jeudi 14 mars 2013

Trio-miroir

Carole était tellement empressée auprès de vous chère Elodie, que je suis entré dans son jeu : vous faire chavirer en vous enivrant de plaisirs ! Pourtant, et vous le savez bien, dès le début de cette soirée c'était exactement l'inverse que je prévoyais, et que vous souhaitez tellement : lui faire l'amour devant vous avec votre précieux et très actif concours !

Comment dites-vous ? "La baiser…" Bien sûr ! Mais il y a des circonstances où cela revient au même, vous ne croyez pas ? Peu importe. Vous avez tellement envie de me voir avec une femme que je désire aussi, de me voir avec une autre dans les mêmes dispositions qu'avec vous que de toute façon, c'est d'amour qu'il s'agit, au pluriel et à tous les temps de la conjugaison !

Mais ce n'est pas ainsi que cela s'est passé... Ce que j'ai senti et qui m'a ému au plus haut point, troublé même, c'est ce formidable désir que Carole a de vous, de votre corps, de votre plaisir, de votre jouissance. En ce sens, elle et moi nous nous ressemblons ! Si bien que lorsqu'elle se serrait tout contre vous après dîner sur le grand canapé pour vous manifester sa tendresse, j'avais beaucoup de sympathie pour elle. Puis tandis que l'air de rien, elle a remonté votre jupe pour caresser le haut de vos cuisses, j'ai trouvé tout naturel d'en faire autant et de me joindre à elle pour explorer plus haut les délicieux reliefs de votre string… Mais quand je l'ai vue vous cajoler ainsi, votre sexe devenant bientôt le centre de toutes ses attentions, sa main croisant si souvent la mienne, puis quand elle vous a entraînée à moitié nue pour danser avec elle, frottant son ventre contre le vôtre, son désir incendiaire est devenu contagieux ! C'est alors que j'ai changé mais plans. Ou plus exactement que j'ai suivi les siens, voulant à la fois vous rendre folle sous ses yeux, sachant que vous ne résisteriez pas  à nos caresses et lui donner, à elle, le spectacle dont je commençais à me douter qu'elle l'attendait.

J'avoue tout de même qu'il y eut un moment où je n'ai plus trop su ce que je voulais, à part vos corps moites, vos fesses nues, vos souffles enfiévrés, vos seins qui se tutoyaient, vos bouches assoiffées, vos lèvres gourmandes, vos chattes gonflées, ouvertes et luisantes comme des coquillages... Un instant, j'ai eu  l'envie saugrenue que Carole eût un sexe pour la voir vous pénétrer ! Et elle avait une telle ferveur en vous fouillant de tous ses doigts que j'aurais pu regretter alors de ne pas être une femme, de ne pas être vous !! Vous pénétrant moi-même de la même façon, je sentais ses doigts et les miens qui se rencontraient en vous pour un dialogue humide et muet tout à fait délicieux...

Vous dire qui, d'elle ou de vous, me faisait bander si fort, je ne m'y risquerais pas ! Il est arrivé un moment où je vous confondais, pour ainsi dire : je caressais vos seins et je regardais les siens. Je baisais votre cul, c'est le sien que je voyais ; je vous embrassais, j'imaginais sa langue... D'ailleurs, ne vous a-t-on pas à plusieurs reprises donné de ces baisers où nos bouches se réunissaient toutes les trois, lèvres et langues mêlées ?

Vous avez joui... Plusieurs fois, longuement, nous gratifiant de feulements qui décuplaient notre envie de vous... Puis je vous ai prise, Elodie. En fait, c'est vous qui m'avez pris comme vous aimez, en vous empalant sur mon sexe que Carole maintenait entre vos lèvres, faisait glisser sur votre fente et vous agaçant de mon gland à l'orée de votre con. Mais là, vous êtes redevenue maîtresse du jeu, vous embrochant impérieusement pour imposer votre rythme, coulissant sur mon membre à votre convenance. Il a fallu que je me retienne un peu pour ne pas céder trop vite à votre ardeur ! Et je regardais Carole... Elle m'apparaissait soudain comme la grande prêtresse des plaisirs, choisissant les plus attentives caresses pour nous accompagner, malaxant mes génitoires tout en s'imiscant profondément entre vos fesses... Je le sais parce que je sentais sont doigt fureteur me caresser à travers vos chairs... Et je me disais...

