mercredi 11 novembre 2009
Hypnose
En ces temps de recueillement et de commémorations diverses, envie de ressortir de mes tiroirs quelques vieux petits texticules et de me souvenir...
- C'est mon tour, a-t-elle dit. Ce soir je fais ce que je veux…
Agnès à moitié nue m'a poussé sur le bord du grand fauteuil, m'a arraché chaussures et pantalon puis s'est penchée sur moi… Et je n'ai plus vu que le sommet de son crâne. Sa tête et son dos blanc. Comme un grand poisson qui ondulait dans les mers chaudes.
Son dos blanc, et le vieux miroir du fond avec ses bords biseautés, ses traces douteuses, ses illusions, ses diffractions… Agnès fourrageait dans mon slip.
Le vieux miroir de la grand-tante Ernestine - celui de son mariage - me jette un regard glauque. C'est dire qu'elle en a vu d'autres cette psyché décatie ! Et elle en a réfléchi des vertes et des pas mûres et même de toutes les couleurs puisque Ernestine, qui avait fait les colonies au bras de son officier de mari, faisait paraît-il des orgies aussi torrides que tropicales en compagnie de son époux...
Dans les irisations bleutées du miroir, je la voyais gober de gros fruits exotiques le menton dégoulinant de nectar, le sein lourd et vibrant de plaisir... Et tandis que me berçait l'évocation des impudeurs de jadis, des plis d'ombre et des éclats de lumière redessinaient la croupe tendue d'Agnès qui se gorgeait de mon désir…
mercredi 5 août 2009
Visite de courtoisie
Quand j'ai sonné à sa porte, Delphine est venue m'accueillir vêtue d'une simple chemise d'homme, blanche, trop grande, ouverte de haut en bas...
- Je te dérange, peut-être ?
- Pas du tout ! Entrez... Je vous attendais.
- Ah...
J'entretiens toujours avec Delphine des rapports étranges qu'alimente sans doute le souvenir de l'avoir fait sauter sur mes genoux il y a quelques années, bien avant que je réalise, le temps lui ayant donné une plaisante majorité, qu'il m'était possible de la sauter tout court ! C'est ainsi que pèse aujourd'hui sur nos relations ce goût d'interdit qui n'est pas si désagréable et que je cultive de façon un peu perverse... D'autant qu'elle ne demanderait que ça, la jouvencelle et qu'elle semble depuis longtemps se complaire dans ce commerce sans aveu.
Et là, planté sur le seuil de son petit intérieur, je considérais sa nudité blonde rehaussée par la liquette de coton dont les pans battaient de part et d'autre de ses seins, s'évasaient sur son ventre. Sa tenue décontractée ne semblait pas la gêner outre mesure et à la réflexion, moi non plus ! Seul le contexte me paraissait bizarre... D'autant qu'une voix me parvint de la pièce à côté : "Delphine... Non..."
- Je peux repasser si tu n'es pas seule...
- Justement ! Non... Venez...
Je l'ai suivie, considérant avec intérêt, au bas de sa chemise, cet infime pli en creux sur son épiderme qui marquait la frontière entre ses cuisses et ses petites fesses nerveuses... J'avais eu bien sûr, l'occasion de contempler ensemble les unes et les autres, mais dans l'instant, cette chemise qui ne laissait entrevoir de son cul que des promesses frémissantes me paraissait la plus exquise des tentations...
- M'enfin Delphie, qu'est-ce que tu as fait à ce pauvre garçon ?!
Etalé sur le lit, un jeune type gisait en croix, immobilisé, pieds et mains attachés, nu...
- Mais c'est lui qui a voulu !
- Bon, peut-être. Mais je ne suis pas obligé d'être témoin de tout ça, moi ! Ou alors couvre-le...
- Ben non... Et c'est bien fait pour lui ! Vous savez ce qu'il me reproche ? De ne pas savoir le... Ca fait une heure que je... et rien. Et juste avant que vous ne sonniez, il a eu le culot de me dire que je n'avais qu'à demander à "mon vieux" de m'apprendre à sucer... Le "vieux" c'est vous, évidemment...
