mercredi 16 septembre 2009
Saison de fruits
C'est beau une ville la nuit...
Surtout l'été, quand la nuit est chaude, et que nous avons rendez-vous, la soirée et la nuit devant nous... Rien qu'une soirée, une nuit... Mais toute une soirée, toute une nuit !
C'est la saison des fruits... Je suis gourmande de nature, vous aussi, non ? Alors on se retrouvera "à la capitale" : de nos terres lointaines, il fallait bien que l'on se rejoigne, que l'on converge - en un mot comme en deux... Oui, bon, hum !
Aussi extraordinaire que cette rencontre ait pu me paraître au départ, elle se fait évidence ; extraordinaire mais évidente. Cela paraît étrange, mais c'est. Oui, oui, faites un effort, c'est facile à comprendre ! Je suis sûre que vous suivez. Comme l'extraordinaire d'arriver pile à l'heure au rendez-vous, par exemple, malgré kilomètres et bouchons, et tellement de variables en route ! Et aussi de se reconnaître tout de suite, en même temps, dès qu'on s'aperçoit, avec pourtant les seuls indices d'une pâle photo et d'une description...
Vous me rejoignez et l'on se voit. Pas le temps de se toucher, on est en plein carrefour, il faut bouger ! Mais la soirée commence, tout va bien. Par où commencer, d'ailleurs ?
Par où commence-t-on lorsqu'on fait connaissance ? Eh bien, je ne sais pas... Un tas de trucs qui prennent du temps, qui tournent autour, avant de se toucher, de s'apprivoiser, de se trouver. Mais là non. Un peu, oui, on est polis, policés, bien élevés, et c'est délicieux aussi tout ça... Mais on est apprivoisés, aussi : on s'est apprivoisés ! Alors... besoin de se rafraîchir et l'on va jusqu'à l'hôtel, on monte. Et là... Non non, attendez : on est civilisés, oui on va descendre dîner, passer la soirée en ville... Mais on a failli... ne pas ! En tout cas, il faut qu'on se touche, qu'on se rassure, qu'on s'assure... C'est bien vous... Votre corps, votre peau, votre parfum à présent, je ne rêve pas... (Tiens, vous ne m'avez pas pincée !) Bon, ce premier contact me met sur orbite, ascension directe vers le désir, confirmation d'attirance cinq sur cinq... Descendons manger, si vous voulez, pour moi tout ce que vous voulez tout va bien. Je redescends oui, mais une part de moi, non : ce désir, qui ne fait que commencer...
Nous sommes très civilisés et tout m'intéresse, il y a longtemps que je n'étais pas venue là : je veux tout voir, alors on y va ! Visitons ce Paris qui nous berce, en se tenant par la main, par la taille, en s'arrêtant ici ou là... Tout est prétexte à musarder, allons boire ici un verre, manger là ou bien là, oui c'est bien, parler, je ne me lasse pas de vous écouter, je ne suis pas la dernière à parler non plus, les minutes coulent comme des fruits mûrs, délice et gourmandise... Car bien sûr nous nous frôlons beaucoup, nous nous touchons et nous palpons encore plus, et nous rions pas mal aussi ! Nous marchons d'un même pas, même taille, hanche contre hanche, votre main se faufile derrière, descend de ma taille à mes fesses, je la sens bien, coquine, maline, experte, pour savoir si j'ai quelque chose sous ma robe... Et moi, je sens que vous avez une ceinture, et je pense "Tiens, merveilleux il faudra l'enlever"... Et soudain il faut traverser, je vous entraîne, nous courons, ouf, passés ! Nous avons 15 ans, et (même si c'est en réalité plusieurs fois quinze) c'est joyeux, c'est bon d'être en vie ! D'être envie...
