Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

lundi 17 août 2009

Un, deux, trois...

IMG15aJe crois qu'elle m'observe...
Du bout des yeux, discrètement, mais elle m'observe. Ou me considère, me guette, m'évalue, je ne sais pas... Je n'ai rien de très spécial pourtant mais l'étrangeté de l'inconnu attise parfois la curiosité. Ou l'intérêt... Elle se doute bien que je le sais mais comme je n'en montre rien par discrétion, elle fait exactement comme si je ne l'avais pas vue dans la pénombre du couloir et poursuit son examen, me regarde, me détaille...

Et ça me plaît bien ! Il y a longtemps que l'eau ne coule plus, que j'aurais pu sortir de la douche, mais je m'attarde comme si j'avais encore besoin de... de je ne sais quoi ! Par l'entrebâillement de la porte, je la regarde aussi mais ne distingue qu'une silhouette vague qui m'intrigue. Sa curiosité m'intrigue ! Et donc attise la mienne... Ce doit être comme ça que nait le désir, ou au moins l'envie, l'attrait. Elle m'observe, je la regarde...  Nous sommes à égalité en quelque sorte !

Pas tout à fait cependant : elle m'a vu avant que je ne la voie, et je suis nu comme un ver, mes vêtements dans le couloir précisément... Et ce genre de situation est de nature à provoquer chez moi des réactions embarrassantes ! Je suppose qu'elle le pressent. Ou qu'elle l'attend ! Allez savoir... Alors je compte jusqu'à dix ! A dix, je sors comme ça, l'air innocent, nu et avec ma réaction embarrassante ! Allez...

Un, deux, trois... sept, huit...

Posté par Eronaute à 17:58 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 14 août 2009

Saisons

- Tu entends ?
- ...

Il y a le sable du silence qui égrène le temps, des souffles retenus et des effleurements de doigts. Derrière le vieux charme, la lune glacée se lève et trace sur les draps des signes froissés, muets et bleus.

- Ecoute... Ecoute bien !

SaisonsElle dit :
- Tu devais écrire notre histoire...

J'écris notre histoire...
D'une saison à l'autre, je me souviens. J'écris notre histoire.

Elle dit :
- J'ai froid...
Le froid va nous prendre... Ferme la fenêtre.
Et l'été reviendra, dans notre histoire ?

Tu es l'Eté, mon amour...
Et le Printemps, et l'Automne, et l'Hiver aussi : tu es toutes mes saisons.
Mon solstice et mon équinoxe.

Je ne veux pas bouger, ni ouvrir les yeux...
Je ne veux pas me réveiller ni me lever pour fermer la fenêtre : quand je reviendrai tu ne seras plus là...
Je le sais...
Je ne veux pas le savoir.

Pas ce soir...

Posté par Eronaute à 12:43 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

lundi 4 mai 2009

A la terrasse d'un café

- Dites-moi, G... Est-ce que je peux vous poser une question indiscrète ?
- Ma foi... Pourquoi non.

- Avec combien de femmes avez-vous...

- Ah ! Euh... C'est-à-dire que...
- Je veux dire en gros, n'est-ce pas ! Ou plutôt, en ne comptant que les premières qui vous viennent à l'esprit.
- Non mais attendez ! Ce ne sont pas des cohortes innombrables tout de même. Faut pas exagérer !
- Peu importe. Disons 25 ? 20 ?
- Si vous voulez...  C'est trop ? Pas assez, selon vous ?
- Ce n'est pas la question.
- Bon, alors venons-y à votre question. Je vous écoute.
- Bien... Si l'on prend cette petite vingtaine...
- Ah, je vous arrête ! Si vous dites petite vingtaine, vous portez un jugement, l'air de dire que ça ne fait pas beaucoup. Et d'autre part en disant vingtaine, vous globalisez de façon un peu méprisante pour les unes et les autres, non ?
- Parce que vous vous souvenez de toutes en particulier ?
- Oui...
- Avec les détails ?
- Oui...
- Et de tout ce qui vous a le plus plu chez chacune d'entre elles ?
- Oui...
- Et donc, c'était vraiment différent de l'une à l'autre ?
- Oui ! Non... Enfin, oui et non...
- Ah !
- Ben oui...
- Donc vous auriez pu prendre autant de plaisir en couchant deux fois plus avec deux fois moins de femmes...
- ...
- Vous ne dites rien...
- Et que voulez-vous que je vous dise... Que j'aurais pu me contenter de n'en connaître qu'une seule ?
- Ah non ! Surtout pas... D'autant que vous pourriez rétorquer que dans cette variété vous recherchiez toujours quelque chose de différent, une nouveauté... Le petit plus inattendu...
- Ce doit être ça...
- Et vous recherchez toujours ce...
- Mais je n'en sais rien moi ! Pourquoi cette question ?
- Eh bien parce que je l'ai peut-être ce "Petit plus", moi...