Evidemment... Je digérais doucement l'information lorsqu'à ma grande surprise Delphine se remit à l'ouvrage !
- Mais Delphine, arrête enfin !
- Mmmm... Mmm...
Et le "pauvre garçon" ne bandait pas ! Fasciné, je voyais son long sexe flaccide glisser entre les lèvres d'une Delphine attentive et convaincue ; mais de toute évidence, et contre toute attente à mon humble avis, il ne bandait pas !
- Bon, ben... Ma présence n'est peut-être pas indispensable n'est-ce pas... Je crois que je ne vais pas m'attarder. Je repasserai...
- Mm'noon... Partez pas, s'il vous plaît...
Même pas le temps d'amorcer une retraite ! Avec une surprenante vivacité, elle avait basculé sur le flanc et s'agrippant à ma ceinture elle fourrageait déjà dans ma braguette dont elle sortait délicatement ma...
- Mais ça va pas ! Veux-tu bien...
- Oh ça va, dit-elle... Est-ce que je faisais tant de manières l'autre fois sur l'île aux cygnes ?
L'évocation de cet épisode me fit malgré moi l'effet d'un aphrodisiaque instantané. D'autant plus instantané qu'elle referma péremptoirement sa bouche sur mon sexe pour m'entreprendre avec une telle fougue que je doutai soudain de la virilité de son petit ami... Ah fichtre ! Je l'avais oublié celui-là ! Toujours entravé sur le lit, il ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes, se tortillait un peu et tentait vainement de couvrir du drap son membre qui gonflait à vue d'œil !
- Delphine, arrête ! Ton... Ton mec, là...
- Mmmm ?
- Il bande, ton copain...
Elle émit encore un vague et humide borborygme, puis d'un geste qui me parut prémédité cent fois parce qu'étrangement précis, elle avança une main vers le menhir du copain... Alors, nous branlant tous deux en cadence, elle a levé vers moi un visage angélique :
- Je savais que vous finiriez bien par m'aider sur ce coup là...
Et elle replongea...
Trois secondes, mais trois secondes seulement, je me suis demandé pour lequel d'entre nous elle avait monté ce piège diabolique... Et puis... je me suis dit... que j'aurais bien le temps d'y réfléchir plus tard...
mardi 12 mai 2009
L'addition s'il vous plaît ! Et vite...
Si je vois un inconvénient à ce que nous rentrions tout de suite ?
Ma foi non, mais ne vouliez-vous pas... Non ? Bon, bon !
Mais finissons au moins notre verre. Ah, vous n'avez pas soif...
C'est de ma... Comment ? C'est de ma queue que vous avez soif...
J'adore la façon dont vous prononcez ce mot...
"Votre queue..." avec ce kheu tout mouillé qui semble clapoter sur votre palais... Dites-le encore... Ah mais pas si fort, que va penser le monde ? Oui d'accord, c'est d'autre chose que vous avez à foutre... J'en conviens... Est-ce une raison pour farfouiller dans ma braguette... Mais non, je ne peux pas descendre mon slip comme ça sous mon pantalon...
Enfin, pas facilement...
Vous, si ? Votre culotte ? Comment ça, vous l'avez retirée ?
Et où est-elle ?
... Ah mais non, pas sur la table enfin !
Quoi ma "Kkheuhe" ? Ben oui, je bande, qu'est-ce que vous croyez... Voilà cinq minutes que vous me branlez, c'est inévitable... Me sucer ? Mais non ! Pas ici... Revenez ! Mais remontez donc, enfin : on va nous voir...
Oui, on va y aller. L'addition et nous partons.
Oui, je m'en doute : vous mouillez...
Que je vérifie ? Mais je vous crois...
Mes doigts... Évidemment... Que je vous... ? Ah mais dites, en effet...
Oui, vous aimez, je sais... Vous adorez...
Oui... Vous...
