Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

mardi 6 octobre 2009

Et vous n'avez pas honte ?

Vous avez raison ma Chère !

C'est parfaitement honteux... Et me le dire, en plus ! Pour ajouter à votre confusion, je vous précise tout de même que je m'en doute... Vous ne le savez pas que je m'en doute ? Et pourtant, si...

Tandis que nous parlons comme ça, comme si de rien n'était, je vous vois bien, vous et votre main, faire des manigances et détourner la conversation au profit de votre chatte qui réclame parce qu'elle n'a jamais assez de tout ce qu'on lui donne ! Je vous vois bien, dans l'intimité de votre salon... Vous vous croyez à l'abri des regards alors vous prenez vos aises, un peu renversée sur votre siège, vous écartez vos jambes, vous remontez votre jupe l'air de rien, ou vous ouvrez votre pantalon, vous éprouvez du bout des doigts la rotondité pulpeuse de vos lèvres et la tendre dépression de votre fente sous votre culotte et vous aimez sentir comme tout cela peut-être à la fois gourmand et désirable... Et pour peu que dure notre conversation, je le sais bien, vos dessous vont glisser aussi, et vous allez vous retrouver dans une posture parfaitement obscène, jouissant à la fois de ma voix, de vos doigts et de l'incongruité de la situation.

Non mais... Vous vous êtes vue ? Cuisses ouvertes, sexe assoiffé... Défaite, dépenaillée, le rose aux joues ? Et si nous raccrochons trop tôt ? Je ne vous donne pas 2 minutes : je sais bien que l'instant qui suit vous vous défaites de toute pudeur et c'est à moitié nue que vous allez poursuivre et vous abandonner à votre plaisir...

Honteux disions-nous ? Oui. Et même impudique, indécent, obscène... et tellement savoureux n'est-ce pas ! Et si vous saviez comme c'est bon de le savoir sans rien vous dire, de vous laisser faire comme si je ne me doutais de rien, de poursuivre une conversation très convenable tout en guettant les moindres variations de votre souffle...

Ah mais, c'est que vous finiriez par me...

Bon... Je vous appelle quand ?

Posté par Eronaute à 19:18 - CORRESPONDANCES SENSIBLES... - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 18 mai 2009

Vous m'attendrez...

Eh bien, figurez-vous que non...
Décidément, non !

Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous demander de m'attendre les yeux bandés d'un foulard, les reins outrageusement cambrés et tournant le dos à la porte pour m'offrir dès mon arrivée le spectacle de votre cul nu et de votre patiente soumission ?

Non !

Oui, oui... Je sais bien que cela se fait, que c'est très "tendance", mais je ne pourrai pas m'empêcher de rire en imaginant le nombre de femmes ainsi exposées au même moment, attendant qu'un homme vienne disposer d'elle !

De toute façon, vos yeux, vous les fermerez à un moment ou un autre pour sentir encore mieux le vertige de votre désir... Vos reins, vous les cambrerez, gourmande de ce que suscite secrètement chez vous cette provocation, cette invite à l'exploration. Vous savez si bien l'effet produit par vos fesses sertissant délicieusement votre chatte, très Chère, vous les tendrez vers moi, avide d'exposer votre fente, impatiente de connaître mes réactions...

Vous ne croyez pas ?

Posté par Eronaute à 12:16 - MOTS DOUX - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 10 décembre 2008

Savez-vous...

Vous êtes là, Madame...
Assise bien droite dans votre fauteuil, un peu engoncée dans votre habillement d'hiver, je suppose que vous allez dans un instant rejoindre votre chambre. Vous êtes là, banale à première vue, quelconque sous votre longue jupe grise, votre veste de laine noire, votre cache-col rouge, en désordre, votre petite cape : rien ne retient le regard ! A première vue, je dis bien... Parce que cette abondance de vêtements, tout ce textile qui fait des plis, qui déborde, coule, cascade et serpente sur vous m'irriguent d'un désir inattendu et m'invitent impérieusement à inventer ce que je ne distingue pas, justement...