Au restaurant, vous me direz que vous savez que j'ai une petite culotte, et que vous allez me demander de l'enlever... Ohlala ! Rougissement général chez moi, il me semble, de la racine des cheveux à cette culotte, justement. D'abord, elle n'est pas "petite", vous vous trompez : vous savez tout ce que je dois mettre dedans ? Plaisanter sur mes bonnes fesses ne me fait guère gagner de temps et ne vous détourne pas de votre idée : "Oui, mais vous allez l'enlever !" Vous savez que j'aime que vous soyez déterminé comme ça... Même si là, sur le coup, il me faut reprendre mon souffle... Bon, une grande inspiration et j'y vais ! Ça ne me déplaît pas d'ailleurs : quelle liberté sous ma robe, avec cette chaleur ! Comment ça, je vous touche en la posant sur votre pantalon ? Oui, bon... Vous remarquez tout décidément !
Il fait une chaleur à Paris, c'est incroyable. Je vous ai fait faire tout un détour pour récupérer ma veste, et je ne sais plus quoi en faire ! Paris, comme nous, a pris un repas épicé ou je ne sais quoi, un vent tropical. La soirée ne fraîchit pas : si l'on s'écoutait, on passerait la nuit entièrement nus ! Vous savez quoi ? Il faut s'écouter, de temps en temps...
Pour s'écouter, on s'est écoutés ! On a pris le temps. Pour se regarder. Et se voir. Et se toucher. Au dehors, au dedans, toutes les caresses et autres de ces choses qu'on voulait, dont on avait envie, qui nous venaient...
Un désir inextinguible, une soif l'un de l'autre comme une spirale, un truc hélicoïdal, quelque chose comme ça...
Et le plaisir, par vagues, qui me soulève, et revient, encore et encore...
Et le vôtre, enfin, dans ma bouche...
Tard dans la nuit, au matin, nous avons dormi, un peu.
Et le matin, encore et toujours, le goût d'y revenir...
Vous savez quoi, G ?
Il y a un truc que j'ai oublié de vous dire en mangeant une mangue, au restaurant : la mangue, j'ai toujours trouvé que ça avait un goût de sexe de femme...
Pas vous ?
Elodie
mardi 14 juillet 2009
Eh bien...
Voilà... J'ai reçu ce petit mot !
Ce n'est pas ce qu'on appelle une contribution, non. Ce serait plus de l'ordre de la correspondance privée en fait... Mais ici, le privé tutoie souvent le public, n'est-ce pas ? Enfin, je dis ça alors que je vouvoie tout le monde... Mais bon ! Quoiqu'il en soit, je publie, poste et vous lisez...
Elle ? Eh bien... Lisez, je vous dis...
_______________
Elle n'avait pas vraiment prévu ça....
Ou peut-être qu'elle l'attendait ?
Elle ne le savait pas, en tout cas. Elle pensait que ce n'était pas possible, dans ce milieu. Que les échanges, c'était ou cordial, bien et "comilfaut", ou que c'était sexe, et alors rien que du cul, surtout pas de sentiment. Elle avait cru ça parce qu'un jour... Bon, peu importe.
Mais peut-on appeler ça du sentiment ? Elle n'en savait rien. Ce qu'elle savait, c'est que c'était bien des choses, que ça lui faisait du bien partout, au corps et au coeur, et que c'était rudement bon.
Comment ça avait commencé ? Elle ne savait plus bien, Elodie...
C'était ses mots à lui, ses histoires, quelques-unes en particulier, ça l'avait touchée. Elle s'y voyait : les histoires c'est fait pour ça ! Non, pas vraiment, pas toujours, mais quelquefois, ça lui parlait vraiment. C'était le style, aussi : elle avait toujours été sensible au style. Celui-là avait une élégance, oui c'est ça, une élégance : dans les mots, les tournures... Non, pas seulement. Il y avait autre chose. C'était dans l'histoire, et dans sa façon de poser un mot ici ou là : il y avait de la tendresse, de l'attention, j'ai envie de dire de la gentillesse. Bien sûr, ça fait démodé la gentillesse, dit comme ça, c'est ballot. Mais enfin, c'est un mode d'échange et de pensée, c'est une vision des autres, c'est une éducation : ça peut être infiniment délicieux.
