lundi 8 octobre 2012

Lux vesperis

De minces rayons de soleil filtrent par les persiennes, bousculent des galaxies scintillantes de poussières en suspension et s'étalent en petites flaques dorées sur son ventre où perlent d'infimes gouttelettes brillantes de transpiration...

La tête légèrement inclinée, cheveux bruns en cascade sur les épaules, elle somnole sur le grand lit. Aux fenêtres, les longs rideaux de voile blanc faseyent mollement. D'une maison voisine s'échappe un air nostalgique, une mélodie jouée au piano... "India song", je crois... La vie s'écoule, paresseuse.

D'un doigt, je frôle son buisson aux reflets ambrés...
Elle frissonne.
D'un doigt, j'effleure la courbe de sa motte...
Elle soupire.

L'indistincte rumeur du bourg me parvient de la rue, de l'autre côté...
Un rire fuse, des ombres passent derrière les volets...
Une autre vie s'infiltre dans la chambre où s'arrête le temps...
D'un doigt je caresse la fente humide de Miriane...
Elle ne bouge pas. Il n'y a que sa main qui saisit ma verge.
Doucement.
Et qui me branle.
Doucement...

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lundi 9 août 2010

Maris stella

Je l'ai amenée là, sur la grande plage déserte, aveuglée d'un foulard noir, nue ou peu s'en faut, escarpins, bas, porte-jarretelles. Sans plus : il fait si doux ! La nuit étoilée se fend d'une pleine lune éclatante.
Miriane ose quelques pas vacillants sur le sable. Ses talons ne l'ont jamais rendue aussi fragile. Elle écarte un peu les bras, comme une funambule mais ses mains retenues par les chaînettes qui pendent de son collier battent inutilement à hauteur de ses seins.

"Ecoute, dis-je, écoute bien ! C'est ma surprise qui vient..."

Elle entend les vagues qui déferlent paresseusement, la brise tiède et légère venue du sud et avec elle, des bouffées virevoltantes de musique, la rumeur d'une fête, au loin... Et puis, les crissements sur la grève de pas qui se rapprochent, un murmure discret de voix qui se taisent, des souffles autour d'elle...
Présence fantomatique, silencieuse.
Un parfum de vanille...
Des étoffes la frôlent, des lèvres l'effleurent. Pas un mot...
Des respirations, des halètements de désir...
De muettes caresses...
Des sexes tendus à l'assaut de ses sens, le baiser d'une chatte sur sa bouche...
Possession...

Plus tard, les fantômes se sont retirés comme la mer, l'abandonnant au lent ressac de son plaisir. Plus tard encore, nous entrions dans une villa proche où l'on donnait une fête.
- Mais qui sont tous ces gens, dit Miriane... Je ne les connais pas.
- Quelle importance ? Ce sont des amis...
Un couple avançait pour nous accueillir...
- Bonsoir, dit la femme. Heureuse de faire votre connaissance.
Elle tendit les mains. Il y eut dans l'air tiède une douce odeur de vanille et de sexe...

Maris_stella

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jeudi 19 juillet 2007

Ecluse de mer

Miriane était à la fenêtre…

C'était un petit hôtel de charme, face à l'écluse sur le canal. Un écluse de mer que franchissent gravement, comme des rêves de voyages, de gigantesques cargos venus de tous les océans. J'affectionne particulièrement ces lieux de transit. Sur le pont des navires, les marins sont encore entre deux mondes et considèrent étonnés les terriens minuscules qui les regardent passer, olympiens auréolés de fantasmes…

Ce soir là, un cargo russe était entré dans le bassin, surplombant l'hôtel de sa hauteur majestueuse… J'étais descendu prendre des photos. Tandis que les lamaneurs s'activaient à quai, halant des haussières grosses comme le bras, les matelots baguenaudaient sur le pont, observant les curieux, hélant les filles… J'en vis bientôt quelques uns, rassemblés à la proue, qui faisaient en riant de grands signes en direction de l'hôtel : ils avaient repéré Miriane. Accoudée à l'appui de la fenêtre, elle leur présentait un divertissement que je ne pouvais que supposer puisque de leur position en hauteur, ils la voyaient sans doute tout entière, vêtue d'un simple débardeur… Je composai sur mon portable le numéro de mon amie que je vis immédiatement s'éclipser puis réapparaître, son téléphone à l'oreille…

- Vous avez quelques admirateurs à bord, ma chère… Vous ne voudriez pas les décevoir je suppose ?

