mercredi 3 juin 2009
Sophie : la genèse (réédition)
C'est vrai qu'ici, je raconte tout dans le désordre.
Il n'y a pas d'avant ni d'après : il n'y a que du présent...
Il y a pourtant un début à tout ! Comme pour Sophie par exemple. Une histoire qui ne date pas d'hier...
___
Un amphi bondé ce matin là, surchauffé, et je me trouve une place dans les dernières travées, tout en haut, agréablement pressé contre une "presque-Antillaise" que je ne connais pas. Je dis "presque" Antillaise à cause de son teint café-crème que démentent curieusement des yeux clairs... Des îles en tout cas, ou pas loin ! Elle prend des notes en regardant le prof par dessus ses lunettes rondes, tire un peu la langue et souffle sur ses cheveux qui lui mangent le visage... Chaque fois qu'elle bouge, ça sent le blues et le patchouli. Je crois bien qu'elle a les yeux bleus ! Je pense à Janis Joplin...
"... et brûler son soutien-gorge sur la place publique, vocifère d'un coup le prof de socio, ne relève que d'une conduite magique destinée à vous affranchir de nos peurs de l'indifférence..." Un ange passe, volant de concert avec quelques mouches et ma voisine s'agite soudain, murmure entre ses dents "Ah, le con !", se contorsionne curieusement, s'affaire sous son t-shirt et exhibe sous mes yeux, le sortant par une manche, son soutif blanc façon Huit de Dim. Légère agitation dans l'entourage d'où fuse un "Oh, merde !" anonyme et admiratif... Pour ma part, bouche bée et stylo dressé, lorgnant franchement sur le T-shirt généreux de la Joplin, je me demande comment un si petit bout de tissus pouvait contenir une telle paire de seins...
"Mademoiselle ! Vous auriez peut-être une réflexion à nous faire partager ?" dit le sociologue... Surprise, la courageuse ne trouve qu'une solution pour se donner une contenance : elle me refile le soutien-gorge que je fais prestement disparaître dans mon sac.
Certains cours légèrement soporifiques se terminaient parfois dans un tumulte aussi spontané qu'inattendu : sortant de l'hypnose, nous reprenions contact avec la vraie vie, oubliant provisoirement ce qui avait pu se passer pendant deux heures. Ce fut le cas, ce jour là, où la course au resto U me fit perdre de vue ma voisine.
Début de soirée dans ma chambre de 9 mètres carrés à la Cité universitaire... On frappe, la porte s'ouvre : c'est elle !
- C'est pour mon... Tu me rends mon soutien-gorge ?
Elle referme la porte. Un peu gênée tout de même. Pas tant que moi qui fouille dans mes affaires pour en extraire l'objet oublié que je lui tends, du bout des doigts...
- C'est que, bon... J'en ai pas beaucoup, alors...
- Remarque, lui dis-je, ne faisant pas là preuve d'une très fine imagination, je ne trouve pas que tu en aies réellement besoin !
Son pull en témoigne par un gracieux renflement ponctué par ses deux mamelons en goguette. Je me surprends à penser que le frottement de la laine sur sa peau nue... Bref !
- C'est malin ! Ceci dit, je vais le remettre ici parce que dehors, tu vois, tu comprends ?
Je comprends... Ce que je comprends aussi c'est qu'elle va faire ça devant moi, sans se poser de question. Croisant les bras devant elle, saisissant son pull par le bas, elle le relève et le retire me dévoilant des seins somptueux dont les aréoles larges, rondes et brunes me regardent droit dans les yeux...
- Heu, dis-je...
- Quoi, dit-elle ?
- ... Rien... Tu veux un café ?
- Je veux bien... Attends, je remets mon...
- Non !
- Quoi, non ?
- Non, tu ne remets pas ton... Ça te gêne ?
- Heu... Non !
On reste là plantés un instant, un peu benêts l'un et l'autre puis elle ajoute :
- On s'était pas encore vus toi et moi ?
- Non...
- C'est drôle...
- Quoi ?
