jeudi 3 mars 2011

Une chemise

Juste une chemise...
Douillette, un peu large, un peu longue, sa chemise préférée.
Rien d'autre !
Sa tenue d'intérieur. Une chemise ouverte dont les pans se jouent de ma patience.

C'est étonnant... Parce que si elle l'ouvre beaucoup, sa chemise, dévoilant largement ses seins ronds qui frémissent au moindre mouvement, j'ai l'impression qu'elle est moins nue. Mais lorsqu'elle la referme un peu, juste un peu, lorsque ses seins se cachent de part et d'autre laissant mon regard errer sur cette vallée de promesses, c'est le comble de sa nudité qui s'offre. A la lisière du tissu, ses aréoles brunes jouent à cache-cache : une fois l'une, une fois l'autre, discrètement, l'air de rien, l'air de ne pas vouloir se montrer ou alors par hasard, comme un clin d'œil espiègle. Au gré du désir qui va et qui vient. Et puis soudain, voilà le téton qui pointe ! Il accroche le bord de la chemise, le retient, s'y caresse un peu, se dresse puis se dérobe : je n'ai plus le loisir que de rêver pour mieux la déshabiller...

Mes mains sous sa chemise et mes yeux dans les siens...
Sans ciller, sans un mot, mes mains sous sa chemise, à tâtons...
Son regard innocent et ses lèvres gourmandes,
mes mains sous sa chemise,
mes mains sous sa chemise,
ses seins à pleines mains...

Posté par Eronaute à 17:47 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 5 août 2009

Visite de courtoisie

Quand j'ai sonné à sa porte, Delphine est venue m'accueillir vêtue d'une simple chemise d'homme, blanche, trop grande, ouverte de haut en bas...

- Je te dérange, peut-être ?
- Pas du tout ! Entrez... Je vous attendais.
- Ah...

J'entretiens toujours avec Delphine des rapports étranges qu'alimente sans doute le souvenir de l'avoir fait sauter sur mes genoux il y a quelques années, bien avant que je réalise, le temps lui ayant donné une plaisante majorité, qu'il m'était possible de la sauter tout court ! C'est ainsi que pèse aujourd'hui sur nos relations ce goût d'interdit qui n'est pas si désagréable et que je cultive de façon un peu perverse... D'autant qu'elle ne demanderait que ça, la jouvencelle et qu'elle semble depuis longtemps se complaire dans ce commerce sans aveu.
Et là, planté sur le seuil de son petit intérieur, je considérais sa nudité blonde rehaussée par la liquette de coton dont les pans battaient de part et d'autre de ses seins, s'évasaient sur son ventre. Sa tenue décontractée ne semblait pas la gêner outre mesure et à la réflexion, moi non plus ! Seul le contexte me paraissait bizarre... D'autant qu'une voix me parvint de la pièce à côté : "Delphine... Non..."
- Je peux repasser si tu n'es pas seule...
- Justement ! Non... Venez...

Je l'ai suivie, considérant avec intérêt, au bas de sa chemise, cet infime pli en creux sur son épiderme qui marquait la frontière entre ses cuisses et ses petites fesses nerveuses... J'avais eu bien sûr, l'occasion de contempler ensemble les unes et les autres, mais dans l'instant, cette chemise qui ne laissait entrevoir de son cul que des promesses frémissantes me paraissait la plus exquise des tentations...

- M'enfin Delphie, qu'est-ce que tu as fait à ce pauvre garçon ?!
Etalé sur le lit, un jeune type gisait en croix, immobilisé, pieds et mains attachés, nu...
- Mais c'est lui qui a voulu !
- Bon, peut-être. Mais je ne suis pas obligé d'être témoin de tout ça, moi ! Ou alors couvre-le...
- Ben non... Et c'est bien fait pour lui ! Vous savez ce qu'il me reproche ? De ne pas savoir le... Ca fait une heure que je... et rien. Et juste avant que vous ne sonniez, il a eu le culot de me dire que je n'avais qu'à demander à "mon vieux" de m'apprendre à sucer... Le "vieux" c'est vous, évidemment...

