dimanche 16 février 2014

Contre la grille (Chroniques pour une inconnue 2)

Barbara, rappelle-toi... Moi, c'est Barbara.

Il est vrai que dans ce tailleur vert d'un autre âge, je parais un peu petite souris verte, celle que l'on repère sans bien comprendre pourquoi, la fille qui passe à côté de vous tous les jours sans que vous ne la regardiez, ni même ne la humiez. Oui c'est moi qui hante vos rêves, vos nuits sont à moi à défaut de vous posséder le jour.

Je vous veux, je vous le dis tout de go. Votre costume gris m'inspire, je veux être nue contre lui, qu'il râpe ma peau, m'échauffe le corps, le cœur, et plus encore. Oui je suis timide, je me contente de vous regarder le jour, et j'ai ce pouvoir sur vous la nuit, mais n'ose vous dire les endroits où j'aimerais que votre costume passe, sentir votre portable coincé dans la poche intérieure, dur comme votre queue que je rêve de toucher.

Je vous veux sur moi, en moi.

 

Grille

Vous avez quand même repéré ce corsage sur mon corps pas sage, les seins pointus, appelant vos mains, votre bouche ; cette jupe serrée sur mon cul bien planté. Je l'ai acheté une taille en dessous pour ne pas  fermer cette veste, juste pour faire comme Marylin et donner l'impression que tout va craquer. C'est moi qui craque. Prenez-moi là, votre bouche dans mon cou, pressant vos lèvres sur la veine qui martèle mon cœur et empêche le sang d'affluer au cerveau. Je ne veux pas penser, je veux oublier que vous ne me regardez pas. Ma chevelure léonine ? Je n'ai que des cheveux courts, fins, plats et sans reflet. Vous me confondez avec cette femme que vous suivez du regard, que vous appelez « mon épouse » belle, hautaine, distinguée et dont vous dîtes qu'il n'y a plus de complicité, vous la voulez, la désirez, elle vous repousse, que sais-je, mal de tête, mal d'ennui. J'ai sa chevelure dans vos rêves, et suis chaude comme la braise, vos yeux gris (aussi) me torréfient. Je vous veux, je ne veux plus mourir d'ennui.

Contre cette grille poussez-moi, allez-y bordel, qu'est-ce qui vous retient ? Je sens les barreaux, le métal froid, la folie douce m'envahit. Je vous veux, vous dis-je.

Barbara

 ( Chronique 1 : ICI )

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samedi 14 septembre 2013

C'est la rentrée...

... Et les premiers matins frisquets !
Petite laine indispensable...

Petite laine

Hélas, on dit que les femmes sont moins sexy dans leurs gros pulls...

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mercredi 20 février 2013

Chroniques pour une Inconnue - 1

  • Mes "Inconnues" sont un peu le sel et les épices dont je saupoudre mes histoires vraies…
    Brèves rencontres improbables et sans suite mais dont l'intensité marque le cours de ma vie : traces indélébiles, douces peines et voluptueux regrets. Elles passent, s'effacent et disparaissent. Elles emportent chaque fois et pour toujours, un peu plus de moi…


Vous me hantez, chère Inconnue !
Vous me poursuivez dans mes rêveries, mes fantasmes ; je vous vois partout, toujours la même. Paradoxalement comme si vous aviez toujours été là. Visage d'ange et sourire énigmatique, la beauté du diable et la fraîcheur d'un printemps doré. Qui êtes-vous donc, vous que je convoque dans mes rêves et qui s'impose à la moindre de mes langueurs ? Je ne connais même pas votre prénom ! Je suis pourtant sûr de l'avoir prononcé un jour, souvent ; et il ne me revient pas. J'aimerais vous appeler Eve : cela vous irait si bien. Mais c'est un autre nom que j'entends quelque part dans ma mémoire et que je ne sais plus dire…

Lorsque je vous ai vue la première fois, vous sembliez m'attendre adossée à la grille d'une vaste demeure, exacte reproduction d'une maison où j'ai vécu il y a bien longtemps. Qu'ai-je donc été vous chercher en ces lieux où je ne suis jamais retourné ? Et pourquoi donc ce tailleur vert amande que l'on dirait d'un autre âge ? Petite veste ajustée que vous n'avez pas refermée sur un chemisier faussement sage, jupe qui sculpte vos hanches, se tend sur vos fesses et se creuse un peu là, devant, juste là… Si courte cette jupe que, malgré votre magnifique chevelure léonine qui cascade sur vos épaules, malgré votre éclatant sourire et votre lèvre rubis que vous mordillez, je ne vois que la promesse de votre chair rosée, à la lisière de l'ourlet dont l'ombre mince, comme un trait d'interdit sur votre cuisse, m'invite à l'indécence.

