lundi 8 septembre 2008
Ecrire
- Ecrire, dit-elle... Ecrire l'impossible !
Je l'ai poussée contre le bureau, courbée, pliée sur le plateau, lui faisant écarter et tendre les jambes pour que seule la pointe de ses pieds effleure encore le sol. Affalée, poitrine écrasée sur le vieux bois patiné, elle ne devait plus son équilibre qu'à ses coudes et à ses avant-bras posés comme ceux du Sphinx, en attente...
- Redresse-toi, Julie... On n'écrit bien que dans la discipline du corps !
Elle a rejeté la tête en arrière. Ses reins se sont creusés, ses seins se sont tendus, provocants. Posture improbable, hiératique et obscène. J'ai disposé devant elle une feuille vierge, j'ai glissé un crayon entre ses doigts... Je me suis posté derrière elle... J'ai vu son dos cambré comme un arc, j'ai vu sa croupe ronde, j'ai vu son cul offert, ses fesses bandées sous l'effort, sa chatte en saillie, avide et majuscule.
- Ecris, dis-je... Ecris l'impossible !
Le stylo tremblait un peu dans sa main suspendue au-dessus de la page. J'entendais son souffle, rapide. Elle a posé la pointe de feutre noir sur le rectangle blanc... J'ai agrippé ses hanches, me suis ancré entre ses cuisses, dressé contre sa vulve...
- Guidez-moi, dit-elle... Dictez-moi...
J'ai glissé sur les mots, épelé son désir, récité sa luxure, conjugué son foutre, exploré ses pleins et ses déliés, prise... Pour ne plus la lâcher...
Elle... écrivait... écrivait...

jeudi 14 février 2008
Ai-je rêvé ?
Il me semble bien pourtant vous avoir accueillie dans une gare...
Une belle fin de journée. Je me souviens encore des reflets du soleil sur la verrière et du couchant doré qui m'éblouissait un peu lorsque vous êtes descendue du wagon… Vous êtes venue vers moi, vous avez hésité puis vous m'avez posé deux bises légères sur les joues et nous nous sommes perdus dans la foule bruyante du hall avant que la lumière de l'avenue ne nous aspire.
Nous ne nous sommes pas dit grand chose ! Une grande pudeur, une sorte de timidité... Je vous ai conduite à l'hôtel, vous suggérant de vous changer pour la soirée pendant que je vous attendais au bar. Vous êtes redescendue, belle comme un astre, dans une petite robe légère et virevoltante, un gilet blanc sur les épaules... J'avais déjà envie de vous ! Je vous ai invité à dîner. Restaurant calme et intime. Table ronde : vous étiez presque à côté de moi et nos genoux se frôlaient, mais nous faisions mine de ne pas nous en apercevoir... Nous parlions, de choses et d'autres... Nos mains aussi s'effleuraient...
Puis je vous ai proposé une promenade en voiture vers l'Océan à travers la campagne. La nuit s'installait doucement et soudain, je vous ai dit, l'air de rien :
- J'aimerais que vous soyez nue dans ma voiture...
Puis j'ai ajouté dans un souffle : "Déshabille-toi, Julie !" Vous n'avez pas bougé pendant une minute, regardant le paysage. Puis comme ça, sans prévenir, vous vous êtes tortillée sur le siège passager pour retirer votre robe. Votre soutien gorge aussi. J'ai vu vos seins luire dans la clarté des phares d'une voiture qui passait... Vous avez encore attendu quelques instants et vous avez retiré votre string...
- Comme ça, m'avez-vous dit, cela vous plaît ?
Je vous regardais du coin de l'œil. J'ai posé ma main sur votre cuisse, l'effleurant du bout des doigts, jusqu'à votre aine.
- Oui, comme ça...
Et nous avons roulé encore tandis que mes doigts, doucement vous exploraient pour la première fois, frôlant votre mince toison, glissant jusqu'à votre fente dont l'humidité trahissait votre désir... Vous fermiez les yeux, appuyée sur le dossier. Vos cuisses s'ouvraient et vous onduliez comme une algue au gré de mes caresses...
Le soir rougeoyait encore d'un coucher de soleil qui n'en finissait plus. Je crois que vous avez joui une première fois alors que nous entrions dans un petit village désert...
vendredi 8 février 2008
Julie
Tranquille promenade en ville...
Bras dessus, bras dessous, enlacés.
Ou main dans la main.
Ou sa main dans ma poche de pantalon !
Petite main tiède qui s'agite, s'affaire et ne tient pas en place.
- Si tu continues, Julie, tu vas déchirer la couture et faire un large trou...
- C'est bien ce que je cherche... Ça vous contrarie ?
... Elle est arrivé à ses fins !
Et nous marchons l'un contre l'autre...
Ma main sur ses fesses, dans son Jean'...
Ma queue dans sa main tiède, qui s'affaire...
Tendrement.
jeudi 31 janvier 2008
Projection privée
Hier, tardivement, je lui écrivais…
Quelques mots, quelques douceurs, un peu de moi… De ces choses tendres et vraies que l'on aime dire à une femme que l'on n'aura jamais mais qui sait vous entendre ! Et puis… Et puis, benoîtement j'ai réglé quelques affaires sans importance et j'ai rejoint mon lit où comme chaque soir avant le sommeil, des bribes effilochées de la journée sont venues virevolter à l'orée de ma nuit…
Et soudain…
Des images d'elle, celles que je connais et d'autres bientôt, que j'inventais sans vergogne… Julie, tout entière offerte à mes caprices de rêveur… Je l'ai vue dans les sauvages rochers de la presqu'île de Crozon, sur une douce plage inondée de soleil, dans une alcôve tendue de rouge et de désir… Nue, toujours nue, jusqu'à l'obsession ! Sous la neige, dans la fourrure d'un long manteau Inuit… Dans une étrange chapelle désaffectée où elle s'exposait comme une statue à la lumière de vitraux multicolores…
Il n'y avait que cela, des décors étranges où s'épanouissait sa nudité, des esquisses de caresses au bout de mes doigts et le désir bientôt qui s'érigeait impérieusement dans la pénombre de ma chambre ! J'avais envie de Julie…
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