Evidemment... Je digérais doucement l'information lorsqu'à ma grande surprise Delphine se remit à l'ouvrage !
- Mais Delphine, arrête enfin !
- Mmmm... Mmm...
Et le "pauvre garçon" ne bandait pas ! Fasciné, je voyais son long sexe flaccide glisser entre les lèvres d'une Delphine attentive et convaincue ; mais de toute évidence, et contre toute attente, il ne bandait pas !

- Bon, ben... Ma présence n'est peut-être pas indispensable n'est-ce pas... Je crois que je ne vais pas m'attarder. Je repasserai...
- Mm'noon... Partez pas, s'il vous plaît...

Même pas le temps d'amorcer une retraite ! Avec une surprenante vivacité, elle avait basculé sur le flanc et s'agrippant à ma ceinture elle fourrageait déjà dans ma braguette dont elle sortait délicatement ma...
- Mais ça va pas ! Veux-tu bien...
- Oh ça va, dit-elle... Est-ce que je faisais tant de manières l'autre fois sur l'île aux cygnes ?

L'évocation de cet épisode me fit malgré moi l'effet d'un aphrodisiaque instantané. D'autant plus instantané qu'elle referma péremptoirement sa bouche sur mon sexe pour m'entreprendre avec une telle fougue que je doutai soudain de la virilité de son petit ami... Ah fichtre ! Je l'avais oublié celui-là ! Toujours entravé sur le lit, il ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes, se tortillait un peu et tentait vainement de couvrir du drap son membre qui gonflait à vue d'œil !
- Delphine, arrête ! Ton... Ton mec, là...
- Mmmm ?
- Il bande, ton copain...

Elle émit encore un vague et humide borborygme, puis d'un geste qui me parut prémédité cent fois parce qu'étrangement précis, elle avança une main vers le menhir du copain... Alors, nous manuellisant tous deux en cadence, elle a levé vers moi un visage angélique :
- Je savais que vous finiriez bien par m'aider sur ce coup là...

Et elle replongea...
Trois secondes, mais trois secondes seulement, je me suis demandé pour lequel d'entre nous elle avait monté ce piège diabolique... Et puis... je me suis dit... que j'aurais bien le temps d'y réfléchir plus tard...

Posté par Eronaute à 08:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 9 août 2008

Une péniche glissait...

C'était juste une promenade, après dîner…

Je lui ai pris le bras, ma main glissée légèrement. Elle l'a serrée contre elle. Contre son sein.
Elle parlait, volubile comme à son habitude. Paris, sa nouvelle vie, ses études… Nos souvenirs aussi. Nos "souvenirs de vieux amis" disait-elle. Du temps où elle était encore "une sale gamine qui prétendait vouloir me séduire"…

- Aujourd'hui encore…
- Quoi donc ?
- Je veux vous séduire…

Delphine marchait, sa hanche contre la mienne, regardant nous croiser quelques couples insouciants. L'Île des Cygnes sur la Seine est un rendez-vous d'entre deux mondes… Homos, hétéros, amants d'un soir ou d'une vie, discrète foule d'originaux qui se reconnaissent et s'ignorent. J'y ai même vu, un soir, Agnès trousser sa jupe et dévoiler son cul dans la lumière crue des bateaux mouches !

- Tu veux dire que tu veux coucher avec moi…
- … Que vous me fassiez l'amour, nuance !

Les pierres du Pont Rouelle renvoyèrent sans aucune pudeur l'écho de sa voix… Nos ombres accouplées s'étiraient devant nous qui semblions vouloir les rattraper. Je distinguais la silhouette de ses jambes interminables sous sa jupe courte. J'eus conscience qu'elle serrait encore plus ma main sous son bras. Elle la prit, la remonta un peu et la laissa reposer sur la douceur velouté de son décolleté…

- C'est un jeu, Delphine… Tu n'as envie de moi que parce que les conventions te laissent croire que je suis inaccessible. Tabou, carrément !

Elle me lâcha à la sortie du pont, me fit face en s'adossant à un arbre…

- Et alors ? N'êtes-vous pas vous-même arrêté par des raisons exactement inverses ? Vous prônez sans cesse l'irrespect des tabous, le libertinage, la transgression et vous feriez exception avec moi sous prétexte que je grimpais sur vos genoux il y a quelques années ? Et merde ! Je suis majeure, non ?