Et puis ses visites, quand il venait sur ses terres à elle : il n'y posait qu'un peu et repartait, quelques mots, toujours courtois, mais bien placés, enfin ça lui allait droit au coeur !
Pourtant elle ne le connaissait guère : il restait caché, écrivait, travaillait, vivait la nuit. Mais elle l'avait aperçu, quelquefois, oh, un peu vivement et jamais en entier, mais ce qu'elle avait vu de lui, ça l'avait troublée ! Une élégance, là aussi. Qui n'était pas tant dans sa tenue, que dans son attitude, sa manière de se présenter, réservé et fier à la fois.
Et puis ils avaient échangé un peu plus... Elle ne savait plus bien où ni pourquoi. Sans doute parce que ça devait se faire ! Non, pas par convenance, non (ah les mots à double sens, ils en rencontraient toujours sur leur chemin, c'était incroyable, un vrai fil rouge !) : ça devait se faire parce qu'il fallait qu'ils se parlent ! C'était écrit. Enfin, dit... Enfin, c'était peut-être aussi le hasard, allez savoir...
Les mots qu'ils échangeaient, c'était des trois fois rien si on les répétait, mais entre eux c'était des clefs, des codes, des sésames : ça ouvrait plein de portes ! Même là où l'on ne croyait jamais aller, vous savez, la porte interdite de Barbe-Bleue, ou quelque chose comme ça. Ça levait des freins, dégrippait des serrures rouillées, ouvrait les fenêtres en grand, comme ça, d'un rien. Ça faisait des rires, des jeux complices. Et des tendresses à n'en plus finir...
Et le sexe dans tout ça ? Y'en avait pas ? Non...
Si ! Plein ! C'était intégré et intégral, inclus en tout, tout compris. Dans chaque geste, chaque mot : même pas besoin de faire le tri, de basculer d'un niveau à l'autre, vous savez, les préliminaires et tout le toutim, les différentes étapes. Non. Tout était préliminaires, tout était désir et plaisir. Un désir continu. Un lien intégral. Un fil rouge, une résonance... de lui à elle, d'elle à lui. Un truc qui remettait tout à sa place, le monde autour d'eux et eux dans le monde.
C'était sûrement un rêve... Elle allait se réveiller.
(A suivre. Peut-être !)
Elodie
lundi 25 mai 2009
En toute simplicité
J'ai reçu hier un mot de Sophie...
Avec son autorisation - en fait, elle me l'a fortement suggéré, attendant je suppose nombre de commentaires susceptibles de l'éclairer - je publie ici un extrait de sa lettre...
Très Cher G.
C'est un rêve étrange la nuit dernière qui m'a permis de réaliser à quel point je suis habitée par un fantasme auquel je n'accordais jusqu'à présent que peu d'importance : l'insolite nudité d'un homme dans un contexte banal de la vie quotidienne...
Voici, en deux mots : une de nos soirées chez moi, apéritif voluptueux, musique sensuelle, badinage philosophique décadent et petit repas fin agrémenté de ce jeu coutumier de séduction auquel nous nous livrons toujours vous et moi... Rien de très spécial n'est-ce pas, sauf que vous étiez entièrement nu alors que je portais, sur une lingerie prune, ma petite robe lilas, celle des grandes occasions et que vous aimez tant. Vous étiez nu mais vous auriez pu être en complet veston ou en smoking que la situation n'aurait pas été plus naturelle ! Et c'est justement le naturel de cette nudité, incongrue en la circonstance, qui me met dans tous mes états et constitue le fond de ce fantasme...
Je vous observais, et je notais au fur et à mesure les différentes postures et formes de votre sexe, fonction de votre humeur et de vos pensées les plus secrètes, jusqu'à me persuader que votre fourniment me permettait de lire en vous ou du moins, d'apprécier différemment ce que vous me disiez !
