C'est une histoire venue du fond des temps...
C'est l'histoire de Kahomi la Novice...

 

1 - Le jour se lève sur la Cité…

Sous la pâle clarté d'un ciel encore piqué d'étoiles, le foirail s'anime et bruisse d'échos assourdis. Les premiers marchands arrivent, poussant leurs bêtes, tirant leurs charrettes et s'invectivent. Des pêcheurs traînent des paniers d'osier emplis de poissons. Des nomades venus d'étranges contrées étalent sur des nattes des bibelots, des colifichets, des onguents, des parfums inconnus qu'ils sortent de grands sacs fatigués. Quelques chalands matinaux s'arrêtent, surpris par les odeurs entêtantes.
Soudain, le soleil émerge de son horizon lointain, là-bas, au-delà du désert au pays de Dilmun ; d'un coup, ses premiers rayons qui viennent frapper les murs immenses du Grand Temple, inondent la foule de leur lumière dorée. "Shamash ! Shamash… Utu-Baba !" La foule s'est figée, craintive, respectueuse. On invoque la divinité… "Utu… Shamash… Donne-nous ta justice… que ta Sœur la Brillante nous donne l'amour !" Puis un étrange silence plane quelques instants, jusqu'à ce que des Trompes résonnent au loin, sur les terrasses du Temple… Alors la vie reprend sur le Foirail, bruyante et colorée

Kahomi s'est levée bien avant que ne sonnent les Trompes du matin. Elle s'est réveillée aux premières lueurs du jour... Elle n'a pourtant pas beaucoup dormi, agitée par la fin prochaine de son noviciat : quelques jours encore, songeait-elle en essayant de trouver le sommeil, et elle pourrait enfin troquer sa ceinture de lin contre le Baya d'obsidienne et de nacre… Quelques épreuves, dont celle du Guerrier : la probation de Sul, tant attendue, tant redoutée.

Kahomi2

Cette perspective ranimait au creux de son ventre le désir endormi. depuis combien de temps n'avait-elle plus senti un homme fourbir son membre roide contre son ventre ? Mais là bien sûr, ce serait autre chose : il lui faudrait endiguer l'ardeur du mâle, contenir son désir, rendre l'homme à sa merci… Des images de vits dressés, de testicules gonflés, de semence répandue l'envahissaient tandis qu'elle sentait entre ses cuisses suinter le miel de son désir. Elle se tournait et se retournait sur sa couche ; pour s'apaiser, elle s'est caressée les seins dont elle pinçait sous ses doigts les pointes gonflées comme des jujubes mûrs.
Dans son demi-sommeil, ses mains ont bientôt trouvé le chemin de son sexe. Glissant sur les contours de ses lèvres humides, jouant avec son bouton bandé, Kahomi s'est délicieusement pénétrée de tous ses doigts et de toutes les manières, honorant ainsi Inanna dans la nuit moite de sa cellule...

Secouée par un dernier orgasme, juste avant que le sommeil ne la prenne enfin, Kahomi eut une pensée fugace : le chemin serait long sans doute, mais un jour, elle serait Kahomi-Sil, Prêtresse des plaisirs !

 

Kahomi s'est réveillée aux premières lueurs du jour...

 

Le grand rideau de coton qui occulte la porte faseye sous la brise de l'aube. Avide de fraîcheur, la jeune femme descend de sa couche, écarte le voile et sort sur la terrasse-jardin qui domine la Cité. Quelques-unes de ses compagnes sont déjà là, accoudées au balustre ou se tenant par la taille et contemplent en contre-bas la vie minuscule de Lagash. Le soleil qu'elles attendaient apparaît soudain, baignant leurs corps nus de sa lumière divine.

Les trompes du matin retentissent : c'est une nouvelle journée qui commence…

***

2 - Sur la Terrasse...

Au marché de Lagash, une foule joyeuse se presse aux riches étals, et celui des parfums n'est pas le moins fréquenté ! On n'a jamais vu encore ce marchand nomade dont on ne devine sous le chèche bleu qu'un visage à la peau sombre. Ses vêtements amples qui le couvrent de la tête aux pieds, contrastent mystérieusement avec la floraison des étoffes légères, des tuniques ouvertes, des ceintures colorées, des voiles transparents. On le regarde, on s'étonne…