Mais vous jouissez Agnès, vous jouissez !
mardi 20 janvier 2009
Quand je pense...
C'est étrange tout de même !
Ce moment si particulier où finalement quelque chose se passe dans ma tête et qui me convainc sans peine de me laisser faire. Un peu comme si, drogué, fasciné, hypnotisé, paralysé, que sais-je… je ne pouvais plus faire autrement que de subir ce qui se passe… Il est vrai que la motivation dont elle fait preuve alors semble tenir d'une telle impérieuse nécessité que je serais bien incapable de m'y opposer. Il faut voir avec quelle fièvre mystique elle vient me cueillir d'une main attentive ! Il faut voir s'illuminer son sourire lorsque mon escargot tout chaud se redresse dans sa paume douce !
Quel soin, quelle attention inspirée n'a-t-elle pas pour lui prodiguer ses encouragements... Et que je te masse doucement les bourses, et que je te léchouille par-ci pour mieux te butiner par-là… Et que je te prenne entre deux doigts pour te laisser croire que tu es encore trop petit pour moi ou au contraire que j'y mette les deux mains pour que tu réalises à quel point ton sucre d'orge est immense… De ses lèvres de velours elle sculpte, façonne, érige… Dans sa bouche carmin, elle prend, suce, aspire… Et dans sa main ma hampe se redresse, s'étire et gonfle…
Je ne vois plus d'elle que les oscillations de sa tête, ses cheveux qui ondulent comme des herbes folles, ses mains qui vont et viennent dans une chorégraphie savante… Elle se redresse parfois pour me regarder droit dans les yeux avec son petit sourire, comme pour recueillir mon approbation. Alors dans ces moments, et toujours ses yeux dans les miens, par courtes séquences rapides et précises, elle me branle. Tout simplement ! Elle me branle et s'arrête juste à temps, pour reprendre ses petits coups de langues, ses petits coups de lèvres, ses agacements du bout des doigts et ses intrusions entre mes fesses…
Hypnotisé, oui… A sa merci ! Comme c'est étrange… Je ne me sens plus que sexe dressé, hampe levée, verge gonflée… Son pieu, son bâton, son sceptre, sa chose dure… Et je pense… Je pense à son coquillage humide qu'elle serre entre ses cuisses, je pense à ses lèvres que j'ouvrirai tout à l'heure du bout de mes doigts, à son bouton éclos que je titillerai de ma langue, que je prendrai entre deux doigts, à sa motte tendre, à sa chatte merveille, à son entre-délices, à son clitobisou, à ses vrèles d'amour, à son petit troubillon grenat, à son baise-moi-ça, à son prends-moi-vite…
Oh, oui ! Je ne pense qu'à ça... Mais elle me fascine, m'hypnotise, me paralyse et c'est étrange : elle a toujours le dernier mot...
dimanche 7 décembre 2008
Amarres larguées
(Réedition)
Manœuvre à virer, la nuit sur le grand fleuve.
Amarres larguées.
Demi-tour sur place, barre à tribord, en avant lentement...
Les Abeilles du port s'activent, vibrillonnent et s'accolent au navire pour de somptueux baisers de métal. Elles tirent et poussent, vont et viennent le long de la coque. Les haussières se tendent et claquent, s'ébrouent, dispersant alentour des cataractes irisées. Les remorqueurs se cabrent dans des bouillonnements d'écume... Le monstre s'ébranle et la proue fantomatique du cargo bientôt me fait face, majestueuse, qui se dresse dans un gémissement de câbles raidis.
Du haut des mats de charge, de gros projecteurs lèchent le ponton de leurs faisceaux, éclaboussent soudain notre voiture et leur lumière blanchâtre illumine un instant la croupe impudique puis la nuque de Douce qui, penchée entre mes cuisses s'affaire et me suce, faisant jaillir la promesse d'un autre voyage...
lundi 24 novembre 2008
Lecture du soir
Vint une période où Agnès eut quelques exigences...