J'étais au réveil très excitée, tout autant qu'intriguée par mon excitation ! Je réalisais que depuis le jour où pour la première fois et par pure provocation, je m'étais dévêtue devant vous, je n'avais cessé de désirer voir votre queue dans les circonstances les plus diverses, flaccide ou turgescente, au repos ou en alerte ou encore, prise de cette semi-bandaison que j'aime tant...
Je sais bien que je ne vous ai jamais parlé de cette inclination particulière. Et il est vrai que je rougis maintenant de l'audace qui me prend à vous l'écrire ainsi... Cela me dispensera d'avoir à vous le dire la prochaine fois que nous nous verrons : certes, vous ne m'avez jamais privée du spectacle de votre bâton de maréchal, mais voyez-vous très cher G, j'adorerais, vraiment j'adorerais que vous veniez dîner un de ces soirs, simplement vêtu de votre eau de toilette alors que je m'habillerai moi, comme pour un soir de fête...
...
Vôtre,
Sophie
Ma réponse :
Disons jeudi soir... Cela vous va ?
J'apporterai le dessert...
jeudi 14 mai 2009
Dialogue d'un invisible quotidien
Chère Invisible, savez-vous comment je vous vois ?
... Souple liane inflammable dont le masque aristocratique voile de pudeur une soif inextinguible de volupté... Vous serez donc ma Voluptueuse...
Je serai qui vous voulez, dés l'instant où votre main s'empare de la mienne pour me guider vers de doux rivages voluptueux... A moins que cela ne soit l'inverse : il ne faut jamais se fier à un masque de pudeur, allez savoir ce qu'il cache !
Je sais pouvoir compter sur vos fantasmes et sur votre imagination pour entretenir l'ardeur que vous m'inspirez... Tenez... Je contemplais sur moi, hier soir, les effets secondaires de notre correspondance. Spectacle banal sans doute mais... comment dire... assez conséquent pour que me vienne l'envie de le prolonger par de douces manoeuvres ! Vous n'auriez pas été insensible à l'arrogance soudainement dressée de mes prétentions... Jouant Narcisse priapique, j'usai alors d'huiles dites essentielles pour faire briller l'objet de votre convoitise et simuler l'accueillante douceur de vos mains, de vos lèvres et de votre fleur exquise. Impérial, mon sceptre n'attendait plus que vous...
Impérial Libertin,
Votre spectre n'aurait pas eu besoin d'artifices huileux. Il aurait trouvé un fourreau parfaitement adapté et préparé. L'objet de votre prétention royale aurait trouvé refuge au chaud. La pudeur me conduit à vous cacher les ravages voluptueux de vos mots afin de ne pas choquer les personnes bien pensantes. Mais, le désir que j'ai de vous m'amène à vous solliciter encore et encore...
Tendres caresses
Ah mais non ! Ne me cachez rien ! Pas la moindre goutte de votre rosée délicatement posée sur les pétales de votre Lys ne doit m'échapper... Et quoi ? Vous me priveriez de vos charmants frémissements ? Je ne saurais rien de vos tentations ni de vos abandons alors que vous brûlez de vous offrir sans la moindre retenue ? Soyez désormais mon "Obscène Voluptueuse"...
(Et je vous précise qu'il ne s'agit pas de mon spectre mais bien de mon sceptre, douce écervelée...)
Votre "Obscène Voluptueuse" dites vous... J'en frémis d'avance. Sauriez-vous agir d'une main de maître pour lever les derniers voiles qui retiennent la pudeur qui sied si bien à mon apparence ? Je n'oserais vous priver de rien, au risque de me priver moi même. L'incandescence qui irradie les pétales de mon lys ne peut s'éteindre que sous vos habiles mouvements.
(Et la douce écervelée ne sait où elle avait l'esprit en vous lisant et vous répondant ... mais au fond, peut être est ce bien votre "spectre" qui me taquine ... )
Vous me faites tout bonnement bander, très chère... Ce qui sous un jean et dans un bureau n'est pas d'une prudence exemplaire... Et, soit : je serai donc votre spectre bandant si vous le voulez et je viendrai nuitamment tel un Incube lubrique taquiner votre fleur jusqu'à épuisement...