Sa violence soudaine me la fit apparaître étonnamment proche… Son regard, sa bouche frémissante… Belle, blonde, jeune… Inaccessible à son tour. Désirable sans aucun doute. Et je n'avais pas envie d'elle, mais de son plaisir… Je posai mes mains sur ses hanches. Ses yeux s'arrondirent de surprise, plongèrent dans les miens pour s'y ancrer tandis que je remontais doucement sa jupe et découvrais peu à peu ses cuisses. Il n'y avait entre elle et moi aucun autre contact que celui de mes mains. Du revers de mes doigts je vins caresser son ventre, puis son pubis où frisait une toison duveteuse d'une infinie douceur… Sa culotte glissa. Son sexe s'ouvrait, tiède et humide…

- Mais… Pas ici… Nous ne sommes pas seuls, dit-elle…
- Si ! Nous sommes seuls.  Et ce sera comme je veux. Pour commencer.
- Pour… Pour commencer ?
- Oui, pour commencer. Et gardez les yeux ouverts, je vous prie…

Une péniche glissait sur la Seine, ouvrant dans l'eau noire un sillage d'ondes qui vinrent longtemps lécher la berge en soubresauts multiples. Delphine me regardait…

Nocturne

 

Posté par Eronaute à 17:17 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 6 février 2008

Variation 3 sur une porte entrebâillée

Contre-champ...
Intérieur jour – Petit matin.

Elle ouvre les yeux...
Affalée sur son siège, étourdie de plaisir, frissonnant encore...
Ses mains dessinent de lentes volutes autour de sa toison...

Elle ouvre les yeux...
Premières lueurs du jour...
Filtrée par le rideau qui s'agite mollement, l'aube frémissante pose ici et là quelques éclaboussures pâles...

Elle ouvre les yeux...
Considère la porte entrebâillée, l'ombre du vestibule, lorsqu'un fragile pinceau de lumière se pose sur une silhouette dénudée.

- Oh ! Vous étiez là, dit-elle. Je me suis levée pour voir le jour mais je me suis assoupie !

Elle rit et se couvre modestement les seins de ses doigts encore humides...

Posté par Eronaute à 08:22 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

lundi 14 janvier 2008

Vatiation 1 sur une porte entrebâillée

Une porte entrouverte dans un couloir obscur...
Un courant d'air sans doute.

Un rai de clarté qui filtre et un léger mouvement dans la pièce... La discrétion m'imposait de passer mon chemin en silence et en détournant les yeux ! Mais juste un regard, ce n'est qu'un regard et par l'étroite ouverture je n'ai vu qu'un sein baigné en contre-jour par la lumière blanche du petit matin. Un sein caressé par une mèche de cheveux blonds. Un sein gourmand, généreux et fier de sa courbe indolente et de son téton dressé... Et puis une cuisse d'albâtre tendue dans l'esquisse d'un pas suspendu. Énigmatique vision, immobile, statuaire.

Je n'aurais pas dû pousser cette porte !
Ou alors, juste un peu, du bout du doigt, comme aurait pu le faire une infime bouffée d'air... Dans le champ qui s'élargissait je la découvrais tout entière, un profil gauche, de trois quarts plutôt, figée. Nue, belle. Si belle... En attente du soleil qui allait poindre bientôt. Jambe droite en avant. Sa main gauche reposait sur le devant de sa cuisse, sa main droite, doigts ouverts, bien à plat sur son ventre.

Je n'aurais pas dû entrer !
Ou alors, juste quelques pas, sans bruit pour ne pas déranger l'ordre des choses ni cette apparition que je m'attendais à voir se dissoudre dans la lumière. Juste quelques pas vers elle. Je devinais son nombril au dessus de sa main, et sous son petit doigt, la courbe lisse de son pubis... C'est à peine si elle a détourné le regard, me signalant d'un battement de cils qu'elle m'avait vu...

Quelques pas encore et je me suis coulé derrière elle...
Contre elle. En attente du soleil qui allait se lever. Je l'ai enlacée, doucement, frôlant ses épaules et ses bras. Glissant le long de ses bras. Et j'ai posé mes mains sur les siennes. Et plus doucement encore, je les ai guidées jusqu'au creux de ses cuisses... Et les premiers rayons dorés nous ont enveloppés d'or alors qu'en soupirant elle renversait sa tête en arrière, sur mon épaule...