Vous êtes là, Madame, secrète, discrète, sage. Trop sage… Et je ne vois que vous ; votre cou, pâle, fin, gracile, qui ondule lorsque vous tournez la tête, cette échappée dans les replis complexes de votre encolure ouverte, ce chemisier blanc qui sourit un peu entre les boutons… Et votre buste, dont je devine les formes abandonnées sous votre veste… Et la légère dépression de votre jupe, là, entre vos cuisses que vous tenez si légèrement écartées sous le sombre rempart de l'étoffe, si légèrement animées que j'imagine soudain, jusqu'à son parfum, le détail soyeux de votre lingerie… Savez-vous, Madame…

Embarrassée de vos sacs et de votre équipage hivernal négligemment défait, vous buvez votre thé vert avec cette nonchalance désœuvrée que l'on aime surprendre et bousculer… Vous buvez votre thé et votre main gauche gracieusement courbée glisse sous votre veste, effleure votre sein droit tandis que vos yeux, un instant, se perdent dans le vague. Savez-vous, Madame…

Vous avez reposé votre tasse sur la table basse, vous avez ramené vos jambes vers le fauteuil, les inclinant un peu et croisant vos pieds… Et vous avez lentement, très lentement, lissé votre jupe le long de votre hanche moulant soudain, au bord du siège, la rondeur d'une fesse…

Savez-vous Madame, l'envie que j'ai de vous suivre dans le hall tout à l'heure, de prendre avec vous l'ascenseur fin de siècle qui monte si lentement,  de planter mes yeux dans les vôtres, de descendre au troisième étage où, sur le palier, sans autre forme de procès, je trousserai votre longue jupe pour vous faire part de mon désir ?
Vous le savez, n'est-ce pas ?

Posté par Eronaute à 16:35 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 20 septembre 2008

Un port, la nuit...

Réédition intégrale

A vrai dire, je ne suis pas très doué pour raconter des histoires.

On me dit le contraire parfois, mais je crois que c'est pour me faire plaisir, pour me flatter. Ou obtenir de moi quelque chose... Mais je ne suis pas doué non plus pour comprendre ce qu'on me veut. Alors je reste là, les bras ballants et on me prend pour un malotru. Ou un goujat ! Parce qu'en plus, je ne connais pas grand chose à la psychologie féminine.

Cela me rappelle cette fois où, sur une plage bretonne déserte , une jeune Américaine en goguette, m'avait demandé, me tendant un jetable bas de gamme,  de la prendre en photo "dans son simple appareil"... Elle n'arborait déjà plus qu'un illusoire triangle d'étoffe rose moulé sur son petit tabernacle. Qu'à cela ne tienne ! "Déshabillez-vous donc entièrement" lui dis-je, pointant illico mon propre Nikon sur son centre de gravité. "Aoh ! Bad boy ! Vous être une goujon... No, un gouge !"

Mais je m'égare...

Je ne suis pas très doué pour raconter les histoires, disais-je, encore moins quand elles sont vraies ! C'est d'ailleurs une constante : si je raconte une histoire authentique personne ne me croit alors que bien des gens tiennent pour vrai ce que j'invente... Moi-même d'ailleurs, m'y perdant un peu, j'ai renoncé à trier et me contente de vivre entre deux eaux, puisant autant dans mes rêves que dans la réalité...

Or donc, à l'occasion d'un déplacement professionnel, j'étais une fois encore descendu dans un hôtel cossu - simplement parce que mon éditeur m'en donne la possibilité - où un homme, seul pour l'occasion, normalement constitué et en mission, s'emmerde copieusement en se racontant des histoires, pour passer le temps. Il peut être doté d'un solide sens de la fidélité, se souvenir qu'une aventure express ne lui laissera finalement qu'un goût amer dans la bouche et un vague parfum de culpabilité, il fantasme... Il se raconte des histoires, s'attarde au bar ou au salon et considère expertement la clientèle féminine en la classant en trois catégories : celle des "possibles", celle des "sûrement pas" et enfin celle des "en voilà une que je me ferais bien, mais faut pas rêver".