... Je me disais, si tant est que l'on puisse se dire grand chose dans ce genre de situation, que l'un des grands plaisirs de Carole est sans conteste d'en donner à une femme jusqu'à plus soif, de la faire jouir, puis de la voir aussi se faire prendre par un homme, à n'en plus finir. De la voir "se faire baiser"... Une façon d'assister au spectacle de son abandon et de propre jouissance... de se contempler elle-même en train de faire l'amour et de jouir, prise, possédée... Comme une mise en abîme du plaisir.

Suprême fantasme...
Ah mais, quelle femme ! Quelles femmes !
J'en suis encore tout chose en me remémorant cette soirée...

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dimanche 3 mars 2013

Regarde !

Je lisais ces jours-ci l'un de ces blogs très épurés que j'aime beaucoup, style journal de bord...

Sa rédactrice écrivait comme simple note du jour : "J'aime quand un homme parle de sa queue."
Une phrase qui n'a l'air de rien comme ça, mais qui résume et décrit vertigineusement le moteur principal de nombreux blogs érotiques personnels : la ronde incessante de l'exhibitionnisme qui appelle au voyeurisme, qui appelle à l'exhibitionnisme, qui appelle au... "Dis-moi, je t'écoute, montre-moi, je te regarde" et vice-versa...

Ceci dit, j'ai répondu à la dame par un commentaire qui allait de soi : "J'aime quand une femme parle de sa chatte."

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samedi 23 février 2013

Petit matin froid

 

- Nom de Zeus, quel froid ce matin !

De sous la couette me parvient un vague  "Mmmm Ah…"
- Me faut des chaussettes de laine bien chaudes, moi…
- Mmmmm…
- Et puis un bon gros pull à col roulé…
- Mmmoui…
- Et un tout petit-petit slip mini-mini, tout ce qu'il y a de plus mini !
- Ah oui ? 
Un œil sort de la couette :
- C'est sûr que ça fait plus mâle que les chaussettes seules… Voyons voir…
- Pas touche, Minette !
- Mais c'est pas très chaud ce mini-truc…
- Tu n'y connais rien : "au mini froid qui mâle y danse" !
- Ah ! Et qui bande aussi, non ? Ou alors c'est ton mini qui rétrécit…

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mercredi 20 février 2013

Chroniques pour une Inconnue - 1

  • Mes "Inconnues" sont un peu le sel et les épices dont je saupoudre mes histoires vraies…
    Brèves rencontres improbables et sans suite mais dont l'intensité marque le cours de ma vie : traces indélébiles, douces peines et voluptueux regrets. Elles passent, s'effacent et disparaissent. Elles emportent chaque fois et pour toujours, un peu plus de moi…


Vous me hantez, chère Inconnue !
Vous me poursuivez dans mes rêveries, mes fantasmes ; je vous vois partout, toujours la même. Paradoxalement comme si vous aviez toujours été là. Visage d'ange et sourire énigmatique, la beauté du diable et la fraîcheur d'un printemps doré. Qui êtes-vous donc, vous que je convoque dans mes rêves et qui s'impose à la moindre de mes langueurs ? Je ne connais même pas votre prénom ! Je suis pourtant sûr de l'avoir prononcé un jour, souvent ; et il ne me revient pas. J'aimerais vous appeler Eve : cela vous irait si bien. Mais c'est un autre nom que j'entends quelque part dans ma mémoire et que je ne sais plus dire…

Lorsque je vous ai vue la première fois, vous sembliez m'attendre adossée à la grille d'une vaste demeure, exacte reproduction d'une maison où j'ai vécu il y a bien longtemps. Qu'ai-je donc été vous chercher en ces lieux où je ne suis jamais retourné ? Et pourquoi donc ce tailleur vert amande que l'on dirait d'un autre âge ? Petite veste ajustée que vous n'avez pas refermée sur un chemisier faussement sage, jupe qui sculpte vos hanches, se tend sur vos fesses et se creuse un peu là, devant, juste là… Si courte cette jupe que, malgré votre magnifique chevelure léonine qui cascade sur vos épaules, malgré votre éclatant sourire et votre lèvre rubis que vous mordillez, je ne vois que la promesse de votre chair rosée, à la lisière de l'ourlet dont l'ombre mince, comme un trait d'interdit sur votre cuisse, m'invite à l'indécence.

