, rapidement peuplée de castors qui me poursuivent, déterminés à grignoter mes bijoux de familles... Pour leur échapper, je cours à poil dans la forêt, attributs ballottant entre mes jambes, tandis qu’une troupe d’indiens les encouragent de leurs chants, menés par une squaw aux seins ambrés et frémissants... Elle vient vers moi, s’agrippe à mes épaules et mon sexe soudainement durci s’érige alors comme un totem monumental au milieu d'une clairière... Le reste est confus...
Je me réveille deux heures plus tard... Dans une forme olympique, frais comme un gardon, vibrant de tous mes neurones, guéri, remis à neuf et nanti d’une érection séculaire plantée au milieu de moi comme un mât de cocagne ! "Vindieu !" me dis-je à mi-voix, "Me voilà bien gaillard..." Vaguement penaud tout de même, j’observe encore l’indiscrète proéminence de la couverture lorsque Chenoa, dévêtue d’une modeste serviette de bain entre dans la pièce...
- Alors, dit-elle... Ça va mieux ?
- C’est à dire que... Ma foi, oui. Redoutable votre tisane dites-donc ! Mais... Comment dire... Les effets secondaires sont un peu... embarrassants !
- J’avoue que je ne maîtrise pas tout dans cette recette... Voyons voir ça...
Elle a un petit air félin qui ne me dit rien qui vaille.
La serviette glisse sur ses hanches
Sa main glisse sous la couverture
La mienne glisse entre ses cuisses
Sa langue glisse sur mes...
jeudi 28 août 2008
Premiers secours
Photo d'une bouée et d'un extincteur jaune...

vendredi 18 avril 2008
Filles de sable
Je n'avais plus tout à fait l'âge des châteaux de sable, encore moins celui pâtés humides alignés à la lisière des vagues. Pourtant, le souvenir de la cousine Zaza n'était pas loin... A proximité du parasol familial, je révisais mon adolescence prochaine et m'adonnais à mon occupation favorite : je regardais les filles. Après la grisaille scolaire et la rigueur des vêtements citadins, la plage était l'un des rares endroits, sinon le seul, où mon intérêt croissant pour l'anatomie féminine pouvait enfin se satisfaire, grâce à la mode du bikini. Je me moquais bien qu'elle vînt, cette mode, d'un atoll lointain où se poursuivaient les expériences nucléaires américaines : je rêvais d'explosions plus intimes que l’efflorescence de ces corps dévêtus me suggérait avec insistance.
Le port du "deux-pièces" relevait pour moi d'un autre mystère ! Comment pouvaient-elles arborer cette absence de vêtement lorsqu'en ville un simple coup de vent révélant un instant l'obsédante et chaste culotte de coton blanc les faisait hurler de confusion ?
Etendu sur le ventre et feignant une profonde méditation, je ne perdais pas une miette du spectacle que m'offraient ces demoiselles. Par petits groupes, elles allaient et venaient, riant fort et souvent faux. Elles avançaient parfois les bras croisés, comme on les voit au lycée serrer contre elles leurs livres et leurs classeurs. Ici, à défaut de classeurs, elles ne serraient sur leurs jeunes seins qu'un dernier vestige de pudeur et sous la pression de leurs bras nus leur poitrine gonflait leur soutien-gorge...
Quelques unes, étendues sur leur drap de bain, côté pile ou côté face, évoquaient des paysages de dunes blondes animés de creux et de courbes que je déchiffrais avec avidité, maudissant les quelques centimètres carrés de tissu qui me séparaient encore de la révélation définitive. Je faisais l'apprentissage de la frustration que suscite un corps qui se dénude sans jamais tout à fait se révéler. Ces ventres plats, blancs ou dorés, ces nombrils impudiques, ces hanches sculptées que soulignait d'un trait fragile le minuscule bikini, ne faisaient qu'exacerber mon désir d'en découvrir davantage, de comprendre enfin pourquoi si peu d'étoffe constituait l'obstacle le plus infranchissable.
D'autres, qui sortaient de l'eau, s'allongeaient ruisselantes à même le sol où elles s'abandonnaient au soleil en s'étirant. Je guettais alors leurs moindres mouvements qui déplaçaient sensiblement les maillots : d'infimes modifications de frontière découvraient des liserés de chair pâle que je n'aurais jamais dû voir et qui repoussaient les limites de l'invisible ! Peu à peu, le sable les recouvrait. Des bancs dorés asséchaient leur peau brune. Des îlots émergeaient sur les reliefs, s'étendaient, puis se rassemblaient en continents entiers dont les rivages s'étiraient sur l'étoffe, l'effaçant. Le sable gommait les frontières, s'affranchissait des limites, les habillait enfin de leur nudité.
Lorsqu'elles se relevaient, je m'imaginais voir s'éloigner des statues de femmes nues dont le moule encore chaud sur la plage révélait leur empreinte où, pour m'enivrer de leur parfum j'allais m'étendre, les yeux clos...