Vous ne sembliez pas surprise de me voir venir vers vous… Je vous ai abordée sans un mot, j'ai posé mes mains sur vos hanches et vous avez soutenu mon regard. Vous mordiez encore votre lèvre d'un petit bout de dent où brillait votre salive lorsque mes doigts sont descendus jusqu'au bas de votre jupe que j'ai relevée pour caresser votre peau tiède. Puis vous pressant contre moi, vous soutenant au creux des reins, j'ai laissé une main remonter entre vos cuisses et empaumer votre sexe. Vous avez fermé les yeux, vous avez relevé votre tête, vous vous êtes abandonnée contre moi, me prenant par la nuque, ébouriffant mes cheveux… Je respirais vos lèvres entr'ouvertes qui sentaient la vanille tandis que je devinais sous l'étoffe légère, les reliefs, les creux, les pleins et les déliés de votre chatte…

J'aurais pu vous imaginer sans culotte sous votre jupe courte…
J'aurais suivi d'un doigt les rives tendres de votre motte, j'aurais…
Mais non ! Pour une première fois, ce n'aurait pas été très convenable...

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dimanche 9 septembre 2012

Photo dérobée...

A la terrasse du petit bistrot, une jeune femme trie et commente avec une amie les cartes postales qu'elles viennent d'acheter : discussion très animée ponctuée de rires clairs...
Et Brunette, mon inconnue, ne tient pas en place ! Vêtue d'une robe de plage qui à cause d'un élastique trop lâche ne tient pas plus en place sur ses seins qu'elle sur sa chaise, elle mène un combat de tous les instants : quand elle la tire un peu sur ses cuisses, la voilà qui dégringole et découvre une fort jolie poitrine dont je guette avec gourmandise les apparitions inévitables ! Alors, d'un petit geste tendre, elle la saisit entre le pouce et le majeur et la remonte juste ce qu'il faut, au-dessus de ses tétons...
Assis non loin, j'observe le manège et sirote mon demi tout en tripotant mon appareil de photo.

Au bout d'un quart d'heure, fin de la discussion. Brunette se penche sur ses cartes postales et dans un silence studieux rédige consciencieusement, oubliant la robe qui dégringole et remonte tout à la fois...

Inconnue 1

PS : Et selon la formule consacrée, si vous vous reconnaissez et si vous ne souhaitez pas que cette photo reste exposée ici, prévenez-moi, je la retirerai... (Heu... Vous me donnerez votre téléphone, s'il vous plaît ?)

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mardi 10 juillet 2012

Vision fugace...

Brumeuse incertitude...
Au resto à midi, je ne pouvais détacher mon regard de la ceinture et des plis du jean de la serveuse.

Fugace

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jeudi 28 juin 2012

Terra Incognita

Il y a parfois des moments où on aime laisser son regard
vagabonder sur des terres inconnues et pourtant si familières...

C'est comme ça que commence l'aventure !

Regard

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vendredi 20 janvier 2012

Gymnase

Moi qui croyais te faire peur avec mon arrivée intempestive !

VestiaireLe gymnase est obscur, les vestiaires sont déserts, et ça fait un moment que je te regarde sous ta douche. Je te zyeute dans l'ombre, tu prends ton temps, tu te prélasses et tu paresses, tu te caresses ici ou là, négligemment, l'air de rien, parce que ça mange pas de pain, évidemment… Tu te crois seule. Et sous le prétexte de te laver de toute ta transpiration, tu te fais mousser ! Tu ne négliges aucun détail, aucun repli. De tes mains tu navigues sous tes bras, sur tes seins, au bas de ton ventre où tu te fais une toison d'écume pour habiller tes lèvres qui gonflent doucement comme la pâte à la chaleur de ton désir… J'ai envie de les bouffer. Continue, tu me rends dingue ! Ne te prive pas ! Je te regarde et tu ne le sais pas mais tu fais exactement comme si tu le savais, comme si tu voulais me provoquer, comme si tu m'attendais ! Comme si tu attendais que s'érige soudain dans la pénombre une énorme queue pour la pétrir de tes doigts, la façonner à ta mesure, la mitonner pour la déguster lentement, l'avaler… Juste une queue bien dure qui viendrait se lover entre tes fesses tandis que t'enserrant de mes bras je te masserais les seins, te pincerais les tétons, les ferais glisser sous mes doigts…