Une brise marine s'insinuait dans les couloirs. La porte s'est refermée.

Posté par Eronaute à 10:33 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 4 octobre 2007

Allons bon !

A sa demande, j'ai rejoint Sophie au Prélude, l'autre soir…

...

- Et vous n'avez pas eu un seul instant l'idée qu'elle se mettait à votre disposition ?
Affalés dans un profond "Chesterfield", nous sirotions notre inévitable Lavagulin. Lovée contre moi, elle m'agaçait de sa robe qu'elle ne cessait de remonter sur ses cuisses ambrées prenant un soin exquis à ne découvrir le haut de ses bas que de quelques centimètres, à deux doigts des dentelles de son shorty.
- A ma disposition ? Je crois plutôt qu'elle attendait que je la baise, ma Chère…
- Quel langage ! Et quelle erreur, mon ami ! Quelle erreur… Vous inviter à lui faire l'amour sous le prétexte d'un désir ancien n'était qu'une façon de vous montrer qu'elle pouvait être votre "chose", que vous pouviez en disposer, la prendre à votre guise… Je note cependant que vous avez inconsciemment compris son message : ne lui avez-vous pas dit "Et ce sera comme je veux" ?

Sophie ne se trompait peut-être pas… Il y avait eu avec Delphine cet étrange moment de pure perversité. Sa robe troussée, sa culotte descendue jusqu'à ses pieds… Et le plaisir que j'avais eu de la contraindre à ne se satisfaire que de mes caresses…
- Admettons… Mais pourquoi me dire ça ?
- Histoire de vous ouvrir de nouveaux horizons ! Vous souvenez-vous de Julie ? Cette fille qui vous assiégeait, il y a quelques années, qui passait des heures chez vous sous prétexte de rattraper des cours en retard… Et de ce jour où elle a débarqué alors que j'étais là ? Elle portait un infâme tee-shirt vert pomme...

... Et Julie ne portait rien sous son infâme tee-shirt vert pomme. Hormis ses seins généreux et fermes qui pointaient avec arrogance tandis que son encolure trop large laissait penser qu'ils allaient se répandre, d'un instant à l'autre, s'offrir à l'admiration de tous. Comme toujours, Julie était adorable… Attentive à tous mes gestes, au moindre de mes besoins, cherchait mes notes, préparait le thé…
Et soudain… "Retirez votre tee-shirt, Julie !" avait dit Sophie… Je me souviens encore du regard de la fille : à la fois gourmand et affolé. "Mais, Sophie… Enfin, Sophie…" avait-elle tenté... "Retirez vos tee-shirt" répéta Sophie d'un ton glacial, "Vous mourrez d'envie que l'on vous utilise, que l'on se serve de vous n'est-ce pas ? Alors montrez vos seins à Monsieur G, cela ne lui déplaira pas !" Surprenante formulation qui en un instant me transforma en je ne sais quelle autorité à ne contrarier sous aucun motif... Plus surprenants encore, le visage de Julie soudain empreint d'une authentique humilité et ses yeux, qu'elle baissait modestement. Elle vint se poster devant moi et sans autre manière retira son débardeur qu'elle jeta négligemment sur une chaise... Je crus voir ses seins frémir quelques secondes, comme deux flancs de gelée anglaise... Un ange passa, pour se rincer l'oeil sans doute...
"Eh bien G, dites quelque chose !" Sophie dégustait son thé et croquait un biscuit dont deux infimes débris restaient accrochées à ses lèvres. "Oui, bien sûr... Julie, ne reste pas plantée là ! Sers-moi donc une tasse. Et... tiens-toi droite que diable !" Elle sursauta : "Oui Monsieur. Si cela vous fait plaisir..." Elle allait s'exécuter lorsque : "Julie, viens ici..." Elle fit volte-face dans un harmonieux frémissement de chair dorée. "Oui ?" dit-elle baissant encore les yeux... De mes deux mains je lui pris les seins pour les caresser assez fermement et je vis ses tétons se dresser si effrontément que je ne sus résister : je les pris l'un et l'autre entre le pouce et l'index et les lui pinçais... "Ah !" fit-elle, charmante...