- Que voulez-vous dire ?

- Eh bien que s'ils prennent plaisir à vous mater ainsi, et puisque cela ne semble pas vous incommoder outre mesure, vous devriez, pour que je puisse faire de vous quelques photos inattendues, poursuivre votre effeuillage et leur donner la vision sublime de votre nudité…

Il y eut un silence au téléphone… Je vis de loin Miriane reculer, se rendant compte soudain du spectacle qu'elle offrait et de la nature de ma suggestion.

- Vous ne voulez tout de même pas que…

- Mais si ! Et je suis prêt à parier que vous en avez terriblement envie…

- Je vous jure que… Bon… Mais restez au téléphone, alors…

Quelques secondes passèrent. Puis d'une main, avec un naturel qui m'interloqua, Miriane fit glisser une bretelle du débardeur dont l'encolure resta suspendue à la pointe de son sein droit. Passant son téléphone d'une oreille à l'autre elle eut un léger mouvement d'épaule et la seconde bretelle dérapa doucement… Son caraco glissa, marqua la pause et sombra d'un coup, dévoilant sa poitrine… Il y eut une sorte de silence parmi les marins tandis que ronronnaient les machines…

- Vous marquez un point Miriane…

- Si vous insistez, je peux faire mieux !

Je ne sais par quel mystérieux exercice, Miriane fit descendre encore son vêtement. Je le vis disparaître, échoué probablement sur le sol de la chambre, au-dessous de l'encadrement. Question de parallaxe : je me doutais bien que les marins la voyaient jusqu'aux genoux, tandis que pour moi, pauvre terrien, l'image s'interrompait à moitié de son ventre.

- Vous me privez de l'essentiel, murmurai-je dans mon téléphone…

- Oui ? Eh bien je n'en priverai pas vos marins et ce sera bien fait pour vous, débauché que vous êtes !

Je ne pus qu'imaginer, deviner à ses contorsions suggestives, le chemin que prenait son infime culotte s'accrochant un bref instant entre ses cuisses pour finalement la livrer tout entière aux regards concupiscent des matelots. Leurs bouches arrondies, ouvertes encore sur leurs dernières plaisanteries emplissaient la scène d'un silence éloquent bientôt rompu par des interjections incompréhensibles. Je vis surgir un petit appareil de photo… Il y eut un flash, puis deux…

- Miriane… C'est bien ! Mais vous pourriez peut-être vous retirer maintenant : ces messieurs n'ont probablement pas vu une seule femme depuis des semaines et…

- Hmm… C'est d'autant plus agréable pour moi… Si vous pouviez voir leurs yeux ! Ça me…

Dans le viseur de mon appareil je vis la main libre de Miriane glisser sur son ventre vers son pubis. Elle s'agitait mollement, montant et descendant comme un navire au mouillage sous l'effet de la houle…

- Miriane ! Ce sont des marins ! Des hommes rudes… Des bêtes de sexe ! (J'exagérais un peu, tout de même !) Ils vont sauter à quai, se précipiter vers votre chambre, défoncer la porte ! Je ne sais pas moi… Ils vont se ruer sur vous à plusieurs, si vous continuez !

- Oh, oui… répondit-elle dans un soupir roque !

Les machines du cargo se mirent en branle… Les portes de l'écluse s'ouvraient lentement déversant dans le canal le trop plein de l'éclusée… L'eau bouillonnait sous la poupe tandis que les marins russes rappelés à l'ordre, adressaient en riant des baisers à Miriane et des gestes obscènes.

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lundi 18 juin 2007

Délicieuse indécence

Que faisais-je donc devant ce grand miroir, retardant le moment où j'allais m'habiller, revêtir chemise noire et costume clair pour me faufiler ensuite, anonyme, dans l'agitation ordinaire du quotidien ? Je pensais qu'il devait bien rester sur moi quelques traces des plaisirs de la nuit et je croyais voir sur ma chair encore un peu de cet éblouissement où nous nous étions perdus, corps tendus l'un vers l'autre, tour à tour offerts et conquérants…

Un rai de soleil qui commençait à filtrer par les volets entrouverts dessinait des arabesques sur mon ventre et me ceignait d'une écharpe de lumière. De la pénombre, du fond de la chambre, apparut la silhouette de Miriane. Je vis dans le miroir son reflet glisser derrière le mien, s'y confondre dans une ultime fusion des corps… Je sentis dans mon dos sa chaleur et la pointe de ses seins, je sentis la courbe de son ventre épouser en s'y lovant le creux de mes reins. Et tandis que je devinais la caresse frémissante de sa toison sur mes fesses, je vis bientôt ses deux mains voleter de part et d'autre de mes hanches, se rejoindre pour saisir mon sexe qui se levait déjà dans la lumière dorée.