- Eh bien... Tu n'es pas vraiment un canon, tu n'es pas mon type de mec, ça fait déjà dix minutes que je me demande pourquoi je suis venue...
Je lui tourne le dos. Je m'affaire auprès de la cafetière électrique, je verse du café à côté, je laisse tomber le sucre et les petites cuillères...
- Et ? dis-je vaguement agacé...
- Et... Tu me plais bien...
Je me retourne brusquement, la bouscule et lui renverse le café sur son jean. Nous sommes à deux centimètres l'un de l'autre. Plus exactement, nos lèvres sont à deux centimètres... Le reste touche, évidemment ! Ses seins langoureux se pavanent sur mon T-shirt... Et elle a réellement les yeux bleus !
- Ton jean... Désolé !
- Pas grave ! Toute façon, j'aime pas être à moitié nue...
Et le jean glisse...
- C'est peut-être le moment de me dire comment tu t'appelles, murmure-t-elle en saisissant ma ceinture...
- G. Et toi ?
- Sophie...
mardi 3 février 2009
Débat

- Tu fais quoi, là ?
- Rien... Je regarde ton cul, et je réfléchissais...
- Et alors ?
- Eh bien je pensais que la rumeur, l'opinion et l'histoire ont vite fait de juger les hommes politiques médiocres...
- Ah bon, tu crois ?
- Oui... Et on juge rarement ceux qui les ont élus...
- C'est pas con, ça...
- Puisque je te le dis !
- Tu veux bien me passer mes bas, s'il te plaît, les noirs ?
jeudi 29 janvier 2009
Perspectives
- M'enfin, c'est pas possible ! Faites quelque chose...
J'ai déjà ouvert la porte, sorti nos sacs, appelé l'ascenseur mais elle court dans tous les coins de la chambre, farfouille, cherche...
- Que vous arrive-t-il donc, ma Douce... Auriez-vous par hasard égaré quelque précieux effet ?
J'en rajoute mais j'adore ! Mon calme apparent la met parfois dans tous ses états, jusqu'à lui faire frémir les narines. Et et ça me bouleverse au plus haut point quant elle frémit des narines et qu'elle en perd tous ses moyens... Je rentre les sacs, je referme la porte.
- Oui, voilà ! 'Gzactement... J'ai égaré quelque effet, comme vous dites ! Je ne trouve plus ma... ma chose là. Vous ne sauriez pas, vous qui avez toujours les yeux partout ?
Non. Franchement je ne sais pas. Et j'ai beau regarder ici ou là je ne vois rien qu'elle aurait pu oublier... A vrai dire, je m'intéresse beaucoup plus à son agitation qu'à l'objet perdu : elle ne tient plus en place et voulant faire vite, vibrionne, s'agite en tous sens et marque son passage de son parfum ambré, comme sillage que je suis, le nez au vent... Et bien sûr je joue les utilités, explore le couvre lit en désordre, l'oreiller creusé de son empreinte.
- Et la salle de bain, vous avez inspecté la salle de bain ?
Oui, elle a inspecté la salle de bain... Et là-haut, me dis-je avisant cette curieuse mezzanine...
- Et là-haut ? Vous...
Aussi sûre qu'un guide de Chamonix, elle entreprend l'escalade. Parvenue sur la dernière marche, elle pose un genou, inspecte...
- Non, rien...
Au bas du marchepied, la situation s'éclaire soudain pour moi d'un jour nouveau...
- Heu... Regardez bien. Prenez votre temps ma Douce...
A hauteur de mon visage, ses longues jambes fusent vers les hauteurs et ses cuisses échappées de ses bas se perdent dans le clair-obscur de ses dessous où je brûle d'apercevoir l'ineffable trace d'un string, l'ourlet d'une culotte, le sourire d'une chatte... Mais dans le flou du mouvement, dans le frou-frou de sa jupe, je ne vois rien d'autre que la naissance d'une fesse, l'éclat fugitif d'une chair blanche...
- Je ne vois rien...
- Non... Moi non plus, hélas...