- Et lorsque qu'elle vous a apporté votre thé, vous lui avez demandé de tremper ses bouts de seins dans votre tasse, ajouta Sophie...
- Non ! Je n'ai pas fait ça ?
- Mais si, souvenez-vous. Sous prétexte que cela leur donnerait des couleurs !
- Mais enfin, pourquoi évoquez-vous cette histoire ?
- Simplement pour attirer votre attention sur le fait que si j'ai su à l'époque détecter la soumission naissante de cette fille, je suis capable d'en dire autant pour Delphine aujourd'hui...
- Non !
- Mais si...

Pensivement, je considérais le fond de mon verre vide et tandis qu'avec beaucoup d'à propos je me disais in petto "Eh bien, eh bien, eh bien..." j'entendis vaguement Sophie poursuivre sa pensée et conclure : "Et puis, bon... Elle ne me déplaît pas du tout cette petite..."

Posté par Eronaute à 08:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 26 septembre 2007

Symphonie sylvestre

(Réédition...)

J'avais fait une halte au cours de ma promenade de l'après-midi. Assis au pied d'un hêtre, je m'étais assoupi, bercé par le bruissement léger des insectes, vaincu par la douce chaleur estivale… Et j'avais voluptueusement sombré dans des rêves peuplés de nymphes rieuses et de jeunes filles en fleur qui se disputaient mes faveurs…

L'écho d'une tendre querelle me tira du sommeil. A quelques pas de moi, dans une clairière moussue, deux jeunes gens sacrifiaient innocemment à Éros. Mais le jeune homme semblait trop pressé…

- Attends, disait la jeune fille ! Attends, Léo... Il n'y a pas que ça…

Cette seule phrase me la rendit sympathique. Lui, déterminé, tentait déjà de la prendre. Elle, qui ne me semblait pourtant pas farouche, se tortillait sous lui pour éviter l'estocade et finit par se dégager, reprenant le dessus, le clouant au sol d'un baiser qui n'en finissait plus… Elle se redressa, dégageant d'une main sa longue chevelure. Et je la reconnus : c'était Delphine !

On eût dit une blonde amazone terrassant sa victime, ou une figure de proue aux jeunes seins sculptés par le soleil d'août… Agenouillée au-dessus de sa proie, la chevauchant à son tour, elle considérait sa victime dont je voyais le sexe s'ériger comme un totem. Quelque part dans la forêt, un coucou s'évertuait à donner une heure qui n'intéressait personne.

- Et tu voudrais me priver de mes jeux préférés en envoyant au nid ce bel oiseau !

Décidément, cette fille avait de l'à-propos ! Elle faisait maintenant courir ses doigts sur le ventre de son compagnon étendu sur le dos … Elle se penchait sur lui, considérait le glaive qui avait bien failli la transpercer prématurément et s'apprêtait à le fourbir de ses lèvres roses. Le garçon ne bougeait plus, dans l'attente de cette bouche dont j'imaginais le souffle léger et le parfum...

C'est alors qu'elle me vit ! Un rai de lumière sans doute, un mouvement dans le feuillage qui ne me dissimulait guère, et elle me vit… Nous n'étions qu'à quelques mètres, à portée de murmure… Un imperceptible tremblement de tout son corps trahit, le temps d'une seule seconde, sa surprise et sa gêne passagère. J'allais discrètement m'éclipser quand son étrange regard et un indicible sourire, m'en dissuadèrent.

- Ne bouge plus, et pas un mot, d'accord ?

Avec une duplicité qui me réjouissait, n'était-elle pas en train de parler à son amant tout en s'adressant à moi ? Intrigué, je la vis couvrir soigneusement le visage de Léo de son tee-shirt, le persuader de se taire et de ne plus bouger. Puis, sans cesser de me regarder, elle saisit le membre dressé…

J'admirais la douceur et l'aisance de cette main qui allait et venait sans précipitation sur toute la longueur de la verge, accompagnant le prépuce pour recouvrir le gland où elle s'attardait, le caressant de gracieux mouvements circulaires… Puis elle reprenait, montait et descendait, impérieuse, serrant plus ou moins la hampe, l'assurant d'une main ferme pour la presser parfois au point que, veines saillantes, elle doublait de volume ! Attentive, Delphine contrôlait la vitesse du mouvement, l'accordait aux réactions de son ami, le masturbait très lentement pour soudain le branler frénétiquement et s'arrêter de nouveau. Elle le lâchait alors pour lui imprimer quelques petits coups de langue et je voyais ce sexe libre, animé de battements et de soubresauts annonciateurs d'une issue inévitable...