Je m'efforçais donc ce soir là, en lui racontant je ne sais quelles histoires improbables, de tenir éveillée une blondinette tout à fait charmante. Elle n'avait pas cessé de me jeter des œillades pendant toute la soirée et je l'avais rangée d'emblée dans la catégorie des "possibles"... D'autant qu'elle avait accepté un verre en chaloupant outrageusement des fesses et que là, perchée sur son tabouret de bar, elle croisait et décroisait ses jambes laissant remonter sa jupe sur ses cuisses... Mais quelque chose ne fonctionnait pas ! "Une promenade sur le port, cela vous plairait ? Il fait tellement bon ce soir..." Ça ne coûtait rien d'essayer : la proposition restait convenable. Trop peut-être, puisque dans un bâillement à peine contenu, elle m'informa soudain qu'il était bien tard, que la journée du lendemain serait longue et que... Bref, une veste sur mesure !

Nous prenions congé (je pensais d'ailleurs qu'elle me signifiait le mien) lorsqu'une créature de rêve se glissa à côté de moi dans un discret froissement de soie qui me figea sur place. Grande, brune, un visage d'ange légèrement nostalgique encadré de cheveux auburn et vêtue de noir. "Faut pas rêver, me dis-je, vaudrait mieux que je m'éloigne, je vais encore me faire du mal !"

- Je vous offre un verre ?

Une voix grave, douce, comme une musique orientale la nuit, dans une oasis avec, un peu plus loin, un petit jet d'eau qui cascade sur des galets millénaires...

- J'ai aimé votre communication cet après-midi... Remarquable ! Un sujet difficile, délicat du moins, mais vous l'exposez d'une telle manière ! Vous avez l'art de charmer votre public... Je vous offre un verre ? Je peux ?

Elle eut un signe pour le barman qui nous servit immédiatement deux Lagavulin sans glace.

- Mathilde... me dit-elle en me tendant cérémonieusement une main qu'elle courbait avec élégance, comme si elle avait voulu que je la baise...

Elle avait les yeux verts, un regard qui lisait en moi, un sourire triste, des lèvres rouge cerise mais pas trop, un parfum tiède qui s'échappait de son corsage et que je ne connaissais pas, un minuscule grain de beauté sous le menton, à droite... et elle se pencha vers moi pour me dire à mi-voix :

- Gostaria de ver o porto, a noite… J'aimerais voir le port, la nuit... C'est tellement étrange un port, la nuit... Vous m'accompagnerez ?

***

Un quart d'heure plus tard je l'accompagnais dans les petites rues qui donnaient sur les quais. Mais ce dernier verre, je n'aurais peut-être pas dû le boire. Ou alors, c'était la porte tournante de l'hôtel, ou l'air tiède de l'extérieur... Ou encore, le curieux parfum de cette sombre beauté dont j'observais à la dérobée le doux balancement des seins, libres sous son chemisier blanc. Les deux derniers boutons négligemment oubliés invitaient à la déraison... Un léger vertige me donna quelques instants la démarche d'un vieux pochard, puis je l'entendis vaguement me parler de Joseph Conrad et de Jack London qui écrivait ses romans, disait-elle,  déguisé en marin désoeuvré dans les bas quartiers de Londres...

Le port apparut, trouée orangée de lumière au bas d'une ruelle obscure. L'odeur iodée de l'océan qui grommelait plus loin d'indicibles histoires, les quais violemment illuminés où dansaient les bateaux me dégrisèrent d'un coup. Il y avait là une agitation colorée, tissée sur la trame sourde des machines : raclement des casiers bleus, verts ou jaunes traînés  sur les pavés, feulement animal des treuils, grincement des bras de charge qui virevoltaient comme des girouettes monstrueuses. Et des ordres brefs que se donnaient les hommes dont quelques uns se retournaient sur notre passage pour reluquer sans vergogne les jambes de Mathilde. Elle se rapprocha de moi. Nos hanches se frôlèrent comme les coques de ces navires qu'une légère houle pressait les uns contre les autres. Certains, des bolincheurs, larguaient tout déjà, et filaient vers la mer...