Sachez, très Cher que vous, vous me faites tout simplement mouiller ! En revanche, je peux librement m'adonner à la concrétisation de ce désir bassement primitif sans risquer de choquer qui que ce soit, étant seule chez moi, occupée par l'unique recherche de quelques loisirs... Je vous veux spectre, incube... peu importe, dés l'instant où mon désir trouve ravissement.
Adonnez-vous donc sans retenue : cette idée me ravit à mon tour ! Et cultivez pour moi dans le secret de votre isolement provisoire, tant que vous en avez l'opportunité, l'indécence, l'impudeur et l'obscénité : jouissez ma chère, autant que cela se peut... et racontez-moi : vos écarts alimenteront les miens...
Je cultive la fleur que vous nourrissez chaque jour avec amour... espérant que vous récolterez le pollen dont votre dard est si gourmand...
lundi 11 mai 2009
Tentations
Chère Libertine,
Je ne serai pas présomptueux au point de vous assurer d'un talent inépuisable !
Mais vos élans ont de telles vertus qu'il ne m'étonnerait pas qu'elles fassent de moi le fier tuteur qu'attend votre fleur délicate ! Qu'elle s'épanouisse donc au gré de vos désirs... Que mon indécence suscite votre impudeur, jusqu'à la luxure ! Voyez comme est grand mon désir de provoquer l'abandon de vos sens. Mais celui de laisser mes mains errer sur vous et de dessiner votre plaisir du bout des doigts pour vous faire écrire est encore plus fort.
___
Cher Eronaute,
Vos mots sont une telle caresse qu'ils échauffent mes sens. Vous allumez et entretenez un feu qui me consume petit à petit. Je me prends à rêver de vos mains qui habilleraient chacune de mes courbes dans des gestes légers.
Vous êtes l'origine d'une tempête qui m'emporte vers des songes voluptueux et qui seraient inavouables aux oreilles prudes. Vous nourrissez des vagues de plaisir qui ne demandent qu'à venir s'abattre dans un corps à corps sensuel.
Bien à vous,
...
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Ah, chère Imprudente !
Que me demandez-vous de vous habiller, fût-ce de gestes légers ou de suaves caresses alors que je prétends vous défaire encore de toute retenue et vous dévêtir de vos dernières défenses pour mieux embraser vos charmes de mes feux libertins ? C'est au plus profond de vous que je veux pousser mes ardeurs pyromanes, aux recoins les plus troubles et les plus secrets de vos désirs que je veux porter ma flamme séditieuse... Me laisserez vous pénétrer ce que vous scellez encore sous de mutines provocations ?
...
___
Vil tentateur que vous êtes...
Vos feux libertins seraient incompatibles avec le doux habillage de vos caresses ? Je ne pense pas. Telle une allumette, je suis prête à me laisser frotter contre le soufre et faire jaillir la flamme qui nous mènera vers des volutes sensuelles.
Vous parlez de provocation là où je ne vois que douce mutinerie pour vous attirer dans mes filets charnels et vous y garder inlassablement pour découvrir...
A vous de le deviner !
...
mardi 11 novembre 2008
Glissement progressif
Juste du coin de l'oeil. Je passe devant votre porte entrouverte et juste du coin de l'oeil, je vous aperçois puis je vous regarde un instant, parce qu'il y a sur votre robe, là, un reflet de lumière qui accentue admirablement la courbe de votre fesse gauche...
Je poursuis mon chemin dans le couloir sombre. Un pas seulement... Et je reviens, parce que vous ne bougez pas, appuyée des deux mains contre le mur, les reins légèrement creusés. Vous attendez... Vous réfléchissez, vous rêvez... Je ne sais pas. Vous attendez, suspendue entre deux choses, entre deux mouvements... Un petit tas de lingerie à vos pieds... A votre épaule, la bretelle de votre robe n'est plus retenue sur votre dos à moitié nu que par votre immobilité. Alors j'attends : il suffirait de si peu pour que l'étoffe glisse...