Alors, mutine, Delphine le saisit entre deux doigts, obtint en un instant le jaillissement précoce qu'elle attendait, et plongeant ses yeux dans les miens glissa farouchement son autre main entre ses cuisses...

 

La clairière frémissait sous une brise légère et tiède. Les herbes hautes chuchotaient et se courbaient mollement avec la nonchalance de danseuses lascives puis se redressaient dans le soleil. Silence d'été que nourrissait le bourdonnement continu d'insectes invisibles accompagnant quelques soli d'oiseaux... Symphonie sylvestre que Delphine dirigeait d'une main de velours...

Posté par Eronaute à 08:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 29 janvier 2007

Ondine

Un mince rai de soleil filtrait par les volets mal joints... J'observais sa course sur le corps de Marion. Le pinceau de lumière dorée avait embrasé un instant le haut de ses cuisses puis, suivant les courbes tendres de son ventre, était remonté entre ses seins, dans son cou, pour caresser bientôt sa bouche... "Marion...", dis-je à mi-voix... "...Ondine !"

Elle s'éveillait...

- Cela fait des années que tu ne m'as plus appelée Ondine ! Tu étais le seul... Tu te souviens ?

Elle s'étirait, découpant sa silhouette à contre jour, auréolée de lumière... Oui, je me souvenais…

Je me souviens encore de la première fois où je lui ai donné ce nom. Nous remontions la dune du Pilat. Elle me précédait de quelques pas, se retournant parfois pour m'attendre, campée sur ses longues jambes et se déhanchait de façon scandaleuse...

- Scandaleuse ? !

Elle refusait obstinément de mettre quelque chose sur son maillot trempé mais je n'osais pas lui dire... Ou alors, je ne trouvais pas les mots pour lui dire que ces transparences, là, n'étaient pas encore de son âge ! Je ne sais plus aujourd'hui ce que je redoutais le plus : quelle se couvre enfin ou que je laisse se manifester un peu plus du trouble que je ressentais depuis le matin... Elle s'était soudain jetée contre moi pour me dire, blottie et tremblante : "Mais que crains-tu ?"

- Que craignais-tu ?

Je me souviens de ce corps vibrant et chaud qui se pressait sur moi, cherchant à me prendre, me séduire... Et que j'écartais doucement, lui disant "Ondine... Non..." Elle eût un sourire triste et fier, et s'essayant à être menaçante pour rire : "Plus tard, tu te souviendras de ce jour où tu n'as pas voulu m'embrasser".

Lorsque nous sommes arrivés en haut de la dune, elle s'est plantée devant moi : "Tu sais, même si tu t'en vas, même si je suis trop jeune, même si nous sommes loin, nous passerons notre vie ensemble." Puis, en riant, elle a dessiné autour de moi un cercle dans le sable. Elle m'a expliqué que c’était un cercle magique qui faisait de moi son prisonnier, que jamais je ne pourrais en sortir… "Tu ne t’échapperas plus de moi " m'avait-elle dit soudain grave !

- J’avais raison, n’est-ce pas ? Tu ne t’es pas échappé ?

Je n'ai rien répondu. J’ai repensé à cette phrase de Faulkner :

"Elle avait fait un cercle à l’intérieur duquel il se trouve toujours."

 

Posté par Eronaute à 11:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 17 novembre 2006

Fondant au chocolat

Jeune Dame rougit, je crois.

Sourit, sourit encore, me regarde puis porte les yeux sur le monde qui nous entoure, considère son assiette, prend un peu de son jus de fruit, me regarde de nouveau. Intensément. De ses yeux bleus bordés d'un liseré marine à faire chavirer.