Des rituels ou des manies qu'elle posait comme une juste contrepartie de ce que je lui faisais subir, disait-elle ! Elle décréta donc un jour qu'elle ne s'endormirait plus le soir sans que je ne lui propose un peu de lecture. Ma voix, disait-elle, lui était désormais indispensable pour trouver un sommeil paisible sans lequel elle ne se sentait plus à même d'entretenir une libido que je trouvais pourtant particulièrement développée... Quoiqu'il en soit, je dus m'exécuter.
Je m'installais donc sur un fauteuil près du lit et je lui lisais quelques morceaux choisis de ma bibliothèque... Elle fermait les yeux, soupirait, se mordait la lèvre et généralement réclamait assez vite ma présence à ses côtés pour débattre et s'ébattre sur ce qu'elle venait d'entendre. Nous convînmes donc de sauter l'étape du fauteuil : je lui fis désormais la lecture mezza voce, allongé à ses côtés...
C'est là que les choses se compliquèrent un peu. Tout ce que je connaissais de la littérature érotique y passa, depuis Sade jusqu'à Françoise Rey, sans oublier Anaïs Nin, Restif de la Bretonne, Clara Basteh et encore moins Casanova ou Musset. Il fallut même que je plonge dans la littérature chinoise qui, entre nous, vaut le détour ! Puis, faute d'ouvrages immédiatement disponibles, j'eus bientôt recours à mes propres histoires. Je les improvisais parfois sur le vif et je lui fis comprendre que tout ce que je lui racontais pourrait bien lui arriver un jour ou l'autre.... Les yeux clos, Agnès écoutait, frissonnait sur certains passages, vibrait aux allusions suggestives. Ajoutant à ma voix la délicatesse persuasive de ses doigts, elle s'agitait sans équivoque sous les draps dont la houle légère trahissait le plaisir qu'elle prenait... Il lui arrivait même de jouir avant la fin de ma lecture. Mais si alors je faisais mine d'interrompre le cours de mon récit, elle réclamait la suite et, tout en poursuivant ses caresses d'une main, pour donner plus de corps à ce que je lui racontais, elle se saisissait littéralement de moi, et me masturbait de l'autre au gré de ses émotions qui montaient de nouveau, aussi sûres que la marée...
Dès lors, l'exercice prit un tour plus sportif ! Je mettais un point d'honneur à résister à ses manœuvres et détournais mon désir croissant au profit d'une lecture plus bandante encore qui me conduisait moi-même au bord de l'implosion ! Entre ses cuisses qu'elle serrait comme un étau autour de la mienne, je sentais ses doigts s'agiter et provoquer un chapelet de spasmes inachevés qui me semblaient s'enchaîner indéfiniment... Haletant sous la torture d'une érection minérale qu'elle entretenait consciencieusement d'une main de velours ou de sa langue mutine, stoïque, je poursuivais... Et je guettais l'orgasme définitif.
Il arrivait, dévastateur, et la laissait inanimée en travers du lit, gisant parmi mes feuillets froissés sur lesquels, enfin, je pouvais lui faire l'amour...
mercredi 30 avril 2008
Tabula rasa
Un de ces moments que l'on aime voir s'éterniser, tandis que le plaisir vibre encore dans toutes les parties de votre corps, alors que la fatigue a finalement eu raison de vous. A demi assise dans les coussins en désordre à la tête du lit, Elle rêvassait et frissonnait au souvenir de son dernier orgasme, jambes ouvertes. Allongé en travers, j'avais posé ma tête sur sa cuisse et me perdais dans la contemplation méditative de sa chatte qui bâillait comme un coquillage échoué sur une plage humide, à marée basse, émergeant de l'écume des draps blancs...
Quelques jours plus tôt, Elle arborait encore un somptueux buisson brun parfaitement taillé en triangle dont la pointe semblait tenir en équilibre sur son clitoris... Comme un écu sur une perle de nacre... "Mes armes, mon blason...." disait-elle, à peine emphatique ! "Je n'ai jamais ôté un poil de cette toison armoriale si ce n'est pour en délimiter le contour. Mais du passé, je saurai faire table rase", avait-elle ajouté, énigmatique...
