samedi 19 septembre 2009
L'été des deux soeurs
J'ignore comment se débrouille Mathilde – une lecture assidue de mon blog peut-être et de patientes investigations – et je ne veux surtout pas connaître ses motivations, mais il semblerait bien qu'elle réussisse à approcher chacune de mes relations féminines... Elle est surprenante, Mathilde !
Lorsque je suis passé chez elle l'autre jour, je l'ai trouvée en pleine séance photographique en compagnie de Miriane... C'était charmant ! Tour à tour modèles et photographes elles s'essayaient l'une et l'autre à diverses poses dans toutes les pièces de l'appartement, débattant du meilleur angle et du décor le plus adapté... "Et la salle de bain ! On n'a pas fait la salle de bain... Ah non, c'est nul la salle de bain ! C'est d'un convenu..." J'en étais à me demander comment diable Miriane avait pu connaître Mathilde, lorsqu'on m'invita à participer. Ce ne fut pas désagréable... Inattendu, mais pas désagréable du tout !
Mais c'est alors, Mathilde tenant l'appareil, Miriane faisant mine de s'emparer du mien et moi censé convoiter les appâts de la première, qu'une petite bulle de souvenirs enfouis depuis longtemps remonta jusqu'à la surface de ma conscience pour y éclater sans prévenir !
C'était... il y a longtemps ! Des vacances à la ferme, l'été... Un fermier un peu rude qui m'apprenait à conduire ses vaches, des champs à perte de vue, un petit bois propice aux escapades... et les deux filles du fermier ! La plus jeune qui avait mon âge et un début de seins qui m'intriguaient beaucoup, on l'appelait Luve... Sa sœur aînée, elle, avait des seins qui ne m'intriguaient plus autant depuis le jour où, dans la grange, elle me les avait montrés, me demandant ce que j'en pensais. Je n'en pensais pas grand-chose : j'avais juste envie d'y mettre le nez dedans, et d'un certain nombre d'autres choses indistinctes qui pourtant commençaient à se préciser. Reine devait avoir seize ans...
Et me voici par un après-midi caniculaire, mon éternel Kodak en bandoulière, en exploration dans le petit bois avec les deux soeurs... Le prétexte de la pause fut sans doute, près du ruisseau aux écrevisses, cette cabane dont l'aménagement moussu invitait à la sieste. Reine, qui avait du préméditer son coup, décida qu'il fallait se rafraîchir et ne trouva rien de mieux que de nous asperger copieusement... Bataille d'eau ! Dissipation générale, souffles courts, caresses volées, tendres indignations... Les vêtements trempés collaient aux corps, les blouses s'ouvraient sur des poitrines ingénues et des culottes angéliques de coton blanc...
Plus tard, étendus en désordre sur la mousse, nous n'entendions plus que le crissement estival des insectes mêlé à nos respirations effarouchées... L'air vibrait de lumière et de bruissements entêtants. Nos jeux nous avaient jetés là, enchevêtrés d'innocence et de désirs indéfinis. Mes jambes reposaient entre les cuisses de Luve, si près de sa culotte que j'en percevais la tiédeur effleurer ma peau. Assise en tailleur près de nous, Reine laissait errer ses doigts de l'un à l'autre et à chaque passage, distraitement, défaisait un peu plus mon short où Luve plongea une main timide et néanmoins curieuse... Encouragé par cette audace innocente, j'eus rapidement raison du seul bouton qui protégeait encore ses seins de gazelle. Dans le feu de l'action, puisque je connaissais déjà la poitrine de Reine, je glissais ma main libre dans sa culotte.
(Je devrais ajouter ici que c'est à ce moment précis que me revint le souvenir de la cousine Zaza et de la douce sensation provoquée par sa toison soyeuse dans ma paume ; souvenir que j'avais oublié alors, et que pour des raisons mystérieuses je devais effacer de nouveau de ma mémoire... Il se trouve cependant que, par effet de dominos, l'évocation de la chatte de Zaza en présence des deux filles du fermier, me fit bander comme un jeune cerf, que Luve s'en rendit compte évidemment et que du coup, alors que le soleil filtrant à travers le feuillage nous éblouissait elle sut exactement ce qu'elle devait faire de mon sexe ; par voie de conséquence, Reine en profita illico...)