- Oh ! Pardon, dis-je, c'est votre genou…

Sous la table, nos jambes se frôlent, électriques, dans un tutoiement angélique d'étoffes et de chair imaginée. Au-dessus, nappe blanche comme ligne de flottaison, se poursuit une conversation innocente ponctuée de rires qui disent autre chose et de regards en points de suspension…

Elle porte à sa bouche un peu de son dessert qui laisse sur ses lèvres rosées un trait de chocolat brun et là, là, juste au coin, à la naissance de son sourire, une imperceptible goutte de glace à la vanille…

Posté par Eronaute à 19:14 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 20 septembre 2006

Lecture cursive

- Est-ce que je peux vous poser une question ?

Delphine était arrivée à l'improviste alors que je barbotais dans la piscine. Elle se tenait sur le bord. De la position que j'occupais, au centre du bassin, la tête au ras de l'eau, je voyais le reflet tremblotant de sa silhouette blonde baignée de soleil et qui s'allongeait jusqu'à moi… Trois ou quatre brasses pour la rejoindre : je nageais dans son image ! Et je fus à ses pieds, avec l'envie terrible de la saisir par les chevilles pour la basculer dans l'eau…

- C'est une question un peu osée, mais… Je pensais qu'avec votre expérience…

- Tu veux dire que j'ai suffisamment d'heures de vol pour tout entendre ! Passe-moi ma serviette, je te rejoins…

Elle eut un geste pour m'envelopper du drap de bain et me sécher le dos, ce qui l'obligeait en fait à me prendre dans ses bras…

- Assieds-toi Delphine… Que veux-tu savoir ?

Elle se posa sur un petit tabouret. Allongé sur le sol, je lui donnais l'inconfortable impression de me dominer alors que je l'observais tout à loisir. Pieds nus, un vague short un peu lâche et un débardeur trop ample aux fines bretelles et aux emmanchures trop larges où ses petits seins fermes frémissaient à chacun de ses mouvements. Et elle bougeait beaucoup !

- Pourquoi les gens qui tiennent des blogs érotiques sont-ils soit vulgaires, soit chiants, tristes et sentencieux ? Et graves en plus… Mais graves de chez grave, vous voyez ? Comme si la sensualité, le corps, le désir, l'amour, tout ça… c'était une sorte de culte pour initiés avec ses règles, son langage…

J'interrompis un instant la contemplation de son sein gauche dont le bout, à l'orée de son débardeur, me parut s'être dressé tandis qu'elle me disait tout cela, et je tentais de me concentrer sur une réponse… Je n'en trouvais pas !

- Si c'est aussi chiant que tu le dis, je ne vois pas pourquoi tu les consultes, ces blogs !

- Mais parce que j'aime bien les histoires un peu osées, les photos et… Pas vous ? Je suis même sûre que vous avez déjà écrit des récits érotiques. Et que vous...

Aïe ! Elle me disait ça en rougissant mais avec un air qui me laissait penser qu'elle en savait plus sur moi que je ne le supposais… Elle descendit de son tabouret pour s'asseoir en tailleur sur les dalles humides m'offrant comme seule perspective possible à hauteur de mes yeux l'intérieur de ses cuisses.

- C'est vrai que vous écrivez ? Sue m'a montré un texte... Attendez...

Son short large baillait un peu tandis qu'elle s'étirait pour prendre un cahier et mon regard se perdit dans l'ombre où j'eus soudain la brûlante tentation de plonger une main ! Elle était si près que je distinguais sur ses jambes un infime duvet diaphane et que je croyais percevoir le parfum d'un désir naissant. Je voulais m'en assurer : j'avais envie de la sentir, de la goûter, tandis qu'elle babillait encore, me parlait des modes de l'érotisme et du style compassé de certains auteurs, me citait des extraits... Je vivais la scène, incrédule, et je me voyais aussi en train de la vivre... Déjà quelques bouts de phrases naissaient de l'image de cet entrebâillement où la chair allait mystérieusement en s'obscurcissant, me plongeant dans un abîme de perplexité... Comment écrire qu'il me semblait bien qu'elle ne portait pas de culotte alors que seuls quelques éclats éphémères et dorés me laissaient supposer le chatoiement d'une légère toison opalescente ? ...

- ... et vous me feriez l'amour, avant la fin de l'été ?

- Écoute... Je vais réfléchir à tout ça... On en reparle, d'accord ?

Ce n'est qu'après m'être éloigné de quelques pas que j'eus un doute...
Cette dernière phrase, là...
C'était une citation ou une question ?

Posté par Eronaute à 13:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,