Je vais aventurer une main dans l'ombre ensorceleuse...
- Ah, mais... Suis-je bête !
Je reprends ma main. D'un petit saut gracieux, elle redescend, saisit son petit sac, vérifie le contenu.
- Tout va bien, elle était là...
- Mais que cherchiez-vous au juste ?
Elle rougit un peu...
- Ça !
... Et brandit victorieusement les quelques grammes d'une infime culotte...
J'ai bien pensé lui demander de remonter sur l'escabeau, mais...
mardi 11 novembre 2008
Glissement progressif
Juste du coin de l'oeil. Je passe devant votre porte entrouverte et juste du coin de l'oeil, je vous aperçois puis je vous regarde un instant, parce qu'il y a sur votre robe, là, un reflet de lumière qui accentue admirablement la courbe de votre fesse gauche...
Je poursuis mon chemin dans le couloir sombre. Un pas seulement... Et je reviens, parce que vous ne bougez pas, appuyée des deux mains contre le mur, les reins légèrement creusés. Vous attendez... Vous réfléchissez, vous rêvez... Je ne sais pas. Vous attendez, suspendue entre deux choses, entre deux mouvements... Un petit tas de lingerie à vos pieds... A votre épaule, la bretelle de votre robe n'est plus retenue sur votre dos à moitié nu que par votre immobilité. Alors j'attends : il suffirait de si peu pour que l'étoffe glisse...
Je pourrais entrer dans votre chambre...
Silencieusement. La faire glisser moi-même cette robe. Elle coulerait gracieusement sur vos hanches, elle s'étalerait en corolle autour de vos pieds, je l'accompagnerais en me baissant, vous effleurant de mes lèvres et puis je remonterais mes mains le long de vos jambes, de vos cuisses et je prendrais votre taille... Vous vous sentiriez moins nue. Puis je les poserais sur votre ventre et puis sous vos seins... Et puis sur votre gorge... Vous sentiriez sur vos reins la boucle froide de ma ceinture et sur vos fesses, le velours de mon pantalon...
Ou alors, je pourrais entrer, poser mes mains sur vos cuisses, juste au bas de votre robe, pour la trousser jusqu'à votre taille, pour découvrir votre cul que la lumière prend si bien. Je me collerais contre vous et vous sentiriez sur vos fesses...
... Il n'a pas du se passer trois secondes ! Posté dans l'embrasure de votre porte, je vous regarde et je sens, soudain et incongru dans le couloir de cet hôtel, mon désir gonfler, impérieusement. Alors je bats en retraite, je fais un pas discret en arrière et c'est juste quand je ne vous vois plus que je vous entends dire :
- Viens...
(Collaboration artistique : ©Vallisnéria)
mercredi 5 novembre 2008
Paysage romantique
Dans la série des Paysages, celui que peut éventuellement contempler un chef d'orchestre... On ne s'étonnera plus dès lors, de le voir s'agiter comme fou dans la fosse, ne sachant plus où donner de la baguette ! Paysage romantique, ce n'est pas tout à fait, pour les puristes et les amateurs de danse classique, l'expression qui convient. Le tutu que l'on voit ici n'est pas un tutu romantique... En revanche, il s'agit bien d'un paysage comme je les aime : évocateur et suggestif, il ne se donne pas au premier venu.
Accessoirement, nous signalerons le mystère (relatif) de l'origine de ce mot "tutu" apparu à la fin du 19ème siècle, dont l'étymologie est quasi inexistante dans la plupart des dictionnaires qui le signalent comme une onomatopée ! Erreur pudibonde... Le tutu n'est jamais qu'une édulcoration enfantine par altération de cucu, lui-même diminutif par doublement de cul. Et tout s'éclaire : court accessoire vestimentaire de gaze ou de tulle, le tutu n'est là que pour mettre en valeur le cul des danseuses qui adorent ça ! La danse classique n'est-elle pas la plus sexuée, la plus suggestive des expressions artistiques ? Quant à la version longue du tutu dont l'usage est plus tardif, elle apporte un peu décence dans des ballets plus romantiques...
mercredi 2 juillet 2008
Paysages encore...
