Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

mardi 29 décembre 2009

Clair de femme

Neige

- Et si vous aviez un voeu à formuler pour 2010, ce serait quoi ?

Au milieu de la nuit, la question mit un certain temps à franchir l'espace abyssal de mon inconscience pour atteindre enfin l'un de mes rares neurones en activité.

- Pardon ? Vous dites, grommelai-je...

Je l'entendais farfouiller dans ses affaires. Elodie s'était levée...

-  Pour la nouvelle année, si vous aviez un voeu... Ce serait quoi ? Ou si vous preniez une résolution ?

- Eh bien, heu...

J'ouvris un oeil, péniblement, puis deux... La chambre baignait dans une clarté blafarde improbable et, nimbée de lune, Elodie se penchait en me présentant la sienne...

- Ne bougez plus, dis-je.
- Et pourquoi donc ?
- Je crois bien que je vais faire un voeu et prendre ma résolution tout de suite... Ne bougez plus...

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vendredi 13 novembre 2009

Cul-poème : les stances d'Elodie

Dis-les moi les mots, Elo !
Les mots d'Elodie, mélodie des mots.

Cul, bite, couille...
Et chatte, chatte mouille...
StancesTurgescent... Oh !
L'énorme mot...
Mots tressés
Queue dressée
Turgesexe et cent. Sans que...

Queue ?
Votre queue dans ma chatte !
Vite, vite, vite !
Venez bite
Me bouffer la chatte.
M'enchanter la touffe
Me doigter...
Me bitecouiller
M'enchanter, m'enchatter
M'éjouirculer.

Lyre

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mardi 6 octobre 2009

Et vous n'avez pas honte ?

Vous avez raison ma Chère !

C'est parfaitement honteux... Et me le dire, en plus ! Pour ajouter à votre confusion, je vous précise tout de même que je m'en doute... Vous ne le savez pas que je m'en doute ? Et pourtant, si...

Tandis que nous parlons comme ça, comme si de rien n'était, je vous vois bien, vous et votre main, faire des manigances et détourner la conversation au profit de votre chatte qui réclame parce qu'elle n'a jamais assez de tout ce qu'on lui donne ! Je vous vois bien, dans l'intimité de votre salon... Vous vous croyez à l'abri des regards alors vous prenez vos aises, un peu renversée sur votre siège, vous écartez vos jambes, vous remontez votre jupe l'air de rien, ou vous ouvrez votre pantalon, vous éprouvez du bout des doigts la rotondité pulpeuse de vos lèvres et la tendre dépression de votre fente sous votre culotte et vous aimez sentir comme tout cela peut-être à la fois gourmand et désirable... Et pour peu que dure notre conversation, je le sais bien, vos dessous vont glisser aussi, et vous allez vous retrouver dans une posture parfaitement obscène, jouissant à la fois de ma voix, de vos doigts et de l'incongruité de la situation.

Non mais... Vous vous êtes vue ? Cuisses ouvertes, sexe assoiffé... Défaite, dépenaillée, le rose aux joues ? Et si nous raccrochons trop tôt ? Je ne vous donne pas 2 minutes : je sais bien que l'instant qui suit vous vous défaites de toute pudeur et c'est à moitié nue que vous allez poursuivre et vous abandonner à votre plaisir...

Honteux disions-nous ? Oui. Et même impudique, indécent, obscène... et tellement savoureux n'est-ce pas ! Et si vous saviez comme c'est bon de le savoir sans rien vous dire, de vous laisser faire comme si je ne me doutais de rien, de poursuivre une conversation très convenable tout en guettant les moindres variations de votre souffle...

Ah mais, c'est que vous finiriez par me...

Bon... Je vous appelle quand ?

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mercredi 16 septembre 2009

Saison de fruits

C'est beau une ville la nuit...
Surtout l'été, quand la nuit est chaude, et que nous avons rendez-vous, la soirée et la nuit devant nous... Rien qu'une soirée, une nuit... Mais toute une soirée, toute une nuit !

C'est la saison des fruits... Je suis gourmande de nature, vous aussi, non ? Alors on se retrouvera "à la capitale" : de nos terres lointaines, il fallait bien que l'on se rejoigne, que l'on converge - en un mot comme en deux... Oui, bon, hum !

