Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

vendredi 20 mars 2009

Troisième lettre à une inconnue

Mon insaisissable impatiente,

Rendez-vous à l'heure dite en ce lieu convenu et connu de vous seule...
Vous n'aurez pas à patienter trop longtemps.
Il se peut d'ailleurs que je m'y rende avant vous et que je vous y attende moi-même longtemps... J'en profiterai pour rédiger mentalement la correspondance que nous n'avons jamais échangée, sinon dans nos rêves. Des dizaines de lettres où vous me parlerez de moi, où je vous parlerai de vous.

Et lorsque je vous aurai attendue, lorsque vous ne serez pas venue et que je vous aurai tant aimée de vous avoir tant attendue en inventant et réinventant notre histoire, j'irai prendre un verre au bistrot du coin pour vous attendre encore et je vous commanderai un thé...

Au cas où...

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lundi 3 novembre 2008

Vol de nuit

Sa main a glissé et s'est posée délicatement sur ma cuisse gauche...
J'allais m'endormir. Je crois... Je ne me souviens pas exactement. Ce n'est jamais facile de se souvenir exactement... Je veux dire, l'enchaînement des choses. On retient des parcelles, des débris, puis on les assemble pour en faire une histoire, et on croit se souvenir...

Deux heures plus tôt, elle s'était présentée au contrôle d'embarquement juste devant moi. Je l'ai remarquée à cause de l'attitude de l'agent qui, après le portique, lui passait le détecteur manuel sur tout le corps. Il me semble bien que je me suis interrogé sur la façon dont elle aurait pu dissimuler quoique ce soit sous ses vêtements. Bras écartés, elle s'était laissé faire, l'air absent, jusqu'à ce que le préposé remontant son appareil trop vivement lui retrousse la jupe sur ses fesses. De jolies fesses moulées dans un slip de satin blanc... Elle s'était retournée, un peu embarrassée. Elle avait vu que je la regardais, elle m'avait souri d'un sourire penaud, presque enfantin, puis elle avait rassemblé ses bagages et disparu dans la foule des passagers...
Après, je ne me souviens pas bien. J'ai fait comme tout le monde je suppose : j'ai attendu l'embarquement et j'ai tué le temps en buvant un café, en cherchant un hypothétique cadeau de dernière minute dans un duty free. Je l'ai peut-être aperçue de loin tandis qu'elle achetait un livre. C'est ça... un gros livre à la couverture colorée, juste avant que l'on nous appelle pour l'embarquement. Après… Après, je ne sais pas. Il y a eu le sourire de l'hôtesse, l'inévitable piétinement dans l'allée, l'odeur écœurante du kérosène…

J'étais déjà installé lorsqu'elle est arrivée. Fauteuil près du hublot, à ma gauche... Gymnastique habituelle, contorsions diverses pour ranger les sacs dans le coffre, on se marche sur les pieds, elle lève les bras, je vois son nombril, je lui donne un coup de main, je la laisse passer, on se frotte un peu, ses seins tutoient brièvement mon torse, visages à cinq centimètres, nos yeux se croisent puis on regarde ailleurs... On s'assied. "Bonjour... Bonjour ! Oh, je vous ai vu au contrôle... Oui, moi aussi..." Elle rougit. Je crois. Peut-être pas ! Dans une histoire, ce serait bien qu'elle rougisse à ce moment là. Mais non, en fait.

Après le repas, la cabine a été plongée dans la pénombre. Il restait encore cinq heures de vol. Elle s'est enroulée dans sa couverture pour dormir. Un peu après, elle m'a demandé si elle pouvait mettre la mienne en plus... "Enfin, sur nous deux, comme ça... C'est mieux, non ?" En réalité je ne sais pas trop comment c'est arrivé, mais nous nous sommes retrouvés sous les deux couvertures, comme un vieux couple habitué aux vols transcontinentaux. Elle a même relevé l'accoudoir central parce que ça lui faisait mal, là... Puis elle a dormi ! Du moins elle n'a plus bougé, et moi je n'osais pas trop bouger non plus parce qu'elle a laissé tomber sa tête sur mon épaule gauche et que je ne voulais pas la déranger. Elle était recroquevillée, les jambes ramenées sur le siège, en chien de fusil, la main droite sous son menton, la joue contre mon épaule et le bras gauche sur son genou qui s'appuyait sur ma cuisse... Difficile à expliquer... Mais en gros c'était comme ça. Une sorte d'intrication complexe de membres dans la tiédeur inattendue de couvertures sous lesquelles je trouvais que ça sentait bon...

