mardi 14 juillet 2009
Eh bien...
Voilà... J'ai reçu ce petit mot !
Ce n'est pas ce qu'on appelle une contribution, non. Ce serait plus de l'ordre de la correspondance privée en fait... Mais ici, le privé tutoie souvent le public, n'est-ce pas ? Enfin, je dis ça alors que je vouvoie tout le monde... Mais bon ! Quoiqu'il en soit, je publie, poste et vous lisez...
Elle ? Eh bien... Lisez, je vous dis...
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Elle n'avait pas vraiment prévu ça....
Ou peut-être qu'elle l'attendait ?
Elle ne le savait pas, en tout cas. Elle pensait que ce n'était pas possible, dans ce milieu. Que les échanges, c'était ou cordial, bien et "comilfaut", ou que c'était sexe, et alors rien que du cul, surtout pas de sentiment. Elle avait cru ça parce qu'un jour... Bon, peu importe.
Mais peut-on appeler ça du sentiment ? Elle n'en savait rien. Ce qu'elle savait, c'est que c'était bien des choses, que ça lui faisait du bien partout, au corps et au coeur, et que c'était rudement bon.
Comment ça avait commencé ? Elle ne savait plus bien, Elodie...
C'était ses mots à lui, ses histoires, quelques-unes en particulier, ça l'avait touchée. Elle s'y voyait : les histoires c'est fait pour ça ! Non, pas vraiment, pas toujours, mais quelquefois, ça lui parlait vraiment. C'était le style, aussi : elle avait toujours été sensible au style. Celui-là avait une élégance, oui c'est ça, une élégance : dans les mots, les tournures... Non, pas seulement. Il y avait autre chose. C'était dans l'histoire, et dans sa façon de poser un mot ici ou là : il y avait de la tendresse, de l'attention, j'ai envie de dire de la gentillesse. Bien sûr, ça fait démodé la gentillesse, dit comme ça, c'est ballot. Mais enfin, c'est un mode d'échange et de pensée, c'est une vision des autres, c'est une éducation : ça peut être infiniment délicieux.
Et puis ses visites, quand il venait sur ses terres à elle : il n'y posait qu'un peu et repartait, quelques mots, toujours courtois, mais bien placés, enfin ça lui allait droit au coeur !
Pourtant elle ne le connaissait guère : il restait caché, écrivait, travaillait, vivait la nuit. Mais elle l'avait aperçu, quelquefois, oh, un peu vivement et jamais en entier, mais ce qu'elle avait vu de lui, ça l'avait troublée ! Une élégance, là aussi. Qui n'était pas tant dans sa tenue, que dans son attitude, sa manière de se présenter, réservé et fier à la fois.
Et puis ils avaient échangé un peu plus... Elle ne savait plus bien où ni pourquoi. Sans doute parce que ça devait se faire ! Non, pas par convenance, non (ah les mots à double sens, ils en rencontraient toujours sur leur chemin, c'était incroyable, un vrai fil rouge !) : ça devait se faire parce qu'il fallait qu'ils se parlent ! C'était écrit. Enfin, dit... Enfin, c'était peut-être aussi le hasard, allez savoir...
Les mots qu'ils échangeaient, c'était des trois fois rien si on les répétait, mais entre eux c'était des clefs, des codes, des sésames : ça ouvrait plein de portes ! Même là où l'on ne croyait jamais aller, vous savez, la porte interdite de Barbe-Bleue, ou quelque chose comme ça. Ça levait des freins, dégrippait des serrures rouillées, ouvrait les fenêtres en grand, comme ça, d'un rien. Ça faisait des rires, des jeux complices. Et des tendresses à n'en plus finir...
Et le sexe dans tout ça ? Y'en avait pas ? Non...
Si ! Plein ! C'était intégré et intégral, inclus en tout, tout compris. Dans chaque geste, chaque mot : même pas besoin de faire le tri, de basculer d'un niveau à l'autre, vous savez, les préliminaires et tout le toutim, les différentes étapes. Non. Tout était préliminaires, tout était désir et plaisir. Un désir continu. Un lien intégral. Un fil rouge, une résonance... de lui à elle, d'elle à lui. Un truc qui remettait tout à sa place, le monde autour d'eux et eux dans le monde.
C'était sûrement un rêve... Elle allait se réveiller.
(A suivre. Peut-être !)
Elodie