Posté par Eronaute à 18:03 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 4 janvier 2009

Dernier verre

Blues et afro jazz.
Explosif, avec un fond de Scotch, un stylo et deux doigts de vague à l'âme !
Mon dernier verre...

Un pub à la lumière à peine suffisante pour jeter trois mots sur mon carnet et me livrer à mon exercice favori d'écorchage à vif : écriture automatique à cette heure. Ça peut toujours servir, demain, plus tard, ailleurs... Mon dernier verre pour une dernière page. J'aime trop les frontières de l'ivresse pour les traverser franchement. Je m'arrête toujours à temps, histoire de voir. Juste pour voir, de l'autre côté, les mirages de l'inspiration.

- Je peux m'asseoir ?
J'ai sursauté. Brune, élégante, la quarantaine florissante,  le teint des îles et le tailleur bleu, elle s'installe, les jambes jointes élégamment inclinées sur le côté. Pose deux verres sur la table basse, me regarde... Antilles, GuadeloupeGuadeloupe… Un parfum de vanille. Une infinie douceur vaguement alcoolisée au fond des yeux.

- Je sais que je vous dérange ajoute-t-elleajoute-t-elle, et je ne suis pas ce que vous croyez !
- Je ne crois rien... Mais j'allais partir...
- Oh ! Désolée... Je voulais m'enivrer un peu... Et je ne crois pas pouvoir le faire seule...
Sa façon de dire "eniv'er" !
Bon chic, bon genre... L'expression me vient à l'esprit. Je la regrette, l'efface... Education certes, aisance, belles manières, réussite sans doute. Sans affectation. Elle me plaît… Me raconte... Rencart manqué, copines absentes, un verre puis deux, puis trois… Et le dernier, qu'elle ne veut pas boire seule. Dérive. Infinie douceur, infinie tristesse. Ça se conjugue.

- Je vous accompagne alors… On boit à quoi ?
- Je ne sais pas… A nous. Vous vivez seul ?
Elle a jeté un regard à ma main gauche : je ne porte pas d'alliance. Elle non plus.
- Non… Je ne vis pas seul. Vous non plus, je parie...
- Gagné ! Comment savez-vous ?
Elle rit, une larme au coin de l'œil. Buvons à nous alors...
A l'ivresse contenue, au plaisir de l'autre.
Elle défait un bouton de sa veste et libère l'écume blanche d'une dentelle légère où fleurit l'ombre discrète de ses seins... Elle porte, serré autour du cou, un foulard bleu piqué d'un camée d'un autre temps...
Puis elle boit.

- Merci, dit-elle... Faisons semblant. Vous voulez ?
Et la voilà qui me raconte... Sa journée, sa vie, sa soirée de la veille au théâtre... Et je lui réponds sur le même ton. Elle s'anime, belle, désirable sans aucun doute, assise bien droite dans son fauteuil. Et soudain...
- Vous avez envie de moi ?
Silence.
Un infime relâchement dans sa posture et ses genoux se sont séparés imperceptiblement, assez pour que je me perde un instant dans ce soupir ambré... Elle sourit...

- Très franchement ? Je ne...
- Rassurez-vous : moi non plus ! C'est juste l'idée que ça pourrait nous arriver... J'aime. Pas vous ?