Et donc, sa main a glissé sous les couvertures. Elle a glissé, ou alors ça s'est passé autrement, je ne sais pas trop parce que, justement, je commençais à m'endormir. Sa main s'est posée délicatement sur ma cuisse gauche. Voilà. Ça j'en suis sûr ! Même que dans mon demi-sommeil je me suis cru chez moi avec la main de Légitima qui s'agitait doucement sur ma cuisse. Parce que sa main a opéré une tranquille reptation vers le haut jusqu'à se retrouver là où je ne pouvais pas imaginer une heure plus tôt qu'elle se retrouverait ! Et je me souviens alors avoir été très perturbé parce que ma ceinture était défaite et mon pantalon vaguement ouvert ! Il se trouve que lorsque je voyage en avion, je retire toujours mes chaussures et j'ouvre mon pantalon... En général, personne ne le sait. Mais là...

J'ai d'abord retenu ma respiration...
VoldenuitJe me disais que si elle se réveillait, elle prendrait peut-être ça très mal. Mais en définitive, je ne suis plus très sûr aujourd'hui qu'elle dormait et je ne sais plus au juste ce que je pensais. Je me demande d'ailleurs si je pensais quelque chose. Sa main s'immisçait franchement, se jouait des obstacles, pour se saisir enfin de ce qu'elle ne pouvait plus manquer de trouver à ce stade. J'ai repris ma respiration au rythme tranquille de ses mouvements et pour ne pas être en reste, j'ai laissé ma main gauche partir en exploration entre ses cuisses. Je trouvais ça, dans la promiscuité de la cabine et la rumeur sourde des réacteurs, extrêmement osé mais terriblement excitant. Est-ce que j'ai été plus surpris par l'humidité de la petite culotte rencontrée en chemin ou par le fait qu'elle prenne discrètement une position plus confortable ? Je ne sais plus... Cela fait partie des détails que j'ai oubliés. J'ai juste le souvenir d'une peau tiède, d'une toison fine et légère, de l'infime ondulation des couvertures sous lesquelles elle avait disparu entièrement...  Je me souviens aussi du moment où j'ai senti sa bouche gober mon sexe et l'ineffable contraction de sa chatte autour de mes doigts…

Comment nous sommes-nous réveillés ? Je me souviens de la collation du matin, juste avant d'arriver à Paris, du café brûlant et d'un croissant dont les miettes s'éparpillaient sur les couvertures chiffonnées à nos pieds, de sa main crispée sur la mienne à l'atterrissage, de l'empressement des passagers à quitter l'appareil… De sa jupe qui dansait alors qu'elle allait récupérer ses bagages… Et puis je ne l'ai plus vue ! Je ne sais pas pourquoi mais c'est un fait : je ne l'ai plus vue. Je ne sais pas comment je l'ai perdue. Je ne sais pas si elle m'a cherché, si elle m'a attendu quelque part…

Un jour je me suis dit que tout ça n'était jamais arrivé ! Je ne connais même pas son prénom. Je n'ai qu'un vague souvenir de son visage, des visions fugaces, l'illusion d'un parfum très doux qui pourrait bien être "Vol de nuit"… Des débris d'histoire. Mais non, je ne sais plus… De même, je me suis toujours demandé depuis d'où je tenais ce slip de satin blanc retrouvé dans ma poche lorsque plus tard, à Roissy, je cherchais de la monnaie pour payer la navette…


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vendredi 31 octobre 2008

Démasqué !