Vous ne sembliez pas surprise de me voir venir vers vous… Je vous ai abordée sans un mot, j'ai posé mes mains sur vos hanches et vous avez soutenu mon regard. Vous mordiez encore votre lèvre d'un petit bout de dent où brillait votre salive lorsque mes doigts sont descendus jusqu'au bas de votre jupe que j'ai relevée pour caresser votre peau tiède. Puis vous pressant contre moi, vous soutenant au creux des reins, j'ai laissé une main remonter entre vos cuisses et empaumer votre sexe. Vous avez fermé les yeux, vous avez relevé votre tête, vous vous êtes abandonnée contre moi, me prenant par la nuque, ébouriffant mes cheveux… Je respirais vos lèvres entr'ouvertes qui sentaient la vanille tandis que je devinais sous l'étoffe légère, les reliefs, les creux, les pleins et les déliés de votre chatte…

J'aurais pu vous imaginer sans culotte sous votre jupe courte…
J'aurais suivi d'un doigt les rives tendres de votre motte, j'aurais…
Mais non ! Pour une première fois, ce n'aurait pas été très convenable...

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mardi 4 décembre 2012

Danseuse d'eau

Si  tant est que l'on puisse supposer qu'un fantasme doit être assouvi, il en est deux ou trois pour moi qui ne le seront jamais ; et pour cause ! Ainsi, nageant avec la légèreté d'un fer à repasser, jamais je ne ferai l'amour sous l'eau avec une belle naïade… De même, il m'étonnerait fort que je puisse m'ébattre voluptueusement en apesanteur, n'ayant jamais su me soustraire à la gravité terrestre ! Point de naïade donc – à moins qu'elle ne me produise avant toute chose son brevet de secouriste et de solides références en matière de réanimation -  ni de blonde astronaute (ou brune, le problème n'est pas là) en lévitation sur la couchette d'une station spatiale…

Ruminant tristement ces tristes considérations, je me suis rendu compte récemment que j'associais sans trop savoir pourquoi à ces deux fantasmes, l'image inattendue d'une danseuse étoile se produisant nue dans un répertoire classique ! Et me voilà parti dans un exercice d'anamnèse pour trouver l'origine possible de cette étrange fantasmagorie… Par l'évocation de souvenirs troubles, d'images furtives, de nudités aquatiques, je recherche la scène primitive qui s'impose soudain dans toute sa crudité : le cul de ma cousine Zaza disparaissant dans des gerbes d'eau ! Le réalisme de la scène est tel que je ne doute pas un instant de son authenticité, d'autant que l'histoire me revient bientôt toute entière à la mémoire…

Plongeon 2

C'était sur un charmant petit lac à l'eau cristalline, où m'avait emmené Zaza qui avait alors dix-sept. Sans doute avait-elle la charge de veiller sur moi ce jour-là, ce qu'elle faisait distraitement…
- Et si on se baignait ? lança-t-elle ingénument sachant bien que je ne savais pas nager… Viens, poursuivait-elle, on prend la barque de l'oncle, regarde elle est là ; au milieu l'eau est tellement claire…
J'avais douze ou treize ans, ne voulais pas trop la contrarier et je me disais surtout que je ne l'avais jamais vue en maillot de bain ! Et vogue la galère… Quelques minutes plus tard, cramponné au plat-bord de notre esquif, je tentais d'exprimer toute ma désapprobation.
- Toute façon, j'ai ma de maillot de bain, alors…
- C'est pas grave… Regarde… Tu vois ?
Et ça, pour voir, je voyais ! En un rien de temps elle avait déboutonné sa robe à carreaux et m'apparaissait debout au milieu de la barque, complètement nue. Elle avait un regard bizarre, faisait des mines, tournait sur elle-même au risque de faire chavirer l'embarcation et s'approchant, frôlait mon visage de son buisson frisé qui curieusement, me semble-t-il, sentait le thym. Et elle plongea… Un plongeon superbe que je crois revoir encore aujourd'hui au ralenti, son cul rond couronné d'une gerbe éclatante de gouttes d'eau, ses fesses blanches, ses cuisses tendues… Elle n'était plus là !