- C'est que chez nous, lui dit une femme, le corps ne se cache pas !
- Mais ces filles qui vont ainsi, seins arrogants et sexe offert… Dans mon pays ce serait une offense à la pudeur !
- Ne t'y trompe pas Etranger : si tu crois que nos femmes s'offrent ainsi au premier venu, tu vas au-devant de graves ennuis ! En revanche, nos saintes Prêtresses sauront te consoler si tu souffres trop de solitude !
- C'est donc cela votre religion : le plaisir ?!
- Pas seulement, mais… Que soit bénie notre Brillante ! Bénis soient la Pure Inanna et son Temple sacré!
On rit autour du nomade, mais l'on se tourne respectueusement vers la Ziggurat démesurée qui domine la ville…

 Au soleil matinal, l'imposante bâtisse renvoie sa lumière dorée sur la Cité qui s'étend alentour. On raconte que, marchant toute une journée puis une nuit et une autre journée encore, le voyageur qui s'aventurerait au-delà du grand fleuve verrait toujours au loin la pyramide de briques rouges. Sept degrés qui s'empilent sur une hauteur considérable, chacun ceint d'une terrasse à la végétation luxuriante. Chaque degré soutient trois étages de casernements, d'intendance, de logements, de temples annexes. Au sommet de l'édifice, sur la dernière terrasse se dresse le Grand Temple de la Déesse…

 Sur l'aire de jeu de la terrasse la plus élevée, Kahomi et ses sœurs préparent leur entraînement quotidien. Gardiennes des Prêtresses, les Novices sont aussi des combattantes et maîtrisent le tir à l'arc, le maniement de la lance et du poignard, la lutte… Elles s'apprêtent donc, vérifient les armes d'instruction, et se couvrent mutuellement d'huile parfumée.

Accroupie devant Kahomi, la grande Zabibé lui étale consciencieusement de l'huile d'Argan sur les fesses et sur le ventre. A l'exercice, les Filles combattent nues, c'est la règle. Les protections de cuir ou de métal, épaulières, plastrons ou brassières, gantelets, sont réservées aux parades et aux cérémonies, et bien sûr au combat réel. Mais à l'entraînement, tout est retiré : parures et rubans, y compris la ceinture de lin que chaque Novice porte autour des hanches et qui indique par sa couleur son avancement vers la Maîtrise. Furtivement, Zabibé passe une main entre les cuisses de Kahomi et lui masse délicatement la vulve, prenant bien soin d'en écarter les lèvres pour étaler l'onguent dans les moindres replis. Et deux doigts déjà s'aventurent…

 

Echauffement

 - Mais que fais-tu donc ma douce Zabibé ?
- Eh bien, je te prépare pour la lutte ! Ton corps tout entier doit glisser entre les mains de l'adversaire…
- Tu es si bonne et si sage, ma douce ! Mmm… Tu me connais cependant : je serais bien surprise si mon adversaire parvenait à poser ses mains… à… ahhh… à cet endroit précis…
- Oui, mais tu sais qu'il est important de s'échauffer un peu avant le combat ! Serais-tu fâchée ma belle ? Vois comme ta fleur charnue s'épanouit ! Tu n'as pas toujours dit non à mes caresses…
- Je ne te dis jamais non, Zabibé, tu le sais bien. Mais le moment est mal choisi. Et pour mon échauffement, n'aie crainte ! Je suis même brûlante en ce moment…

Elles éclatent de rire et Zabibé abandonne à regret les chairs tendres de son amie. A vrai dire, les jeunes femmes sont particulièrement agitées ce matin : afin de les éprouver et de leur enseigner quelques nouvelles techniques, trois hommes choisis parmi les meilleurs soldats de la Cité vont les rejoindre. Et ce n'est pas une mince affaire pour elles que d'approcher quelques mâles en ce moment : tout au long de leur noviciat, les Filles connaissent une chasteté relative que ne compensent pas le charmant commerce qu'elles entretiennent entre elles, pas plus que le plaisir solitaire ou les rencontres nocturnes et secrètes sous l'abri enivrant des cistes et des arbousiers…

 

- Les Filles… Voici nos invités !!!

Ib-Izi, la Maîtresse des armes vient d'apparaître, flanquée de trois gaillards qui sans un mot quittent leurs sandales, retirent leurs ceinturons et se défont de leur pagne dévoilant une musculature de forgeron et une virilité sans réplique…

- Par les dieux du ciel ! murmure Zabibé, que la Grande Prêtresse me pardonne, mais voilà des mâles qui ne décevraient pas notre Divine Inanna si elle les invitait sur sa couche !
- Il est vrai qu'ils ont chacun de quoi nous satisfaire toutes à la fois, répond Kahomi rêveuse…
- Peut-être… Mais moi, réplique Zabibé, je les veux tous les trois pour moi toute seule… Et vite !