La saison est propice à ses manifestations libidineuses...

L'Incube !

HallowEro

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samedi 26 juillet 2008

Lux vesperis

De minces rayons de soleil filtrent par les persiennes, bousculent des galaxies scintillantes de poussières en suspension et s'étalent en petites flaques dorées sur son ventre où perlent d'infimes gouttelettes brillantes de transpiration...

La tête légèrement inclinée, ses cheveux bruns en cascade sur les épaules, l'Ange somnole sur le grand lit. Aux fenêtres, les longs rideaux de voile blanc faseyent mollement. D'une maison voisine s'échappe un air nostalgique, une mélodie jouée au piano... "India song", je crois... La vie s'écoule, paresseuse.

D'un doigt, je frôle son buisson aux reflets ambrés...
Elle frissonne.
D'un doigt, j'effleure la courbe de sa motte...
Elle soupire.

L'indistincte rumeur du bourg me parvient de la rue, de l'autre côté...
Un rire fuse, des ombres passent derrière les volets...
Une autre vie s'infiltre dans la chambre où s'arrête le temps...
D'un doigt je caresse la fente humide de l'Ange...
Elle ne bouge pas, mais je sens sa main qui saisit ma verge.
Doucement. Et qui me branle.
Doucement...

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mardi 15 juillet 2008

Jeu de piste urbain

Une ville, l'été...
Un soir, dans la basse-ville...
Au pied de la falaise, sous le château...

Une petite rue qui descend vers le fleuve dont le bruissement grave se confond avec la rumeur citadine... Au bas de la rue à droite, une ruelle. Moins qu'une ruelle : une traboule, un passage qui attire peu l'attention des touristes parce qu'on le croit privé. Une étroite coursive sombre... C'est là...

Une ville, l'été, un soir de promenade. Une douceur à chavirer les sens. Je la tiens par la main, je m'enivre d'elle, de sa voix, de son parfum, de ses rires... A chacun de ses pas sa gorge frémit et sa hanche épouse la mienne. Ses épaules sont nues, la brise colle sur ses jambes sa robe légère. Au bas de la rue à droite, je l'entraîne dans l'obscure venelle, coupant court au sage trajet touristique qu'elle me propose. Dans l'ombre, je la pousse contre le mur rugueux, je lui vole un baiser...

Désir violent, irrépressible... Mes mains sous sa robe saccagent ses dessous, mes doigts s'affolent en caresses soyeuses, glissent et s'égarent... Elle gémit, se retourne, plaque ses mains sur le mur, frotte ses seins sur la pierre, se cambre, magnifique, robe troussée sur ses fesses nues... Se donne...

***

Dans l'étroite venelle elle retournera bientôt. Elle cherchera sur la pierre des traces invisibles, gravera sur le mur une lettre magique et s'en retournera, nue sous sa robe légère que la brise impudique...

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lundi 11 février 2008

Soirée d'une Novice (3)

...

Il y eut un moment d'accalmie dans cette houle de corps enchevêtrés...

Je restais là ensorcelé, admirant cette sculpture charnelle dont s'échappait l'odeur entêtante de vos nectars mêlés. Puis j'observai bientôt d'imperceptibles mouvements, comme une réorganisation de l'ensemble... Deux des trois femmes se détachaient du groupe pour jouer avec un godemiché dont elles usaient ensemble et par les deux bouts. La troisième, une blonde aux cheveux défaits, s'étendait mollement sur le dos, tandis que d'un gracieux mouvement de danseuse, vous vous retrouviez vous-même à califourchon sur elle, tête-bêche, reposant sur vos genoux et vos avant-bras. Vous me tourniez le dos si j'ose dire, alors que votre compagne allait et venait entre vos cuisses, butinant votre fleur et la couvrant d'humides baisers...