Je ne suis plus très sûr de la suite...
Ce dont je me souviens, c'est de mon boîtier Kodak que brandissait Reine et dont j'entendais régulièrement le déclencheur. Je me souviens aussi que mon père me proposa le soir d'aller porter ma pellicule à développer ! Je ne sais plus ce que j'ai trouvé comme raison, mais je l'en ai fort heureusement dissuadé... Je la conserve encore, on ne sait jamais !

jeudi 20 novembre 2008
Traitement de choc : le retour !
Très inspirée par le récit Traitement de choc que je vous invite à relire, et s'identifiant au personnage, Val (de Val-Temptation) m'a proposé cette version de l'histoire, son point de vue en quelque sorte ! Quelque chose comme un contre-champ cinématographique sur une fessée...
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Drôle d'idée que j'avais eue : rédiger un mémoire sur l'inspiration et le travail d'écriture romanesque ! Ce qui impliquait un "stage d'observation" chez un auteur. J'en connaissais un, que je considérais un peu comme mon parrain, scénariste, auteur de nouvelles pour adultes qui plus est ! Et il avait accepté de me recevoir toute une journée…
Pièce de travail vaste et claire. Bureau sous la fenêtre, un Pc portable, des carnets, deux ou trois dictionnaires posés dessus, et derrière lui, une grande bibliothèque où s'entassaient toutes sortes d'ouvrages, de livres… Et puis des gravures aux murs ! Des gravures libertines sur lesquelles, l'air de rien, je posais des regards curieux… On parla un peu… Puis il finit par me dire avec un drôle d'air que ma présence lui donnerait peut-être quelques idées... J'ai pris ça comme un compliment, bien sûr ! Il a avancé une bergère, à droite de son bureau et m'a invitée à m'asseoir. J'avais un bloc-notes sur les genoux pour consigner mes impressions, son attitude, ses paroles, voire ses moments de doute et de solitude ! Et j'étais assise de manière à pouvoir lire aussi sur son écran.
- Là... je vous gène pas ?
Il ne me répondit que par un demi-sourire de ses yeux plissés… Nous étions convenus que mes interventions se limiteraient aux questions essentielles. Mais bien vite, mon côté juvénile cherchant à tout comprendre reprit le dessus et au fur et à mesure que ses phrases prenaient forme...
- Vous vous inspirez de quoi, là ?
- …
- Vous avez vécu ça aussi ?
- …
- Oups ! Vous avez fait ça avec votre femme ?
-…
Je voyais défiler des mots sur l'écran : soumission, tentation, exhibition, punition… Fellation... Je notais. Je tentais de décrire ses émotions, mais c'étaient les miennes qui commençaient à me submerger ! Tandis que ses doigts agiles pianotaient sur le clavier... mon esprit vagabondait, mes mains étaient moites, mon cœur s'accélérait et je me sentais parcourue d'une onde frissonnante. J'avais envie de me rapprocher de lui, de ne plus être une simple voyeuse mais une actrice de ses fantasmes, de ses envies, de ses désirs... j'avais du mal à tenir en place et ces mots me brûlaient les lèvres... Je voulais savoir, comprendre, apprendre... Mais il me semblait soudain un peu agacé par mes questions…
- Vous écrivez souvent des trucs cochons ?
- Humm…
- Et ça vous fait quoi de les écrire ?
- …
- Vous pouvez me les lire ? Je suis assez ouverte pour comprendre et interpréter, vous savez !
En fait, j'étais en train de l'exaspérer ! D'un coup, il fit pivoter son siège et me fit face !
- Viens là !
Surprise par le ton de sa voix, j'ai eu un mouvement de recul sur mon siège…
- Pourquoi ?
- Tu verras bien. Viens là, je te dis...
Je me suis levée et me suis approchée timidement de lui…
- Plus près !
Son bras se détendit alors comme un cobra et avant même que je réalise, sa main avait saisi la ceinture de mon jean.
- Mais...
En une fraction de seconde ses doigts firent sauter les boutons de mon pantalon et d'un geste sec, il le baissa, entraînant aussi mon string !
- Mais... mais...