Il n'y eut plus que nos respirations et la cadence régulière des mains de Miriane… Il n'y eut plus que mon désir dressé au milieu du miroir et cette masturbation obstinée, baignée de soleil. Je sentais le corps de mon amante invisible accompagner les mouvements de mon bassin. Danse impudique d'un coït sans objet qu'elle observait à la dérobée pour en jouir en silence dans le secret moite de ses cuisses serrées.

Il n'y eut plus que nos regards lubriques sur ma hampe gonflée, et sur le miroir où s'épanchait notre délicieuse indécence.

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vendredi 8 septembre 2006

La pince d'or

Il fallait décidément que Miriane connaisse enfin la réalité de ses fantasmes.

Cela faisait des mois qu'elle me racontait ses rêves, ses désirs secrets, ses envies de jeunes coquins dans des lieux sordides ou de Gang Bang dans des clubs sophistiqués. Vaguement soumise, elle ne franchissait pas la frontière du virtuel, sinon pour de modestes parties à trois dont elle ressortait toujours insatisfaite. Moi, j'étais le confident, le maître en puissance, mais je ne l'avais jamais touchée et ne connaissais de son intimité que ce qu'elle voulait bien me raconter, comme à un oncle épicurien dont elle ne craignait rien.

– Une soirée chez l'un de mes amis, lui dis-je. Qui nécessite un minimum de préparation ! Déshabille-toi !

Surprise mais confiante et sans doute par pure provocation, elle s'exécuta et se retrouva nue. Ses beaux seins ronds s'épanouirent, illuminés par de magnifiques aréoles larges et roses où pointaient de petits bouts à peine éclos que j'eus immédiatement envie de sucer...

– Tu porteras la marque de la soumission... Tu te dis pourvue d'un clitoris délicat, réceptif et prompt à la détente… Nous allons avec ceci, le dresser à te donner un désir permanent qui, quoique tu fasses ne te quittera plus...

Je lui montrais une petite pince en or munie d'une chaînette. Sans qu'elle n'oppose aucune résistance, je la lui posai à la racine du clitoris dont j'avais délicatement relevé le capuchon. L'effet fut immédiatement impressionnant : Miriane se mit à suinter et je vis ses lèvres épilées gonfler et palpiter légèrement au rythme de ses battements cardiaques. La pince, délicatement conçue pour ne pas glisser ni la blesser, la serrait suffisamment pour qu'elle éprouve une vague excitation permanente. J'ajustai ensuite autour de ses hanches une fine chaîne à laquelle je fixai enfin la chaînette de la pince, la tendant au maximum...

– A chacun de tes mouvements, ce dispositif va légèrement tirer sur ton clito, le solliciter, ne jamais le laisser en repos sans toute fois l'épuiser ! Un détail : il est fort peu probable que tu puisses jouir. La pression est trop forte… Ton désir va augmenter au point que dans quelques heures tu supplieras n'importe qui pour te libérer ! Tu imagines le résultat ?

Miriane imaginait fort bien ! Aux premiers pas qu'elle fit pour remettre une robe, elle marqua un temps et se mordit les lèvres pour ne pas gémir... Elle mis des bas, se dispensa de culotte évidemment... Elle était prête.