 La séance s'organise par spécialité autour de chacun des soldats. Tir à l'arc, maniement de la dague ou de l'épée, affrontement au bâton, lutte… Les corps transpirent et s'échauffent, exhalant des odeurs musquées sous le soleil qui monte. Les Filles s'excitent sous le regard amusé de Maîtresse Ib-Izi à qui n'échappent pas, ici cette main qui traîne plus que de raison sur un torse luisant, et là une autre qui s'attarde sur un fessier mâle, ou celle de Nésa qui vient innocemment d'attraper les lourds génitoires de son adversaire et semble ne plus vouloir les lâcher… Sur l'aire de lutte, Néférou et Puabi tentent vainement de venir à bout du plus athlétique des trois gardes. Equivoque mêlée, enchevêtrement de jambes et de bras, cuisses qui s'écartent sans pudeur, sexes humides qui luisent et s'épanouissent…

Sans issue décisive, on met fin au combat pour une dernière démonstration.

 - Toi, dit Ib-Izi désignant l'un des hommes. Montre-nous comment affronter notre championne Kahomi...

Un cercle se forma autour des deux combattants qui se mesuraient déjà du regard… Maintenant qu'elle le voyait de plus près, Kahomi pouvait apprécier la stature élancée, les hanches étroites et le torse puissant du jeune garde. Un bel homme… et même un très bel homme pensa-t-elle en laissant traîner ses yeux jusqu'à son sexe glabre !

 

- Je te laisse un avantage, railla-t-il : on dit que Kahomi préfère le bâton et la lutte corps à corps... Commençons avec les bâtons. Cela te convient ?
- Tu prétends me connaître, jeune mâle présomptueux ? Alors dis-moi ton nom pour que je sache qui je vais humilier !
- Abban ! Je suis Abban et je vais te montrer comment se bat le jeune mâle présomptueux de la Garde Royale… Allons, n'aie pas peur, petite Fille !
- Prends donc ton bâton au lieu de pérorer comme une vierge et de laisser durcir celui qui pend entre tes jambes : il ne te sera guère utile dans la lutte.

 

Les filles s'esclaffèrent. Abban arborait un pénis légèrement turgescent qui ne passait pas inaperçu. Kahomi riait aussi, mais elle aurait préféré ne pas être confrontée à cette vision tentatrice alors qu'elle ressentait encore au bas de son ventre les effets du petit massage que lui avait prodigué Zabibé.

 

- Cela suffit, intervint Ib-Izi. Et toi Kahomi, tu ferais mieux de ne pas oublier tes devoirs de Novice. Allez !

 

Les adversaires se faisaient face, armés chacun d'un bâton de combat de trois coudées et demie(1), juste un peu plus grand que Kahomi. Elle aimait bien le Gûn, cette arme en bois primitive. Rustique, mais convenablement utilisée, elle pouvait faire des ravages par des frappes sèches, des coups fouettés, des coups de pique. Coups retenus à l'exercice, évidemment. Ce qui demandait encore plus de maîtrise…

 

Après un bref salut, Kahomi se mit en position, Gûn horizontal tenu à deux mains à hauteur de poitrine. Elle ne bougeait plus… Abban attaqua, cherchant la tête d'abord, puis le ventre, et encore la tête. Par de rapides pivotements de son arme, Kahomi parait les coups, imperturbable. Puis le garde se mit à frapper son bâton d'un côté et de l'autre pour la déstabiliser. Elle anticipait tous les coups, abaissant son arme au dernier moment et Abban tapait dans le vide. Il marqua cependant le premier point par une frappe latérale mais relâchant son attention, il se découvrit un instant et Kahomi piqua au pubis. Il y eut une seconde de flottement, et du bas-bout de son Gûn, la Novice mutine vint délicatement tapoter la verge d'Abban…

 

- A ce que je vois, Garçon, tu n'as pas que la tête qui enfle ! lui dit-elle.

 

S'ensuivirent une série de passes violentes, d'attaques et d'esquives d'une rare habileté. Kahomi devançait son adversaire d'une seule touche mais l'issue restait incertaine. Jusqu'à ce que, soudain, les filles poussent un cri : une erreur stupide et leur championne venait de lâcher son bâton sous une frappe tournoyante de Abban. Celui-ci, profitant alors de ce bref instant où elle reprenait son équilibre, glissa son Gûn entre ses chevilles, le remonta vivement, vint frapper son entrejambes et conserva sa position, infligeant à Kahomi une posture embarrassante… Ce n'était plus le plaisir d'un joli coup qu'il éprouvait soudain, non, mais celui, plus trouble et inattendu, de voir sa hampe s'insinuer entre les lèvres de cette fente distendue, trempée de sueur. Lentement, redressant son gûn, il soulevait la jeune Novice dont les pieds ne touchaient déjà plus le sol. Kahomi n'avait plus d'autre ressource : elle serrait les cuisses et agrippait le bâton qu'elle sentait glisser contre sa vulve.