Je tentais de reculer, mais mes pieds enchevêtrés dans mon pantalon me firent perdre l'équilibre. Je lâchais mon bloc pour me raccrocher... à lui, il en profita pour me coucher en travers de ses jambes !
- Parfait ! dit-il de façon jubilatoire !
J'étais furieuse ! Contre moi, contre lui... La honte de me retrouver ainsi n'avait d'égale que la surprise de son comportement... J'essayais maladroitement de me redresser. En vain ! Et j'imaginais mes fesses offertes à ses regards, à sa merci... De sa main gauche, il me maintenait fermement allongée sur ses genoux.
- Mais... Noooon...!
Une claque sèche s'abattit sur ma fesse droite. Aussitôt je ressentis la chaleur irradier... Puis ce fut la fesse gauche... et la droite... puis de nouveau la gauche... Je criais, je jurais contre lui, le traitant de tous les noms, de salaud, de vicieux de vieux con, mais rien n'y faisait ! Les larmes de circonstance coulaient sur mes joues, alors que sa main, métronomique, s'abattait avec la même conviction et la même force... Je finis par baisser pavillon, le derrière en feu, plus sensible à l'idée de ses doigts qui me marquaient qu'à la brûlure de ses claques ! Et quand il cessa enfin, je fus presque surprise !
Il m'aida à me relever, ramassa mon bloc-notes, me le tendit…
- Maintenant, tu te mets dans le coin là-bas, et tu me fous la paix ! Compris ?
Il me désignait l'angle de la pièce à sa droite, près de la fenêtre… Je dus presque sautiller en reculant pour m'y rendre. Puis je tentai de réajuster mon chemisier qui s'était largement ouvert sous les effets de mes gesticulations. Il tendit un doigt vers moi :
- Et tu ne bouges plus, s'il te plaît !
J'obéis, abandonnant d'un coup toute idée de recouvrir mes seins sur lesquels je sentais encore le contact de son pantalon de velours, ou de remonter mon string et mon jean. Et alors que je me demandais ce qui venait de m'arriver, prise entre la honte d'avoir été ainsi fessée sans autre forme de procès et la sensation de ce désir étrange qui me prenait au ventre, ravalant mes sanglots, je me surpris à admirer cet homme, ce bourreau qui, tranquillement, avait repris la suite de son scénario...
Val
lundi 20 octobre 2008
Courrier des lecteurs
Relevé dans ma boîte, ce courriel inattendu :
J'ai découvert votre blog il n'y a pas très longtemps. J'ai lu une histoire ou deux pour commencer. Puis je suis revenue hier soir et je crois que j'ai tout lu, d'un bout à l'autre. Même que ça m'a pris une partie de la nuit. Je devrais dire toute la nuit parce que quand j'ai été couchée je me suis retrouvée dans un état d'excitation qui m'a tenue éveillée avec des envies que j'ai pas besoin de vous expliquer.
Je ne savais pas trop ce qui m'excitait : vos personnages ou vous et l'envie que vous donnez de vous connaître (parce que j'aimerais bien) ou celle d'être à la place de vos héroïnes. Je suis sûre que toutes vos lectrices se posent la même question : est-ce que vous avez vraiment vécu tout ça ou alors est-ce que vous avez beaucoup d'imagination ? Si c'est ça votre imagination est contagieuse.
J'aime beaucoup la façon que vous avez pour raconter : ça coule tout seul et on dirait que vous êtes dans tous les personnages à la fois. Et même que vous êtes dans la tête de vos lecteurs ! Sans blague j'ai cru que vous lisiez mes pensées ou mes fantasmes et j'ai eu un petit coup de chaud.
Et ce matin j'ai essayé d'écrire exactement ce qui m'est arrivé en vous lisant : j'aimerais que mon histoire soit dans votre blog. Mais je n'ai pas réussi et j'ai eu un peu honte parce que je me suis aperçue que ça me faisait un effet, je sais pas comment dire... Est-ce que vous pourriez l'écrire pour moi s'il vous plaît ?
Rosalie
L'histoire étant un peu courte, j'ai proposé à Rosalie de publier simplement un extrait de son message : elle est ravie ! Moi aussi... Finalement, un courrier des lecteurs, c'est amusant, non ?
samedi 9 août 2008
Une péniche glissait...