Je pourrais entrer dans votre chambre...
Silencieusement. La faire glisser moi-même cette robe. Elle coulerait gracieusement sur vos hanches, elle s'étalerait en corolle autour de vos pieds, je l'accompagnerais en me baissant, vous effleurant de mes lèvres et puis je remonterais mes mains le long de vos jambes, de vos cuisses et je prendrais votre taille... Vous vous sentiriez moins nue. Puis je les poserais sur votre ventre et puis sous vos seins... Et puis sur votre gorge... Vous sentiriez sur vos reins la boucle froide de ma ceinture et sur vos fesses, le velours de mon pantalon...
Ou alors, je pourrais entrer, poser mes mains sur vos cuisses, juste au bas de votre robe, pour la trousser jusqu'à votre taille, pour découvrir votre cul que la lumière prend si bien. Je me collerais contre vous et vous sentiriez sur vos fesses...
... Il n'a pas du se passer trois secondes ! Posté dans l'embrasure de votre porte, je vous regarde et je sens, soudain et incongru dans le couloir de cet hôtel, mon désir gonfler, impérieusement. Alors je bats en retraite, je fais un pas discret en arrière et c'est juste quand je ne vous vois plus que je vous entends dire :
- Viens...
(Collaboration artistique : ©Vallisnéria)
lundi 20 octobre 2008
Courrier des lecteurs
Relevé dans ma boîte, ce courriel inattendu :
J'ai découvert votre blog il n'y a pas très longtemps. J'ai lu une histoire ou deux pour commencer. Puis je suis revenue hier soir et je crois que j'ai tout lu, d'un bout à l'autre. Même que ça m'a pris une partie de la nuit. Je devrais dire toute la nuit parce que quand j'ai été couchée je me suis retrouvée dans un état d'excitation qui m'a tenue éveillée avec des envies que j'ai pas besoin de vous expliquer.
Je ne savais pas trop ce qui m'excitait : vos personnages ou vous et l'envie que vous donnez de vous connaître (parce que j'aimerais bien) ou celle d'être à la place de vos héroïnes. Je suis sûre que toutes vos lectrices se posent la même question : est-ce que vous avez vraiment vécu tout ça ou alors est-ce que vous avez beaucoup d'imagination ? Si c'est ça votre imagination est contagieuse.
J'aime beaucoup la façon que vous avez pour raconter : ça coule tout seul et on dirait que vous êtes dans tous les personnages à la fois. Et même que vous êtes dans la tête de vos lecteurs ! Sans blague j'ai cru que vous lisiez mes pensées ou mes fantasmes et j'ai eu un petit coup de chaud.
Et ce matin j'ai essayé d'écrire exactement ce qui m'est arrivé en vous lisant : j'aimerais que mon histoire soit dans votre blog. Mais je n'ai pas réussi et j'ai eu un peu honte parce que je me suis aperçue que ça me faisait un effet, je sais pas comment dire... Est-ce que vous pourriez l'écrire pour moi s'il vous plaît ?
Rosalie
L'histoire étant un peu courte, j'ai proposé à Rosalie de publier simplement un extrait de son message : elle est ravie ! Moi aussi... Finalement, un courrier des lecteurs, c'est amusant, non ?
lundi 8 septembre 2008
Ecrire
- Ecrire, dit-elle... Ecrire l'impossible !
Je l'ai poussée contre le bureau, courbée, pliée sur le plateau, lui faisant écarter et tendre les jambes pour que seule la pointe de ses pieds effleure encore le sol. Affalée, poitrine écrasée sur le vieux bois patiné, elle ne devait plus son équilibre qu'à ses coudes et à ses avant-bras posés comme ceux du Sphinx, en attente...
- Redresse-toi, Julie... On n'écrit bien que dans la discipline du corps !
Elle a rejeté la tête en arrière. Ses reins se sont creusés, ses seins se sont tendus, provocants. Posture improbable, hiératique et obscène. J'ai disposé devant elle une feuille vierge, j'ai glissé un crayon entre ses doigts... Je me suis posté derrière elle... J'ai vu son dos cambré comme un arc, j'ai vu sa croupe ronde, j'ai vu son cul offert, ses fesses bandées sous l'effort, sa chatte en saillie, avide et majuscule.
