dimanche 27 octobre 2013

Double jeu

Deux ou trois jours après cet épisode charmant dans la salle de bain de Estelle S***, j'ai reçu de mon hôtesse cet étrange petit mot que je lis et relis avec une perplexité grandissante...

    Cher ami,

  • L'évocation de cette rencontre inattendue dans ma salle de bain l'autre matin s'inscrit en images bien troublantes dans ma mémoire... Je vous prie cependant avec insistance, dans le cas où vous vous en souviendriez encore vous aussi, de bien vouloir ne jamais rien en dire, surtout pas à moi ! Comprenez que celle que vous avez vue ce jour là est une autre Estelle que je ne souhaite pas connaître. A n'en pas douter, c'est une dévergondée : elle rêve j'en suis sûre, que vous la conduisiez sur les chemins brûlants de la luxure et même qu'à l'occasion, vous la preniez par surprise. Quant à moi, je vous supplie de ne pas m'en parler et de ne faire devant moi aucune allusion au commerce inavouable que vous pourriez entretenir avec cette gourgandine. Dans ces conditions, mon très cher ami, soyez assuré que j'aurai toujours un immense plaisir à vous rencontrer et à cultiver notre amitié...

Bien à vous, Estelle S.

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mercredi 30 juin 2010

Estelle

Je n'ai pas résisté !
Renoir : Jeune fille aux margueritesIl faut dire que les femmes dites "bon chic, bon genre", celles à qui l'on donnerait volontiers le bon dieu sans confession, m'ont toujours mis dans un état second ! Cela s'explique sans doute par l'ambigüité de leurs charmes,  par l'apparente froideur de leur mine d'angelots sous laquelle, souvent, brûle un désir aussi dévastateur qu'inavoué. Et je résiste rarement à ce genre de paradoxe : j'y vois toujours un noble  défi...
La charmante Estelle, qui semblerait sortie du "couvent des oiseaux" se tient bien droite dans son fauteuil, les genoux modestement serrés, et porte une robe légère. Si légère qu'elle m'agace un brin : le galbe de la cuisse sous l'étoffe fluide,  le modelé des hanches, la douce dépression au creux du ventre et le décolleté généreux que modère une modestie de dentelle blanche posée là comme un soupçon d'écume sur les trésors enfouis de l'Atlantide.

- Vous reprendrez bien un peu de thé, dis-je en me levant...
Je la débarrasse de sa tasse, frôle sa cheville, la contourne pour m'affairer sur la desserte tandis que, très convenable, elle poursuit la conversation...
- Hier encore, mon époux me disait...

Quelques mèches blondes et rebelles sur sa nuque, son cou gracile, la naissance de ses épaules blanches... Je ne sais pourquoi je pense à Renoir, à cette jeune femme de La loge accompagnée d'un homme qui, derrière elle, regarde ailleurs avec des jumelles, ou encore à la Jeune fille aux marguerites dont la douceur de la chair le dispute à la générosité voluptueuse de sa gorge dénudée... Je n'ai pas résisté... Du bout des doigts j'effleure la nuque blonde, glisse sur les épaules blanches et plonge délicatement dans la mousse de dentelle où frissonnent des seins ronds, tièdes et nus que j'empaume des deux mains. Debout derrière elle, je me penche jusqu'à frôler son oreille de mes lèvres et lui murmure :
- On ne t'a jamais dit, chère Estelle, qu'avec tes belles manière et cette si jolie robe tu invites à te faire trousser derrière un buisson ? Et à te faire prendre alors, sans façon... en toute discrétion... 
Et je pince tout soudain ses tétons érigés. "Ah"... Souffle-t-elle. Puis, lui faisant passer les boudoirs et revenant sur mon siège :
- Pardon, j'étais distrait... Vous disiez ?
- ... Je vous en prie mon ami... Je disais... Je disais que mon époux...
Elle s'agite un peu, porte gracieusement une main à son décolleté...
- Mais... Je crois me souvenir que vous avez un charmant petit jardin, calme et discret... Si nous descendions ? Il fait si chaud ici ! Vous ne trouvez pas ?
Elle se lève, fait en riant tourner sa jolie robe, me prend par le bras :
- Venez, venez... Ah ! J'ai tant de choses à vous dire...

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mercredi 4 novembre 2009

Madame S***

J'avais passé la nuit chez les S***.