Un taxi nous déposa rue de La Roquette. A quelques pas de là, je poussai une lourde porte en bois et fis descendre Miriane jusqu'à une sorte de Pub aux murs tendus de tentures rouges, éclairé de bougies et de lumière tamisée. Du plafond émanait une musique entêtante aux rythmes sourds. Au fond, un bar, et par-ci par-là, des fauteuils profonds, des tables basses qui délimitaient des espaces plus lumineux où se trouvait disposé un curieux mobilier, de la simple barre verticale au chevalet rembourré de cuir et muni d'attaches diverses… Et sous le mince filet d'un projecteur, une croix en forme de X où était entravée une magnifique et grande femme noire et nue... Du sol, montait entre ses longues jambes, une sorte de piston actionné par un mécanisme silencieux et qui allait et venait lentement, inlassablement,  au creux de sa vulve rasée.
Perdu dans la contemplation de cette douce torture, Miriane se rendit à peine compte que je la défaisais de ses vêtements et la poussais vers le chevalet. Je l'allongeai sur le dos, sa tête blonde renversée, les cuisses largement ouvertes... La chaînette tirait sur la petite pince et je vis son bouton s'étirer vers le haut tandis que sa chatte déjà trempée s'épanouissait comme une fleur exotique exhalant un parfum de cyprine. Stupéfait, je remarquai alors sur sa lèvre gauche un grain de beauté que bien des femmes lui aurait envié. En quelques manipulations rapides, j'immobilisais ses jambes puis ses chevilles et enfin ses poignets en tirant ses bras en arrière. Cette position lui faisait pointer ses seins, creuser le ventre, et saillir son pubis lisse et humide qui chatoyait comme de la soie.

 

C'est lorsque deux femmes et trois hommes vinrent s'asseoir avec moi autour d'elle pour prendre un verre, que Miriane se rendit réellement compte de la situation ! Mes invités, fort correctement vêtus, parlaient de choses et d'autres mais surtout d'elle, appréciant ses formes, jaugeant sa chatte béante et faisant forts compliments sur la taille de son clitoris. Une femme s'approcha pour le tâter du doigt ! A ma connaissance, Miriane n'était pas bi, du moins pas plus qu'une autre, et je la vis se crisper légèrement. Mais le doigt, féminin ou pas, lui tira rapidement un long gémissement qui ne mentait pas ! Elle mouillait au point que des traînées de son foutre descendaient jusque sur ses cuisses. Nous sommes restés ainsi une bonne heure. Quelques personnes passaient, venaient nous dire un mot, me complimentaient sur le trou de Miriane... C'est vrai que l'on ne voyait plus que cela : cette motte bombée, largement fendue et luisante ou quelqu'un eut l'idée un moment de venir enduire ses amuse-gueule " pour leur donner du goût " dit-il, enfournant bien profond pour la retirer toute gluante, une poignée de cacahuètes ! Le jeu plaisait... Miriane connut ainsi quelques olives, un ou deux biscuits, accompagnés chaque fois de mains baladeuses et expertes qui lui arrachaient des soupirs ou des petits cris qui avaient le don de m'exciter ! Le con de Miriane était majestueux, rouge et profond ! J'y voyais battre sa chair nacrée tandis que son méat s'entrouvrait comme un clin d'œil suggestif... Je l'aurais volontiers bouffé !

– Messieurs, dis-je, après l'apéritif, passons au plat de résistance. Miriane est à vous !

En quelques instants, je vis mes comparses exhiber leurs engins bandés, tous de belle taille, tandis que ces dames se mettaient en devoir de les branler consciencieusement et de les licher avec gourmandise pour maintenir leur virilité tout en se cajolant la chatte sous les yeux de ma protégée. Je crois qu'elle n'appréciait que modérément, partagée entre l'horreur d'être forcée et le désir de se faire mettre après deux heures d'excitation permanente impossible à satisfaire. Mes camarades l'entouraient. L'un d'eux la chevauchant lui posa délicatement la queue sur sa bouche ouverte pour éteindre le cri qu'elle allait pousser : je la vis avaler l'énorme gland ! Un autre alors, profitant sans doute de son inattention, d'un seul coup d'artilleur lui enfila dans le con sa bite tendue comme un arc. Elle eut un soubresaut et s'arqua davantage pour mieux l'avaler mais tenta immédiatement de l'expulser. Surpris, l'autre se trouva dehors et ne pouvant se retenir, déchargea immédiatement sur le ventre de ma filleule. Un étalon fort bien monté prit sa place et pour ne pas subir le sort du précédent, agrippa Miriane par les hanches et la besogna longuement et vivement, la défonçant comme un malade...Slave

Je voyais les seins de ma jeune amie s'ébranler à chaque coup. Pris d'un désir frénétique, l'un de mes compagnons se mit à les masser avant de venir à son tour la harponner et la baiser minutieusement. Malgré l'agitation, la petite pince d'or faisait son office, maintenant Miriane dans un état de désir jamais atteint, sans pour autant la laisser jouir vraiment... Chacun des hommes présents, ils étaient cinq à présent, besogna Miriane au moins à trois reprises... Les deux femmes se caressant lui léchaient parfois la chatte, se faisaient mettre à l'envie par ceux qui attendaient et jouissaient comme des salopes en se finissant sur notre novice...