C'était juste une promenade, après dîner…
Je lui ai pris le bras, ma main glissée légèrement. Elle l'a serrée contre elle. Contre son sein.
Elle parlait, volubile comme à son habitude. Paris, sa nouvelle vie, ses études… Nos souvenirs aussi. Nos "souvenirs de vieux amis" disait-elle. Du temps où elle était encore "une sale gamine qui prétendait vouloir me séduire"…
- Aujourd'hui encore…
- Quoi donc ?
- Je veux vous séduire…
Delphine marchait, sa hanche contre la mienne, regardant nous croiser quelques couples insouciants. L'Île des Cygnes sur la Seine est un rendez-vous d'entre deux mondes… Homos, hétéros, amants d'un soir ou d'une vie, discrète foule d'originaux qui se reconnaissent et s'ignorent. J'y ai même vu, un soir, Agnès trousser sa jupe et dévoiler son cul dans la lumière crue des bateaux mouches !
- Tu veux dire que tu veux coucher avec moi…
- … Que vous me fassiez l'amour, nuance !
Les pierres du Pont Rouelle renvoyèrent sans aucune pudeur l'écho de sa voix… Nos ombres accouplées s'étiraient devant nous qui semblions vouloir les rattraper. Je distinguais la silhouette de ses jambes interminables sous sa jupe courte. J'eus conscience qu'elle serrait encore plus ma main sous son bras. Elle la prit, la remonta un peu et la laissa reposer sur la douceur velouté de son décolleté…
- C'est un jeu, Delphine… Tu n'as envie de moi que parce que les conventions te laissent croire que je suis inaccessible. Tabou, carrément !
Elle me lâcha à la sortie du pont, me fit face en s'adossant à un arbre…
- Et alors ? N'êtes-vous pas vous-même arrêté par des raisons exactement inverses ? Vous prônez sans cesse l'irrespect des tabous, le libertinage, la transgression et vous feriez exception avec moi sous prétexte que je grimpais sur vos genoux il y a quelques années ? Et merde ! Je suis majeure, non ?
Sa violence soudaine me la fit apparaître étonnamment proche… Son regard, sa bouche frémissante… Belle, blonde, jeune… Inaccessible à son tour. Désirable sans aucun doute. Et je n'avais pas envie d'elle, mais de son plaisir… Je posai mes mains sur ses hanches. Ses yeux s'arrondirent de surprise, plongèrent dans les miens pour s'y ancrer tandis que je remontais doucement sa jupe et découvrais peu à peu ses cuisses. Il n'y avait entre elle et moi aucun autre contact que celui de mes mains. Du revers de mes doigts je vins caresser son ventre, puis son pubis où frisait une toison duveteuse d'une infinie douceur… Sa culotte glissa. Son sexe s'ouvrait, tiède et humide…
- Mais… Pas ici… Nous ne sommes pas seuls, dit-elle…
- Si ! Nous sommes seuls. Et ce sera comme je veux. Pour commencer.
- Pour… Pour commencer ?
- Oui, pour commencer. Et gardez les yeux ouverts, je vous prie…
Une péniche glissait sur la Seine, ouvrant dans l'eau noire un sillage d'ondes qui vinrent longtemps lécher la berge en soubresauts multiples. Delphine me regardait…

mercredi 14 mai 2008
Traitement de choc
C'est pas que je manque de patience, voyez-vous...
Au contraire. Je suis un modèle de patience. Mais là... Depuis une heure qu'elle me tourne autour avec ses questions ! Ça n'arrête pas... "Et pourquoi ceci, et pourquoi cela et pourquoi pas autrement et pourquoi tu écris ça... Et puis je veux les lire tes trucs cochons, moi. Parce que bon, chuis capable de comprendre et puis j'ai envie là..."
Bon, ça va cinq minutes mais à ce point, je sature !
- Viens là !
- Pourquoi ?
- Tu verras bien. Viens là, je te dis...
J'ai fait tourner mon siège lentement et je lui fais face avec ma tête du dimanche. Elle arrive...
- Plus près...
Elle a toujours son petit bloc-notes, ses lunettes sur le bout du nez et son air inspiré d'intello Nitouche. Elle ouvre de grands yeux ronds quand je l'attrape par la ceinture...
- Mais...