- Ils vont sûrement pêcher assez loin, dis-je... Et d'autres vont rentrer bientôt pour la criée de nuit. Nous pourrions mieux les voir si nous allions sur la jetée... Tenez, regardez !

Le Nerilka, un hauturier fileyeur majestueux, approchait du chenal avec son escorte de goélands criards, auréolé de ses lumières de pont. Allons ! Paris aurait demain sa marée...

La jetée que j'avais aperçue n'était en fait qu'un long ponton de bois qui s'avançait au large. Chichement éclairé, il surplombait la mer que l'on devinait, noire, entre les planches disjointes. Mathilde eut un instant d'hésitation, considérant les interstices béants d'où montait avec ses odeurs de varech, la rumeur de la houle. Elle me prit le bras, nous avançâmes dans l'ombre.

- Mais nous sommes en pleine mer, me dit-elle !

Elle m'agrippa davantage... Elle se pressait maintenant contre moi au point que sa jupe légère me sembla soudain inexistante : je sentais sa hanche sur la mienne, sa chaleur qui traversait l'étoffe... C'est une chose étonnante que de sentir cette chaleur là, auprès d'une femme que l'on connaît à peine. Une intimité profonde, inattendue... que l'on croit pénétrer à son insu !

Nous étions accoudés à l'extrémité du ponton, dans l'étrange obscurité d'une nuit sans lune où seule la lueur des étoiles révélait son visage. Je lui montrais le triangle de l'été, l'éclat blanc de Véga... Quelques embruns excités par le flux du montant volèrent jusqu'à nous et son rire aérien sembla descendre tout droit de la constellation de la Lyre.

- C'est tellement... terrifiant que... C'est d'une beauté terrifiante... Comme un rêve, murmurait-elle.

Venant du large, le vent découvrit un instant sa nuque... Où je ne pus soudain me retenir de passer le dos de ma main pour en éprouver la douceur. Je devinais un léger duvet sous ses cheveux longs. Mes doigts voletèrent autour de son cou pour sentir, juste sous son menton, palpiter une veine...

- La vie, c'est peut-être cela, un rêve terrifiant...

Elle se tourna vers moi, adossée au garde-fou, au-dessus du vide menaçant et tumultueux.

- J'ai envie de vous, dit-elle !

- ... Venez... Rentrons...

Je lui pris la main pour l'entraîner.

- Non !

Elle eut soudain, sous ses cheveux mouillés d'embruns, une beauté sauvage qui me la fit désirer irrésistiblement.

- Non, dit-elle encore ! Maintenant... Ici, au dessus des vagues. Je veux avoir peur. Du noir, du vide, de l'inconnu, de l'insondable... Et vous me ferez jouir.

Dos à la mer, agrippée à la rambarde, elle m'invitait.
La brise tiède souleva sa jupe, la découvrant jusqu'en haut de ses cuisses claires où veillait un infime losange noir...

Posté par Eronaute à 17:10 - HISTOIRES VRAIES - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 25 août 2008

Lever du jour...

Il faisait frais, ce matin-là, sur la terrasse...
J'étais sortie très tôt, attirée par le soleil radieux de cette matinée d'août. Nue, enroulée dans une grande couverture, je profitais de la tranquillité de ce moment où tout était si calme. J'étais bien. Il y avait, dans cette nudité que seule une mince couverture séparait du reste du monde, quelque chose d'impudique qui affolait mes sens.

Mes doigts, invisibles pour le reste du monde, s'égaraient... Comme chaque fois que je pense à lui... À ses caresses, à ses baisers... À son souffle dans mon cou. À sa voix, chaude et douce. J'avais fermé les yeux, tout entière à mon plaisir.