Et maintenant, mon regard glissait sur sa vulve glabre et fière de l'être, s'invitait entre ses lèvres rosées qui palpitaient d'aise et de désir...
- J'aimerais bien... dit-elle.
- Hummm ? répondis-je d'un doigt inquisiteur...
J'agaçais sa fente humide de chatouillis rêveurs... Sans lâcher mon sexe pourtant amolli par nos ébats récents elle poursuivit :
- Le moment me semble opportun... Pour vous accorder à mon virginal mont de Vénus, je vous raserais bien volontiers !
- Vous savez ma Douce, avec la modeste pilosité qui est la mienne cela ne fera guère de différence...
- S'il vous plaît ! Ne vous faites pas prier... Et d'ailleurs si vous acceptez je vous promets que ce soir je... (Elle poursuivit en me chuchotant à l'oreille une proposition parfaitement malhonnête qu'il est inutile de transcrire ici...)
- Soit, dis-je ! Procédez... Mais je vous avertis : vous vous débrouillez toute seule et je ne bouge pas d'ici...
D'un bond elle fut dans la salle de bain puis revint munie de l'outillage adéquat et dans l'instant, elle fut sur moi, s'affairant à son opération...
D'un œil, je surveillais les mouvements inquiétants du rasoir mais fus stupéfait de sa dextérité ! Elle commença par mon pubis que je voyais luire sous la mousse, débusqua les moindres poils à la racine de ma verge et pour en faire le tour consciencieusement elle me la tenait en suspension. Inutile précaution d'ailleurs, puisque rapidement l'objet se redressa tout seul facilitant son intervention... Puis elle s'attaqua aux replis, aux dessous de l'affaire, aux courbes délicates de mes testicules que je sentais délicieusement rouler sous ses doigts et sous son rasoir de barbière, pour finir entre mes cuisses où elle s'attarda plus que de raison...
- Voilà, dit-elle triomphante !
Le résultat était parfait : propre et lisse comme un sou neuf, j'étais chauve et bandais comme un forcené.
- Une petite lotion peut-être ? Un léger massage, pour apaiser le feu du rasoir ?
- Ma foi, dis-je...
Et sa bouche fut partout...
mercredi 26 mars 2008
Hypnose
- C'est mon tour, a-t-elle dit. Ce soir je fais ce que je veux…
Agnès à moitié nue m'a poussé sur le bord du grand fauteuil, m'a arraché chaussures et pantalon puis s'est penchée sur moi… Et je n'ai plus vu que le sommet de son crâne. Sa tête et son dos blanc. Comme un grand poisson qui ondulait dans les mers chaudes.
Son dos blanc et le vieux miroir du fond, avec ses bords biseautés, ses traces douteuses, ses illusions, ses diffractions… Agnès fourrageait dans mon slip...
Le vieux miroir de la grand-tante Ernestine, celui de son mariage, me jette un regard glauque. C'est dire qu'elle en a vu d'autres cette psyché décatie ! Et elle en a réfléchi des vertes et des pas mûres et même de toutes les couleurs puisque Ernestine, qui avait fait les colonies au bras de son officier de mari, faisait paraît-il des orgies aussi torrides que tropicales en compagnie de son époux...
Dans les irisations bleutées du miroir, je la voyais gober de gros fruits exotiques le menton dégoulinant de nectar, le sein lourd et vibrant de plaisir... Et tandis que me berçait l'évocation des impudeurs de jadis, des plis d'ombre et des éclats de lumière redessinaient la croupe tendue d'Agnès qui se gorgeait de mon désir…
mercredi 26 septembre 2007
Symphonie sylvestre
(Réédition...)