Criques et calanques pour bains de ses nuits... Cara Mia

Retrouvez les panoramas favoris de l'Eronaute dans l'album "Paysages"
vendredi 13 juin 2008
Légère indiscrétion
Ah, ben oui ! On peut pas toujours être sur le qui-vive !
Et puis ces jupes courtes, c'est ingérable...

vendredi 23 novembre 2007
Vibrations ferroviaires
Vibrations nonchalantes du TGV...
Le paysage défile mais le paysage ne m'intéresse pas : je le connais déjà. J'ignore ce qui m'a pris. Un grain de folie. Je photographie en catimini les jambes de la voyageuse qui me fait face ! Une fille superbe, évidemment ! Et grande... Et avec une jupe très courte ! Une de ces filles dont les hommes discrets comme moi se disent que décidément, non, il ne faut pas rêver ! Lorsque je l'ai vue arriver dans le wagon, je me suis dit immédiatement que bien sûr, elle allait s'asseoir ailleurs. Mais non... Juste en face, là...
Salutations convenues, affairement, remuement de bagages, et les frous-frous de sa jupe à hauteur de mes yeux. Puis rien ! Lecture et yeux baissés, mutisme impénétrable...
Tu me regardes et ma vue s'exaspère.
Tu me regardes, mon cœur bat à une vitesse que tu ne peux imaginer. Mon souffle emplit ma tête, énorme, bruyant, mon souffle qui t'appelle, si seulement je pouvais te respirer !
Mes yeux passent sur tes joues… pourrais-je résister ?
Je viens d'acheter un tout petit appareil numérique dont l'objectif peut sortir de son logement et au bout de son câble il remplit son office selon des angles impossibles. Je me suis mis en devoir de l'examiner, ostensiblement puis à compulser hypocritement le mode d'emploi. Tandis que sur mes genoux l'objectif en goguette pointe discrètement sur ceux de la voyageuse... Sur mon petit écran je vois tout ! De temps à autre, j'appuie sur le déclencheur. Se doute-t-elle ? Pas un mot... Juste deux ou trois regards, souriants...
Ta peau attire mes regards, qui tournent autour de toi, comme pour te respirer, mes yeux caressent ta nuque, lapent ton cou, j'aimerais tant m'en délecter.
La jeune dame s'agite mollement, change de position pour caser ses jambes interminables qu'elle croise et décroise sous la tablette tout en continuant sa lecture.
Je n'en peux plus... Alanguie, étourdie, consentante, je chavire, tête en arrière, je croise et décroise mes jambes, l'intérieur de mes cuisses, à la peau douce, fine, satinée... l'intérieur de mes cuisses, sais-tu à quel point il est mouillé ?
A l'abri des regards, mais devant mon objectif, sa jupe remonte m'offrant la vision de ses cuisses, de ses bas qui crissent lorsqu'elle bouge et de ses infimes dessous...
Et si tu faisais rouler un de mes bas ? Et si tu soulevais ma jambe ?
Passe ta joue sur ma cuisse douce ! Tes mains, ta bouche, tout ce que tu veux... Caresse, embrasse, remonte, oui, remonte très doucement à la naissance de ma cuisse... Respire mon parfum, l'odeur de mon corps ne te rend-elle pas fou ?
Curieusement ce qui me trouble au moins autant que ses ombres secrètes, ce sont ces regards mutins et innocents qu'elle m'accorde de temps en temps, tandis que ses dessous prennent une autre pose !
Mes courbes affolantes t'auraient-elles fait oublier le creux de mon genou ? Oh viens le caresser, pour toi n'y ai-je pas déposé une goutte de parfum ?
Au terminus, pressés comme tout le monde, nous nous sommes souhaité une bonne journée. Sans plus...
Si ce n'est son sourire. Et sa main, furtivement posée sur la mienne à la descente du train...
Ma main qui te frôle délicatement, ingrat, refuserais-tu d'y rendre hommage ?!