Puis mes compagnons s'éclipsèrent... Au fond du pub, la jeune noire était toujours empalée sur son pieu dans un état second, épuisée par des orgasmes successifs que Miriane devait lui envier... Une Miriane pantelante qui attendait le plaisir suprême qui n'était toujours pas venu... Je la détachai, pour la conduire sur un divan couvert de fourrures...

– Prends-moi, dit-elle, baise-moi !

Elle ouvrait ses cuisses, me tendait sa chatte gonflée marquée de son grain de beauté énigmatique... Je lui ai doucement retiré la pince d'or, provoquant immédiatement un orgasme qui venait de très loin, lui coupant la respiration. Puis elle hurla, cambrant les reins, jouissant à n'en plus finir, projetant son foutre jusqu'à moi, se caressant frénétiquement les fesses et ses seins ronds...

Et sombra dans un sommeil peuplé de rêves où j'étais peut-être son bourreau, ou son amant...

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lundi 26 juin 2006

Sushi

- A quoi pensez-vous donc, Miriane ?

Elle était en arrêt devant une sorte de phallus d'ébène, une des curiosités que nous offrait cette exposition d'art premier africain… Et son regard, comme ses pensées, semblait se perdre dans des rêves bien au-delà de ce bois sculpté dont l'utilisation originelle ne laissait planer aucun doute…

- Alors ? Ne sommes-nous pas convenus de toujours répondre la vérité ?
- Heu… Vous allez avoir du mal à me croire ! Me revient en mémoire le moulin à poivre que ma tante Rose s'obstinait à mettre sur la table les jours de fête… Ce n'est qu'en voyant ce… cette énorme chose que je comprends soudain les messes basses et éclats de rire de mes cousines lorsqu'elles saisissaient à deux mains l'instrument pour en caresser la forme oblongue et le bout arrondi ! Et je suis d'un coup toute retournée à l'idée de l'usage qu'elles pouvaient en avoir fait parfois, lorsque Tante Rose s'exclamait : "Les filles ! Vous n'auriez pas vu le moulin à poivre ?"

- Miriane, vos étonnements et vos histoires sont une source d'inspiration permanente… Savez vous que je me sers de vous pour écrire ? Que je vous mets en scène ?

- J'ai une question à vous poser, dit-elle en rougissant du bout des joues… Vous me répondrez sincèrement ?
- Je vous écoute…
- Vous vous servez de moi… En supposant que cela m'attire… en le supposant n'est-ce pas… aimeriez-vous et comment aimeriez-vous m'utiliser ? Je dis bien utiliser… Vous voyez ? Et je ne veux pas de vos réponses d'intellectuel !

Miriane rêvait d'obéir et de servir… Et elle remuait là quelque chose de profondément enfoui en moi qui ne demandait qu'à surgir ! Je ne sais pas si les allusions culinaires précédentes m'avaient influencé, toujours est-il que ma réponse ne tarda pas…

- Il me plairait assez de me servir de vous comme d'une table basse pour un repas traditionnel japonais…

Elle ne rosissait plus elle était écarlate et rayonnante !

- Je poserais une belle composition florale sur le sol et je vous demanderais de vous étendre à côté, sur un tatami. Directement sur votre corps, puisqu'au Japon on n'utilise pas de nappe, je disposerais les éléments du repas… Un repas de sushis et de sashimis… Quelques makis, bien sûr… Vous savez que ces repas s'organisent généralement autour d'un thème. Je choisirais le désir… La couleur et la présentation entrent pour une grande part dans leur réussite… Le creux de votre nombril serait le réceptacle pour la sauce de soja, comme un œil noir au milieu de votre monde appétissant… Je m'appliquerais donc à répartir sur vous les différentes pièces, rondelles de concombre sur vos seins, daurade et crevettes en farandole autour de votre ombilic, maquereau, poulpe, saumon dessinant un sexe sur votre ventre, et le thon rouge en fines lamelles, comme une invitation sur votre pubis lisse et que je viendrais cueillir du bout de mes baguettes… Et vous connaissez la vraie tradition ? La bonne manière de consommer les sashimis ?

