samedi 19 septembre 2009
L'été des deux soeurs
J'ignore comment se débrouille Mathilde – une lecture assidue de mon blog peut-être et de patientes investigations – et je ne veux surtout pas connaître ses motivations, mais il semblerait bien qu'elle réussisse à approcher chacune de mes relations féminines... Elle est surprenante, Mathilde !
Lorsque je suis passé chez elle l'autre jour, je l'ai trouvée en pleine séance photographique en compagnie de Miriane... C'était charmant ! Tour à tour modèles et photographes elles s'essayaient l'une et l'autre à diverses poses dans toutes les pièces de l'appartement, débattant du meilleur angle et du décor le plus adapté... "Et la salle de bain ! On n'a pas fait la salle de bain... Ah non, c'est nul la salle de bain ! C'est d'un convenu..." J'en étais à me demander comment diable Miriane avait pu connaître Mathilde, lorsqu'on m'invita à participer. Ce ne fut pas désagréable... Inattendu, mais pas désagréable du tout !
Mais c'est alors, Mathilde tenant l'appareil, Miriane faisant mine de s'emparer du mien et moi censé convoiter les appâts de la première, qu'une petite bulle de souvenirs enfouis depuis longtemps remonta jusqu'à la surface de ma conscience pour y éclater sans prévenir !
C'était... il y a longtemps ! Des vacances à la ferme, l'été... Un fermier un peu rude qui m'apprenait à conduire ses vaches, des champs à perte de vue, un petit bois propice aux escapades... et les deux filles du fermier ! La plus jeune qui avait mon âge et un début de seins qui m'intriguaient beaucoup, on l'appelait Luve... Sa sœur aînée, elle, avait des seins qui ne m'intriguaient plus autant depuis le jour où, dans la grange, elle me les avait montrés, me demandant ce que j'en pensais. Je n'en pensais pas grand-chose : j'avais juste envie d'y mettre le nez dedans, et d'un certain nombre d'autres choses indistinctes qui pourtant commençaient à se préciser. Reine devait avoir seize ans...
Et me voici par un après-midi caniculaire, mon éternel Kodak en bandoulière, en exploration dans le petit bois avec les deux soeurs... Le prétexte de la pause fut sans doute, près du ruisseau aux écrevisses, cette cabane dont l'aménagement moussu invitait à la sieste. Reine, qui avait du préméditer son coup, décida qu'il fallait se rafraîchir et ne trouva rien de mieux que de nous asperger copieusement... Bataille d'eau ! Dissipation générale, souffles courts, caresses volées, tendres indignations... Les vêtements trempés collaient aux corps, les blouses s'ouvraient sur des poitrines ingénues et des culottes angéliques de coton blanc...
Plus tard, étendus en désordre sur la mousse, nous n'entendions plus que le crissement estival des insectes mêlé à nos respirations effarouchées... L'air vibrait de lumière et de bruissements entêtants. Nos jeux nous avaient jetés là, enchevêtrés d'innocence et de désirs indéfinis. Mes jambes reposaient entre les cuisses de Luve, si près de sa culotte que j'en percevais la tiédeur effleurer ma peau. Assise en tailleur près de nous, Reine laissait errer ses doigts de l'un à l'autre et à chaque passage, distraitement, défaisait un peu plus mon short où Luve plongea une main timide et néanmoins curieuse... Encouragé par cette audace innocente, j'eus rapidement raison du seul bouton qui protégeait encore ses seins de gazelle. Dans le feu de l'action, puisque je connaissais déjà la poitrine de Reine, je glissais ma main libre dans sa culotte.
(Je devrais ajouter ici que c'est à ce moment précis que me revint le souvenir de la cousine Zaza et de la douce sensation provoquée par sa toison soyeuse dans ma paume ; souvenir que j'avais oublié alors, et que pour des raisons mystérieuses je devais effacer de nouveau de ma mémoire... Il se trouve cependant que, par effet de dominos, l'évocation de la chatte de Zaza en présence des deux filles du fermier, me fit bander comme un jeune cerf, que Luve s'en rendit compte évidemment et que du coup, alors que le soleil filtrant à travers le feuillage nous éblouissait elle sut exactement ce qu'elle devait faire de mon sexe ; par voie de conséquence, Reine en profita illico...)
Je ne suis plus très sûr de la suite...
Ce dont je me souviens, c'est de mon boîtier Kodak que brandissait Reine et dont j'entendais régulièrement le déclencheur. Je me souviens aussi que mon père me proposa le soir d'aller porter ma pellicule à développer ! Je ne sais plus ce que j'ai trouvé comme raison, mais je l'en ai fort heureusement dissuadé... Je la conserve encore, on ne sait jamais !