___
Avec la complicité de VALLISNERIA
Voir son blog : Tout simplement
jeudi 26 avril 2007
Une petite retouche
- Il n'y a jamais qu'une petite retouche à faire. Là, sur la longueur de la manche... Vous voyez ?
L'œil expert de la jeune vendeuse court aussi vite que ses doigts qui tirent, palpent, replient l'étoffe pour finalement tapoter mon avant-bras avec un geste très professionnel censé remettre les choses en ordre. Elle n'a pas plus de 25 ans, le regard bleu et un sens commercial très développé.
- Là... Comme ça ! Alors, vous la prenez ?
Je la prends... La veste, bien sûr. La vendeuse, c'est une autre paire de manches si j'ose dire. C'est la fermeture, son ami l'attend, m'a-t-elle précisé en me le montrant là bas au dehors, pour accélérer le mouvement sans doute...
- Bon, je mesure... Pour la retoucheuse...
D'autorité elle me saisit la main, tire encore un peu sur la manche et s'emploie à mesurer, au millimètre près, plantant ici ou là deux ou trois épingles qu'elle tient entre ses dents blanches façon Hollywood...
- Oh ! Pardon, dis-je...
Du revers de ma main qu'elle emprisonne obstinément en la retenant contre elle, je viens de lui effleurer un sein.
- Mmmm, répond-elle la bouche pleine d'épingles dissuasives...
Ce n'est plus un effleurement ! Toute à son affaire, elle me bloque toujours et à travers sa chemise dont trois boutons délaissés me laissent plonger dans son joyeux décolleté, je devine la fine dentelle de son soutien-gorge bleu, le relief de son téton et la fermeté de son sein droit. Je suis prêt à parier que l'autre est aussi ferme. Mutin, je bouge un peu les doigts...
- Vous avez deux minutes, me dit-elle en levant vers moi un œil brillant ?
Et elle fonce vers l'arrière boutique. Ses fesses rondes roulent bord à bord... Rêveur, je contemple à travers sa jupe blanche l'ombre redoutable et le léger relief d'un minuscule triangle sombre que j'avais déjà repéré... Son string, lui aussi, doit être bleu...
- Venez par là, me dit-elle de derrière un portant.
J'y vais... "Là !" précise-t-elle en me montrant un vague recoin dissimulé par un rideau... Elle me happe au passage, me pousse au fond de la cabine, plante ses yeux dans les miens.
- Ca fait une heure que sous prétexte de choisir entre trois vestes, vous me matez en douce des pieds à la tête. Et vous avez un regard... Et puis vos doigts... Et vos yeux cherchant à évaluer la taille de mon string... Et... Alors voilà !
Elle a relevé sa jupe jusqu'à sa taille ! Son ventre plat évoque une mer d'ambre. Son string est effectivement bleu, dérisoire, inexistant ! A tout hasard, j'avance une main, me faufile sous le tissu puis dans la tiédeur de ses lèvres...
... ...
Un peu plus tard à la caisse elle me remet le ticket, pour la retouche...
- Alors à mercredi prochain, me dit-elle très commerciale, vous n'oublierez pas ?
Je pense que je m'en souviendrai ! D'autant que j'ai retrouvé dans ma poche un petit string bleu marine qu'il faut bien que je lui rende...
jeudi 8 février 2007
Cours de socio
Cette histoire ne date pas d'hier...
Un amphi bondé ce matin là, surchauffé, et je me trouve une place dans les dernières travées, tout en haut, pressé contre une "presque-Antillaise" que je ne connais pas. Je dis "presque" Antillaise à cause de son teint café-crème que démentent curieusement des yeux clairs et une chevelure ondoyante... Des îles en tout cas, ou pas loin ! Elle prend des notes en regardant le prof par dessus ses lunettes rondes, tire un peu la langue et souffle sur ses cheveux qui lui mangent le visage... Chaque fois qu'elle bouge, ça sent le blues et le patchouli. Je crois bien qu'elle a les yeux bleus ! Je pense à Janis Joplin...