Alors que je la cherchais au loin, elle est réapparue juste là, sous mon nez… Elle faisait la planche, agitait mollement ses mains et ses pieds, faisant émerger ses seins ronds et sa motte où s'effilochait sa toison au gré des vaguelettes, comme des algues sur un coquillage…
- Tu viens ? me dit-elle.
- Ben, c'est que…

Et elle plongea derechef. Mais cette fois, je ne la quittais plus des yeux… Je bénis encore la transparence de l'eau qui me permit de découvrir Zaza sous toutes les coutures ! Excellente nageuse, elle évoluait autour de la barque, disparaissant d'un côté, revenant de l'autre, se jouant de la profondeur.

SUB Bulles

- T'avais jamais vu une fille nue ? me dit-elle au retour.
- Ben non…

Chausson

La suite est un peu floue dans ma mémoire…
Je conserve cependant l'image de Zaza qui, robe déboutonnée, ramait en face de moi dans le soleil. A chaque mouvement elle s'étirait en arrière, faisait saillir ses seins, ouvrait ses cuisses et riait joyeusement de mon éblouissement. Je me souviens aussi qu'une fois sur la berge, elle attendait son copain Jean et que cela me contrariait beaucoup. Mais Jean arriva, flanqué de sa jeune sœur…

Annick avait mon âge. Annick était blonde comme les blés. Annick faisait de la danse, me précisa Zaza en s'éloignant avec son coquin. Annick fut sans doute mon premier amour, option libertinage. Mais ceci est déjà une autre histoire…
Enfin, presque !

 

 

Eaux nues : VOIR

Zaza, la cousine :
http://eronaute.canalblog.com/archives/2008/03/07/8235763.html

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mercredi 21 novembre 2012

A bâtons rompus...

J'écoute distraitement la conversation de mes deux compagnons de bar amarrés au zinc...
J'opine ou renchéris, c'est selon... Et puis, l'un des deux :

- Robert ? N'a jamais de fric sur lui, ce mec. C'est sa nana qui s'occupe de tout...
- C'est clair ! C'est elle qui tient les...
- Tu parles ! Elle porte la...
- Affirmatif ! Elle gère le pantalon, quoi !

J'interviens :
- Tu veux dire qu'elle le porte...
- Quoi !?
- Ben oui : tu veux dire qu'elle porte le pantalon !
- Ah mais non ! Elle est toujours en mini sa meuf. Et même, au ras de la tirelire, la jupe !

L'autre :
- Ouais... Et si tu glisses une pièce dans la fente, elle remue la queue...

Moi :
- Bon. J'y vais les gars... Suis un peu fatigué, là...

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mercredi 31 octobre 2012

Il est plus tard que tu ne penses...

"Le temps est une image mobile de l’éternité immobile."
Platon

 

Sur le parvis du théâtre, j'ai aperçu Eglantine dans le flot des spectateurs qui sortaient… J'ai toujours ressenti un léger picotement de plaisir quand je rencontre Eglantine par hasard. Elle m'a vu, de loin, m'a fait un petit signe pour que je l'attende et elle s'est dirigée vers moi…
Elle a bien mis trois minutes pour me rejoindre ; ça me plaisait beaucoup parce que je ne la quittais pas des yeux, qu'elle le savait et qu'elle aime bien que je la zyeute comme ça, sans vergogne. Histoire d'ajouter un peu de piment à notre chaste et platonique amitié ! Il lui arrive parfois, après-coup, de faire semblant de s'en offusquer "Non mais dis-donc, arrête un peu, on dirait que tu me déshabilles avec tes yeux de garçon…" Et elle trouve toujours un truc dans sa tenue qu'elle fait mine de remonter ou de refermer, en le descendant ou en l'ouvrant un peu plus… Ce soir, elle portait un pantalon noir léger et une tunique turquoise qui flottait autour d'elle comme une aurore boréale.

- Tu étais là aussi ? dit-elle en arrivant près de moi. Quelle horreur ce machin ! Massacrer Beckett à ce point… Tu as réussi à tenir jusqu'au bout ?

Elle m'a posé une bise sur chaque joue en frôlant mes lèvres au passage…

- C'est-à-dire qu'à force d'attendre Godot, j'ai fini par attendre la fin, moi… D'une longueur !
- Et avec ça, j'ai plus de bus pour rentrer… Merde !