Tu écartes les jambes, tu plies les genoux, tu lèves un peu la tête en tendant le cou, les yeux fermés. De tes deux mains tu t'écartèles comme un fruit que tu livres au jet tiède de la douche et tu t'épanouies comme une fleur exotique. Tu te croyais seule, mais tu n'es pas surprise lorsque ma langue vient se joindre à tes doigts… lorsque t'agrippant j'ouvre tes fesses, lorsque me redressant je viens te manger les seins et la bouche et que, sur ton ventre, se dresse mon pieu conquérant…

Tu t'en saisis, tu l'étires et le masses. Glissant de mousse il t'échappe et tu le reprends, tu en fais ta chose, ton butin, ton sceptre, ton bâton de plaisir. Tu le conduis vers ta grotte marine, l'enfiles pour ne plus le perdre, t'y empales… Et tu ondules, tu ondules, tu ondules...

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vendredi 28 mai 2010

Terrasse

Fin de journée, terrasse bondée...
Soleil horizontal qui n’en finit plus de mourir : il agonise dans ma bière en reflets sanglants... Des filles qui passent, deux qui s’arrêtent, une blonde une brune, qui s’installent là, juste à côté... Regards... Rires, œillades et messes basses. La brune se trémousse et dit "Non, mais non !" et l'autre "Mais si, tu es bête... tu vas voir..."

Je dévisage sans vergogne, je déjambe et dépoitrine à coups d’œil que-veux-tu, m’attarde sur la brunette au sourire si doux que le soleil n’a plus qu’à aller se faire voir ailleurs. La blonde n’a pourtant rien à lui envier : des seins partout, la moue carnassière... Mais la brunette...

Et c'est la blonde qui se lève, s'approche...

- Vous attendez quelqu'un ? me dit-elle en tirant la chaise restée libre en face de moi...

- Non, prenez-la...

Et elle s'assied ! Elle s'assied à ma table, déménage les verres, fait tourner sa copine qui se retrouve à mes côtés, qui rougit un peu, puis qui baisse les yeux et regarde ses mains. De belles mains, aux doigt si fins que je m'égare.

 

La blonde pérore, et la brune... la brune tire sa jupe, juste un peu, pas trop...

- On se demandait, dit la blonde...

- Non, dit la brune, arrête...

Rires, banalités, on parle, on ne sait pas... La jupe s'affole. Et soudain :

- Bon, faut que j'y aille... dit Blondinette.

Elle part, s'éloigne, n'est plus là...

Silence.

- Je... dit Brunette... Vous devez penser...

Puis elle plante ses yeux dans les miens, m'achève d'un sourire.

- Vous savez quoi, lui dis-je ?

- Non...

- Si nous allions dîner ?

 

Posté par Eronaute à 18:54 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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jeudi 25 juin 2009

Escalade (2)

(Escalade 1...)

...

Toujours affalée sur sa chaise, ma rescapée revient à elle...
Elle a d'abord jeté un regard alentour puis, de façon comique, prise d'un léger doute elle a brusquement entrouvert sa couverture, comme pour vérifier quelque chose dans l'entrebâillement. Ce qu'elle y voit confirme se qu'elle pressentait : elle est nue. Elle me fusille soudain de ses yeux bleus !
- Et c'est toi qui m'as...
- Et qui veux-tu que ce soit ? Tu aurais préféré geler sur place ?
- Mais merde, tu...

La conversation qui menaçait d'être complexe tourne court. Elle essaie bien de prendre une mine renfrognée mais ce ne doit pas être dans ses habitudes. Elle sourit et ramène sur elle toute la couverture.
- Oui, bon...Ca va. Merci...
- Tu devrais peut-être te changer...
- C'est que j'ai pas de quoi...
- Même pas une petite culotte ? Les filles emportent toujours des douzaines de petites...
- Non ! Pas envie. Fait trop froid ! Ch'uis bien là... On mange ?
- A l'instant chère Marquise ! Soupe soja, jambon, fromage, pain humide...

Au dehors, la tempête se poursuit, inlassable. Pluie à l'horizontale sous les bourrasques, et non loin, un orage qui tourne et va finir par nous tomber dessus.
- Et tu fais quoi demain ?
- La crête des Joumes, puis la Pointe... Et toi ?
- La Dent de l'Ours... On se verra... De loin...