D'un seul mouvement j'ouvre son pantalon sous lequel sommeille une petite culotte rose et je tire le tout vers le bas...
- Mais... Mais...
Elle tente un pas en arrière, s'empêtre dans ses vêtements qui lui entravent les jambes et s'affale à plat ventre sur mes genoux.
- Parfait !
Devant son petit cul rebondi et les différentes options qui se présentent, j'hésite un instant...
Un instant seulement ! D'un coup sec, ma main claque sur sa fesse droite et lui arrache un cri.
- Mais... Nooon, dit-elle !
- Mais si, dis-je...
Et de nouveau ma main s'abat, péremptoire, impériale et assurée. Sur la fesse gauche cette fois, puis sur la droite. Puis sur la gauche. Puis sur les deux à la fois, en haut, en bas, plus bas... Elle s'agite, se débat mollement, se trémousse, me dit non, m'insulte et se perd bientôt en borborygmes divers, du plus aigu au plus grave pour finir dans des gémissements variés et non identifiables... Manière de manifester son humeur sans doute, dont la rougeur croissante de ses fesses témoigne de façon charmante.
Elle a un drôle d'air quand je m'arrête et la relève...
- Maintenant tu te mets dans le coin là-bas, et tu me fous la paix. Compris ?
En sautillant elle recule jusqu'au mur, serre dignement son bloc-notes sur sa chemise en désordre et quand elle fait mine de se rajuster je la fige d'un geste :
- Et tu ne bouges plus, s'il te plaît !
Alors elle n'a plus bougé, cul nu dans son coin. Et pendant qu'elle boudait, j'ai pu enfin finir mon histoire...
vendredi 18 avril 2008
Filles de sable
Je n'avais plus tout à fait l'âge des châteaux de sable, encore moins celui pâtés humides alignés à la lisière des vagues. Pourtant, le souvenir de la cousine Zaza n'était pas loin... A proximité du parasol familial, je révisais mon adolescence prochaine et m'adonnais à mon occupation favorite : je regardais les filles. Après la grisaille scolaire et la rigueur des vêtements citadins, la plage était l'un des rares endroits, sinon le seul, où mon intérêt croissant pour l'anatomie féminine pouvait enfin se satisfaire, grâce à la mode du bikini. Je me moquais bien qu'elle vînt, cette mode, d'un atoll lointain où se poursuivaient les expériences nucléaires américaines : je rêvais d'explosions plus intimes que l’efflorescence de ces corps dévêtus me suggérait avec insistance.
Le port du "deux-pièces" relevait pour moi d'un autre mystère ! Comment pouvaient-elles arborer cette absence de vêtement lorsqu'en ville un simple coup de vent révélant un instant l'obsédante et chaste culotte de coton blanc les faisait hurler de confusion ?
Etendu sur le ventre et feignant une profonde méditation, je ne perdais pas une miette du spectacle que m'offraient ces demoiselles. Par petits groupes, elles allaient et venaient, riant fort et souvent faux. Elles avançaient parfois les bras croisés, comme on les voit au lycée serrer contre elles leurs livres et leurs classeurs. Ici, à défaut de classeurs, elles ne serraient sur leurs jeunes seins qu'un dernier vestige de pudeur et sous la pression de leurs bras nus leur poitrine gonflait leur soutien-gorge...
Quelques unes, étendues sur leur drap de bain, côté pile ou côté face, évoquaient des paysages de dunes blondes animés de creux et de courbes que je déchiffrais avec avidité, maudissant les quelques centimètres carrés de tissu qui me séparaient encore de la révélation définitive. Je faisais l'apprentissage de la frustration que suscite un corps qui se dénude sans jamais tout à fait se révéler. Ces ventres plats, blancs ou dorés, ces nombrils impudiques, ces hanches sculptées que soulignait d'un trait fragile le minuscule bikini, ne faisaient qu'exacerber mon désir d'en découvrir davantage, de comprendre enfin pourquoi si peu d'étoffe constituait l'obstacle le plus infranchissable.