Tintoret

Dans la chambre d'amis, pour être précis. Il est vrai que j'en suis arrivé depuis à me demander si Madame n'aurait pas apprécié d'autres arrangements, y compris l'absence de Monsieur, mais Madame a des principes... Le genre de personne qui ne fonctionne que par allusions, sous-entendus discrets, et se contente bien souvent de nourrir quelques fantasmes inavouables. Oh, je ne lui en veux pas : vive et cultivée, Estelle S*** a tout ce qu'il faut pour entretenir une conversation, des arguments remarquables ; et l'on sait que j'aime la conversation... Donc, chambre d'amis.

Jolie chambre d'ailleurs : grande baie vitrée, vue sur le tilleul et le massif de rosiers, reproduction au mur d'une Dame du Tintoret, accès direct à la salle de bain... Au réveil, j'ai oublié que ladite salle de bain est aussi celle de la chambre de mes hôtes. Et c'est dans le plus simple appareil, arborant mon habituelle vigueur matinale que je suis inopinément entré dans la salle d'eau. Estelle l'occupait déjà...

Surpris tout nu par une personne qui n'est pas censée le connaître dans cette tenue adamique, un homme a généralement un réflexe assez simple : une main (ou deux, cela dépend autant de son degré de pudeur que de la taille de... ses mains) devant ses génitoires et hop, voilà qui lui suffit pour se sentir un peu moins exposé ! Une femme... Eh bien une femme, c'est moins évident semble-t-il et c'est surtout dans 90% des cas, assez surprenant. Il faudrait sans doute vérifier mais j'ai souvent pu observer un réflexe inattendu : les dames cachent d'abord et essentiellement leurs seins avec leurs deux mains et leurs bras ! Dieu sait - enfin je suppose qu'il le sait - que des seins sont attirants pour le regard et qu'ils génèrent bien des fantasmes. Mais tout de même, un sexe féminin ça inspire aussi ! En tout cas, moi, ça m'inspire... Mais non : surprise toute nue par un homme, la dame cache soigneusement sa poitrine, laissant alors son intimité exposée, faute de mains supplémentaires. Bon...

 J'entrai donc à poil dans la salle de bain et Estelle y était déjà, nue. Plus précisément, elle ne portait qu'un fin soutien-gorge noir qu'elle finissait d'ajuster devant la grande glace...

- Oh, pardon, dis-je en prenant un air penaud et omettant dans ma fausse confusion de cacher ce qu'elle n'aurait pas dû voir.
- Pardon, pardon, répétais-je, je ne savais pas, j'ignorais que, je...
C'était charmant : d'une main, elle retenait une bretelle qui glissait, de l'autre elle cachait inutilement sa lingerie. Médusée, elle observait mon reflet dans le miroir, détaillant mon image de la tête aux pieds...
- Ce n'est rien, ce n'est rien, dit-elle toute rouge en se retournant pour me regarder enfin dans les yeux, vous voyez bien que je suis presque habillée...

J'admirai au passage les nuances de la langue française ! Ce "presque habillée" me laissait d'autant plus songeur qu'elle ne paraissait guère se soucier du flamboiement auburn de sa toison sous laquelle je devinais une longue fente sombre qui s'étirait paresseusement. L'improbable face à face me sembla durer plus que de raison...

 - Mais vous-même, reprit-elle enfin...
Son regard bleu glissa et s'éternisa sur mon sexe.
- Oh ! Mon Dieu ! Oh, mon dieuuuu ! Je suis tellement... confuse !
Elle le paraissait si peu, pourtant.
- Je vous prie de m'excuser, dis-je, je reviendrai plus tard...
- Nooon ! Surtout pas... Restez... Enfin, je veux dire, c'est moi qui... Ou plutôt, je vais... Enfin, ne bougez pas... Je... Faites comme si...

 Et d'un coup elle explosa, abandonnant toute réserve :
- Ah, par tous les Saints du ciel ! Cela fait si longtemps que je n'ai pas vu une autre... heu... que celle de Marc ! Et vous bandez si sévèrement ! Vous permettez que je regarde ?

 Elle regarda...