lundi 21 août 2006
Retour de plage
Voilà ce qui arrive quand on se baigne toute nue...

mercredi 12 juillet 2006
Née de l'écume, la nouvelle Aphrodite
Seul sur une plage démesurée, je me réveillais d'une sieste bercée par la tranquille rumeur des vagues, nanti d'une érection qui avait dû intriguer les mouettes tant elle était incongrue dans cette immensité désertique…
A quelques instants de pudique affolement succéda le bien être indescriptible de l'homme nu… "Homme nu affichant sa virilité face à l'océan…" Allongé sur le dos, légèrement redressé sur mes coudes, je partis d'un rire un peu niais, considérant l'image totémique que j'offrais mais que personne, pensais-je, ne pouvais voir.
J'avais tort ! Elle apparut exactement dans l'alignement, entre mes pieds, là-bas au bord des vagues et de l'écume dont elle semblait sortir, nue, comme Aphrodite à sa naissance. Et sans aucune hésitation, elle avança vers moi d'une démarche souple qui faisait frémir ses seins à chaque pas… Hanches généreuses, ventre plat, infime toison dorée rehaussée de quelques gouttes d'eau qui brillaient dans le soleil : c'était une vraie blonde.
- Vous avez l'heure, me dit-elle ?
Je n'avais pas bougé.
- Heu… non !
Lorsqu'elle se laissa tomber entre mes jambes, je crus bêtement qu'elle voulait vérifier si j'avais une montre… Mais elle remit rapidement les pendules à l'heure si j'ose dire, puisque j'affichais déjà un midi majestueux, et entreprit sans façon de remonter le mécanisme. Horlogère de métier sans doute, elle obtint rapidement une tension optimum et vint soudain me chevaucher de manière un peu cavalière. Je n'eus pas le cœur de la désarçonner !
Elle était évidemment magnifique, cheveux au vent et légère comme un tiède zéphyr qui allait et venait sur moi glissant sur du velours. Du sable collé à sa peau, entre ses seins, s'écoulait doucement sur mon ventre, grain par grain au rythme de ses mouvements et s'enfouissait entre nous où je le sentais se mêler insolemment à notre intimité…
Puis le sablier explosa…
- Z'avez un téléphone ?
- Oh, oui ! Bien sûr… Zérosixzéroseptqua…
- Non ! Votre portable, vous l'avez là, votre portable ?
Un peu secoué, je le lui tendis… Elle composa un numéro, patienta, recommença puis laissa tomber l'appareil sur ma serviette en s'exclamant "Ah ! Le con !" et s'éloigna vers les dunes ou elle disparut.
Au loin, un voilier blanc tirait des bords…
(Juillet 2006)
mercredi 18 janvier 2006
Intégral
… C'était sur les plages immenses et désertes du sud-ouest…
Je fis découvrir un jour à cette jeune personne fort pudique à ses débuts, et pour qui la nudité en extérieur était inconcevable, les joies intimes du bronzage intégral et de l'exhibition.
Il me fallut bien du temps pour la convaincre de se défaire de son petit maillot et beaucoup moins pour qu'elle s'ouvre aux dards de Phébus comme elle savait s'ouvrir à moi ! Je la vis bientôt, allongée sur le dos, écarter outrageusement ses cuisses puis s'entrebâiller du bout des doigts jusqu'à présenter le seuil humide de sa motte aux émissions solaires.
"C'est doux, c'est chaud" me disait-elle… Un filet brillant s'échappait de sa fente, ruisselet discret, qui me parut rivière intarissable. Et je voyais son bassin se cambrer doucement, son ventre onduler et sa chatte gonfler, sollicitée par un invisible amant. Sans changer de position, elle prit mon sexe d'une main et comme pour donner plus de réalité à sa rêverie se mit à me manipuler soigneusement.
Au loin, la marée montait. Les vagues nerveuses roulaient plus sauvagement, éclaboussaient la plage dorée de leur écume blanche et libéraient des effluves marins qui se mêlaient à ceux plus subtils du désir de mon amie. La houle de ses hanches s'amplifiait, sa respiration courte s'accélérait et soudain tout s'arrêta : arquée comme un pont, pubis tendu vers le ciel, elle gémissait, rattrapée par l'éternité tandis que sur ses fesses son nectar s'écoulait entraînant avec lui des grains de sable trop curieux… Elle jouissait ! Je n'eus alors d'autre ressource que de jouir aussi pour l'accompagner et de me répandre sur elle, mélangeant mon sperme à sa crème solaire.
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