A l'opposé, de votre côté, un homme entra, nu et nanti d'un vit superbement érigé. Il considéra la situation puis galamment, ayant perçu mon approbation,  vous proposa ses services. Je vous ai vue saisir sa queue d'une main délicate, la sucer consciencieusement puis l'introduire vous-même dans la chatte de votre partenaire tandis que de votre langue vous assuriez un complément de caresses tant sur les lèvres de la jeune femme que sur le membre du nouveau venu...

J'avoue alors avoir été distrait ! Car pour faire bonne mesure je suppose, ou adepte de symétrie, la blonde projeta ses deux bras en arrière et avec une habileté étonnante au vu de sa position, défit en un instant mon pantalon. Mon sexe enfin libre et généreusement gonflé en sortit comme un diable de sa boîte ! Elle n'eut alors aucune peine à le dresser complètement... De ses doigts longs et fins elle le branlait légèrement puis m'attirant vers son visage, elle l'ingurgita !
C'était le mot qui convenait. Sa tête renversée en arrière lui permettait sans doute cette performance : elle m'avalait jusqu'au plus profond de sa gorge et je voyais mes testicules battre sous son nez à l'orée de ses lèvres. Puis elle me repoussait en soufflant et m'aspirait encore... Mais elle sut varier le jeu. Faisant toujours aller et venir sa main sur mon membre bandé, elle ouvrait de l'autre votre figue trempée pour y enfouir sa langue. Je vous voyais onduler, vous cambrer plus encore tandis que vous poursuiviez votre propre jeu, léchant et suçant le chibre turgescent de l'inconnu. Vous aviez entrepris, sans omettre de doigter profondément notre blonde amie, une fellation impériale ne laissant au pauvre homme aucun répit.

C'est alors que notre blonde vous ouvrant davantage tira mon sexe jusqu'à la lisière de votre chatte. Elle promenait mon gland sur vos lèvres, le faisait glisser sur votre fente écartelée jusqu'à votre clitoris. Puis, s'en servant comme d'un gode de chair, elle vous en enfila d'un coup... Je vous ai sentie un instant vous resserrer sous l'assaut inattendu mais que vous espériez sans doute. Quelques lapements habiles de notre entremetteuse vous détendirent et vous retenant par les hanches, flattant vos fesses de quelques tapes d'encouragement, je vous pénétrai complètement. Nos mouvements s'harmonisèrent sur un rythme qui ne faiblissait pas... A chacun de mes coups vous avaliez le pieu de du mâle qui vous faisait face, cajolant toujours la fille qui vibrait de plus en plus, se cabrait et caressait vos seins de son ventre tendu. Et je sentais sa langue courir de vos lèvres à ma hampe qu'elle léchait voluptueusement chaque fois que je la ressortais de vous...

Il y eut bientôt une sorte de frémissement collectif... Une vibration qui s'amplifia jusqu'à ce que l'orgasme nous gagne tous en même temps... Et tandis que, vous aidant réciproquement de vos doigts, vous jouissiez toutes deux avec force feulements et gémissements, l'inconnu et moi, frustrés sans doute de ne pouvoir nous occuper que de l'une d'entre vous à la fois, nous nous retirions pour éjaculer entre vous deux ! Je vis le sperme de votre étalon se répandre sur vous et jaillir jusqu'au visage de la blonde tandis que je projetais le mien jusqu'au vôtre...
Vous êtes restée quelques instants suspendue au dessus d'elle, secouée de longs spasmes, la tête rejetée en arrière... Puis dans un soupir vous vous êtes effondrée sur son corps, vous enduisant l'une et l'autre de notre semence encore tiède...

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lundi 4 février 2008

Variation 1 sur une porte entrebâillée

Un rai de lumière suinte par l'entrebâillement de la porte et barre le couloir sombre d'une invitation muette. Je m'approche sans bruit puis retenant mon souffle, je glisse mon regard dans votre sanctuaire...

Vous êtes là ! Mollement allongée face à la porte, chavirée dans votre fauteuil, jambes étendues et ouvertes... Nue, entièrement ! Vos mains musardent, l'une sur vos seins, l'autre sur votre sexe et vous vous caressez ! Et voici que vous les joignez comme pour une prière intime et vos doigts exaltés tâtent vos chairs, palpent vos lèvres et bientôt les ouvrent pour s'y introduire, comme chatons en leur panier.