Je l'ai senti se glisser sous la couverture. Mélange d'excitation et de honte de m'être laissée surprendre dans un tel moment d'abandon. Et cette rougeur sur mes joues le ravissait... Je suis si belle, lorsque je rougis, me répète-t-il souvent... Après s'être amusé quelques instants du trouble qu'il provoquait chez moi, il a à nouveau guidé mes doigts au creux de mon intimité. "Jouis pour moi", réclama-t-il alors...

Demandé si gentiment, je n'ai pas su refuser...

Posté par Ange solaire à 17:00 - CORRESPONDANCES SENSIBLES... - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 18 juillet 2008

Épître

Doux amant,
Lettre1
Ce matin, c'est avec la plume que je vous écris. Le lent tracé des lettres sur le papier me laisse le temps de penser... L'ivresse dans laquelle je suis plongée depuis notre rencontre me chavire et j'ai besoin de la coucher sur papier, de mettre des mots sur cet ouragan...

Violence. Violence du désir qui s'est emparé de moi, dès les premiers instants et qui ne me quitte plus, jamais. Violence de ma peau qui a soif de vos caresses. Violence de ma chatte qui se languit de votre sexe. Violence de ce désir qui coule entre mes cuisses et que les assauts répétés d'un amant dévoué, attentif et infatigable n'ont fait qu'attiser...

Douleur. Douleur de chaque instant où ma bouche attend de vous toucher, lèvres, langue, ventre, gland, nombril... Cette douleur au creux de mon ventre, si agréable puisqu'elle parle de vous, de mon envie de vous, insatiable, intarissable.

Frustration. Frustration de l'attente qui fait naître le désir. Frustration due à l'imparfait de la situation, du présent, et qui, paradoxalement, fait de chacun de ces instants où nous sommes réunis des moments d'éternité, toujours trop vite passés. Frustration de cette conjugaison que je voudrais toujours au présent: j'aime, je me donne, je jouis...

Abandon. Abandon à toutes ces émotions et sensations qui nourrissent mon plaisir. Abandon à vous, puisque toute cette violence, toute cette douleur et toute cette frustration se nourrissent de votre douceur, de votre amour et de votre désir de moi. Je vous en prie, faites-moi mal, doucement... Je m'abandonne, complètement, coeur, sexe, âme, peau, tête, bouche, désirs, cul, vie, fantasmes... Prenez tout, puisque votre nom y est déjà gravé.

Vous bouleversez tout. Et pour cela, je vous aime.

Ange

Lettre2

Posté par Ange solaire à 19:34 - CORRESPONDANCES SENSIBLES... - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 24 août 2007

Chambre 12

Elle en a vu d'autres Chloé ! Des histoires qui l'ont toujours poussée vers des extrêmes où elle envisageait sans doute de découvrir ses limites. Des limites du moins… Vague tendance à la soumission, tentation de se perdre dans les méandres flous de plaisirs inédits sans pour autant sacrifier cette lucidité qui lui permet de s'interroger sur ses rapports au désir et sur cette mystérieuse étincelle qui sans crier gare met le feu aux poudres ! Alors aujourd'hui, les propositions scabreuses qu'elle reçoit parfois de quelques Internautes en mal d'aventure ou de domination ne la troublent pas outre mesure. Il y a des mots pourtant… De simples mots dont l'enchaînement ont toujours le pouvoir de l'embarquer dans des rêves de volupté et d'abandon. Malgré elle…

Alors il y a eu cet homme. Un parfait inconnu évidemment, ni plus ni moins attirant qu'un autre, et dont les messages déversés dans sa boîte aux lettres n'avaient rien d'exceptionnel. Juste l'étrangeté de son détachement, de sa patience et de cette curieuse distance qu'il posait entre les mots et la réalité. Évoquait-il les scènes les plus osées qu'il interrompait soudain le jeu pour disserter sur le piège du virtuel, évoquant avec elle le désir qui s'enlisait dans la seule représentation d'un plaisir qui ne viendrait jamais. "Un désir immobile", finirent-ils par dire, qui n'aurait d'autre objet que lui-même…

Et puis un jour… Il lui donna rendez-vous dans une chambre d'hôtel. Ils ne s'étaient jamais vus, ni parlé.