J'avais fait une halte au cours de ma promenade de l'après-midi. Assis au pied d'un hêtre, je m'étais assoupi, bercé par le bruissement léger des insectes, vaincu par la douce chaleur estivale… Et j'avais voluptueusement sombré dans des rêves peuplés de nymphes rieuses et de jeunes filles en fleur qui se disputaient mes faveurs…
L'écho d'une tendre querelle me tira du sommeil. A quelques pas de moi, dans une clairière moussue, deux jeunes gens sacrifiaient innocemment à Éros. Mais le jeune homme semblait trop pressé…
- Attends, disait la jeune fille ! Attends, Léo... Il n'y a pas que ça…
Cette seule phrase me la rendit sympathique. Lui, déterminé, tentait déjà de la prendre. Elle, qui ne me semblait pourtant pas farouche, se tortillait sous lui pour éviter l'estocade et finit par se dégager, reprenant le dessus, le clouant au sol d'un baiser qui n'en finissait plus… Elle se redressa, dégageant d'une main sa longue chevelure. Et je la reconnus : c'était Delphine !
On eût dit une blonde amazone terrassant sa victime, ou une figure de proue aux jeunes seins sculptés par le soleil d'août… Agenouillée au-dessus de sa proie, la chevauchant à son tour, elle considérait sa victime dont je voyais le sexe s'ériger comme un totem. Quelque part dans la forêt, un coucou s'évertuait à donner une heure qui n'intéressait personne.
- Et tu voudrais me priver de mes jeux préférés en envoyant au nid ce bel oiseau !
Décidément, cette fille avait de l'à-propos ! Elle faisait maintenant courir ses doigts sur le ventre de son compagnon étendu sur le dos … Elle se penchait sur lui, considérait le glaive qui avait bien failli la transpercer prématurément et s'apprêtait à le fourbir de ses lèvres roses. Le garçon ne bougeait plus, dans l'attente de cette bouche dont j'imaginais le souffle léger et le parfum...
C'est alors qu'elle me vit ! Un rai de lumière sans doute, un mouvement dans le feuillage qui ne me dissimulait guère, et elle me vit… Nous n'étions qu'à quelques mètres, à portée de murmure… Un imperceptible tremblement de tout son corps trahit, le temps d'une seule seconde, sa surprise et sa gêne passagère. J'allais discrètement m'éclipser quand son étrange regard et un indicible sourire, m'en dissuadèrent.
- Ne bouge plus, et pas un mot, d'accord ?
Avec une duplicité qui me réjouissait, n'était-elle pas en train de parler à son amant tout en s'adressant à moi ? Intrigué, je la vis couvrir soigneusement le visage de Léo de son tee-shirt, le persuader de se taire et de ne plus bouger. Puis, sans cesser de me regarder, elle saisit le membre dressé…
J'admirais la douceur et l'aisance de cette main qui allait et venait sans précipitation sur toute la longueur de la verge, accompagnant le prépuce pour recouvrir le gland où elle s'attardait, le caressant de gracieux mouvements circulaires… Puis elle reprenait, montait et descendait, impérieuse, serrant plus ou moins la hampe, l'assurant d'une main ferme pour la presser parfois au point que, veines saillantes, elle doublait de volume ! Attentive, Delphine contrôlait la vitesse du mouvement, l'accordait aux réactions de son ami, le masturbait très lentement pour soudain le branler frénétiquement et s'arrêter de nouveau. Elle le lâchait alors pour lui imprimer quelques petits coups de langue et je voyais ce sexe libre, animé de battements et de soubresauts annonciateurs d'une issue inévitable...
Alors, mutine, Delphine le saisit entre deux doigts, obtint en un instant le jaillissement précoce qu'elle attendait, et plongeant ses yeux dans les miens glissa farouchement son autre main entre ses cuisses...
La clairière frémissait sous une brise légère et tiède. Les herbes hautes chuchotaient et se courbaient mollement avec la nonchalance de danseuses lascives puis se redressaient dans le soleil. Silence d'été que nourrissait le bourdonnement continu d'insectes invisibles accompagnant quelques soli d'oiseaux... Symphonie sylvestre que Delphine dirigeait d'une main de velours...
jeudi 18 mai 2006
Juste un verre
"Un scotch ? Chez moi ? Juste un verre… Lundi soir prochain, je vous attends…"
C’est par ce laconique SMS que Sophie se manifesta dernièrement. Le ton, du moins ce que me donnait à entendre cette économique douzaine de mots, me laissait penser que le moral était bon mais qu’elle avait à me faire une urgente révélation.