vendredi 18 avril 2008
Filles de sable
Je n'avais plus tout à fait l'âge des châteaux de sable, encore moins celui pâtés humides alignés à la lisière des vagues. Pourtant, le souvenir de la cousine Zaza n'était pas loin... A proximité du parasol familial, je révisais mon adolescence prochaine et m'adonnais à mon occupation favorite : je regardais les filles. Après la grisaille scolaire et la rigueur des vêtements citadins, la plage était l'un des rares endroits, sinon le seul, où mon intérêt croissant pour l'anatomie féminine pouvait enfin se satisfaire, grâce à la mode du bikini. Je me moquais bien qu'elle vînt, cette mode, d'un atoll lointain où se poursuivaient les expériences nucléaires américaines : je rêvais d'explosions plus intimes que l’efflorescence de ces corps dévêtus me suggérait avec insistance.
Le port du "deux-pièces" relevait pour moi d'un autre mystère ! Comment pouvaient-elles arborer cette absence de vêtement lorsqu'en ville un simple coup de vent révélant un instant l'obsédante et chaste culotte de coton blanc les faisait hurler de confusion ?
Etendu sur le ventre et feignant une profonde méditation, je ne perdais pas une miette du spectacle que m'offraient ces demoiselles. Par petits groupes, elles allaient et venaient, riant fort et souvent faux. Elles avançaient parfois les bras croisés, comme on les voit au lycée serrer contre elles leurs livres et leurs classeurs. Ici, à défaut de classeurs, elles ne serraient sur leurs jeunes seins qu'un dernier vestige de pudeur et sous la pression de leurs bras nus leur poitrine gonflait leur soutien-gorge...
Quelques unes, étendues sur leur drap de bain, côté pile ou côté face, évoquaient des paysages de dunes blondes animés de creux et de courbes que je déchiffrais avec avidité, maudissant les quelques centimètres carrés de tissu qui me séparaient encore de la révélation définitive. Je faisais l'apprentissage de la frustration que suscite un corps qui se dénude sans jamais tout à fait se révéler. Ces ventres plats, blancs ou dorés, ces nombrils impudiques, ces hanches sculptées que soulignait d'un trait fragile le minuscule bikini, ne faisaient qu'exacerber mon désir d'en découvrir davantage, de comprendre enfin pourquoi si peu d'étoffe constituait l'obstacle le plus infranchissable.
D'autres, qui sortaient de l'eau, s'allongeaient ruisselantes à même le sol où elles s'abandonnaient au soleil en s'étirant. Je guettais alors leurs moindres mouvements qui déplaçaient sensiblement les maillots : d'infimes modifications de frontière découvraient des liserés de chair pâle que je n'aurais jamais dû voir et qui repoussaient les limites de l'invisible ! Peu à peu, le sable les recouvrait. Des bancs dorés asséchaient leur peau brune. Des îlots émergeaient sur les reliefs, s'étendaient, puis se rassemblaient en continents entiers dont les rivages s'étiraient sur l'étoffe, l'effaçant. Le sable gommait les frontières, s'affranchissait des limites, les habillait enfin de leur nudité.
Lorsqu'elles se relevaient, je m'imaginais voir s'éloigner des statues de femmes nues dont le moule encore chaud sur la plage révélait leur empreinte où, pour m'enivrer de leur parfum j'allais m'étendre, les yeux clos...

vendredi 7 mars 2008
La cousine Zaza...
Ma cousine Zaza ne saura jamais ce que je lui dois de mon intérêt pour les peintres du 19ème…
Ce n'est pas que je sois un grand connaisseur, mais j'aime en effet ce foisonnement d'artistes qui, dans le cadre sévère d'une noble institution – l'Académie royale de peinture créée par Louis XIV – se retrouvent 3 siècles plus tard à exercer un talent intact sur des thèmes immuables. Chose assez remarquable (mais c'est ainsi que se font les révolutions, sur la décadence de la règle et de la convention) ce petit monde jaloux favorisera finalement l'éclosion d'une révolution esthétique et culturelle de premier ordre d'où jaillira bientôt la lumière de l'impressionnisme !
