jeudi 7 avril 2011

Embruns

Le temps d'un soupir, il y eut comme un parfum d'inconnu qui émanait des embruns.
Par vagues successives déferlaient des émotions insoupçonnées, ourlées d'une écume d'interdit.
"Insatiable, dit-elle en riant, je suis insatiable !"
Elle s'offrait aux caresses frissonnantes de la brise, soupirait d'aise aux effluves marins, espérait en secret qu'on la vît...
Captive, elle s'abandonna.

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lundi 9 août 2010

Maris stella

Je l'ai amenée là, sur la grande plage déserte, aveuglée d'un foulard noir, nue ou peu s'en faut, escarpins, bas, porte-jarretelles. Sans plus : il fait si doux ! La nuit étoilée se fend d'une pleine lune éclatante.
Miriane ose quelques pas vacillants sur le sable. Ses talons ne l'ont jamais rendue aussi fragile. Elle écarte un peu les bras, comme une funambule mais ses mains retenues par les chaînettes qui pendent de son collier battent inutilement à hauteur de ses seins.

"Ecoute, dis-je, écoute bien ! C'est ma surprise qui vient..."

Elle entend les vagues qui déferlent paresseusement, la brise tiède et légère venue du sud et avec elle, des bouffées virevoltantes de musique, la rumeur d'une fête, au loin... Et puis, les crissements sur la grève de pas qui se rapprochent, un murmure discret de voix qui se taisent, des souffles autour d'elle...
Présence fantomatique, silencieuse.
Un parfum de vanille...
Des étoffes la frôlent, des lèvres l'effleurent. Pas un mot...
Des respirations, des halètements de désir...
De muettes caresses...
Des sexes tendus à l'assaut de ses sens, le baiser d'une chatte sur sa bouche...
Possession...

Plus tard, les fantômes se sont retirés comme la mer, l'abandonnant au lent ressac de son plaisir. Plus tard encore, nous entrions dans une villa proche où l'on donnait une fête.
- Mais qui sont tous ces gens, dit Miriane... Je ne les connais pas.
- Quelle importance ? Ce sont des amis...
Un couple avançait pour nous accueillir...
- Bonsoir, dit la femme. Heureuse de faire votre connaissance.
Elle tendit les mains. Il y eut dans l'air tiède une douce odeur de vanille et de sexe...

Maris_stella

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mercredi 21 juillet 2010

Farniente... Bis repetita !

Quitte à me répéter...
(Mais dans la torpeur caniculaire personne ne s'en rendra  compte !)

Ah, les vacances ! L'été, le soleil, la mer, la plage, le sable...
Et les jolis coquillages...

004

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lundi 19 avril 2010

Née de l'écume

C'est probablement l'approche de l'été qui m'a fait me souvenir de cette histoire publiée la première fois en 2006... Mais pas seulement !

__________________

Seul sur une plage démesurée, je me réveillais d'une sieste bercée par la tranquille rumeur des vagues, nanti d'une érection qui avait dû intriguer les mouettes tant elle était incongrue dans cette immensité désertique...

A quelques instants de pudique affolement, succéda le bien-être indescriptible de l'homme nu en pleine nature et dont la brise marine caresse le sexe dressé comme une provocation... "Homme nu affichant sa virilité face à l'océan..." Allongé sur le dos, légèrement relevé sur mes coudes, je partis d'un rire un peu niais, considérant l'image totémique que j'offrais mais que personne ne pouvait voir. Du moins, je le pensais...

J'avais tort !
Elle apparut exactement dans l'alignement, entre mes pieds, là-bas au bord des vagues et de l'écume dont elle semblait sortir, nue, comme Aphrodite à sa naissance. Et sans aucune hésitation, elle avança vers moi d'une démarche souple qui faisait frémir ses seins à chaque pas... Hanches généreuses, ventre plat, infime toison dorée rehaussée de quelques gouttelettess d'eau qui brillaient dans le soleil : c'était une vraie blonde.

- Vous avez l'heure, me dit-elle ?
Je n'avais pas bougé.
- Heu... non !

Lorsqu'elle se laissa tomber entre mes jambes, je crus bêtement qu'elle voulait vérifier si j'avais une montre... Mais elle remit rapidement les pendules à l'heure si j'ose dire, puisque j'affichais déjà un midi majestueux, et entreprit sans façon de remonter le mécanisme. Horlogère de métier sans doute, elle obtint rapidement une tension optimum et vint soudain me chevaucher de manière un peu cavalière. Je n'eus pas le cœur de la désarçonner !

Elle était évidemment magnifique, cheveux au vent et légère comme un tiède zéphyr qui allait et venait sur moi glissant sur du velours. Du sable collé à sa peau, entre ses seins, s'écoulait doucement sur mon ventre, grain par grain au rythme de ses mouvements et s'enfouissait entre nous où je le sentais se mêler insolemment à notre intimité...
Puis le sablier explosa...

- Z'avez un téléphone ?
- Oh, oui ! Bien sûr... Zérosixzéroseptqua...
- Non ! Votre portable, vous l'avez là, votre portable ?

Un peu secoué, je le lui tendis alors qu'elle se désempalait de moi comme elle serait descendue de cheval... Je lui passai l'appareil, elle composa un numéro, patienta, recommença, puis laissa tomber le téléphone sur ma serviette en s'exclamant "Ah ! Le con !" et s'éloigna vers les dunes ou elle disparut.

Au loin, un voilier blanc tirait des bords...

(Juillet 2006)

____

Bousculant un peu les codes et les conventions bloguesques, j'explique...

J'explique et commente du même coup le commentaire de "La Regardeuse" qui non sulement regarde avec beaucoup d'attention mais sait voir plus loin que la ligne d'horizon. Une histoire authentique - à quelques détails près évidemment - mais chargée d'une bombe à retardement !

Lorsque la blonde Aphrodite me restitua mon téléphone, ne me vint pas à l'esprit de regarder dans le journal des appels le numéro qu'elle avait composé : d'abord parce que j'avais la tête ailleurs et puis ça ne se fait pas, n'est-ce pas ? Le numéro se perdit donc lors d'un effacement ultérieur et je n'y pensai plus... Mais le mien ? Cet appel à partir de mon portable avait laissé des traces quelque part, probablement sur l'appareil du correspondant... Ou alors, en supposant que cette alerte baigneuse avait abandonné son mobile chez un ami, un mari, un amant... c'est sur le sien que s'était enregistré mon numéro !

Et donc 4 ans plus tard...

- Allo...
- Oui ?
- Est-ce que vous faites toujours du nudisme sauvage sur la plage de *** ?
- Pardon ?
- Oui... à *** ! Vous comptez y retourner cet été ?
- ...
- Vous ne vous souvenez pas ? Dites donc, c'est pas flatteur pour moi ça ! Une nana qui sort du bain, vous saute dessus, vous baise et se tire sans un mot, ça ne doit tout de même pas vous arriver tous les jours...
- ... Qu'est-ce que... Ah, mais... C'était vous ? Mais comment...
(J'abrège, parce que je n'ai pas été très brillant ni très disert à ce moment-là)
- Oui... Bon. Voilà : je n'ai pas oublié, contrairement à ce que vous auriez pu imaginer et après tout ce temps... j'aimerais... Enfin, j'ai repensé à tout ça et je voudrais...
- Mais bien sûr, je comprends... Nous pourrions...
- ... Je voudrais vous remercier... Pour le téléphone. C'était sympa...

Et elle a raccroché. Là, comme ça... Sans plus...
Mais ce coup-ci,  j'ai pensé à regarder le numéro affiché...
Mais il n'y avait pas de numéro...
"Numéro privé", que ça disait...
Ah, la conne !

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vendredi 9 octobre 2009

Le chasse-marée

Basse-mer...

- Je suis atterrée, G ! Et terrifiée aussi, pour faire bonne mesure... Accablée, terrorisée et puis je ne sais quoi d'autre, mais je le suis, croyez-moi ! Et n'essayez surtout pas de me consoler, ni de me plaindre...
Impermanence- Mais je n'ai encore rien dit, Sophie...

Ses lèvres tremblaient un peu. Nous étions chez elle, sous la véranda qui donne sur la mer. Refuge douillet mais ouvert aux mystères du large, à l'angoisse du vide et du temps qui passe sans nous le dire. Au loin là bas, un soleil automnal refusait de mourir, éclaboussant encore l'horizon de rayons rouges et or désespérés... Dans la lumière moribonde, Sophie m'apparaissait irréelle, splendide, magnétique à force d'être désirable. Comme hier, comme toujours...

- Vous n'avez encore rien dit, peut-être, mais je vous connais : vous allez trouver le moyen de me faire fondre et je vais oublier les raisons de ma dépression !
- Eh bien je ne vous console pas, je ne vous plains pas, mais dites-moi au moins ce qui vous arrive...
- Je vieillis ! Voilà ce qui m'arrive... Je vieillis et c'est une catastrophe : je grossis, je m’empâte, j'ai des vergetures ici ou là, ma chair est flasque, mes rides se creusent, mes seins tombent...
- Vos seins tombent ?! Vous voulez rire ou quoi ?
- Si ! Ils tombent… Et ils sont mous, c'est une horreur. Regardez...
D'un geste théâtral elle avait ouvert son chemisier sur sa poitrine nue, ferme, admirable, vivante. Sa peau douce et ambrée jouait si bien des reflets cuivrés du couchant que le soleil, un instant, suspendit sa course...

- Et puis bon, je suis obligée de porter des lunettes...
- Mais vous avez toujours porté des lunettes, Sophie !
- Oui, mais non !
- Ah...

Elle regardait la mer...
Silhouette dorée découpée sur le petit théâtre de l'estran que grignotait le flux du montant. Les vagues inlassables poursuivaient leur entreprise, apportaient et retiraient leur comptant de minuscules charognes marines, de putréfaction, de vie et de mort... Erosion, lente transformation, impermanence...

- Vous savez quoi, G ? La mer, c'est la vie autant que la mort... Le matin tôt, quand la plage est déserte, je descends me baigner nue et je me prends parfois pour un cadavre que la marée va reprendre pour nourrir un peu de vie, ailleurs...
Elle avait en parlant laissé glisser son chemisier puis sa jupe, qui s'étalait maintenant en corolle  sombre autour de ses pieds, puis sa culotte...
- Voyez comme je suis, G...
- Toujours la même, Sophie... Délicieuse…
- Oui, mais... Vous pourriez me désirer encore, parfois, de temps en temps, à l'occasion, en rêve ou pour de vrai ?
- Venez là, So...
- Oui, mais...

Haute mer. Beaucoup plus tard...
Sur la plage, à la limite des vagues...

- C'est terrible ça... Quand je te suce j'aime bien voir...
- Normal, non ? Moi aussi, quand je te...
- Oui, mais...
- Quoi encore ?
- J'ai laissé mes lunettes là-haut. Tu vois bien que je vieillis...

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samedi 20 septembre 2008

Un port, la nuit...

 A vrai dire, je ne suis pas très doué pour raconter des histoires...

On me dit le contraire parfois, mais je crois que c'est pour me faire plaisir. Ou obtenir de moi quelque chose... Mais je ne suis pas doué non plus pour comprendre ce qu'on me veut. Alors je reste là, les bras ballants et on me prend pour un malotru. Ou un goujat ! Parce qu'en plus, je ne connais pas grand chose à la psychologie féminine.

Cela me rappelle cette fois où, sur une plage bretonne déserte , une jeune Américaine en goguette, m'avait demandé, me tendant un jetable bas de gamme,  de la prendre en photo "dans son simple appareil"... Elle n'arborait déjà plus qu'un illusoire triangle d'étoffe rose moulé sur son petit tabernacle, mais qu'à cela ne tienne ! "Déshabillez-vous donc entièrement" lui dis-je, pointant illico mon propre Nikon sur son centre de gravité. "Aoh ! Bad boy ! Vous être une goujon... No, un gouge !"

Mais je m'égare...

Je ne suis pas très doué pour raconter les histoires, disais-je, encore moins quand elles sont vraies ! C'est d'ailleurs une constante : si je raconte une histoire authentique personne ne me croit alors que bien des gens tiennent pour vrai ce que j'invente... Moi-même d'ailleurs, m'y perdant un peu, j'ai renoncé à trier et me contente de vivre entre deux eaux, puisant autant dans mes rêves que dans la réalité...

Or donc, à l'occasion d'un déplacement professionnel, j'étais une fois encore descendu dans un hôtel cossu - simplement parce que mon éditeur m'en donne la possibilité - où un homme, seul pour l'occasion, normalement constitué et en mission, s'emmerde copieusement en se racontant des histoires pour passer le temps. Il peut être doté d'un solide sens de la fidélité, se souvenir qu'une aventure express ne lui laissera finalement qu'un goût amer dans la bouche et un vague parfum de culpabilité : il fantasme... Il se raconte des histoires, s'attarde au bar ou au salon et considère expertement la clientèle féminine en la classant en trois catégories : celle des "possibles", celle des "sûrement pas" et enfin celle des "en voilà une que je me ferais bien, mais faut pas rêver".

Je m'efforçais donc ce soir là, en lui racontant je ne sais quelles histoires improbables, de tenir éveillée une blondinette tout à fait charmante. Elle n'avait pas cessé de me jeter des œillades pendant la soirée et je l'avais rangée d'emblée dans la catégorie des "possibles"... D'autant qu'elle avait accepté un verre en chaloupant outrageusement des fesses et que là, perchée sur son tabouret de bar, elle croisait et décroisait ses jambes, laissant remonter sa jupe sur ses cuisses... Quelque chose cependant ne fonctionnait pas ! "Une promenade sur le port, cela vous plairait ? Il fait tellement bon ce soir..." Ça ne coûtait rien d'essayer : la proposition restait convenable. Trop peut-être, puisque dans un bâillement à peine contenu, elle m'informa soudain qu'il était bien tard, que la journée du lendemain serait longue et que... Bref, une veste sur mesure !

Nous prenions congé (je pensais d'ailleurs qu'elle me signifiait le mien) lorsqu'une créature de rêve se glissa à côté de moi dans un discret froissement de soie qui me figea sur place. Grande, brune, un visage d'ange légèrement nostalgique encadré de cheveux auburn et vêtue de noir. "Faut pas rêver, me dis-je, vaudrait mieux que je m'éloigne, je vais encore me faire du mal !"

- Je vous offre un verre ?

Une voix grave, douce, comme une musique orientale la nuit, dans une oasis avec, un peu plus loin, un petit jet d'eau qui cascade sur des galets millénaires...

- J'ai aimé votre communication cet après-midi... Remarquable ! Un sujet difficile, délicat du moins, mais vous l'exposez d'une telle manière ! Vous avez l'art de charmer votre public... Je vous offre un verre ? Je peux ?

Elle eut un signe pour le barman qui nous servit immédiatement deux Lagavulin sans glace.

- Amélie... me dit-elle en me tendant cérémonieusement une main qu'elle courbait avec élégance, comme si elle avait voulu que je la baise...

Elle avait les yeux verts, un regard qui lisait en moi, un sourire triste, des lèvres rouge cerise mais pas trop, un parfum tiède qui s'échappait de son corsage et que je ne connaissais pas, un minuscule grain de beauté sous le menton, à droite... et elle se pencha vers moi pour me dire à mi-voix :

- Gostaria de ver o porto, a noite… J'aimerais voir le port, la nuit... C'est tellement étrange un port, la nuit... Vous m'accompagnerez ?

 

***

Un quart d'heure plus tard je l'accompagnais dans les petites rues qui donnaient sur les quais. Mais ce dernier verre, je n'aurais peut-être pas dû le boire. Ou alors, c'était la porte tournante de l'hôtel, ou l'air tiède de l'extérieur... Ou encore, le curieux parfum de cette sombre beauté dont j'observais à la dérobée le doux balancement des seins, libres sous son chemisier blanc. Les deux derniers boutons négligemment oubliés invitaient à la déraison... Un léger vertige me donna quelques instants la démarche d'un vieux pochard, puis je l'entendis vaguement me parler de Joseph Conrad, et de Jack London qui écrivait ses romans, disait-elle,  déguisé en marin désoeuvré dans les bas quartiers de Londres...

Le port apparut, trouée de lumière orangée en bas d'une ruelle obscure. L'odeur iodée de l'océan qui grommelait plus loin d'indicibles histoires, les quais violemment illuminés où dansaient les bateaux me dégrisèrent d'un coup. Il y avait là une agitation colorée, tissée sur la trame sourde des machines : raclement des casiers bleus, verts ou jaunes traînés sur les pavés, feulement animal des treuils, grincement des bras de charge qui virevoltaient comme des girouettes monstrueuses. Et des ordres brefs que se donnaient les hommes dont quelques uns se retournaient sur notre passage pour reluquer sans vergogne les jambes d'Amélie. Elle se rapprocha de moi. Nos hanches se frôlèrent comme les coques de ces navires qu'une légère houle pressait les uns contre les autres. Certains, des bolincheurs, larguaient tout déjà, et filaient vers la mer...

- Ils vont sûrement pêcher assez loin, dis-je... Et d'autres vont rentrer bientôt pour la criée de nuit. Nous pourrions mieux les voir si nous allions sur la jetée... Tenez, regardez !

Le Nerilka, un hauturier fileyeur majestueux, approchait du chenal avec son escorte de goélands criards, auréolé de ses lumières de pont. Allons ! Paris aurait demain sa marée...

La jetée que j'avais aperçue n'était en fait qu'un long ponton de bois qui s'avançait au large. Chichement éclairé, il surplombait la mer que l'on devinait, noire, entre les planches disjointes. Amélie eut un instant d'hésitation, considérant les interstices béants d'où montait avec ses odeurs de varech, la rumeur de la houle. Elle me prit le bras, nous avançâmes dans l'ombre.

- Mais nous sommes en pleine mer, me dit-elle !

Elle m'agrippa davantage... Elle se pressait maintenant contre moi au point que sa jupe légère me sembla soudain inexistante : je sentais sa hanche sur la mienne, sa chaleur qui traversait l'étoffe... C'est une chose étonnante que de sentir cette chaleur là, auprès d'une femme que l'on connaît à peine. Une intimité profonde, inattendue... que l'on croit pénétrer à son insu !
Nous étions accoudés à l'extrémité du ponton, dans l'étrange obscurité d'une nuit sans lune où seule la lueur des étoiles révélait son visage. Je lui montrais le triangle de l'été, l'éclat blanc de Véga... Quelques embruns excités par le flux du montant volèrent jusqu'à nous et son rire aérien sembla descendre tout droit de la constellation de la Lyre.

- C'est tellement... terrifiant que... C'est d'une beauté terrifiante... Comme un rêve, murmurait-elle.

Venant du large, le vent découvrit un instant sa nuque... Où je ne pus soudain me retenir de passer le dos de ma main pour en éprouver la douceur. Je devinais un léger duvet sous ses cheveux longs. Mes doigts voletèrent autour de son cou pour sentir, juste sous son menton, palpiter une veine...

- La vie, c'est peut-être cela, un rêve terrifiant...

Elle se tourna vers moi, adossée au garde-fou, au-dessus du vide menaçant et tumultueux.

- J'ai envie de vous, dit-elle !

Je lui pris la main pour l'entraîner.
- ... Venez. Rentrons...

- Non !

Elle eut soudain, sous ses cheveux mouillés d'embruns, une beauté sauvage qui me la fit désirer irrésistiblement.

- Non, dit-elle encore ! Maintenant... Ici, au dessus des vagues. Je veux avoir peur. Du noir, du vide, de l'inconnu, de l'insondable... Et vous me ferez jouir.

Dos à la mer, elle s'agripait à la rambarde.
La brise tiède souleva sa jupe, découvrant ses cuisses claires où veillait un infime triangle noir...

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jeudi 28 août 2008

Premiers secours

Photo d'une bouée et d'un extincteur jaune...

Secours

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samedi 6 octobre 2007

Sable, roches et traces...

 

Une femme est passée...

Roche

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jeudi 19 juillet 2007

Ecluse de mer

Miriane était à la fenêtre…

C'était un petit hôtel de charme, face à l'écluse sur le canal. Un écluse de mer que franchissent gravement, comme des rêves de voyages, de gigantesques cargos venus de tous les océans. J'affectionne particulièrement ces lieux de transit. Sur le pont des navires, les marins sont encore entre deux mondes et considèrent étonnés les terriens minuscules qui les regardent passer, olympiens auréolés de fantasmes…

Ce soir là, un cargo russe était entré dans le bassin, surplombant l'hôtel de sa hauteur majestueuse… J'étais descendu prendre des photos. Tandis que les lamaneurs s'activaient à quai, halant des haussières grosses comme le bras, les matelots baguenaudaient sur le pont, observant les curieux, hélant les filles… J'en vis bientôt quelques uns, rassemblés à la proue, qui faisaient en riant de grands signes en direction de l'hôtel : ils avaient repéré Miriane. Accoudée à l'appui de la fenêtre, elle leur présentait un divertissement que je ne pouvais que supposer puisque de leur position en hauteur, ils la voyaient sans doute tout entière, vêtue d'un simple débardeur… Je composai sur mon portable le numéro de mon amie que je vis immédiatement s'éclipser puis réapparaître, son téléphone à l'oreille…

- Vous avez quelques admirateurs à bord, ma chère… Vous ne voudriez pas les décevoir je suppose ?

- Que voulez-vous dire ?

- Eh bien que s'ils prennent plaisir à vous mater ainsi, et puisque cela ne semble pas vous incommoder outre mesure, vous devriez, pour que je puisse faire de vous quelques photos inattendues, poursuivre votre effeuillage et leur donner la vision sublime de votre nudité…

Il y eut un silence au téléphone… Je vis de loin Miriane reculer, se rendant compte soudain du spectacle qu'elle offrait et de la nature de ma suggestion.

- Vous ne voulez tout de même pas que…

- Mais si ! Et je suis prêt à parier que vous en avez terriblement envie…

- Je vous jure que… Bon… Mais restez au téléphone, alors…

Quelques secondes passèrent. Puis d'une main, avec un naturel qui m'interloqua, Miriane fit glisser une bretelle du débardeur dont l'encolure resta suspendue à la pointe de son sein droit. Passant son téléphone d'une oreille à l'autre elle eut un léger mouvement d'épaule et la seconde bretelle dérapa doucement… Son caraco glissa, marqua la pause et sombra d'un coup, dévoilant sa poitrine… Il y eut une sorte de silence parmi les marins tandis que ronronnaient les machines…

- Vous marquez un point Miriane…

- Si vous insistez, je peux faire mieux !

Je ne sais par quel mystérieux exercice, Miriane fit descendre encore son vêtement. Je le vis disparaître, échoué probablement sur le sol de la chambre, au-dessous de l'encadrement. Question de parallaxe : je me doutais bien que les marins la voyaient jusqu'aux genoux, tandis que pour moi, pauvre terrien, l'image s'interrompait à moitié de son ventre.

- Vous me privez de l'essentiel, murmurai-je dans mon téléphone…

- Oui ? Eh bien je n'en priverai pas vos marins et ce sera bien fait pour vous, débauché que vous êtes !

Je ne pus qu'imaginer, deviner à ses contorsions suggestives, le chemin que prenait son infime culotte s'accrochant un bref instant entre ses cuisses pour finalement la livrer tout entière aux regards concupiscent des matelots. Leurs bouches arrondies, ouvertes encore sur leurs dernières plaisanteries emplissaient la scène d'un silence éloquent bientôt rompu par des interjections incompréhensibles. Je vis surgir un petit appareil de photo… Il y eut un flash, puis deux…

- Miriane… C'est bien ! Mais vous pourriez peut-être vous retirer maintenant : ces messieurs n'ont probablement pas vu une seule femme depuis des semaines et…

- Hmm… C'est d'autant plus agréable pour moi… Si vous pouviez voir leurs yeux ! Ça me…

Dans le viseur de mon appareil je vis la main libre de Miriane glisser sur son ventre vers son pubis. Elle s'agitait mollement, montant et descendant comme un navire au mouillage sous l'effet de la houle…

- Miriane ! Ce sont des marins ! Des hommes rudes… Des bêtes de sexe ! (J'exagérais un peu, tout de même !) Ils vont sauter à quai, se précipiter vers votre chambre, défoncer la porte ! Je ne sais pas moi… Ils vont se ruer sur vous à plusieurs, si vous continuez !

- Oh, oui… répondit-elle dans un soupir roque !

Les machines du cargo se mirent en branle… Les portes de l'écluse s'ouvraient lentement déversant dans le canal le trop plein de l'éclusée… L'eau bouillonnait sous la poupe tandis que les marins russes rappelés à l'ordre, adressaient en riant des baisers à Miriane et des gestes obscènes.

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vendredi 11 mai 2007

Un peu de poésie

bain
- Capitaine ! Capitaine... Je peux me baigner toute nue ?
- ...
- J'ai mis un maillot pour débarquer, mais...
- ...
- Alors, je peux... Je peux ?
- ...
- Bon, d'accord... Alors je l'enlève !
- ...
- Capitaine ! Je le retire... Et je vais me baigner toute nue !
- ...
- Dites ! Ca vous dérangerait de me dire quelque chose ? Parce que si tout le monde s'en fout, j'aime autant me rhabiller, moi ! On se les gèle sur votre île déserte de merde, là...

Posté par Eronaute à 15:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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