Bouche entrouverte et yeux clos, la tête renversée... Je vois sur votre cou gracile battre une veine. Vos seins alanguis frissonnent en cadence, votre ventre se creuse sous la cambrure de vos reins... Et vous ouvrez vos cuisses, encore... Et vous vous pénétrez d'une main tout entière, doigts réunis comme un museau fouineur, vous aidant de l'autre pour forcer la première. Vous vous tendez sous ces assauts charmants et répétés, encore et encore... Pour vous figer soudain, indécente et satisfaite, poussant un long gémissement venu de votre ventre...

Je ne vois que votre main enfouie dans votre chatte...

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mercredi 23 janvier 2008

Soirée d'une novice (2)

(La 1ère partie est ICI )

J'avoue que certains détails de mon souvenir se diluent depuis cette soirée, dans une brume dont ressort essentiellement aujourd'hui l'excitation peu commune que je ressentais. Une tension si vigoureuse qu'elle me semblait ne jamais devoir faiblir ! Et qui d'ailleurs me reprend par surprise en écrivant ces quelques lignes, ne serait-ce qu'en évoquant la danse de vos cheveux sur vos épaules tandis que vous marchiez devant moi… Vos cheveux, certes, mais aussi votre déhanché chaloupé et la vision fugitive de vos fesses nues entre les pans de votre robe. Vous me sembliez à la fois mienne, et inaccessible !

Nous nous étions éloignés de cette joyeuse cabine ajourée pour nous retrouver bientôt dans une de cave : le "donjon" de l'établissement ! D'une rusticité inquiétante, les lieux n'étaient éclairés que par des flambeaux dont le grésillement apportait encore plus de mystère. Dans le fond, avait été aménagée une geôle fermée de solides barreaux métalliques… Vous m'avez demandé ingénument à quoi cela pouvait bien servir ! Peut-être certains détails vous échappaient-ils encore mais à la lueur de vos yeux où la flamme des torches dorait des éclats de noisettes, j'ai su en un instant que vous aviez intuitivement quelques idées sur la question. Il y avait là des anneaux, des chaînes, des liens de toute sorte, des cagoules, un impressionnant martinet… On y voyait aussi une potence ancrée dans le mur de pierres vives et au centre, tout un dispositif de contention dont le siège aussi étroit et inconfortable que la selle d'un vélo de course était muni d'une excroissance oblongue et polie dont l'usage ne laissait aucun doute…  Votre curiosité était à son comble !

- Mais, c'est un… me dites-vous du bout des lèvres en tendant une main pour caresser l'objet…
- C'est cela même, dis-je ! Une fois assise là, vous êtes sûre de ne pas glisser ! Je me demande en fait comment cela pourrait vous arriver, une fois liée, ligotée, menottée, enchaînée sur cet appareil… C'est aussi bien, d'ailleurs, puisque l'ensemble monté sur un mécanisme ingénieux permet de le faire pivoter en tous sens… Ce qui offre évidemment la possibilité de vous exposer dans toutes les positions imaginables…

Insidieusement, une image aussi crue qu'improbable s'était emparée de moi : je vous voyais là, solaire, empalée, "crucifiée"  sens dessus-dessous, vos seins pointant vers le haut ou le bas, suivant les révolutions de la machine... J'ai eu soudain l'envie sauvage de vous prendre contre les barreaux !
Mais, insouciante et mutine, vous faisiez mine d'entrer dans la cage ! Voyant alors s'approcher deux hommes au sourire carnassier, j'ai attiré votre attention sur le panonceau apposé en évidence au-dessus de la porte :

"Hic inis libidine tua…  Gaudium dominorum libera te !"