Mais nous n'en sommes pas là… Nos "Académistes" purs et durs qui ont mon entière affection, s'inspirent ou se réclament autant de David que d'Ingres, s'inscrivent dans une forme de néo-classicisme et sacrifient volontiers aux exigences de l'Académie. On trouvera difficilement plus "pompier" dans l'histoire de l'art : les casques et les armures brillent, les chairs sont blanches et désirables, les thèmes mythologiques et les femmes généreuses, superbes et discrètement lascives. Parce qu'il y a du nu chez les Académistes… Beaucoup de nues de préférence, que la pudeur et les règles de l'époque habillent de pubis lisses et mystérieux sans pour autant les aseptiser complètement… Quant aux fessiers de ces dames !
Voyez Bouguereau et ses nymphes mutines, voyez Charles Gleyre et son "Coucher de Sapho", Gérôme et sa "Bethsabée"… Voyez encore la troublante Vénus de Cabanel dans sa "Naissance de Vénus" de 1863 : les grincheux peuvent bien ricaner devant les petits amours ailés et joufflus qui président à l'avènement, n'empêche qu'ils ont connu leurs premières érections lorsque gamins, ils tentaient de percer le mystère des cuisses serrées de la déesse et du gynécée mythologique...
Parce que c'est ainsi que les garçons de ma génération fourbissaient leurs connaissances anatomiques : à défaut d'aller voir sous les jupes des filles, ou de surfer sur des sites internet plus explicites, ils se rabattaient sur les encyclopédies familiales ou les revues d'art rangées sur l'étagère du haut ! Ils y découvraient des filles superbes dont les mottes bombées et néanmoins muettes inspiraient leurs premiers émois solitaires. C'est ce que je fis. Et c'est là qu'intervient ma cousine Zaza…

Zaza devait avoir une quinzaine d'années quand j'en avais huit… Je me souviens de ses dessous de bras, dans les échancrures de ses tabliers, l'été à la campagne. Des aisselles moites dont la transpiration perlait un peu sur l'étoffe qui bâillait largement lorsqu'elle faisait quelques travaux domestiques… Et lorsque j'apercevais par cet accès inattendu la naissance d'un sein, j'attendais toujours d'y découvrir une révélation primordiale ! Dans ces occasions, elle était nue sous sa blouse boutonnée devant… hormis sa culotte, que je voyais parfois lorsque la boutonnière du bas se défaisait négligemment. Curieusement, je ne m'intéressais guère alors à ce qui se cachait là… Ce triangle de coton blanc m'était indifférent alors que les parenthèses de chair qui s'ouvraient sur sa poitrine de jouvencelle attiraient toute mon attention.
Jusqu'à ce fameux jour où dans une maison silencieuse, écrasée par la chaleur estivale, je découvris ma cousine dans la pénombre des toilettes, blouse ouverte sur une paire de seins biblique, culotte en chiffonnade écumeuse autour de ses pieds nus… Entre panique et fascination, je restais planté là, d'autant plus confondu qu'elle ne réagissait pas... J'allais m'enfuir lorsqu'elle me saisit le poignet pour me tirer près d'elle. A hauteur idéale, prévoyant déjà que jamais plus je ne verrai pareil spectacle (ce qui était faux), je me repaissais de ces deux globes célestes entre lesquels m'entraînait un maelström de désirs non identifiés… Et Zaza me tirant toujours, sans prévenir, plongea autoritairement ma main entre ses cuisses !
Je n'eus le temps de rien comprendre, si ce n'est, intuitivement, que ma cousine agissait là plus pour son intérêt que pour le mien… Quelques curieux soupirs plus tard accompagnés de tremblements divers, alors que tout cela commençait à me plaire sans que je sache trop pourquoi, elle me mit dehors sans un mot.
Alors, débutèrent mes recherches ! J'avais bien senti sous mes doigts, que quelque chose se tramait et qu'on ne me disait pas… Quelque chose qui ne correspondait pas au triangle bombé de coton blanc. J'eus donc recours aux dictionnaires illustrés et aux revues de peinture rangées sur l'étagère du haut de la bibliothèque… Et ne fus point satisfait ! Sur le bas-ventre laiteux des bergères et des nymphes dénudées, à la fourche sacrée des généreuses déesses de l'olympe, rien de ce que j'examinais ne s'accordait aux sensations fugitives perçues entre les cuisses de Zaza. Rien de ce relief moelleux deviné du bout des doigts, rien de cette suave humidité, de ce vallonnement étrange et duveteux à souhait, rien… Sinon l'évidence qu'il faudrait bien un jour que j'aille y voir de plus près…
En attendant, j'emmagasinais des images, m'abreuvais de dessins aux courbes parfaites, j'apprenais la mythologie et suivant du doigt les pleins et les déliés de ces dames, je découvris la peinture et, en prime, les érections spontanées…
Quelques une de mes illustres "cousines", dans cet ALBUM...