Alors nous avons fait "comme si"… Nous avons poursuivi nos bavardages, elle a posé sa main sur mon bras, je lui ai dit "Tu te souviens ?" en lui parlant de moi. Elle a convoqué les images d'un passé qui lui était étranger et elle était émue. Nous sommes sortis en titubant un peu, elle s'est accrochée à moi. Et moi à elle, je crois… Nous avons marché jusqu'au square pour nous dégriser, mais pas trop. Sous le vieux hêtre, nos lèvres se sont effleurées puis je l'ai prise par la taille, "comme si"… Ma main descendait un peu sur sa hanche dont je sentais le mouvement à chaque pas. L'étoffe de sa jupe glissait en cadence sur sa peau, ma main suivait l'étoffe et les ondes douces de sa chaleur…

- Je vous raccompagne…
- Chez vous ou chez moi ? répond-elle en riant.
Au fond d'une petite rue, le néon bleu d'un hôtel clignotait en grésillant. On faisait toujours semblant, en montant le vieil escalier, en ouvrant la porte grinçante d'une chambre baignée par la lumière de l'enseigne… Nous faisions comme si

- Comme si vous me désiriez ?

Sa veste a glissé sur le sol, puis sa jupe, suivie par les dentelles blanches.
Elle n'a gardé, serré autour du cou, que son foulard bleu, piqué d'un camée de vieil ivoire…

Posté par Eronaute à 19:00 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 10 décembre 2008

Savez-vous...

Vous êtes là, Madame...
Assise bien droite dans votre fauteuil, un peu engoncée dans votre habillement d'hiver, je suppose que vous allez dans un instant rejoindre votre chambre. Vous êtes là, banale à première vue, quelconque sous votre longue jupe grise, votre veste de laine noire, votre cache-col rouge, en désordre, votre petite cape : rien ne retient le regard ! A première vue, je dis bien... Parce que cette abondance de vêtements, tout ce textile qui fait des plis, qui déborde, coule, cascade et serpente sur vous m'irriguent d'un désir inattendu et m'invitent impérieusement à inventer ce que je ne distingue pas, justement...

Vous êtes là, Madame, secrète, discrète, sage. Trop sage… Et je ne vois que vous ; votre cou, pâle, fin, gracile, qui ondule lorsque vous tournez la tête, cette échappée dans les replis complexes de votre encolure ouverte, ce chemisier blanc qui sourit un peu entre les boutons… Et votre buste, dont je devine les formes abandonnées sous votre veste… Et la légère dépression de votre jupe, là, entre vos cuisses que vous tenez si légèrement écartées sous le sombre rempart de l'étoffe, si légèrement animées que j'imagine soudain, jusqu'à son parfum, le détail soyeux de votre lingerie… Savez-vous, Madame…

Embarrassée de vos sacs et de votre équipage hivernal négligemment défait, vous buvez votre thé vert avec cette nonchalance désœuvrée que l'on aime surprendre et bousculer… Vous buvez votre thé et votre main gauche gracieusement courbée glisse sous votre veste, effleure votre sein droit tandis que vos yeux, un instant, se perdent dans le vague. Savez-vous, Madame…

Vous avez reposé votre tasse sur la table basse, vous avez ramené vos jambes vers le fauteuil, les inclinant un peu et croisant vos pieds… Et vous avez lentement, très lentement, lissé votre jupe le long de votre hanche moulant soudain, au bord du siège, la rondeur d'une fesse…

Savez-vous Madame, l'envie que j'ai de vous suivre dans le hall tout à l'heure, de prendre avec vous l'ascenseur fin de siècle qui monte si lentement,  de planter mes yeux dans les vôtres, de descendre au troisième étage où, sur le palier, sans autre forme de procès, je trousserai votre longue jupe pour vous faire part de mon désir ?
Vous le savez, n'est-ce pas ?

Posté par Eronaute à 16:35 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 28 novembre 2008

Lettre à une Inconnue

Mon Inconnue, ma chère Inconnue…

Cela fait si longtemps…
Si longtemps que je ne vous connais pas !
Si longtemps, que mes pensées ont eu tout le loisir de vagabonder sur votre absence, d'en dessiner les contours et les courbes, de caresser vos hypothétiques desseins à mon égard, de butiner sur le bouquet délicat de vos désirs les plus secrets…  Je rêve de vous, je l'avoue puisque je vous aime, et mon âme tout entière occupée par vos sortilèges n'aspire plus désormais qu'à l'exquise fusion de nos souffles…

Vous m'êtes indispensable, ma Précieuse. Vous m'accompagnez de vos rires légers, vous me nourrissez de votre lumière opaline, vous m'apaisez de votre transparence… Comme j'essaie moi-même d'être pour vous ce rêve insensé que vous faites toujours, depuis vos premiers émois de jeune fille, d'un amant vigilant, attentif à votre bonheur de tous les instants… Vous êtes celle par qui je suis...