Aussi extraordinaire que cette rencontre ait pu me paraître au départ, elle se fait évidence ; extraordinaire mais évidente. Cela paraît étrange, mais c'est. Oui, oui, faites un effort, c'est facile à comprendre ! Je suis sûre que vous suivez. Comme l'extraordinaire d'arriver pile à l'heure au rendez-vous, par exemple, malgré kilomètres et bouchons, et tellement de variables en route ! Et aussi de se reconnaître tout de suite, en même temps, dès qu'on s'aperçoit, avec pourtant les seuls indices d'une pâle photo et d'une description...

Vous me rejoignez et l'on se voit. Pas le temps de se toucher, on est en plein carrefour, il faut bouger ! Mais la soirée commence, tout va bien. Par où commencer, d'ailleurs ?

Par où commence-t-on lorsqu'on fait connaissance ? Eh bien, je ne sais pas... Un tas de trucs qui prennent du temps, qui tournent autour, avant de se toucher, de s'apprivoiser, de se trouver. Mais là non. Un peu, oui, on est polis, policés, bien élevés, et c'est délicieux aussi tout ça... Mais on est apprivoisés, aussi : on s'est apprivoisés ! Alors... besoin de se rafraîchir et l'on va jusqu'à l'hôtel, on monte. Et là... Non non, attendez : on est civilisés, oui on va descendre dîner, passer la soirée en ville... Mais on a failli... ne pas ! En tout cas, il faut qu'on se touche, qu'on se rassure, qu'on s'assure...  C'est bien vous... Votre corps, votre peau, votre parfum à présent, je ne rêve pas... (Tiens, vous ne m'avez pas pincée !) Bon, ce premier contact me met sur orbite, ascension directe vers le désir, confirmation d'attirance cinq sur cinq... Descendons manger, si vous voulez, pour moi tout ce que vous voulez tout va bien. Je redescends oui, mais une part de moi, non : ce désir, qui ne fait que commencer...

Nous sommes très civilisés et tout m'intéresse, il y a longtemps que je n'étais pas venue là : je veux tout voir, alors on y va ! Visitons ce Paris qui nous berce, en se tenant par la main, par la taille, en s'arrêtant ici ou là... Tout est prétexte à musarder, allons boire ici un verre, manger là ou bien là, oui c'est bien, parler, je ne me lasse pas de vous écouter, je ne suis pas la dernière à parler non plus, les minutes coulent comme des fruits mûrs, délice et gourmandise... Car bien sûr nous nous frôlons beaucoup, nous nous touchons et nous palpons encore plus, et nous rions pas mal aussi ! Nous marchons d'un même pas, même taille, hanche contre hanche, votre main se faufile derrière, descend de ma taille à mes fesses, je la sens bien, coquine, maline, experte, pour savoir si j'ai quelque chose sous ma robe... Et moi, je sens que vous avez une ceinture, et je pense "Tiens, merveilleux il faudra l'enlever"... Et soudain il faut traverser, je vous entraîne, nous courons, ouf, passés ! Nous avons 15 ans, et (même si c'est en réalité plusieurs fois quinze) c'est joyeux, c'est bon d'être en vie ! D'être envie...

Au restaurant, vous me direz que vous savez que j'ai une petite culotte, et que vous allez me demander de l'enlever... Ohlala ! Rougissement général chez moi, il me semble, de la racine des cheveux à cette culotte, justement. D'abord, elle n'est pas "petite", vous vous trompez : vous savez tout ce que je dois mettre dedans ? Plaisanter sur mes bonnes fesses ne me fait guère gagner de temps et ne vous détourne pas de votre idée : "Oui, mais vous allez l'enlever !" Vous savez que j'aime que vous soyez déterminé comme ça... Même si là, sur le coup, il me faut reprendre mon souffle... Bon, une grande inspiration et j'y vais ! Ça ne me déplaît pas d'ailleurs : quelle liberté sous ma robe, avec cette chaleur ! Comment ça, je vous touche en la posant sur votre pantalon ? Oui, bon... Vous remarquez tout décidément !

SaisonNuitIl fait une chaleur à  Paris, c'est incroyable. Je vous ai fait faire tout un détour pour récupérer ma veste, et je ne sais plus quoi en faire ! Paris, comme nous, a pris un repas épicé ou je ne sais quoi, un vent tropical. La soirée ne fraîchit pas : si l'on s'écoutait, on passerait la nuit entièrement nus ! Vous savez quoi ? Il faut s'écouter, de temps en temps...

Pour s'écouter, on s'est écoutés ! On a pris le temps. Pour se regarder. Et se voir. Et se toucher. Au dehors, au dedans, toutes les caresses et autres de ces choses qu'on voulait, dont on avait envie, qui nous venaient...
Un désir inextinguible, une soif l'un de l'autre comme une spirale, un truc hélicoïdal, quelque chose comme ça...