A deux pas de la mer, sa maison semblait veiller depuis toujours à la régularité des marées normandes. J'entrai donc ce soir là dans le vaste salon anglais peuplé de bougies vacillantes et qui se poursuivait, donnant sur la plage, par une véranda envahie de plantes vertes. Tout cela sentait l'ambre ou le musc, parfois le patchouli… Au milieu de coussins abandonnés sur le sol, Sophie glissait comme une ondine, vêtue d’une fine chemise indienne tout droit sortie des années 70…
- Un scotch, me dit-elle en me présentant un verre…
Mes doigts frôlèrent les siens, s'attardèrent sur cette douceur passée. Ses yeux incroyablement bleus me fixaient par-dessus ses petites lunettes ; elle me rappelait Janis Joplin ! Puis elle trempa ses lèvres dans le whisky me gratifiant de l'immanquable grimace qu'elle avait lorsqu'elle buvait "notre" Lagavulin…
- Vous aimez toujours autant, lui dis-je… Vos efforts sont louables !
- Cessez donc de vous moquer… Venez vous asseoir !
Elle me montrait sous la véranda un sofa sans âge où elle s'étendit avec nonchalance, révélant innocemment sous sa chemise un peu de sa peau dorée, tapotant à côté d'elle d'une main paresseuse la place qu'elle me destinait… Je fus soudain captif de sa bulle parfumée, de son "Ivoire" de Balmain qu'elle portait depuis des années, de son indicible sourire.
- Vous vivez assez bien votre célibat forcé, dis-je pour sortir du vertige qui me prenait…
- Fort bien ! Vous n'imaginez pas… Je n'imaginais pas moi-même d'ailleurs à quel point cette liberté pouvait être agréable… Pensez : qui je veux, quand je veux !
C'était donc ça… Elle allait une fois encore me conter par le menu sa dernière aventure, sa dernière conquête, et finir en se plaignant de ne jamais trouver l'amant idéal.
- Je m'accommode avec une certaine volupté de ce désir permanent et de sa satisfaction ponctuelle, ajouta-t-elle sentencieuse. Je gère mes fantasmes, j'en invente de nouveaux… A ce propos…
Son regard me mit en alerte. Elle rassembla ses jambes sous elle, se pencha vers moi… Elle avait subrepticement posé sa main sur mon genou, comme une vieille amie qui peut tout se permettre.
- Vous savez, j'ai retrouvé le goût de choses simples. De ces petites choses que l'on fait par habitude entre amants, étapes successives du désir qui croît mais sur lesquelles on ne s'arrête que rarement… Vous voyez ?
Je ne voyais pas très bien encore mais je sentais sa main fiévreuse qui montait sur ma cuisse, je sentais jusqu'à l'ivresse proche le parfum tiède et doux qu'exhalait son décolleté en désordre…
- Ces… Ces choses que l'on pratique, ces caresses… Il m'arrive de ne plus penser qu'à ça, de ne plus vouloir que ça… Disposer d'un homme et le… le… juste ça… Vous comprenez ?
Sa main glissait encore… Je n'entendis plus bientôt qu'un indistinct murmure et le ressac de la mer sur la plage. Il y eut le crissement d'un zip que l'on défait, quelques froissements et comme un soupir d'aise de Sophie qui ne disait plus rien…
Je contemplais la pleine lune à travers mon verre où frissonnait le whisky vieil or aux reflets ambrés… Je bus une gorgée de mon Lagavulin qui révéla au nez quelques notes animales, puis une bouche marine, tourbée, sur fond de réglisse, à la finale fumée, finement boisée…
Je fermai les yeux…
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