Vous êtes ma source, je suis votre sourcier.
Je suis votre orage, vous êtes ma terre fertile.
Je suis votre montagne, votre roc
Vous êtes ma douce et riante vallée.
Vous êtes mon Eden...

Venez, mon Inaccessible.
Je vous attends…
Viens...

Inconnue

Posté par Eronaute à 18:52 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 7 novembre 2008

Baroque bourgeois

A ma connaissance, tout le monde ne peut pas se vanter de tenir le rôle de "bronze rococo sur la cheminée d'un appartement cossu du Marais, à Paris"… C'est pourtant ce qui m'est arrivé, et je n'en suis pas peu fier !

Marie-Anick de W. recevait cet après-midi là une poignée d'amies, et l'on m'avait convié pour une petite causerie sur l'érotisme postcolonial auquel, d'ailleurs, je dois à la vérité de dire que je ne connais pas grand-chose ! Mais ces dames s'en moquaient apparemment, n'y connaissant rien non plus et se satisfaisant de petites histoires égrillardes que j'improvisai sur place… Tout allait donc fort bien pour tout ce petit monde qui s'émoustillait à vue d'oeil : le thé coulait à flot tandis que les petits-fours circulaient, subtilement présentés par deux accortes soubrettes que l'on avait affublées de vêtements africains traditionnels, du moins tels que se les représentait Madame de W. Les pauvres filles, couvertes de colifichets qui barloquaient entre leurs seins nus, allaient et venaient dans le plus simple appareil, réfugiant leur pudeur et leur confusion sous un ersatz de pagne en méchante étoffe.

J'en étais à l'évocation de la sculpture artisanale et de l'usage rituel de certaines figurines pour l'édification des filles togolaises lorsque malencontreusement, je fis allusion à de troublantes analogies avec la statuaire romaine que l'on recopia en France au 19ème siècle pour la décoration des salons bourgeois. Une certaine Nadège, la cinquantaine alerte et le sillon mammaire mutin, fit alors une suggestion qui me stupéfia d'autant plus qu'elle fut acclamée par la petite assemblée. Marie-Anick elle-même, qui avait sans doute abusé du thé au gingembre, insista avec une telle conviction que je dus finalement prendre la pose et montrer l'équivoque abandon du fameux "Chaman  impudique" exposé au musée de Lomé et dont le pénis dressé, patiné à force d'attouchements superstitieux et séculaires fait encore, dit-on, beaucoup d'effet...

Mais l'affaire se corsa lorsque Nadège fit remarquer avec un air qui m'inquiéta un peu, que l'on ne s'embarrassait pas en Afrique et encore moins à l'époque, de l'entrave mensongère d'un complet veston… Devant la fièvre soudaine de mon auditoire, mes protestations n'eurent que peu d'effet ! Et c'est ainsi que je repris la pose, en caleçon cette fois, sur le dessus de la cheminée monumentale, encadré par les deux soubrettes qui faisaient paraît-il couleur locale et veillaient à entretenir ma position. C'est l'une d'entre elles du reste, qui sur un signe de la maîtresse de maison me confisqua traîtreusement mon caleçon. "Juste pour la photo !" dit Marie-Anick brandissant déjà son Nikon. "Mais… mais… mais…" disais-je…

J'ai su quelque temps plus tard que Madame de W. avait confié les clichés à un sculpteur de sa connaissance...

Bronze

Et c'est depuis cette histoire que je veille, tel un thaumaturge de bronze, aux égarements de Marie-Anick et de ses amies dans un salon bourgeois du Marais… Que ceux qui ne me croient pas aillent donc sonner à un certain appartement de la rue de la Verrerie, donnant sur un jardin paisible dans le 4ème arrondissement. C'est au troisième étage, sans ascenseur…

Posté par Eronaute à 17:49 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 8 septembre 2008

Ecrire

- Ecrire, dit-elle... Ecrire l'impossible !