Et le plaisir, par vagues, qui me soulève, et revient, encore et encore...
Et le vôtre, enfin, dans ma bouche...
Tard dans la nuit, au matin, nous avons dormi, un peu.
Et le matin, encore et toujours, le goût d'y revenir...

Vous savez quoi, G ?
Il y a un truc que j'ai oublié de vous dire en mangeant une mangue, au restaurant : la mangue, j'ai toujours trouvé que ça avait un goût de sexe de femme...

Pas vous ? 

Elodie 

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lundi 31 août 2009

Fruit de saison...

Oui, je sais : une affligeante banalité !
A vrai dire, je n'ai pas pu m'empêcher de lui suggérer de retirer sa culotte en plein milieu du repas. Ce n'était même pas un défi : je savais qu'elle le ferait, ne serait-ce que pour lire alors mon propre étonnement sur mon visage ! C'était juste... comment dire ? L'envie de la savoir nue et celle de deviner dans ses yeux sa propre surprise... Peu importe : Elodie est revenue des toilettes en me fourrant une petite boule de coton entre les jambes, prétexte pour poser un instant sa main sur ma braguette dans un restaurant tout à fait comme il faut où l'on nous prenait sans doute pour un couple très ordinaire. Justement, c'était parfait : nous étions un couple ordinaire devisant de choses et d'autres, avec juste l'envie de savoir ce que cela nous ferait de nous sauter dessus, de nous prendre comme des fous. Et nous avons poursuivi notre conversation...

J'aime penser que nous avions quelque chose à vérifier, elle et moi... En avoir le cœur net en quelque sorte : après quelques petites semaines d'une intense correspondance il fallait bien que nous sachions enfin si le désir évoqué par l'échange de propos coquins et de quelques vues impudiques correspondait à une réelle harmonie ! Et, diable, je crois bien que oui !

PortraitLes rue de Paris ont du en voir bien d'autres mais j'avoue que le relief de son petit cul sous sa robe légère m'a embrasé. Au point que dans mon désir d'en savoir plus je n'hésitais pas à lire du bout des doigts et à travers l'étoffe, ses pleins et ses creux, ses monts et vallées merveilleuses où je m'attardais... Jusqu'à ce que, n'y tenant plus, je la trousse enfin contre ce parapet en bord de Seine pour vérifier le moelleux et l'onctuosité de ses rives ! Lui ai-je dit alors (vous l'ai-je dit, Elodie ? Non, parce que vous m'embrassiez à pleine bouche et que, déjà, vous gémissiez en devinant sous le gonflement de mon pantalon la pression de mon sexe sur le vôtre...) qu'elle a une chatte sublime dont l'humide éclosion, même dans l'obscurité est éblouissante ?

Passons sur les détails... Se souvient-elle d'avoir pris plus tard l'initiative de me déshabiller ? De plonger sa main dans mon slip ? Je crois bien qu'elle m'aurait consommé tout de suite si je ne l'avais pas bousculée sur le lit pour voir et dévorer enfin l'effloraison de son fruit mûr, la corbeille et la marchande des quatre saisons avec !
   

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vendredi 31 juillet 2009

Résonances

Tout de même, Elodie, je vous dois une réponse !
Et des éclaircissements qui ne manqueront pas de vous surprendre... Parce que vous ne semblez pas vous en douter mais toutes vérifications faites et recoupements établis, je peux vous révéler à présent que je vous connais... Et même, que nous nous sommes connus, au sens biblique mais peu orthodoxe du terme. Que vous ne vous en souveniez pas ne m'étonne guère : dans l'état où vous étiez cette nuit là, je crains que vous n'ayez pas mémorisé grand chose. Et comme vous avez eu depuis, la mauvaise idée de vous éloigner de mes zones géographiques nous privant ainsi de toute possibilité de nous croiser, il est fort probable que vous ne fassiez pas maintenant le rapprochement entre l'Eronaute et cet infâme succube qui vint inopinément ce soir là vous... dans le lit de votre copine.

Mais je soupçonne, car il ne faut douter de rien et surtout pas de l'impossible, qu'un recoin de votre inconscient retient encore le vague souvenir d'une agitation friponne. Ce qui expliquerait – vous savez comme je suis gourmand d'interprétations psychologiques un peu raides – l'état dans lequel vous mettent la lecture de mes billets coquins et la vision de quelques photos dont j'émaille si parcimonieusement ce blog...