- Ce qui veut dire ?
Vous étiez redoutablement désirable... Et tellement fragile... J'ai bien failli me noyer dans vos yeux !
- Ce qui veut dire approximativement : "Ton désir te fait entrer ici… Celui de tes maîtres t'en fera sortir". Autrement dit, si vous entrez là de votre propre initiative et sans maître déclaré, ces joyeux lascars vont refermer la porte, garder la clef : et vous n'en sortirez que lorsque vous vous serez soumise à l'un d'entre eux et que cela lui plaira…
- Mais vous êtes là…
- Je ne suis pas votre Maître, Julie !

Cave… Trop de choses à vous expliquer... Je crois me souvenir que vous m'avez demandé d'y revenir un jour, seuls vous et moi parce que tout cela vous attirait. Il me semble bien aussi que je vous l'ai promis… Nous sommes remontés, pour faire une station au bar où je vous ai juchée sur un tabouret haut, vous demandant de bien laisser s'ouvrir les pans de votre tunique… Vous m'avez dit en riant que vous n'aviez plus de culotte ! Je vous ai répondu que je le savais et que c'était bien pour cela que…

Et puis, je vous ai entraînée dans une pièce aux lumières diffuses où trônait un vaste lit rond qui occupait toute la place... Là, un groupe, indistinct d'abord, s'emmêlait inextricablement : des corps nus dont on ne voyait que des jambes, des bras, des mains ondulant comme des serpents, et soudain des éclats de chair, des seins, des cuisses... Puis la scène est devenue plus précise. Trois femmes entièrement nues mais jouant avec de multiples voiles qui ondoyaient sur elles, s'ébattaient tendrement... Quand je dis s'ébattaient, je trahis un peu la douceur des mouvements ! Leurs corps glissaient les uns sur les autres, des doigts apparaissaient ici sur un sein, d'autres dans des cheveux, ou bien c'était encore une jambe qui semblait s'enrouler autour d'une taille qui se cambrait...

Vous sembliez fascinée par la scène : au pied du lit et me tenant encore par le bout des doigts, vous onduliez vous-même à l'unisson. De cet ensemble harmonieux jaillit soudain un bras dont la main fine et légère se posa sur votre cuisse. Elle disparut sous votre robe de vestale... Je la devinais sous les pans qui s'ouvraient, glissant sur votre ventre, s'égarant entre vos cuisses. Vous avez d'abord posé un pied sur le lit pour vous offrir davantage et puis, cette main vous tenant toujours, vous entraînant je suppose, vous vous êtes affalée sur le groupe qui a paru vous absorber ! Je ne voyais plus alors, au gré de cette danse érotique, que des parties de vous rendues au plaisir général. De vos lèvres brillantes vous baisiez un sein, de vos doigts fébriles vous caressiez une toison légère, là, vous vous frottiez contre une poitrine aux tétons érigés, ici votre langue s'attardait sur une fesse ronde...

Il y avait sur une musique sourde, des respirations légères, des souffles de plaisir et des gémissements que je vous attribuais. Et puis, comme dans un éclat sombre de désir, j'ai vu vos cuisses ouvertes, votre chatte gourmande où s'aventuraient deux mains qui, ensemble, vous investissaient...

(à suivre)

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jeudi 17 janvier 2008

Soirée d'une novice (1)

En descendant du taxi, une question me taraudait insidieusement : n'alliez-vous pas vous enfuir de ce Club un peu spécial, malgré nos accords et les explications que je vous avais données, pour ne plus jamais me revoir ? Mais ce qui me paraît surprenant aujourd'hui, avec un peu de recul, c'est que ma principale inquiétude ce soir-là était de savoir si vous préfériez les hommes ou les femmes ! Je crois me souvenir aussi qu'au dernier moment, juste avant d'entrer, je me disais qu'après tout je pouvais bien vous offrir les deux à la fois...