"... et brûler son soutien-gorge sur la place publique, vocifère d'un coup le prof de socio, ne relève que d'une conduite magique propre à nous affranchir de nos peurs de l'indifférence..." Un ange passe, volant de concert avec quelques mouches et ma voisine s'agite soudain, murmure entre ses dents "Ah, le con !", se contorsionne curieusement, s'affaire sous son t-shirt, et exhibe sous mes yeux, le sortant par une manche, son soutif blanc façon Huit de Dim. Légère agitation dans l'entourage d'où fuse un "Oh, merde !" anonyme et admiratif... Pour ma part, bouche bée et stylo dressé, lorgnant franchement sur le T-shirt de la Joplin, je me demande comment un si petit bout de tissus pouvait contenir une telle paire de seins...
"Mademoiselle ! Vous auriez une réflexion à nous faire partager ?" dit le sociologue... Vaguement surprise, la courageuse ne trouve qu'une solution pour se donner une contenance : elle me refile le soutien-gorge que je fais prestement disparaître dans mon sac.
Certains cours légèrement soporifiques se terminaient parfois dans un tumulte aussi spontané qu'inattendu : sortant de l'hypnose, nous reprenions contact avec la vraie vie, nous affranchissant peu ou prou de ce qui avait pu se passer pendant deux heures. Ce fut le cas, ce jour là, où la course au resto U me fit perdre de vue ma voisine.
Début de soirée dans ma chambre de 9 mètres carrés à la Cité universitaire... On frappe, la porte s'ouvre : c'est elle !
- C'est pour mon... Tu me rends mon soutien-gorge ?
Elle referme la porte. Un peu gênée tout de même. Pas tant que moi qui fouille dans mes affaires pour en extraire l'objet oublié que je lui tends, du bout des doigts...
- C'est que, bon... J'en ai pas beaucoup, alors...
- Remarque, lui dis-je, ne faisant pas là preuve d'une grande et fine imagination, je ne trouve pas que tu en aies réellement besoin !
Son pull en témoigne par un gracieux renflement ponctué par ses deux mamelons en goguette. Je me surprends à penser que le frottement de la laine sur sa peau nue... Bref !
- C'est malin ! Dis donc, tu permets, je vais le remettre ici parce que dehors, tu vois, tu comprends ?
Je comprends... Ce que je comprends aussi c'est qu'elle va faire ça devant moi, sans se poser de question. Croisant les bras devant elle, saisissant son pull par le bas, elle le relève et le retire me dévoilant des seins somptueux dont les aréoles larges, rondes et brunes me regardent droit dans les yeux...
- Quoi, dit-elle ?
- ... Rien... Tu veux un café, que je lui dis la voix un peu rauque...
- Je veux bien... Attends, je remets mon...
- Non !
- Quoi, non ?
- Non, tu ne remets pas ton... Ça te gêne ?
- Heu... Non ! On s'était pas encore vus toi et moi ?
- Non...
- C'est drôle...
- Quoi ?
- Eh bien... Tu n'es pas vraiment un canon, tu n'es pas mon type de mec, ça fait déjà dix minutes que je me demande pourquoi je suis venue...
Je lui tourne le dos. Je m'affaire auprès de la cafetière électrique, je verse du café à côté, je laisse tomber le sucre et les petites cuillères...
- Et ? dis-je un peu agacé...
- Et tu me plais bien...
Je me retourne brusquement, la bouscule et lui renverse le café sur son jean. Nous sommes à deux centimètres l'un de l'autre. Plus exactement, nos lèvres sont à deux centimètres... Le reste touche, évidemment ! Ses seins langoureux se pavanent sur mon T-shirt... Et elle a réellement les yeux bleus !
- Ton jean... Désolé !
- Pas grave ! Toute façon, j'aime pas être à moitié nue...
Le jean glisse... Merde ! Elle est magnifique ! C'est pas vrai...
- C'est peut-être le moment de me dire comment tu t'appelles, murmure-t-elle en saisissant ma ceinture...
- G. Et toi ?
- Sophie.
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