D'autres, qui sortaient de l'eau, s'allongeaient ruisselantes à même le sol où elles s'abandonnaient au soleil en s'étirant. Je guettais alors leurs moindres mouvements qui déplaçaient sensiblement les maillots : d'infimes modifications de frontière découvraient des liserés de chair pâle que je n'aurais jamais dû voir et qui repoussaient les limites de l'invisible ! Peu à peu, le sable les recouvrait. Des bancs dorés asséchaient leur peau brune. Des îlots émergeaient sur les reliefs, s'étendaient, puis se rassemblaient en continents entiers dont les rivages s'étiraient sur l'étoffe, l'effaçant. Le sable gommait les frontières, s'affranchissait des limites, les habillait enfin de leur nudité.
Lorsqu'elles se relevaient, je m'imaginais voir s'éloigner des statues de femmes nues dont le moule encore chaud sur la plage révélait leur empreinte où, pour m'enivrer de leur parfum j'allais m'étendre, les yeux clos...

vendredi 7 mars 2008
La cousine Zaza...
Ma cousine Zaza ne saura jamais ce que je lui dois de mon intérêt pour les peintres du 19ème…
Ce n'est pas que je sois un grand connaisseur, mais j'aime en effet ce foisonnement d'artistes qui, dans le cadre sévère d'une noble institution – l'Académie royale de peinture créée par Louis XIV – se retrouvent 3 siècles plus tard à exercer un talent intact sur des thèmes immuables. Chose assez remarquable (mais c'est ainsi que se font les révolutions, sur la décadence de la règle et de la convention) ce petit monde jaloux favorisera finalement l'éclosion d'une révolution esthétique et culturelle de premier ordre d'où jaillira bientôt la lumière de l'impressionnisme !
Mais nous n'en sommes pas là… Nos "Académistes" purs et durs qui ont mon entière affection, s'inspirent ou se réclament autant de David que d'Ingres, s'inscrivent dans une forme de néo-classicisme et sacrifient volontiers aux exigences de l'Académie. On trouvera difficilement plus "pompier" dans l'histoire de l'art : les casques et les armures brillent, les chairs sont blanches et désirables, les thèmes mythologiques et les femmes généreuses, superbes et discrètement lascives. Parce qu'il y a du nu chez les Académistes… Beaucoup de nues de préférence, que la pudeur et les règles de l'époque habillent de pubis lisses et mystérieux sans pour autant les aseptiser complètement… Quant aux fessiers de ces dames !
Voyez Bouguereau et ses nymphes mutines, voyez Charles Gleyre et son "Coucher de Sapho", Gérôme et sa "Bethsabée"… Voyez encore la troublante Vénus de Cabanel dans sa "Naissance de Vénus" de 1863 : les grincheux peuvent bien ricaner devant les petits amours ailés et joufflus qui président à l'avènement, n'empêche qu'ils ont connu leurs premières érections lorsque gamins, ils tentaient de percer le mystère des cuisses serrées de la déesse et du gynécée mythologique...
Parce que c'est ainsi que les garçons de ma génération fourbissaient leurs connaissances anatomiques : à défaut d'aller voir sous les jupes des filles, ou de surfer sur des sites internet plus explicites, ils se rabattaient sur les encyclopédies familiales ou les revues d'art rangées sur l'étagère du haut ! Ils y découvraient des filles superbes dont les mottes bombées et néanmoins muettes inspiraient leurs premiers émois solitaires. C'est ce que je fis. Et c'est là qu'intervient ma cousine Zaza…

Zaza devait avoir une quinzaine d'années quand j'en avais huit… Je me souviens de ses dessous de bras, dans les échancrures de ses tabliers, l'été à la campagne. Des aisselles moites dont la transpiration perlait un peu sur l'étoffe qui bâillait largement lorsqu'elle faisait quelques travaux domestiques… Et lorsque j'apercevais par cet accès inattendu la naissance d'un sein, j'attendais toujours d'y découvrir une révélation primordiale ! Dans ces occasions, elle était nue sous sa blouse boutonnée devant… hormis sa culotte, que je voyais parfois lorsque la boutonnière du bas se défaisait négligemment. Curieusement, je ne m'intéressais guère alors à ce qui se cachait là… Ce triangle de coton blanc m'était indifférent alors que les parenthèses de chair qui s'ouvraient sur sa poitrine de jouvencelle attiraient toute mon attention.