Posté par Eronaute à 15:42 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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lundi 4 mai 2009

Moderne arithmétique

- Dites-moi, G... Est-ce que je peux vous poser une question indiscrète ?
- Ma foi... Pourquoi non !
- Avec combien de femmes avez-vous...
- Ah ! Euh... C'est-à-dire que...
- Je veux dire en gros, n'est-ce pas ! Ou plutôt, en ne comptant que les premières qui vous viennent à l'esprit.
- Non mais attendez ! Ce ne sont pas des cohortes innombrables tout de même. Faut pas exagérer !
- Peu importe. Disons 25 ? 20 ?
- Si vous voulez...  C'est trop ? Pas assez, selon vous ?
- Ce n'est pas la question.
- Bon, alors venons-y à votre question. Je vous écoute.
- Bien... Si l'on prend cette petite vingtaine...
- Ah, je vous arrête ! Si vous dites petite vingtaine, vous portez un jugement, l'air de dire que ça ne fait pas beaucoup. Et d'autre part en disant vingtaine, vous globalisez de façon un peu méprisante pour les unes et les autres, non ?
- Parce que vous vous souvenez de toutes en particulier ?
- Oui...
- Avec les détails ?
- Oui...
- Et de tout ce qui vous a le plus plu chez chacune d'entre elles ?
- Oui...
- Et donc, c'était vraiment différent de l'une à l'autre ?
- Oui ! Non... Enfin, oui et non...
- Ah !
- Ben oui...
- Donc vous auriez pu prendre autant de plaisir en couchant deux fois plus souvent avec deux fois moins de femmes...
- ...
- Vous ne dites rien...
- Et que voulez-vous que je vous dise... Que j'aurais pu me contenter de n'en connaître qu'une seule ?
- Ah non ! Surtout pas... D'autant que vous pourriez rétorquer que dans cette variété vous recherchiez toujours quelque chose de différent, une nouveauté... Le petit plus inattendu...
- Ce doit être ça...
- Et vous recherchez toujours ce...
- Mais je n'en sais rien moi ! Pourquoi cette question ?
- Eh bien parce que je me demandais si je n'avais pas, moi, peut-être, ce "Petit plus"...

Posté par Eronaute à 18:03 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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mercredi 29 avril 2009

Lettre inavouable

Très Chère,

InavouableJe ne vous cache pas que vos discrètes avances et l'intérêt délicat que vous avez manifesté à mon égard m'ont révélé de fort agréables perspectives... Je ne peux vous dissimuler non plus que les premiers mots que vous m'avez adressés ont attisé une braise qui n'attendait qu'un souffle pour embraser mes sens !

Aurais-je deviné dans ces brefs échanges la sensualité généreuse qui vous anime ? Que dis-je, généreuse... En quelques phrases, vous me permettez de vous dévoiler, vous m'incitez à vous mettre à nue : amoureuse de désirs brûlants et de plaisirs voluptueux. Depuis, je ne peux me défaire d'une idée de vous que la décence devrait m'interdire de décrire ! Cependant, je n'entends pas tergiverser. J'aime parfois aller droit au but et, bousculant un peu la bienséance, appeler un chat une chatte et ne rien camoufler de mes mâles pulsions.

Vous êtes désir et vous suscitez ma convoitise, je vous sens gourmande et vous ouvrez mon appétit, vous êtes invitation et je m'invite en votre friande intimité pour partager jusqu'à plus soif le nectar de vos envies. J'imagine votre bouche exquise, votre sein frémissant, la courbe tiède de votre ventre, vos lèvres en fleur... Suis-je trop audacieux ? Oui, me direz-vous peut-être mais vous penserez que non, attendant que ma hardiesse mette à mal votre pudeur, ouvre les pétales de la déraison...

Réponse :

Très Cher,

La surprise de vos mots passée, je ne peux que ressentir un frisson me traverser. Je vous invite et vous ouvre les portes. La décence n'est plus de mise entre deux personnes friandes de plaisir.

Vos réponses me transportent au delà du raisonnable. Elles suscitent mes sens et me poussent à chérir l'idée d'un partage charnel. Votre audace ne me dérange point en ce qu'elle est attendue. La fleur ne demande qu'à éclore. Je fais alors appel à vos talents de jardinier. Serez vous capable de la chérir au point de la transporter vers des rivages d'où elle ne voudra pas revenir ?

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jeudi 13 septembre 2007

Les jardins du désir

Descendez, belle évanescente...
L'aube pâle dépose à vos pieds ses perles de rosée.
Venez en ce Jardin d'herbes sauvages...

Parmi les parfums entêtants du désir qu'exhale le buisson de la tentation
Cueillez du bout des doigts, de vos lèvres nacrées l'essence du plaisir...

Posté par Eronaute à 08:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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