Un peu plus tard, vous sembliez si surprise par le côté classe et courtois de la société qui se trouvait là, que d'une part j'oubliai mes craintes et que d'autre part la question de vos préférences s'envola aussi légèrement que les dessous du personnel féminin ! Nous avions opté pour une soirée avec dîner... Le service était assuré par des jeunes femmes très, très court-vêtues et vous me parûtes très rapidement vous y intéresser autant que moi ! Chaque fois que notre serveuse, une petite brune tout aussi appétissante que le menu, venait s'occuper de nous, je passais ma main sous sa jupe autant pour connaître vos réactions que pour apprécier le velouté de ses fesses, et je m'aperçus rapidement que, les yeux brillants, vous en faisiez autant... De très jolies fesses, la brunette !

La suite de mes souvenirs se perd un peu dans des images et des sensations désordonnées. La jupe noire et plissée de la serveuse qui, lorsqu'elle s'éloigne à petits pas chaloupant sur ses hauts talons, se soulève en battements réguliers sur son cul... La subtile frontière de ses bas noirs sur sa chair blanche... Le tendre pli de ses cuisses à la naissance rebondie de son séant... La sensation fugace de la tiédeur de son entre jambes que vous sembliez mesurer en connaisseuse chaque fois que vous y mettiez discrètement la main... S'imposait aussi cette sorte d'évidence (mais vous savez ce que sont les souvenirs...) : vous écartiez largement les cuisses sous la table prétextant que cela ne se voyait pas et que j'étais le seul à le savoir... Je le savais en effet, et sans avoir à me pencher sous la nappe, je le voyais aussi... Du moins ai-je encore en tête le spectacle charmant de votre chatte dont la toison dissimulait à peine votre source qui me semblait suinter de plaisir... Je me souviens aussi de ma propre excitation ! Peu commune dans une salle de restaurant je l'avoue... Une excitation entretenue par le bout de votre pied entre mes cuisses, et par l'évocation des surprises que je brûlais de vous réserver... Impatient de votre plaisir, un peu comme on l'est parfois lorsqu'on attend que quelqu'un ouvre le cadeau qu'on vient de lui faire.

... Nous nous sommes retrouvés dans la salle... Une sorte de Pub avec tables basses, profonds fauteuils rouges, divans ... Et tout autour, des portes tendues de rideaux donnant sur des alcôves meublées de banquettes confortables. Toutes communicantes ces alcôves et constituant une sorte de labyrinthe. Je vous les faisais visiter, n'ayant d'autre but que de vous les montrer et de vous faire passer au milieu de tous ces gens, certains en couples d'autres par groupes de trois ou quatre, tous fort correctement vêtus. Mais l'on voyait ici ou là s'ouvrir un chemisier, se relever une robe si bien que l'on apercevait dans la pénombre des poitrines nues, des cuisses dévoilées que caressaient doucement des mains non identifiées...

A ce moment là, vous étiez vêtue, sans que je me souvienne quand avait eu lieu le changement, d'une surprenante et longue chasuble blanche. Elle ne tenait qu'autour de votre cou, constituée d'une douzaine de pans qui descendaient jusqu'à vos pieds. A chaque pas, cet assemblage léger s'ouvrait légèrement et par intermittence apparaissaient l'une de vos jambes, une cuisse, un sein, une hanche ! Je vous tenais la main et vous conduisais toujours vers une pièce nouvelle jusqu'à ce qu'une curieuse cabine retienne votre attention... Cylindrique, un mètre de diamètre sans plus, deux fois plus haute, elle était percée sur son pourtour de plusieurs ouvertures vaguement ovoïdes d'une dizaine de centimètres disposées à des hauteurs variables... Vous vous en êtes approchée pour découvrir qu'on pouvait y entrer, ce que vous avez fait, vous y tenir debout, accroupie ou même penchée...