Elodie2Vous allez croire que je me moque. Mais pas du tout ! Et comment le pourrais-je d'ailleurs : j'avais ce soir-là l'esprit tellement embrumé par le saké que j'ai du avoir des élans bien désordonnés, ne prêtant attention qu'à mes plus vils instincts. J'ai tout de même en mémoire, je crois, le goût de vos lèvres, la délicatesse chaloupée de vos ondulations et la douceur soyeuse de vos cuisses... Avouez qu'il y a là de quoi alimenter les rêveries d'un homme !

Et donc depuis, nous nous écrivions un peu... Sans savoir ! Jusqu'à ce que, après votre si belle lettre que vous me demandiez de publier ici, je réalise... Devais-je garder tout cela pour moi ? Je ne crois pas ! Je suis sûr que l'évocation de cette rencontre involontaire ajoutera à votre plaisir autant qu'à votre confusion...  Cela vous va si bien ! Et ce mélange subtil a parfois des effets aphrodisiaques d'une force insoupçonnée ! Vous ne rêviez donc pas, Elodie...

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mardi 14 juillet 2009

Eh bien...

Voilà... J'ai reçu ce petit mot !
Ce n'est pas ce qu'on appelle une contribution, non. Ce serait plus de l'ordre de la correspondance privée en fait... Mais ici, le privé tutoie souvent le public, n'est-ce pas ? Enfin, je dis ça alors que je vouvoie tout le monde... Mais bon ! Quoiqu'il en soit, je publie, poste et vous lisez...

Elle ? Eh bien... Lisez, je vous dis...

_______________

Elle n'avait pas vraiment prévu ça....
Ou peut-être qu'elle l'attendait ?
Elle ne le savait pas, en tout cas. Elle pensait que ce n'était pas possible, dans ce milieu.  Que les échanges, c'était ou cordial, bien et "comilfaut", ou que c'était sexe, et alors rien que du cul, surtout pas de sentiment. Elle avait cru ça parce qu'un jour... Bon, peu importe.

Mais peut-on appeler ça du sentiment ? Elle n'en savait rien. Ce qu'elle savait, c'est que c'était bien des choses, que ça lui faisait du bien partout, au corps et au coeur, et que c'était rudement bon.

Comment ça avait commencé  ? Elle ne savait plus bien, Elodie...

ElodieC'était ses mots à  lui, ses histoires, quelques-unes en particulier, ça l'avait touchée. Elle s'y voyait : les histoires c'est fait pour ça ! Non, pas vraiment, pas toujours, mais quelquefois, ça lui parlait vraiment. C'était le style, aussi : elle avait toujours été sensible au style. Celui-là avait une élégance, oui c'est ça, une élégance : dans les mots, les tournures... Non, pas seulement. Il y avait autre chose. C'était dans l'histoire, et dans sa façon de poser un mot ici ou là : il y avait de la tendresse, de l'attention, j'ai envie de dire de la gentillesse. Bien sûr, ça fait démodé la gentillesse, dit comme ça, c'est ballot. Mais enfin, c'est un mode d'échange et de pensée, c'est une vision des autres, c'est une éducation : ça peut être infiniment délicieux.

Et puis ses visites, quand il venait sur ses terres à elle : il n'y posait qu'un peu et repartait, quelques mots, toujours courtois, mais bien placés, enfin ça lui allait droit au coeur !

Pourtant elle ne le connaissait guère : il restait caché, écrivait, travaillait, vivait la nuit. Mais elle l'avait aperçu, quelquefois, oh, un peu vivement et jamais en entier, mais ce qu'elle avait vu de lui, ça l'avait troublée ! Une élégance, là aussi. Qui n'était pas tant dans sa tenue, que dans son attitude, sa manière de se présenter, réservé et fier à la fois.

Et puis ils avaient échangé  un peu plus... Elle ne savait plus bien où ni pourquoi. Sans doute parce que ça devait se faire ! Non, pas par convenance, non (ah les mots à double sens, ils en rencontraient toujours sur leur chemin, c'était incroyable, un vrai fil rouge !) : ça devait se faire parce qu'il fallait qu'ils se parlent ! C'était écrit. Enfin, dit... Enfin, c'était peut-être aussi le hasard, allez savoir...