- N… non, finit-elle par dire…
- Il convient de les enrober de la meilleure sauce qui soit… Prélevée délicatement au creux de votre source…

Elle m'entraîna précipitamment vers la sortie…

- Mais, où allez-vous, Miriane ?

- Je cours chez un traiteur japonais… Vous voulez bien vous occuper des fleurs ?

makis

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mardi 7 février 2006

Champagne !

champagne1

Nous nous étions attardés au salon de l'hôtel où traînaient encore quelques noctambules. Assis de part et d'autre d'une table basse, nous goûtions le confort paisible d'un décor très "british" aux odeurs de vieux cuir, de whisky et de tabac blond. Un pianiste désabusé tirait quelques mélodies d'un piano fatigué. Dans nos coupes, les bulles du champagne serpentaient joyeusement tandis que nous poursuivions une conversation improbable...

- Mais enfin, Miriane... Tout de même ! Savez-vous exactement ce que c'est que d'être une esclave ?
- Oh ! Oui, dit-elle dans un souffle, alertée par le vouvoiement conventionnel, vous êtes mon Maître.

Sa réponse d'une logique irrésistible et naïve n'était pourtant pas une réponse. Elle le savait bien. Je le devinais à son sourire gourmand, l'un de ces sourires qui donnaient à son visage une expression féline, presque sauvage. Elle portait une veste rouge ouverte sur une légère robe noire et courte. Enfouie dans les profondeurs douillettes d'un grand fauteuil anglais, elle croisait ses jambes assez haut, dévoilant ainsi une jarretelle qui barrait d'un trait noir un croissant de peau blanche.

- Ce qui veut dire ?
J'attendais qu'elle exprime ce que nous savions déjà, qu'elle prononce les mots qui avaient l'étrange pouvoir d'ouvrir les portes de ses fantasmes.
- Ce qui veut dire que je vous suis soumise. Et que je suis prête à faire et à subir tout ce que vous me demanderez... Pour votre plaisir.
- Et pour le vôtre, Miriane... Voudriez-vous me faire croire que cette soumission, que vous avez choisie, vous laisse indifférente ?

Notre relation qu'animait une complicité inébranlable, s'enrichissait parfois d'expériences diverses. Notre imagination n'excluait aucune fantaisie dont l'exubérance amplifiait la curiosité et le désir de Miriane. Cela l'intriguait. "Parce que c'est toi, parce que c'est moi..." Et je pensais : parce que c'est ta nature secrète, parce que c'est la mienne. Le corps et l'esprit se souviennent peut-être d'une nature archaïque commandée par l'accomplissement de pulsions violentes... Le désir et le plaisir puiseraient rétrospectivement leur force dans ces couches profondes. Fantasmes et perversions ne seraient que réminiscences de pratiques et de rituels sans âge... "Souffrez que je dispose de vous puisque je souffre moi-même de trop vouloir vous posséder..."

- ... Si je vous demandais de vous livrer ici même à l'une de nos fantaisies, oseriez-vous prétendre que vous ne le feriez que pour moi et que cela ne vous plairait pas ? Avouez au contraire que vous raffolez de ces contraintes, que vous vous y préparez, que vous les attendez...
- J'avoue...
- Avoue que cela t'excite, je le vois dans tes yeux.
Elle but un peu de son champagne, laissant perler sur ses lèvres une goutte brillante qu'un petit bout de langue rose vint cueillir prestement.
- J'avoue...
- Dites-le !
- Oui cela m'excite. Cela fait naître ou augmente mon désir et puisque vous voulez que je vous le précise, oui je sens le bout de mes seins durcir, mon ventre se contracter. Ma chatte s'ouvre et... je mouille comme une vraie petite salope !

Surpris, je levai un sourcil : elle rosissait. Elle avait dit tout cela d'un trait, d'une voix très basse mais sa dernière phrase s'accordant précisément aux dernières notes languissantes d'un blues, son écho nous parut se prolonger dans le silence feutré du salon, avant de s'évanouir avec la fumée bleue de nos cigarettes...
- Et le simple fait d'en parler, n'est-ce pas...