Il m'a semblé alors que vous aviez deviné son usage... J'ai refermé soigneusement la porte, vous laissant à l'étude d'un mode d'emploi qui dut vous apparaître immédiatement ! A l'extérieur, cinq ou six hommes s'approchèrent et chacun exhibant son sexe l'introduisit sans plus tarder dans l'une des ouvertures... A la mine réjouie de ces messieurs, je devinai que vous aviez su quoi faire devant ces vits anonymes tendus vers vous et de ces quelques mains féminines qui ne tardèrent pas à s'immiscer dans les orifices libres... Impossible de dire combien de temps cela a duré. Vous êtes sortie, les lèvres palpitantes et brillantes, le visage un peu rouge. Y avait-il de la confusion dans cette rougeur ? Ou n'était-ce que la conséquence d'un essoufflement bien compréhensible ? Du regard vous sembliez m'interroger timidement : j'ai décidé alors de ne pas vous dire si j'avais moi aussi... Et je vous ai entraînée plus loin, vers d'autres réjouissances...

(A suivre)

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mardi 13 novembre 2007

Ordinaire matin

BougereauElles étaient toutes là…

Agnès, Sophie, Justine, Miriane, Delphine... Et d'autres encore que je ne peux pas citer par discrétion, des relations, des connaissances… Toutes penchées sur moi, affairées, attentives, empressées, gourmandes… Leurs mains couraient, effleuraient, caressaient, saisissaient et je tentais dans la pénombre de reconnaître qui effleurait, qui caressait, qui gobait… Aucune autre initiative possible de ma part. Je ne pouvais que sentir, ressentir, pressentir, subir ces assauts tendres dont la fougue m'immobilisait, étendu sur ma couche, à leur merci… Jusqu'à ce que la fraîcheur d'un courant d'air nocturne ne me réveille.

Prise d'une insomnie crapuleuse, Légitima avait ouvert la fenêtre et me chevauchait ! A la lueur orangée de la rue, je voyais sa tête renversée en arrière, sa gorge délicate et ses beaux seins qui frémissaient à chacun de ses balancements. Dans un soupir, elle se retirait de temps à autre, me prenait à deux mains et de sa bouche poursuivait le grand œuvre, confortant ma raideur, l'entretenant pour son plaisir, puis s'empalait de nouveau. Vaincu par son désir sans aveu, je simulais le sommeil… Et le téléphone sonna, insistant !

- Sophie ?! Mais vous avez vu l'heure ?
- Peu importe l'heure, G… Je rêvais de vous. C'est assez peu fréquent pour que je vous le signale. Et j'ai quelque chose à vous montrer. Regardez !
Elle était au pied du lit. Sa silhouette claire se découpait sur l'obscurité pâle de la chambre… Elle fit glisser  son téléphone entre ses seins, sur son ventre puis sur son pubis où en deux ou trois passages il gomma sa toison laissant apparaître sur sa vulve glabre une longue fente entrouverte…
- Vous aimez, me dit Sophie ?
Elle poursuivait l'opération… Bientôt sa fente disparut et elle n'eut plus, au bas du ventre, qu'une motte lisse et muette, aussi énigmatique que celle d'une statue antique.
- Tu aimes, me dit Légitima ?
Elle passait une main entre les cuisses marmoréennes de Sophie qui lui malaxait les seins, et de l'autre tenait mon sexe pétrifié, le brandissant comme un sceptre…
Le lit tanguait sous leur agitation, la chambre vacillait.

Ce sont les premiers rayons du soleil qui m'ont réveillé…
N'était cette érection matinale exacerbée par mes rêves, tout n'était que quiétude et douceur… Je reposais nu sur mon lit défait, les draps flottant mollement dans le vent, qui descendait paresseusement la rivière. Légitima s'était levée un peu plus tôt et nageait à quelques mètres dans une eau cristalline. Au loin, une petite flottille de barques s'égayait en tous sens. A leur bord des femmes pêchaient à l'épervier, arrondissant leurs bras pour lancer leur filet.  Elles riaient et leurs seins dorés tremblaient dans la lumière… Je goûtais enfin le calme de ce jour paisible qui commençait…
La flottille approchait…

(Illustration : Nymphes et Satyre - W Bouguereau, 1873)

Posté par Eronaute à 16:09 - FANTASMAGORIES - Commentaires [5] - Permalien [#]

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