- Vous y arriverez la première à 15 heures, avait-il décidé, vous m'y attendrez. Chambre 12. Si vous avez envie de connaître ce que peut être une forme d'étrangeté dans le désir, à la frontière du réel et du virtuel, vous viendrez…

Elle y alla. Elle attendit quelques minutes et sursauta lorsque le téléphone sonna…

- Je ne vous demande qu'une chose, dit une voix. Vous avez remarqué sur le lit un carré de soie noir… Bandez-vous les yeux, tournez le dos à la porte, debout face à la fenêtre ouverte. Appuyez-vous si vous le voulez au dossier de la chaise… C'est tout.

Un scenario d'une affligeante banalité ! Mais avait-elle besoin d'un scenario ? Fallait-il qu'il lui ordonne de retirer sa petite culotte, de se mettre à genoux fesses cambrées vers l'entrée en attente de son bon plaisir ? Nouant le foulard autour de ses yeux, elle se rendait compte que de cette dérisoire banalité naissait une excitation primitive exacerbée par la lumière du jour que déversait la fenêtre ouverte sur son visage aveuglé…

Il frappa à la porte ! S'interdisant toute réaction, elle l'entendit entrer, refermer derrière lui, s'immobiliser… Elle supposait son regard sur elle et ne pouvant que le supposer, se sentit soudain désirable. Il fut derrière elle… Contre elle… Ses mains sur ses fesses. Ses fesses qu'il caressait légèrement puis plus fermement, faisant remonter sa robe jusqu'à les découvrir entièrement… Ses caresses se firent plus précises, s'aventurant sans grand préambule entre ses cuisses. Puis il y eut son sexe dur et dressé contre ses fesses ! Chloé l'imaginait surgi de son pantalon entr'ouvert, une ceinture battant un peu contre ses hanches et ce sexe bandé qu'elle ne voyait pas, qu'elle n'avait jamais vu, l'excita terriblement. Elle voulut se retourner, le prendre… Elle aurait aimé s'en saisir, l'empoigner, le branler, le sucer, l'avaler…

- Ne bouge pas, dit-il !

A cet ordre bref, et tandis que les doigts de son Inconnu qui l'entourait de ses bras commençaient à explorer son intimité, glissant sur sa fente, ouvrant sa chatte à deux mains, s'immisçant au plus profond de son coquillage, elle sentit monter un plaisir irrésistible et s'abandonna…

Cela dura… Il lui imposa cet unique jeu. Debout, agrippée au dossier de la chaise, robe troussée et toujours aveuglée par le bandeau noir, elle subit avec délectation les assauts de ses doigts et finit par croire qu'elle n'était que plaisir, jouissant indéfiniment de son propre désir.

- Je vous laisse, dit-il soudain… Prenez quelques minutes : je vous attends au restaurant, à droite de l'hôtel en sortant… Nous avons une table. Et il s'éclipsa…

Dans la salle du restaurant, un homme lui fit signe… Elle vint s'asseoir en face de lui et pour la première fois découvrit le visage de son inconnu...

- Un apéritif, peut-être ? Que souhaitez-vous Chloé ?

Elle réalisa soudain qu'elle allait diner avec un homme qu'elle n'avait jamais vu… Elle regarda ses mains, ses doigts… Puis et elle se souvint brusquement de ce sexe tendu contre ses fesses pendant qu'elle jouissait comme une folle.

Et n'eut plus qu'un seul désir : le sucer !

Posté par Eronaute à 17:22 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

== Publicité ==


« Accueil  1