Jusqu'à ce fameux jour où dans une maison silencieuse, écrasée par la chaleur estivale, je découvris ma cousine dans la pénombre des toilettes, blouse ouverte sur une paire de seins biblique, culotte en chiffonnade écumeuse autour de ses pieds nus… Entre panique et fascination, je restais planté là, d'autant plus confondu qu'elle ne réagissait pas... J'allais m'enfuir lorsqu'elle me saisit le poignet pour me tirer près d'elle. A hauteur idéale, prévoyant déjà que jamais plus je ne verrai pareil spectacle (ce qui était faux), je me repaissais de ces deux globes célestes entre lesquels m'entraînait un maelström de désirs non identifiés… Et Zaza me tirant toujours, sans prévenir, plongea autoritairement ma main entre ses cuisses !
Je n'eus le temps de rien comprendre, si ce n'est, intuitivement, que ma cousine agissait là plus pour son intérêt que pour le mien… Quelques curieux soupirs plus tard accompagnés de tremblements divers, alors que tout cela commençait à me plaire sans que je sache trop pourquoi, elle me mit dehors sans un mot.
Alors, débutèrent mes recherches ! J'avais bien senti sous mes doigts, que quelque chose se tramait et qu'on ne me disait pas… Quelque chose qui ne correspondait pas au triangle bombé de coton blanc. J'eus donc recours aux dictionnaires illustrés et aux revues de peinture rangées sur l'étagère du haut de la bibliothèque… Et ne fus point satisfait ! Sur le bas-ventre laiteux des bergères et des nymphes dénudées, à la fourche sacrée des généreuses déesses de l'olympe, rien de ce que j'examinais ne s'accordait aux sensations fugitives perçues entre les cuisses de Zaza. Rien de ce relief moelleux deviné du bout des doigts, rien de cette suave humidité, de ce vallonnement étrange et duveteux à souhait, rien… Sinon l'évidence qu'il faudrait bien un jour que j'aille y voir de plus près…
En attendant, j'emmagasinais des images, m'abreuvais de dessins aux courbes parfaites, j'apprenais la mythologie et suivant du doigt les pleins et les déliés de ces dames, je découvris la peinture et, en prime, les érections spontanées…
Quelques une de mes illustres "cousines", dans cet ALBUM...
mardi 6 novembre 2007
Journal
Justine a tranquillement terminé sa page d'écriture.
Puis elle s'est relue, et s'est relue encore, gravement, en glissant une main entre ses cuisses...
Elle a fermé les yeux, la tête un peu penchée sur le côté...
Puis elle a joui, doucement, sans bruit pour ne réveiller personne...
Elle a refermé son cahier, en le mouillant un peu, là, juste au bas de la page...
Et elle est allée se coucher sans bruit, se disant que si son journal intime pouvait parler, il lui en dirait des choses coquines...
vendredi 2 novembre 2007
A la carte
La petite serveuse me fait de l'œil ! Si, si ! Depuis plusieurs jours…
Elle est bien jeunette la petite serveuse. Fraîche comme une salade de saison ! Alors quand elle vient vers ma table, dans mon petit coin derrière les plantes vertes, j'en suis tout retourné ! Même pas honte… Elle se trémousse un peu en prenant ma commande, danse d'un pied sur l'autre et me dit à mi-voix "Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?" Elle rougit quand je lui réponds : "Devinez !" Je tarde à me décider, j'hésite entre le plat du jour et la grillade saisie juste à point… "Et votre cresson, il est comment ?" Je fais durer les préliminaires…
Le temps d'un steak, elle revient enfin : "Un petit dessert, un café ? "
Elle s'est penchée pour saisir la corbeille à pain, m'a montré ses petits seins, juste un instant, sous son chemisier blanc "Vous n'allez pas en rester là…" et s'est collée contre moi pour débarrasser consciencieusement la nappe de quelques miettes. Elle a fait tomber ma serviette "Oh, pardon !" que j'ai ramassée. A l'abri des regards dans mon petit coin, j'ai remonté ma main en effleurant sa jambe. Je me suis égaré discrètement sous sa jupe… "Un café, alors ?" m'a-t-elle dit. Ma main était entre ses cuisses…
- Avec un petit pot de crème, lui ai-je dit…
Mais où avais-je la tête ?
mercredi 26 septembre 2007
Symphonie sylvestre
(Réédition...)