Je contemplais le haut de ses jambes pressées l'une contre l'autre. Les courbes de ses cuisses se rejoignaient et se perdaient dans l'obscurité mystérieuse de ses dessous... Là où je devinais la caresse du cuir fauve sur ses fesses nues que n'entravait sûrement qu'une infime culotte.
- Miriane, vous allez vous lever. Vous allez prendre tout votre temps pour que l'on vous remarque puis vous irez jusqu'au vestiaire... Je veux qu'à votre retour vous soyez nue sous votre veste. Vous ne garderez que vos bas... J'aurai alors, quand vous reviendrez vous asseoir, le loisir de vérifier tout ce que vous venez de me dire.
- Mais...
- Cela vous apprendra mon ange, à vous asseoir correctement en ma présence, comme je vous l'ai dit mille fois. Vous devez à chaque instant vous sentir disponible, offerte... Vos jambes discrètement écartées doivent toujours me permettre d'entrevoir l'ombre de votre sexe et même, si je le désire, de le montrer à un inconnu. Tenez... au vieux barman par exemple.
- Il serait très choqué...
- Pas sûr ! Il est très stylé sans aucun doute, mais sa discrétion n'est qu'une apparence. Il louchait tellement sur tes cuisses en te servant le champagne qu'il a bien failli le verser à côté. Allez ! Je vous attends.
- Oui, mon Maître !
- Et n'en rajoutez pas avec ces histoires de Maître ! C'est si peu crédible...

Elle a reposé sa coupe, s'est levée dans un voluptueux froissement de nylon et de fines étoffes, puis s'est éloignée, s'appliquant à faire quelques détours afin qu'on la remarque. Elle s'est même arrêtée au bar, pour demander le chemin des toilettes pour dames...
Après quelques minutes, je l'ai vue apparaître au fond du salon où elle n'a hésité qu'un instant avant de revenir vers moi, glissant entre les tables et les fauteuils. Négligeant les deux boutons du haut, elle avait refermé sa veste dont les pans qui s'ouvraient légèrement laissaient voir à chacun de ses pas, un peu du motif en dentelles de ses bas noirs. Elle avait osé ! Je ne saurais dire si les clients affalés dans leur siège se rendaient exactement compte de la situation qui mettait leur regard à hauteur de son intimité et, quand elle les frôlait, à quelques centimètres de sa nudité. Elle évoluait avec aisance, distribuant ici ou là quelques sourires de pure mondanité. J'appréciais ce spectacle que je croyais voir au ralenti et je guettais le moindre mouvement de son vêtement qui m'aurait permis, un instant, de la voir presque nue. Elle arrivait à notre table. Elle eut un gracieux mouvement de hanches pour éviter un dernier fauteuil... Un bref instant, le bas de sa veste accroché par le dossier s'ouvrit légèrement comme un rideau de théâtre révélant dans toute sa splendeur animale le triangle noir de sa toison.

La voix du garçon glissa jusqu'à mon oreille et me tira de ma rêverie.
– Madame avait peut-être un peu chaud...
Je croyais être le seul à l'avoir vue. Le barman aux allures de majordome britannique s'était approché sans bruit pour changer le cendrier. De toute évidence il avait profité de l'incident. Miriane s'installait... Pour éviter de s'asseoir sur sa veste, elle la releva avec infiniment de distinction.
– Madame n'a surtout pas froid aux yeux, dis-je.

Elle reposait bien droite sur le bord de son siège, les genoux rehaussés par la hauteur de ses talons et retenait modestement le bas de son vêtement au creux de son ventre. J'apercevais entre ses cuisses entr'ouvertes le harnachement troublant de son porte-jarretelles et tout au fond, le fourré sombre de sa chatte dont j'imaginais en frémissant le baiser humide sur le cuir anglais...
– Pourriez-vous nous monter du champagne ? Je pense que nous allons nous retirer, dis-je au barman.
– Je le pense aussi... murmura-t-il. Je veux dire...  Bien sûr Monsieur, à votre service.
Il présentait de nouveau le visage impassible qui sied à sa profession. Il fit un pas en direction du bar puis revint, sentencieux :

– Je me suis laissé dire qu'avec le champagne, le contact et l'odeur du vieux cuir ont de bien mystérieuses vertus... Le saviez-vous ? Je vous souhaite la bonne nuit, Madame, Monsieur...