Les mots qu'ils échangeaient, c'était des trois fois rien si on les répétait, mais entre eux c'était des clefs, des codes, des sésames : ça ouvrait plein de portes ! Même là où l'on ne croyait jamais aller, vous savez, la porte interdite de Barbe-Bleue, ou quelque chose comme ça. Ça levait des freins, dégrippait des serrures rouillées, ouvrait les fenêtres en grand, comme ça, d'un rien. Ça faisait des rires, des jeux complices. Et des tendresses à n'en plus finir...

Et le sexe dans tout ça ? Y'en avait pas ? Non...
Si ! Plein ! C'était intégré et intégral, inclus en tout, tout compris. Dans chaque geste, chaque mot : même pas besoin de faire le tri, de basculer d'un niveau à  l'autre, vous savez, les préliminaires et tout le toutim, les différentes étapes. Non. Tout était préliminaires, tout était désir et plaisir. Un désir continu. Un lien intégral. Un fil rouge, une résonance... de lui à elle, d'elle à lui. Un truc qui remettait tout à sa place, le monde autour d'eux et eux dans le monde. 

C'était sûrement un rêve... Elle allait se réveiller. 

(A suivre. Peut-être !)

Elodie

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lundi 28 août 2006

Un imprévu

"... Un imprévu, oui... Désolée ! Je ne rentrerai qu'assez tard ! Mais que cela ne vous empêche pas de venir, vous avez une clef... Oui, comme prévu... Vous n'aurez qu'à regarder la télé en m'attendant !"  Elle riait au téléphone et semblait s'amuser de ma déconvenue.

Mathilde ! Mathilde et ses jobs multiples, ses rendez-vous, son agenda surbooké... Un courant d'air... Avant de raccrocher elle ajoute au vol :

– J'oubliais : Elodie ! Elle passera la nuit à la maison. Elle ne va pas bien. Encore une de ses histoires, je ne sais pas... Elle nous rejoindra plus tard. D'accord ? Je file, baisers...

Eh bien, le week-end serait donc amputé de quelques heures ! Ce n'était pas la première fois et Mathilde avait assez de ressource et de tempérament pour qu'on se rattrape largement le samedi matin... Et pour ce soir ma foi, j'avais quelques articles à revoir, un peu de documentation à rassembler... Sur le tard, quitte à être seul, je dégustais des sushi chez le Japonais du coin... On m'offrit le saké, je m'en offris deux autres et c'est d'assez bonne humeur que je partis chez Mathilde.

Du coin de l'œil j'aperçus la masse sombre d'une voiture garée devant la villa et je m'en voulus soudain d'avoir traîné : elle était arrivée avant moi ! J'étais à deux doigts de me sentir coupable. La maison était sombre : Mathilde devait dormir, ou faire semblant, attendant sans doute que je la "surprenne" dans le noir... Elle adore ça. L'obscurité, de légers frôlement dans la chambre, les draps qui glissent et sans un mot deux corps qui se retrouvent et qui s'étreignent tandis qu'elle feint le sommeil...

Le plus discrètement possible et légèrement embrumé par le saké, je passe l'étape de la salle de bain, enfile le long couloir, me cogne à une chaise, hésite entre les deux chambres possibles, puisque Mathilde s'offre un décor différent selon son humeur, entre enfin dans la première et... L'obscurité, une respiration paisible (dormirait-elle vraiment ?), le frôlement des draps que je fais lentement glisser sur son corps... Et puis cette douceur tiède, mes mains qui s'aventurent entre ses cuisses qu'elle ouvre peu à peu, cette moiteur enivrante... Je sens sous mes doigts son désir... Elle ondule déjà, se met sur le ventre, m'offre son cul... A genoux derrière elle, férocement agrippé à ses hanches, je la prends dans l'urgence et la transperce...

...

Un bruit venant d'en bas me tire d'un sommeil sans rêve. Quelqu'un frappe à la porte. Je me lève tant bien que mal, me couvre hâtivement de je ne sais quoi et je descends...

Sur le perron, Mathilde m'accueille, rayonnante.

– Vous en faites une tête, dites donc ! Je vous réveille ?

– Mais...

– Avez-vous vu Elodie ? Elle est partie plus tôt finalement, je lui ai donné ma clef...

– Si j'ai vu... Eh bien...

Un léger vertige me prend, je cherche mes mots. Dans mon dos, une voix pâteuse me dispense de les trouver... Elodie est en bas de l'escalier, ébouriffée, à peine couverte d'un drap qui traîne derrière elle...

– Ah, vous êtes là tous les deux... C'est bien. Je vais me recoucher : j'ai dû prendre un somnifère, ça n'allait pas du tout... Amusez-vous bien...

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