J'avais fait une halte au cours de ma promenade de l'après-midi. Assis au pied d'un hêtre, je m'étais assoupi, bercé par le bruissement léger des insectes, vaincu par la douce chaleur estivale… Et j'avais voluptueusement sombré dans des rêves peuplés de nymphes rieuses et de jeunes filles en fleur qui se disputaient mes faveurs…
L'écho d'une tendre querelle me tira du sommeil. A quelques pas de moi, dans une clairière moussue, deux jeunes gens sacrifiaient innocemment à Éros. Mais le jeune homme semblait trop pressé…
- Attends, disait la jeune fille ! Attends, Léo... Il n'y a pas que ça…
Cette seule phrase me la rendit sympathique. Lui, déterminé, tentait déjà de la prendre. Elle, qui ne me semblait pourtant pas farouche, se tortillait sous lui pour éviter l'estocade et finit par se dégager, reprenant le dessus, le clouant au sol d'un baiser qui n'en finissait plus… Elle se redressa, dégageant d'une main sa longue chevelure. Et je la reconnus : c'était Delphine !
On eût dit une blonde amazone terrassant sa victime, ou une figure de proue aux jeunes seins sculptés par le soleil d'août… Agenouillée au-dessus de sa proie, la chevauchant à son tour, elle considérait sa victime dont je voyais le sexe s'ériger comme un totem. Quelque part dans la forêt, un coucou s'évertuait à donner une heure qui n'intéressait personne.
- Et tu voudrais me priver de mes jeux préférés en envoyant au nid ce bel oiseau !
Décidément, cette fille avait de l'à-propos ! Elle faisait maintenant courir ses doigts sur le ventre de son compagnon étendu sur le dos … Elle se penchait sur lui, considérait le glaive qui avait bien failli la transpercer prématurément et s'apprêtait à le fourbir de ses lèvres roses. Le garçon ne bougeait plus, dans l'attente de cette bouche dont j'imaginais le souffle léger et le parfum...
C'est alors qu'elle me vit ! Un rai de lumière sans doute, un mouvement dans le feuillage qui ne me dissimulait guère, et elle me vit… Nous n'étions qu'à quelques mètres, à portée de murmure… Un imperceptible tremblement de tout son corps trahit, le temps d'une seule seconde, sa surprise et sa gêne passagère. J'allais discrètement m'éclipser quand son étrange regard et un indicible sourire, m'en dissuadèrent.
- Ne bouge plus, et pas un mot, d'accord ?
Avec une duplicité qui me réjouissait, n'était-elle pas en train de parler à son amant tout en s'adressant à moi ? Intrigué, je la vis couvrir soigneusement le visage de Léo de son tee-shirt, le persuader de se taire et de ne plus bouger. Puis, sans cesser de me regarder, elle saisit le membre dressé…
J'admirais la douceur et l'aisance de cette main qui allait et venait sans précipitation sur toute la longueur de la verge, accompagnant le prépuce pour recouvrir le gland où elle s'attardait, le caressant de gracieux mouvements circulaires… Puis elle reprenait, montait et descendait, impérieuse, serrant plus ou moins la hampe, l'assurant d'une main ferme pour la presser parfois au point que, veines saillantes, elle doublait de volume ! Attentive, Delphine contrôlait la vitesse du mouvement, l'accordait aux réactions de son ami, le masturbait très lentement pour soudain le branler frénétiquement et s'arrêter de nouveau. Elle le lâchait alors pour lui imprimer quelques petits coups de langue et je voyais ce sexe libre, animé de battements et de soubresauts annonciateurs d'une issue inévitable...
Alors, mutine, Delphine le saisit entre deux doigts, obtint en un instant le jaillissement précoce qu'elle attendait, et plongeant ses yeux dans les miens glissa farouchement son autre main entre ses cuisses...
La clairière frémissait sous une brise légère et tiède. Les herbes hautes chuchotaient et se courbaient mollement avec la nonchalance de danseuses lascives puis se redressaient dans le soleil. Silence d'été que nourrissait le bourdonnement continu d'insectes invisibles accompagnant quelques soli d'oiseaux... Symphonie sylvestre que Delphine dirigeait d'une main de velours...