La pluie venait de se mettre à tomber, d'un coup, drue, définitive, tandis que la foule se dispersait dans une sourde rumeur de désapprobation. Il ne resta bientôt plus que nous sous l'auvent du théâtre…

- J'ai ma voiture à deux minutes d'ici. Je te raccompagne ?

Cavalcade sous la pluie. Deux portières qui claquent puis le bruit infernal des gouttes sur la carrosserie, l'odeur de nos cheveux et de nos vêtements mouillés, nos respirations… En quelques instants, une épaisse buée aveugle les glaces et nous enferme dans une bulle intemporelle, bleuie par l'horloge de bord qui affiche un inquiétant "00:00".

- On y va ? me dit-elle.

J'ai sursauté ! J'ai démarré ; je suis sorti du parking désert puis j'ai pris la grande avenue. Tous les feux clignotaient à l'orange.

- Tu semblais déconnecté. Quelque chose ne va pas ?
- Je pensais à un truc… Quelqu'un a écrit que "le temps, c'est se qui se passe quand rien ne se passe". Paradoxal, non ?
- Ce qui voudrait dire que lorsqu'il se passe quelque chose, le temps n'existe plus ? Et là alors, maintenant, on en est où ?
- Je n'en sais rien : il est toujours zéro heure, regarde !

Elle a jeté un œil sur la pendulette, et moi sur son pantalon et sa tunique trempés qui lui collaient à la peau…

- Tu rigoles : il est presque 1 heure !
- Tu ne portes jamais de sous-vêtements ?
- Dis-donc, toi ! Fais plutôt attention à la route !
- En fait… Ce qui est effrayant, c'est que le temps n'est pas le même pour tout le monde ! Ton présent est différent du mien et mon "maintenant" à moi, n'est pas le même que le tien. Tu me suis ?
- A condition de me souvenir de mes cours de physique et de philo, oui, vaguement !
- Tu connais l'exemple : si je pouvais t'observer en ce moment en étant très loin dans l'espace, en fait, je nous verrais avant…
- Ne parle pas de malheur : je ne tiens pas à revoir la pièce !
- Et plus on s'éloignerait, plus on remonterait dans le temps.
- Et tu finirais par me voir sous la douche ce matin ! Je parie que tu en rêves…

Elle rigolait. Avec un kleenex, elle tentait inutilement de se sécher un peu. Elle s'épongeait consciencieusement en tirant sur sa chemise, ce qui accentuait un peu plus le relief de ses tétons bruns sous l'étoffe.

- Tu devrais retirer ton… machin, là… J'ai un pull sur la banquette arrière.
- C'est que…
- Oui, je sais : tu n'as rien dessous !
- Gna-gna-gna… Bon, merci… Tu ne regardes pas alors…
- Bien sûr que non !

Elle s'est contorsionnée dans tous les sens, elle a retiré sa tunique, j'ai d'abord aperçu son sein gauche qui dansait avec ses mouvements et luisait d'humidité, puis les deux, qui se tendaient tandis qu'elle étirait les bras, juste au moment où, la tête enfouie dans sa chemise, elle ne pouvait plus me voir… Je me suis dit bêtement "Mince, c'est la première fois que je vois les seins d'Eglantine." Puis mon pull a glissé mollement sur sa poitrine et c'était fini.

- Mets ta ceinture… Nom de Zeus, ça te fait un sacré décolleté, ce pull…
- Bon, et alors ? Ton voyage dans le temps ? Si je me souviens bien, le principe veut que si nous revenons à toute vitesse vers le sujet que nous observons, c'est son futur que l'on découvre.
- Exact : nous nous verrions déjà rendus devant chez toi…
- Et il se passe quoi devant chez moi ?

Nous arrivons…
Sur la place, l'horloge de l'église affiche tranquillement minuit et demi.
- Tu crois que ce serait bien de connaître l'avenir ? me demande-t-elle, les yeux rivés sur le clocher.
- En fait… La question que je me pose, c'est de savoir si nous vivons dans le même temps, le même présent. Si nous vivons bien la même chose. Est-ce qu'un ridicule millionième de nanoseconde de décalage quelque part dans l'espace-temps ne pourrait pas aboutir à un gigantesque malentendu entre les gens ? S'il y avait des fuites, tu vois ? Des fuites entre le temps des uns et le temps des autres…

Je me suis arrêté devant chez elle.
La pluie avait cessé je ne sais quand…
Des étoiles clignotaient dans un ciel sans nuage et je sentais son parfum.
Elle me regardait…