Dans le fracas de la tourmente, un petit bout d'éternité paisible vient de s'installer dans la cabane. En quelques mots, se tisse autour de nous un cocon douillet. On parle un peu, on boit un peu, du thé, du vin... Juste un peu... Je la regarde. Enveloppée dans sa bure de nonne elle n'en est que plus attirante... Le sait-elle ? Comme des bulles inopinées qui pétillent à la surface de ma conscience, me reviennent les images de son corps entrevu. Moi qui croyais ne pas l'avoir regardée ! Des épaules rondes et bronzées, un ventre plat, ses seins et la marque pâle d'un petit soutien gorge sur sa peau hâlée, l'empreinte blanche d'un maillot, un grain de beauté très bas sous son nombril, une toison presque noire... Et la ligne impertinente d'une fente encore muette...
- Tu es seul ?
- Pardon ? ... Là ? ... Oui...
- J'ai froid, dit-elle. Je vais dormir...

Elle se lève. Traverse la pièce...
D'un mouvement ample qui la dépouille de son plaid, elle étale son sac de couchage, s'offre candidement à la lumière des premiers éclairs et disparaît dans le duvet. Je rejoins donc le mien, à côté d'elle, me déshabillant en catimini...

L'orage explose ! Agressif, électrique. La foudre frappe en continu les sommets alentour et renvoie ses éclats par l'unique fenêtre du refuge qui frémit de toutes ses planches. De temps à autres quelques roches dévalent les pierriers voisins, ricochent ici ou là dans un bruit de canonnade.
- Mais c'est quoi, ça, dit ma voisine... La fin du monde ?
- Pas encore. Dors...
- Tu en as de bonnes ! Avec ce bordel... Et puis j'ai froid !
- Fallait mettre un pull... Ou une culotte...
- Et puis non, j'ai pas froid en fait... J'ai peur, voilà ! Pas toi ?
Je me dispense de répondre, parce qu'en réalité je n'en mène pas large ! Je cherche quelque chose pour la rassurer, j'ouvre la bouche pour le lui dire mais reste coi lorsque je vois sa silhouette irréelle se dresser...  Son corps luit par intermittence dans le stroboscope des éclairs. Et c'est un ralenti de son mouvement vers moi...  Un bras, un autre, des seins tendus dans la lumière, une hanche qui se creuse... Elle se glisse dans mon sac de couchage. Ses jambes se mêlent aux miennes, son sexe contre ma cuisse, le mien sous ses doigts, son nez dans mon cou...

Son odeur, son odeur, son odeur...

- Tu sais... Moi, quand j'ai peur...

Posté par Eronaute à 18:23 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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jeudi 4 juin 2009

La Barmaid

Elle est adossée au bar dans l'attente d'une prochaine commande.
Son uniforme ambigu de barmaid US laisse deviner des courbes ensorceleuses, la pointe d'un sein et la cambrure prometteuse de ses reins... Sa jupe trop courte plaquée sur ses cuisses se creuse d'une ombre qui dessine son pubis... De la salle, on se surprend à conjecturer sur la présence d'un string, on estime la douceur de son ventre, on suppose la moiteur de son intimité. On présume de son désir...

Et elle le sait bien, la Barmaid, que l'air de rien on la déshabille du regard... Les hommes confondent si facilement leurs rêves et la réalité ! Elle le sait, bien sûr, mais n'en a cure : pour tout dire elle s'en fout, pense à autre chose. A la fin du service, à la fin de la semaine, à la fin du mois et à son salaire de misère... Aux prochaines vacances qu'elle ne prendra pas, au regard salace des clients qui se la feraient bien, chacun son tour, entre deux plats, vite fait derrière le comptoir... Si elle accentue la pose, redresse le buste faisant ainsi bailler son chemisier entre les boutons, c'est qu'elle a mal au dos. Mal au dos et plein le cul de cette vie de merde, de la caissière qui l'engueule, du cuistot qui lui met la main aux fesses à la moindre occasion... Si encore il s'y prenait mieux, l'imbécile, plutôt que de la pétrir comme une pâte briochée !

"Et une saucisse pour la petite dame", vicelarde le maître queux par le passe-plat. "Et une grosse !" Elle attrape sa commande... Bien droite sur ses petits talons, elle traverse la salle, pose l'assiette, tire un peu sur sa jupe trop courte qui danse sur sa croupe de gazelle, et s'en retournant, cueille  discrètement d'un doigt au coin de son œil, une petite larme...

Posté par Eronaute à 17:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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