Je l'ai poussée contre le bureau, courbée, pliée sur le plateau, lui faisant écarter et tendre les jambes pour que seule la pointe de ses pieds effleure encore le sol. Affalée, poitrine écrasée sur le vieux bois patiné, elle ne devait plus son équilibre qu'à ses coudes et à ses avant-bras posés comme ceux du Sphinx, en attente...

- Redresse-toi, Julie... On n'écrit bien que dans la discipline du corps !
Elle a rejeté la tête en arrière. Ses reins se sont creusés, ses seins se sont tendus, provocants. Posture improbable, hiératique et obscène. J'ai disposé devant elle une feuille vierge, j'ai glissé un crayon entre ses doigts... Je me suis posté derrière elle... J'ai vu son dos cambré comme un arc, j'ai vu sa croupe ronde, j'ai vu son cul offert, ses fesses bandées sous l'effort, sa chatte en saillie, avide et majuscule.

- Ecris, dis-je... Ecris l'impossible !
Le stylo tremblait un peu dans sa main suspendue au-dessus de la page. J'entendais son souffle, rapide. Elle a posé la pointe de feutre noir sur le rectangle blanc... J'ai agrippé ses hanches, me suis ancré entre ses cuisses, dressé contre sa vulve...

- Guidez-moi, dit-elle... Dictez-moi...
J'ai glissé sur les mots, épelé son désir, récité sa luxure, conjugué son foutre, exploré ses pleins et ses déliés, prise... Pour ne plus la lâcher...

Elle... écrivait... écrivait...

Ecrire

Posté par Eronaute à 08:30 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 29 août 2008

Dans la cabine de l'Amiral...

Regarder la statuette une première fois.

Elle a germé dans une poignée de terre pressée moulée façonnée au creux d'une paume. Matière. Pétrie durcie beige rosée. J'effleure le bloc d'argile friable j'éprouve du bout des doigts sa consistance crayeuse je glisse mon regard dans les contours animés de la pierre. Evocation d'une forme. Bouquet de courbes esquissées une fleur rustique séchée hérissée d'esquilles...

Regarder la statuette, une deuxième fois.

Je reprends la statuette la pose devant moi la regarde la contemple la fixe et me perds dans l'éternité floue de sa matière... Comme on vide un mot de son sens à force de le répéter. Elle vole en éclats poussière de brume évanescente nuée fugace de falun dispersé par la vague sur le rivage des formes. Je vois une torsade vaporeuse aux volutes roses de sable une spirale de grains de lumière creusée d'ombre...

Regarder encore la statuette

Je caresse et je sculpte l'argile. Agile

Calamite et kaolin, marne et terre de glaise

D'esquille en éclat  j'esquisse  j'ébauche

Gauche

Nuage de rose et lilas

Vapeur d'églantine

Statuette de brume

Nue

Posté par Eronaute à 08:00 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

vendredi 11 juillet 2008

Logement d'appoint (4)

La scène s'est figée, nimbée d'un léger flou artistique…

Scène banale, au demeurant. Deux femmes, un homme prenant un verre et bavardant de manière anodine… Une banalité que notre nudité ne semble pas égratigner. Je ne suis pas sûr d'avoir un jour imaginé une telle situation ! Deux femmes et un homme donc, nus et prenant un verre… Sur le vaste canapé grenat, Judith dont le serre-taille surligne de blanc la fente brun-rosé de son sexe lisse, et Elsa, poupée de porcelaine immaculée, n'était le triangle noir de son buisson… Elles devisent avec un naturel déconcertant… Ne me reste donc qu'à jouer le jeu de la rencontre mondaine, bien décidé que je suis à ne laisser rien paraître d'un trouble grandissant.

Et curieusement, cette ceinture habilement posée par Judith comme une entrave à mes élans naturels m'y aide… Amarré contre mon ventre, mon sexe qui commençait tout à l'heure à se tendre, vaguement agressif et totalement impudique, semble rangé au rayon des accessoires ! Turgescent certes, mais discret sous la boucle métallique, il ne me préoccupe guère me laissant une liberté de mouvements inattendue.

- Nous avons… commence Elsa dans un murmure soyeux…
- Elsa pensait, poursuit Judith avec un grand sourire…

Posté par Eronaute à 12:31 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [3] - Permalien [#]

== Publicité ==


« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »