Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

mardi 20 octobre 2009

Harcèlement

- Eh bien moi je dis que si vous ne postez pas des photos, votre blog, tout le monde s’en fout !
- Peut-être bien Mathilde… Cependant, permettez-moi de ne pas avoir envie de me tirer régulièrement le portrait à poil ! Ça devient bizarre à force…
- Mais puisque je suis votre photographe officielle !
- C’est ce que vous dites ! Je vous rappelle que vous n'avez pas l'exclusivité...

Ça fait un moment qu’on discute comme ça, inutilement…

Elle a débarqué sans prévenir, sous prétexte d’une panne d’eau chaude dans sa chambre ! Faut dire que les coïncidences s’accumulaient ce jour là… Au hasard d’un déplacement, même ville, même hôtel... Et voilà qu’on déambule maintenant dans la piaule, chacun à sa toilette, à ses affaires. Mais elle tout d’un coup, ça lui a pris comme ça, elle menace de me fusiller de son numérique, à bout portant…

- Bon… Vous permettez que je m’habille ?

- Ben non, justement !

Je la regarde du coin de l’œil. Les cheveux défaits, un slip léopard inattendu (où donc a-t-elle trouvé ce machin horrible ?) et la poitrine épanouie se balançant au gré de ses mouvements brusques… C’est qu’elle finirait par me mettre en retard, Mathilde !

- … Et puis je vais vous dire… Ce qui serait plus logique, c’est que je poste des photos de femmes, non ? Un homme, ça s’intéresse aux photos de femmes...

- Oui mais ce sont des femmes qui vous lisent !

- Vu comme ça en effet…

- Et puis zut ! Vais vous en faire des photos de femmes, moi…

La voilà qui boude. Ou qui fait semblant ! Et qui se photographie elle-même, ici, là, le bras tendu… Et qui ne s’intéresse plus à moi…


J’aurais du me méfier un peu… Quand je suis revenu dans la salle de bain elle se tirait le portrait devant le miroir. Pas fait attention… Et clic !

- Et voilà-voilàààààà… Vous aurez une photo mixte, comme ça… Pour faire plaisir à tout le monde ! Et vous la publierez n’est-ce pas ? Sinon je dis à Elodie que vous me harcelez…

Alors voilà...

Mixte

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vendredi 3 juillet 2009

Quoi, encore ?

Ce qui est pénible avec les photographes homologuées, c'est qu'elles ne se contentent plus de regarder par le trou de la serrure...

Elles vous dérangent même pendant la sieste !

EroMathilde04

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lundi 8 juin 2009

Chantage

- Et vous ne faites plus de photos de vous ?
La question de Mathilde me parvient de la chambre voisine, où elle finit de se préparer tandis que je traîne encore sous la douche...
- Comment ça, des photos de moi ?
- Eh bien oui... Pour votre blog, votre repère et tout ça...
Elle entre en trombe dans la salle de bain, brandit mon appareil.
- Non mais attendez, vous voyez bien que je ne suis pas... présentable !
- Justement...

Elle a un curieux petit éclat de lumière dans l'œil et tourne autour de moi, jupe rouge virevoltante comme la muleta d'un torero et l'objectif aux aguets. J'ai l'impression que je vais devoir négocier.
- Je vous propose de devenir votre photographe officielle, me dit-elle. Je me débrouille vous savez... Et vous aurez de quoi illustrer vos récits !
- Mais je n'ai pas l'intention d'illustrer mes récits avec mes photos !
- Ah non ? Alors voilà... C'est donnant-donnant : je fais des photos et vous les publiez, sinon je ne vous autorise plus à raconter nos histoires.
- Mais c'est du chantage !
- Oui...

EroMathilde01Evidemment, ce ne serait pas si grave. Mais il y a un petit quelque chose qui m'attire dans l'enjouement fiévreux de Mathilde et finalement...
- Et que retirez-vous de tout cela ?
- Ça, c'est mon affaire... Disons que j'ai envie de vous montrer à ma façon !! Et vos lectrices "regardeuses" comprendront sans doute... Mieux que vous ! Tenez... Bzzz-bip... là... Vous ne savez pas ce que je vois... Bzzz-bip Bzzz-bip... Et là... Ne vous occupez pas de moi... Pour une fois, c'est moi qui vous possède. Je me sers de vous... Bzzz-bip Bzzz-bip ! Marché conclu n'est-ce pas ?

Mathilde est fichtrement convaincante. Elle joue de l'appareil comme d'un sixième sens qui tiendrait à la fois de la vue et du toucher, elle me donne terriblement envie de me laisser faire... Terriblement envie tout court, d'ailleurs.
- Oh, oui ! Bzzz-bip Bzzz-bip... Là, j'adore...

Sa jupe rouge me frôle, tourbillonne, glisse...

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samedi 20 septembre 2008

Un port, la nuit...

Réédition intégrale

A vrai dire, je ne suis pas très doué pour raconter des histoires.

On me dit le contraire parfois, mais je crois que c'est pour me faire plaisir, pour me flatter. Ou obtenir de moi quelque chose... Mais je ne suis pas doué non plus pour comprendre ce qu'on me veut. Alors je reste là, les bras ballants et on me prend pour un malotru. Ou un goujat ! Parce qu'en plus, je ne connais pas grand chose à la psychologie féminine.

Cela me rappelle cette fois où, sur une plage bretonne déserte , une jeune Américaine en goguette, m'avait demandé, me tendant un jetable bas de gamme,  de la prendre en photo "dans son simple appareil"... Elle n'arborait déjà plus qu'un illusoire triangle d'étoffe rose moulé sur son petit tabernacle. Qu'à cela ne tienne ! "Déshabillez-vous donc entièrement" lui dis-je, pointant illico mon propre Nikon sur son centre de gravité. "Aoh ! Bad boy ! Vous être une goujon... No, un gouge !"

Mais je m'égare...

Je ne suis pas très doué pour raconter les histoires, disais-je, encore moins quand elles sont vraies ! C'est d'ailleurs une constante : si je raconte une histoire authentique personne ne me croit alors que bien des gens tiennent pour vrai ce que j'invente... Moi-même d'ailleurs, m'y perdant un peu, j'ai renoncé à trier et me contente de vivre entre deux eaux, puisant autant dans mes rêves que dans la réalité...

Or donc, à l'occasion d'un déplacement professionnel, j'étais une fois encore descendu dans un hôtel cossu - simplement parce que mon éditeur m'en donne la possibilité - où un homme, seul pour l'occasion, normalement constitué et en mission, s'emmerde copieusement en se racontant des histoires, pour passer le temps. Il peut être doté d'un solide sens de la fidélité, se souvenir qu'une aventure express ne lui laissera finalement qu'un goût amer dans la bouche et un vague parfum de culpabilité, il fantasme... Il se raconte des histoires, s'attarde au bar ou au salon et considère expertement la clientèle féminine en la classant en trois catégories : celle des "possibles", celle des "sûrement pas" et enfin celle des "en voilà une que je me ferais bien, mais faut pas rêver".

Je m'efforçais donc ce soir là, en lui racontant je ne sais quelles histoires improbables, de tenir éveillée une blondinette tout à fait charmante. Elle n'avait pas cessé de me jeter des œillades pendant toute la soirée et je l'avais rangée d'emblée dans la catégorie des "possibles"... D'autant qu'elle avait accepté un verre en chaloupant outrageusement des fesses et que là, perchée sur son tabouret de bar, elle croisait et décroisait ses jambes laissant remonter sa jupe sur ses cuisses... Mais quelque chose ne fonctionnait pas ! "Une promenade sur le port, cela vous plairait ? Il fait tellement bon ce soir..." Ça ne coûtait rien d'essayer : la proposition restait convenable. Trop peut-être, puisque dans un bâillement à peine contenu, elle m'informa soudain qu'il était bien tard, que la journée du lendemain serait longue et que... Bref, une veste sur mesure !

Nous prenions congé (je pensais d'ailleurs qu'elle me signifiait le mien) lorsqu'une créature de rêve se glissa à côté de moi dans un discret froissement de soie qui me figea sur place. Grande, brune, un visage d'ange légèrement nostalgique encadré de cheveux auburn et vêtue de noir. "Faut pas rêver, me dis-je, vaudrait mieux que je m'éloigne, je vais encore me faire du mal !"

- Je vous offre un verre ?

Une voix grave, douce, comme une musique orientale la nuit, dans une oasis avec, un peu plus loin, un petit jet d'eau qui cascade sur des galets millénaires...

- J'ai aimé votre communication cet après-midi... Remarquable ! Un sujet difficile, délicat du moins, mais vous l'exposez d'une telle manière ! Vous avez l'art de charmer votre public... Je vous offre un verre ? Je peux ?

Elle eut un signe pour le barman qui nous servit immédiatement deux Lagavulin sans glace.

- Mathilde... me dit-elle en me tendant cérémonieusement une main qu'elle courbait avec élégance, comme si elle avait voulu que je la baise...

Elle avait les yeux verts, un regard qui lisait en moi, un sourire triste, des lèvres rouge cerise mais pas trop, un parfum tiède qui s'échappait de son corsage et que je ne connaissais pas, un minuscule grain de beauté sous le menton, à droite... et elle se pencha vers moi pour me dire à mi-voix :

- Gostaria de ver o porto, a noite… J'aimerais voir le port, la nuit... C'est tellement étrange un port, la nuit... Vous m'accompagnerez ?

***

Un quart d'heure plus tard je l'accompagnais dans les petites rues qui donnaient sur les quais. Mais ce dernier verre, je n'aurais peut-être pas dû le boire. Ou alors, c'était la porte tournante de l'hôtel, ou l'air tiède de l'extérieur... Ou encore, le curieux parfum de cette sombre beauté dont j'observais à la dérobée le doux balancement des seins, libres sous son chemisier blanc. Les deux derniers boutons négligemment oubliés invitaient à la déraison... Un léger vertige me donna quelques instants la démarche d'un vieux pochard, puis je l'entendis vaguement me parler de Joseph Conrad et de Jack London qui écrivait ses romans, disait-elle,  déguisé en marin désoeuvré dans les bas quartiers de Londres...

Le port apparut, trouée orangée de lumière au bas d'une ruelle obscure. L'odeur iodée de l'océan qui grommelait plus loin d'indicibles histoires, les quais violemment illuminés où dansaient les bateaux me dégrisèrent d'un coup. Il y avait là une agitation colorée, tissée sur la trame sourde des machines : raclement des casiers bleus, verts ou jaunes traînés  sur les pavés, feulement animal des treuils, grincement des bras de charge qui virevoltaient comme des girouettes monstrueuses. Et des ordres brefs que se donnaient les hommes dont quelques uns se retournaient sur notre passage pour reluquer sans vergogne les jambes de Mathilde. Elle se rapprocha de moi. Nos hanches se frôlèrent comme les coques de ces navires qu'une légère houle pressait les uns contre les autres. Certains, des bolincheurs, larguaient tout déjà, et filaient vers la mer...

- Ils vont sûrement pêcher assez loin, dis-je... Et d'autres vont rentrer bientôt pour la criée de nuit. Nous pourrions mieux les voir si nous allions sur la jetée... Tenez, regardez !

Le Nerilka, un hauturier fileyeur majestueux, approchait du chenal avec son escorte de goélands criards, auréolé de ses lumières de pont. Allons ! Paris aurait demain sa marée...

La jetée que j'avais aperçue n'était en fait qu'un long ponton de bois qui s'avançait au large. Chichement éclairé, il surplombait la mer que l'on devinait, noire, entre les planches disjointes. Mathilde eut un instant d'hésitation, considérant les interstices béants d'où montait avec ses odeurs de varech, la rumeur de la houle. Elle me prit le bras, nous avançâmes dans l'ombre.

- Mais nous sommes en pleine mer, me dit-elle !

Elle m'agrippa davantage... Elle se pressait maintenant contre moi au point que sa jupe légère me sembla soudain inexistante : je sentais sa hanche sur la mienne, sa chaleur qui traversait l'étoffe... C'est une chose étonnante que de sentir cette chaleur là, auprès d'une femme que l'on connaît à peine. Une intimité profonde, inattendue... que l'on croit pénétrer à son insu !

Nous étions accoudés à l'extrémité du ponton, dans l'étrange obscurité d'une nuit sans lune où seule la lueur des étoiles révélait son visage. Je lui montrais le triangle de l'été, l'éclat blanc de Véga... Quelques embruns excités par le flux du montant volèrent jusqu'à nous et son rire aérien sembla descendre tout droit de la constellation de la Lyre.

- C'est tellement... terrifiant que... C'est d'une beauté terrifiante... Comme un rêve, murmurait-elle.

Venant du large, le vent découvrit un instant sa nuque... Où je ne pus soudain me retenir de passer le dos de ma main pour en éprouver la douceur. Je devinais un léger duvet sous ses cheveux longs. Mes doigts voletèrent autour de son cou pour sentir, juste sous son menton, palpiter une veine...

- La vie, c'est peut-être cela, un rêve terrifiant...

Elle se tourna vers moi, adossée au garde-fou, au-dessus du vide menaçant et tumultueux.

- J'ai envie de vous, dit-elle !

- ... Venez... Rentrons...

Je lui pris la main pour l'entraîner.

- Non !

Elle eut soudain, sous ses cheveux mouillés d'embruns, une beauté sauvage qui me la fit désirer irrésistiblement.

- Non, dit-elle encore ! Maintenant... Ici, au dessus des vagues. Je veux avoir peur. Du noir, du vide, de l'inconnu, de l'insondable... Et vous me ferez jouir.

Dos à la mer, agrippée à la rambarde, elle m'invitait.
La brise tiède souleva sa jupe, la découvrant jusqu'en haut de ses cuisses claires où veillait un infime losange noir...

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lundi 18 août 2008

Léger désordre

Il y avait là Pierre, Félix, Jacques...
Et Vous bien sûr, qui pour une obscure raison vouliez me faire connaître certains de vos amis. J'ai vite compris que ces amis-là étaient quelques uns de vos prétendants, des hommes que vous n'aviez jamais eus mais dont l'évocation accompagne encore souvent vos caresses solitaires. Pour faire bonne mesure, j'étais venu avec Mathilde que je n'avais pas vue depuis longtemps et qui semblait vouloir rattraper le temps perdu... Une soirée...

Il aurait pu se faire que l'on se contente d'évoquer nos vies respectives, de boire et de rire. Mais quelque chose dans la moiteur de cette nuit où l'orage menaçait, l'attitude de Mathilde qui par défi me prenait par la taille ou posait ses mains sur mes fesses chaque fois que je vous adressais la parole, ou encore votre compagnonqui n'avait de cesse d'évoquer plaisamment le jour où il vous livrerait à l'un de ses amis... quelque chose devait dérégler nos sens ! La conversation prenait un tour inattendu. Quelqu'un a évoqué l'impondérable des rencontres. Pierre disait qu'il aurait pu vous épouser, Mathilde racontait à Félix comment j'avais, une nuit d'ivresse, fait l'amour à Elodie croyant que c'était elle. Jacques prenant ma défense, affirmait que dans certaines circonstances et dans le noir, une femme serait bien incapable de reconnaître son amant... Vous protestiez ! Je ne sais qui proposa de vérifier séance tenante et réclama des foulards que l'on noua promptement sur vos yeux et ceux de Mathilde...

Et l'on vous effleurait de nos mains, de nos doigts, de nos cheveux que l'on passait sur vos joues qui rosissaient un peu, sur vos bras dénudés, sur vos genoux découverts. Vous poussiez l'une et l'autre de petits cris rieurs et vous ne nous reconnaissiez pas, bien sûr. Alors, vous avez tenté de tricher, palpant les étoffes pour identifier une texture, un blouson, un pantalon... J'ai vu Mathilde poser carrément une main sur la braguette de Félix tandis que vous tâtiez innocemment les fesses de Pierre... "C'est vous, c'est vous !" Vous vous exclamiez au hasard, d'autant plus perplexe que Jacques s'enhardissait d'une main sous votre jupe. "Non, c'est toi !" Vous sembliez sûre de vous mais personne ne savait de qui vous parliez. La confusion était totale.

C'est Mathilde qui la première déclara qu'il faisait vraiment trop chaud. C'était vrai. Mais était-ce une raison pour qu'elle retire son chemisier ? La générosité de ses seins sous la dentelle noire de son soutien-gorge eut un effet dévastateur. Jacques, qui à mon avis avait bu un verre de trop, la fit se lever puis descendit le zip de sa jupe qui glissa très lentement le long de ses cuisses avant d'atteindre le sol tandis qu'un silence moite se faisait dans notre petite assemblée. "Que se passe-t-il, avez vous dit... On ne joue plus ?" Il y eut pour vous répondre deux ou trois paires de mains qui entreprirent de vous dévêtir, mais si délicatement que vous n'avez pas protesté...

Vous deviez vous demander qui osait... Qui déboutonnait votre robe, qui vous effleurait soudain le bout des seins, quelles mains saisissant votre culotte la descendaient avec lenteur, quels doigts frôlaient votre toison... Etait-il seul ? Étaient-ils plusieurs à vous effeuiller ainsi ? Et qui regardait ? L'incertitude vous faisait sans doute désirer que cela se poursuive. A l'abri de votre bandeau, vous n'aviez pas envie de savoir...

Sur le siège voisin, Mathilde subissait le même sort. Vous vous en doutiez... Ce dont vous ne vous doutiez pas, c'est qu'au hasard de ses tâtonnements, elle ouvrait des pantalons, explorait innocemment slips et caleçons… Quelqu'un la guida jusqu'à vous... Elle mêla ses caresses aux nôtres... Cela, vous ne le saviez pas... Imaginiez-vous seulement que nous étions six autour de vous ? Lorsque vous avez senti une bouche tiède se poser sur chacun de vos mamelons, je crois que vous avez renoncé définitivement à compter ! Nous invitant sans pudeur à d'autres caresses, vous avez plongé votre main entre vos cuisses pour suivre du bout d'un doigt le sillon de votre fente et guidant ainsi la langue et les lèvres anonymes qui butinaient votre bouton... Votre autre main qui s'affolait sur votre ventre est remontée sur vos seins aux tétons dressés et vous les avez fait rouler doucement entre le pouce et l'index, fermant les yeux, la tête rejetée en arrière...

La suite fut un peu désordonnée ! On vous faisait l'amour passionnément, et vous ignoriez qui vous touchait, qui vous caressait, qui vous embrassait. Cette main qui palpait votre sein, cette bouche qui léchait votre mamelon, cette queue que vous agrippiez soudain, ce gland qui se frayait un chemin entre vos lèvres… A qui appartenaient-ils? Je vous ai vu sucer deux verges à la fois, les maintenant d'une seule main tandis que de l'autre vous me branliez avec ferveur. Mathilde vous subtilisa votre homme, épuisa d'une fellation magistrale le pauvre Jacques qui s'endormit bientôt dans un coin, ivre de plaisir et d'alcool… Elle entreprit Félix qui s'effondra à son tour.

Plus tard dans la nuit, alors que vos amis somnolaient vaguement, j'ai eu l'idée bizarre de vous attacher ! Vous vous êtes retrouvée les poignets liés au dessus de la tête et toujours aveuglée par votre bandeau, debout, nue, les jambes légèrement écartées, la croupe offerte, impudique … Je vous ai regardée longuement, avivant mon désir au spectacle de votre posture docile et j'ai choisi de rejoindre Mathilde, vous abandonnant dans le noir. Je suppose que vous m'avez entendu quitter le salon, que vous nous avez entendus, dans la pièce d'à côté... Mon souffle, ses gémissements à elle, qu'elle exagérait j'en suis sûr pour attiser votre envie... Le murmure de nos ébats que vous ne pouviez qu'imaginer faisait sans doute ruisseler le désir entre vos cuisses. Je ne souhaitais que cela...