 

- Alors, petite Fille… Tu abandonnes ?
- Sûrement pas, Garçon. J'ai vu bien d'autres bâtons que le tien ! Et même des plus longs… Je n'en ai pas fini avec toi !

 

Kahomi bénissait maintenant Zabibé pour la quantité d'huile dont elle l'avait enduite… Elle glissait sur le Gûn et tirant sur ses bras, elle avançait ! Et plus elle se rapprochait des mains d'Abban, plus la manœuvre l'excitait. Et lui, hypnotisée par cette chatte lisse et luisante qui coulissait sur son bâton, se disait qu'on lui avait enseigné bien des choses à l'entraînement, mais pas à se défendre d'une vulve huilée ! A peine eût-il le temps de se rendre compte qu'il bandait désormais comme un jeune taureau que Kahomi fut sur lui. Prenant appui sur les épaules du Garde, elle fit un petit bond, ouvrit les cuisses et les referma sur ses poignets. Déséquilibré, le pauvre garçon lâcha son arme et bascula, cavalcadé par une Kahomi déchaînée. En trois mouvements parfaitement coordonnés, elle lui immobilisait les bras sous les reins, l'enserrait de ses cuisses et de ses jambes pour s'asseoir sur son bas-ventre. Le sexe d'Abban était dur comme son bâton de combat mais beaucoup plus agréable à chevaucher. Elle le sentait palpiter sous sa vulve, prêt à éjaculer…

 

- Et maintenant ? lui dit-elle tout bas. Je te laisse le choix : tu abandonnes et je te reçois dans mon petit terrier sacré sans que personne ne s'en aperçoive, ou alors je me relève et je te garantis que tu vas jaillir comme un étalon sous le regard de toutes les Filles et de tes petits camarades… Je crois qu'ils vont bien rire !

 

Tous deux donnaient le change : ils simulaient une fin de combat. Il tentait de se dégager, elle le tenait fermement. Et plus il s'agitait, plus il sentait son plaisir le gagner…

 

- Il  faut que je te parle, lui dit-il incongrûment…
- Ah bon ? répondit-elle. Si c'est pour une gâterie, c'est non !
- Sérieusement, Kahomi… Un Etranger est arrivé cette nuit à Lagash. D'après mes renseignements, il te cherche et n'est pas animé des meilleures intentions… Il faut que je te parle.
- Nous verrons. Je te ferai savoir… Alors ? Ta décision ? Je te soulage discrètement ou tu exposes ton membre bandé pour le plaisirs de mes Sœurs ?
- Selon ton plaisir, Novice… Tu as gagné Kahomi. Mais fais vite maintenant… 

Combat

 

Comme pour renforcer sa prise et assurer sa victoire aux yeux des spectateurs, Kahomi se cambrait, se soulevait imperceptiblement. La verge d'Abban était à l'orée de ses lèvres. Elle adorait cette sensation, ce moment précis… "Par la Très Sainte Mère ! Comme c'est bon…" se dit-elle. Et d'un coup, elle s'empala sur la queue vigoureuse du jeune mâle, si profondément et si violemment qu'elle aurait  bien pu jouir si elle ne s'était pas maîtrisée comme on le lui avait appris ! Abban eut un sursaut : il éjaculait. Elle sentit les spasmes de son dard, et son lait de plaisir se répandre abondamment en elle. Il l'inondait.

 

Kahomi se dégagea presque à regret du jeune mâle sous les yeux inquisiteurs de la Maîtresse des armes. Ses condisciples vinrent la congratuler.

 

- Eh bien ma Belle, susurra Zabibé, aurais-tu subrepticement profité de ce jeune homme et sacrifié à Inanna ou restes-tu sur ta faim ?
- Je t'en prie, ma Douce, plus un mot. Si tu viens me rejoindre au bain, je te dirai tout tandis que tu éteindras l'incendie de mes sens : j'ai la chatte en feu et je veux jouir sous tes tendres caresses…

 

Le soleil montait au Zénith. Les Filles s'égayaient vers leurs logis. Non loin, convoqué pour constater la victoire de la Novice, le Démiurge les observait. Une trompe sonna au loin… 

 

A suivre...

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"Au Pays d'entre les Fleuves"