- … Parce que si nous n'avons pas le même temps, nous sommes seuls, tu comprends Eglantine ? Terriblement seuls. Chacun derrière ses yeux, condamné à regarder le monde à travers un prisme déformant, à utiliser des codes différents, à croire que nous nous comprenons alors que nous sommes tous des étrangers. Seuls…

Mon gros pull bâille sans pudeur sur sa poitrine nue. Elle se tourne vers moi et me regarde. Son visage n'est plus qu'à quelques centimètres du mien, son souffle sur ma bouche… Je vois poindre une larme au bord de ses paupières. Plus proche encore… Ses lèvres humides glissent sur les miennes, me respirent... Un petit bout de langue s'immisce, me cherche, me goûte, me trouve. Au fond de ses yeux noirs brillent des nébuleuses spirales, l'éternité scintille. Je me dis que le temps s'est peut-être arrêté pour moi sur une fraction de seconde, mais pas pour elle, qu'elle est déjà partie, rentrée chez elle, qu'elle dort…

Quelque part, une cloche sonne. Un seul coup, grave et long dans la nuit...

- Je pense à quelque chose… me dit Eglantine
- Et ?
- Eh bien, disons que j'accorde une confiance aveugle à Einstein ; je viens donc de joindre nos "masses" respectives de façon à ce que, n'en faisant plus qu'une seule, nous courbions toi et moi, l'espace de la même manière. Ainsi, toute trajectoire voisine devrait être déviée de manière identique pour toi et pour moi, sans aucun risque d'aberration dans l'espace temps, sans divergence aucune... Et je me demande si on ne pourrait pas approfondir cette théorie… Tu montes ? Il n'est pas si tard…

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dimanche 28 octobre 2012

Salon littéraire

 

Presse

 

L'attachée de presse des Editions Machin, me harponne dans une travée d'un salon et m'interroge tout de go :

 

- Que préféreriez vous que l'on pense de vous : que vous êtes un auteur d'avenir ou que vous êtes un très bon coup au lit ?
- Vous savez, l'avenir pour moi c'est un peu flou...
Mais vous ? Que diriez-vous de moi ?
- Eh bien, que j'aime assez votre style...
Pour le reste, je ne sais pas. Pas encore...

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mercredi 17 octobre 2012

Petite mort ou mors aux dents

Sa tête entre mes cuisses, la mienne entre les siennes, dans une position somme toute assez banale, lorsqu'elle m'a fermement saisi le gland entre ses dents, je n'ai eu qu'un réflexe : j'ai fait la même chose avec son clitoris... Avec un brusque sursaut du bassin, elle a poussé un petit cri sans me lâcher pour autant. Et plus elle serrait, plus je mordais. Ce qui est surprenant, c'est le plaisir que j'ai eu tant à me faire mordre qu'à lui machouiller le bouton. Apparemment, elle éprouvait la même chose.

Mordre

Plus surprenant encore, c'est qu'au moment précis où elle a commencé a jouir, j'ai eu la conviction que le sexe était un antidote contre la mort, que sa chatte me rendait invincible et que ses chairs palpitantes que je feignais de dévorer était ma nourriture de survie...

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vendredi 12 octobre 2012

Petit café

- Je me demandais...
On prenait un café l'autre matin, se réchauffant sous un chiche soleil automnal. Échange civil de nouvelles ordinaires, la vie, les gosses, le temps, les collègues...

Café- Oui, je me demandais... Tu n'as jamais eu envie de coucher avec moi ?
J'ai failli avaler mon café de travers ! Nous sommes assez proches elle et moi mais rien jamais ne nous a conduits vers ce genre de relation. Je ne dirais pas non, mais voilà, c'est comme ça... J'ai reposé ma tasse.

- A vrai dire...
- Oui, à vrai dire ! Franchement... Ca ne t'a jamais traversé l'esprit ?
- Eh bien ma foi, si !
- Souvent ?
- Heu... plusieurs fois. Mais pourquoi tu me demandes ça tout d'un coup ?
- Tu vas rire : cette nuit j'ai rêvé de toi !
- Et... Comment ?
- Hou là ! Si tu savais...
- Ben quoi ?
- Nooon, non, non... Je peux pas te dire... Tu te rends compte ? Bon, on va bosser ?

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