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jeudi 19 janvier 2006

Nocturne

Je vous ai invitée à vous habiller pour la circonstance : bas anthracite, talons aiguilles et une simple ceinture de smoking en soie noire, bien large qui vous serre la taille, rehausse les courbes de vos hanches et la cambrure de vos reins…

- Et puis ? m'avez-vous dit, cherchant déjà la jupe idéale…

- Et puis, plus rien Miriane… C’est parfait comme ça : vous savez bien qu’un rien vous habille !

Je vous ai proposé cependant de vous couvrir d’une veste croisée rouge, profondément échancrée, fermée par deux boutons et qui vous arrive à mi-cuisse.

- Et c’est tout ! ?

Dubitative, une moue coquine sur le visage, vous vous adressiez à votre reflet dans le grand miroir…

Ce serait tout ! Bien suffisant pour prendre l’ascenseur, traverser le bar de l’hôtel et le grand hall plein de monde à cette heure-là, s’y arrêter un instant et rejoindre enfin, de l’autre côté de la rue, la voiture que nous avions laissée sur la place… Mais puisque vous insistiez, je vous ai promis de vous donner, tout à l’heure, un couvre-chef tout à fait adapté à la soirée.

Et nous sommes sortis...

Je vous ai abandonnée au rez-de-chaussée : je voulais vous voir évoluer seule parmi la clientèle essentiellement masculine. Vous n'êtes pas passée inaperçue ! Perchée sur vos talons trop hauts, vous aviez une démarche de danseuse et preniez sans le vouloir des airs de gourgandine. Vous avanciez à petits pas, ignorant le battement régulier des pans de votre veste qui s’ouvraient sur le haut de vos cuisses, révélant chaque fois la bordure noire de vos bas.

Nous voici à la voiture... Je feins de vous ouvrir la porte puis me ravise.

- Non... Ce soir, votre place n’est pas là !

Cérémonieusement je vous conduis à l’arrière où je vous ouvre le coffre... Je perçois votre air inquiet mais ne vous laisse pas le temps de protester.

- Un autre détail, Miriane. Ou plutôt deux détails...

Je vous montre une cagoule de cuir noir. Une cagoule aveugle, percée d’un seul orifice rond à l’emplacement de la bouche, et munie d’un collier pour la refermer autour du cou. Sans attendre, je vous l'enfile sur la tête et serre le collier. Je vois votre bouche effarée qui s’ouvre toute ronde, je vois vos lèvres roses dans leur écrin de cuir noir. Je ne résiste pas au désir de vous effleurer d'un baiser.

- Et le second détail, me demandez-vous enfin ?

- Ah oui, le second détail... vous allez retirer votre veste !

- Mais je n’ai rien dessous !

- Justement... Vous allez voyager nue dans le coffre pour une destination que vous ignorez et je ne vous retirerai cette cagoule qu’à notre retour. Allons !

Comme vous ne semblez pas vouloir vous décider, je déboutonne votre veste et vous la retire... L’éclairage public me révèle une silhouette étrange. Hauts talons,  jambes allongées, guipées de noir jusqu’en haut des cuisses, ventre doré où buissonne un petit triangle d’ombre, la taille prise dans votre ceinture de soie ajustée, seins hauts et ronds dont les bouts tendus sont comme deux yeux rivés sur moi. Et cette tête encagoulée de noir où s’ouvre le trou rond de votre bouche qui voudrait crier... Vous êtes là mais ce n’est plus vous ! Vous êtes une autre, inconnue, docile, soumise... Et je sais bien ce qui se passe sous votre masque : ne voyant rien vous vous sentez vous-même une autre, paradoxalement libérée.

Le bruit d'une moto qui passe vous ramène à la réalité : à tâtons, vous repérez la voiture et m’offrant un instant la vision de votre admirable cul, vous grimpez dans le coffre où vous vous lovez comme un animal farouche mais dompté. Une petite femelle dont la fente humide suinte de peur et de plaisir...

- J’oubliais, dis-je en m’approchant : il y a un troisième détail...

A l’anneau de votre collier je fixe une chaîne... Et je referme le coffre.

Posté par Eronaute à 17:30 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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