- Ecris, dis-je... Ecris l'impossible !
Le stylo tremblait un peu dans sa main suspendue au-dessus de la page. J'entendais son souffle, rapide. Elle a posé la pointe de feutre noir sur le rectangle blanc... J'ai agrippé ses hanches, me suis ancré entre ses cuisses, dressé contre sa vulve...
- Guidez-moi, dit-elle... Dictez-moi...
J'ai glissé sur les mots, épelé son désir, récité sa luxure, conjugué son foutre, exploré ses pleins et ses déliés, prise... Pour ne plus la lâcher...
Elle... écrivait... écrivait...

mardi 22 juillet 2008
Missive...
Ma chère Dame, brûlante maîtresse,
Je ne savais pas, lorsque je vous invitai à monter à bord de mon navire, que vous me livreriez la carte d'un fabuleux trésor... Vous même, vous ignoriez la posséder : vous ne faisiez que pressentir à l'écoute distraite de vos inclinations, qu'il fallait commencer le voyage pour suivre la route de vos instincts...
Vous êtes ce trésor immensurable : vos yeux et leur éclat comme un phare dans la nuit, vos lèvres et leur douceur qui esquisse le Ô de vos envies, la chaleur de votre bouche écarlate, le creux de votre cou où s'égare un baiser, la courbe dorée de votre épaule sous le soleil de l'été... Vous vous livrez nue, dans l'écrin d'un savoureux abandon, captive de vos sens...
Je vous enlève, farouche Princesse et vous retiens sur ma brigantine pour mieux vous asservir à mes désirs et aux vôtres... Pour vous aimer dans l'ivresse, vous prendre tout entière, vous aimer encore et vous faire jouir, me dévouant aux émois de votre chatte insatiable comme aux troubles délicieux de votre âme...
Soyez à moi ma Libertine, que je me désaltère à votre source, et je vous ferai mal voluptueusement...
vendredi 18 juillet 2008
Épître
Doux amant,
Ce matin, c'est avec la plume que je vous écris. Le lent tracé des lettres sur le papier me laisse le temps de penser... L'ivresse dans laquelle je suis plongée depuis notre rencontre me chavire et j'ai besoin de la coucher sur papier, de mettre des mots sur cet ouragan...
Violence. Violence du désir qui s'est emparé de moi, dès les premiers instants et qui ne me quitte plus, jamais. Violence de ma peau qui a soif de vos caresses. Violence de ma chatte qui se languit de votre sexe. Violence de ce désir qui coule entre mes cuisses et que les assauts répétés d'un amant dévoué, attentif et infatigable n'ont fait qu'attiser...
Douleur. Douleur de chaque instant où ma bouche attend de vous toucher, lèvres, langue, ventre, gland, nombril... Cette douleur au creux de mon ventre, si agréable puisqu'elle parle de vous, de mon envie de vous, insatiable, intarissable.
Frustration. Frustration de l'attente qui fait naître le désir. Frustration due à l'imparfait de la situation, du présent, et qui, paradoxalement, fait de chacun de ces instants où nous sommes réunis des moments d'éternité, toujours trop vite passés. Frustration de cette conjugaison que je voudrais toujours au présent: j'aime, je me donne, je jouis...
Abandon. Abandon à toutes ces émotions et sensations qui nourrissent mon plaisir. Abandon à vous, puisque toute cette violence, toute cette douleur et toute cette frustration se nourrissent de votre douceur, de votre amour et de votre désir de moi. Je vous en prie, faites-moi mal, doucement... Je m'abandonne, complètement, coeur, sexe, âme, peau, tête, bouche, désirs, cul, vie, fantasmes... Prenez tout, puisque votre nom y est déjà gravé.
Vous bouleversez tout. Et pour cela, je vous aime.
Ange

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