Et ce matin vous m'écriviez ce mot :
"J'ignore combien de temps vous m'avez laissée ainsi, mais il m'a semblé que c'était interminable... Lorsque je l'ai entendue jouir (elle), je priais pour que ce soit mon tour, pour que vous veniez enfin me délivrer de ce manque cruel au creux de mon ventre…"

Vous ai-je fait attendre suffisamment, mon Ange ?

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lundi 28 août 2006

Un imprévu

"... Un imprévu, oui... Désolée ! Je ne rentrerai qu'assez tard ! Mais que cela ne vous empêche pas de venir, vous avez une clef... Oui, comme prévu... Vous n'aurez qu'à regarder la télé en m'attendant !"  Elle riait au téléphone et semblait s'amuser de ma déconvenue.

Mathilde ! Mathilde et ses jobs multiples, ses rendez-vous, son agenda surbooké... Un courant d'air... Avant de raccrocher elle ajoute au vol :

– J'oubliais : Elodie ! Elle passera la nuit à la maison. Elle ne va pas bien. Encore une de ses histoires, je ne sais pas... Elle nous rejoindra plus tard. D'accord ? Je file, baisers...

Eh bien, le week-end serait donc amputé de quelques heures ! Ce n'était pas la première fois et Mathilde avait assez de ressource et de tempérament pour qu'on se rattrape largement le samedi matin... Et pour ce soir ma foi, j'avais quelques articles à revoir, un peu de documentation à rassembler... Sur le tard, quitte à être seul, je dégustais des sushi chez le Japonais du coin... On m'offrit le saké, je m'en offris deux autres et c'est d'assez bonne humeur que je partis chez Mathilde.

Du coin de l'œil j'aperçus la masse sombre d'une voiture garée devant la villa et je m'en voulus soudain d'avoir traîné : elle était arrivée avant moi ! J'étais à deux doigts de me sentir coupable. La maison était sombre : Mathilde devait dormir, ou faire semblant, attendant sans doute que je la "surprenne" dans le noir... Elle adore ça. L'obscurité, de légers frôlement dans la chambre, les draps qui glissent et sans un mot deux corps qui se retrouvent et qui s'étreignent tandis qu'elle feint le sommeil...

Le plus discrètement possible et légèrement embrumé par le saké, je passe l'étape de la salle de bain, enfile le long couloir, me cogne à une chaise, hésite entre les deux chambres possibles, puisque Mathilde s'offre un décor différent selon son humeur, entre enfin dans la première et... L'obscurité, une respiration paisible (dormirait-elle vraiment ?), le frôlement des draps que je fais lentement glisser sur son corps... Et puis cette douceur tiède, mes mains qui s'aventurent entre ses cuisses qu'elle ouvre peu à peu, cette moiteur enivrante... Je sens sous mes doigts son désir... Elle ondule déjà, se met sur le ventre, m'offre son cul... A genoux derrière elle, férocement agrippé à ses hanches, je la prends dans l'urgence et la transperce...

...

Un bruit venant d'en bas me tire d'un sommeil sans rêve. Quelqu'un frappe à la porte. Je me lève tant bien que mal, me couvre hâtivement de je ne sais quoi et je descends...

Sur le perron, Mathilde m'accueille, rayonnante.

– Vous en faites une tête, dites donc ! Je vous réveille ?

– Mais...

– Avez-vous vu Elodie ? Elle est partie plus tôt finalement, je lui ai donné ma clef...

– Si j'ai vu... Eh bien...

Un léger vertige me prend, je cherche mes mots. Dans mon dos, une voix pâteuse me dispense de les trouver... Elodie est en bas de l'escalier, ébouriffée, à peine couverte d'un drap qui traîne derrière elle...

– Ah, vous êtes là tous les deux... C'est bien. Je vais me recoucher : j'ai dû prendre un somnifère, ça n'allait pas du tout... Amusez-vous bien...

Posté par Eronaute à 14:18 - HISTOIRES VRAIES - Commentaires [2] - Permalien [#]
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