Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

vendredi 9 octobre 2009

Le chasse-marée

Basse-mer...

- Je suis atterrée, G ! Et terrifiée aussi, pour faire bonne mesure... Accablée, terrorisée et puis je ne sais quoi d'autre, mais je le suis, croyez-moi ! Et n'essayez surtout pas de me consoler, ni de me plaindre...
Impermanence- Mais je n'ai encore rien dit, Sophie...

Ses lèvres tremblaient un peu. Nous étions chez elle, sous la véranda qui donne sur la mer. Refuge douillet mais ouvert aux mystères du large, à l'angoisse du vide et du temps qui passe sans nous le dire. Au loin là bas, un soleil automnal refusait de mourir, éclaboussant encore l'horizon de rayons rouges et or désespérés... Dans la lumière moribonde, Sophie m'apparaissait irréelle, splendide, magnétique à force d'être désirable. Comme hier, comme toujours...

- Vous n'avez encore rien dit, peut-être, mais je vous connais : vous allez trouver le moyen de me faire fondre et je vais oublier les raisons de ma dépression !
- Eh bien je ne vous console pas, je ne vous plains pas, mais dites-moi au moins ce qui vous arrive...
- Je vieillis ! Voilà ce qui m'arrive... Je vieillis et c'est une catastrophe : je grossis, je m’empâte, j'ai des vergetures ici ou là, ma chair est flasque, mes rides se creusent, mes seins tombent...
- Vos seins tombent ?! Vous voulez rire ou quoi ?
- Si ! Ils tombent… Et ils sont mous, c'est une horreur. Regardez...
D'un geste théâtral elle avait ouvert son chemisier sur sa poitrine nue, ferme, admirable, vivante. Sa peau douce et ambrée jouait si bien des reflets cuivrés du couchant que le soleil, un instant, suspendit sa course...

- Et puis bon, je suis obligée de porter des lunettes...
- Mais vous avez toujours porté des lunettes, Sophie !
- Oui, mais non !
- Ah...

Elle regardait la mer...
Silhouette dorée découpée sur le petit théâtre de l'estran que grignotait le flux du montant. Les vagues inlassables poursuivaient leur entreprise, apportaient et retiraient leur comptant de minuscules charognes marines, de putréfaction, de vie et de mort... Erosion, lente transformation, impermanence...

- Vous savez quoi, G ? La mer, c'est la vie autant que la mort... Le matin tôt, quand la plage est déserte, je descends me baigner nue et je me prends parfois pour un cadavre que la marée va reprendre pour nourrir un peu de vie, ailleurs...
Elle avait en parlant laissé glisser son chemisier puis sa jupe, qui s'étalait maintenant en corolle  sombre autour de ses pieds, puis sa culotte...
- Voyez comme je suis, G...
- Toujours la même, Sophie... Délicieuse…
- Oui, mais... Vous pourriez me désirer encore, parfois, de temps en temps, à l'occasion, en rêve ou pour de vrai ?
- Venez là, So...
- Oui, mais...

Haute mer. Beaucoup plus tard...
Sur la plage, à la limite des vagues...

- C'est terrible ça... Quand je te suce j'aime bien voir...
- Normal, non ? Moi aussi, quand je te...
- Oui, mais...
- Quoi encore ?
- J'ai laissé mes lunettes là-haut. Tu vois bien que je vieillis...

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mercredi 3 juin 2009

Sophie : la genèse (réédition)

C'est vrai qu'ici, je raconte tout dans le désordre.
Il n'y a pas d'avant ni d'après : il n'y a que du présent...
Il y a pourtant un début à tout ! Comme pour Sophie par exemple. Une histoire qui ne date pas d'hier...

___

Un amphi bondé ce matin là, surchauffé, et je me trouve une place dans les dernières travées, tout en haut, agréablement pressé contre une "presque-Antillaise" que je ne connais pas. Je dis "presque" Antillaise à cause de son teint café-crème que démentent curieusement des yeux clairs...  Des îles en tout cas, ou pas loin ! Elle prend des notes en regardant le prof par dessus ses lunettes rondes, tire un peu la langue et souffle sur ses cheveux qui lui mangent le visage... Chaque fois qu'elle bouge, ça sent le blues et le patchouli. Je crois bien qu'elle a les yeux bleus ! Je pense à Janis Joplin...

"... et brûler son soutien-gorge sur la place publique, vocifère d'un coup le prof de socio, ne relève que d'une conduite magique destinée à vous affranchir de nos peurs de l'indifférence..." Un ange passe, volant de concert avec quelques mouches et ma voisine s'agite soudain, murmure entre ses dents "Ah, le con !", se contorsionne curieusement, s'affaire sous son t-shirt et exhibe sous mes yeux, le sortant par une manche, son soutif  blanc façon Huit de Dim. Légère agitation dans l'entourage d'où fuse un "Oh, merde !" anonyme et admiratif... Pour ma part, bouche bée et stylo dressé, lorgnant franchement sur le T-shirt généreux de la Joplin, je me demande comment un si petit bout de tissus pouvait contenir une telle paire de seins...

"Mademoiselle ! Vous auriez peut-être une réflexion à nous faire partager ?" dit le sociologue... Surprise, la courageuse ne trouve qu'une solution pour se donner une contenance : elle me refile le soutien-gorge que je fais prestement disparaître dans mon sac.

Certains cours légèrement soporifiques se terminaient parfois dans un tumulte aussi spontané qu'inattendu : sortant de l'hypnose, nous reprenions contact avec la vraie vie, oubliant provisoirement ce qui avait pu se passer pendant deux heures. Ce fut le cas, ce jour là, où la course au resto U me fit perdre de vue ma voisine.

Début de soirée dans ma chambre de 9 mètres carrés à la Cité universitaire... On frappe, la porte s'ouvre : c'est elle !

- C'est pour mon... Tu me rends mon soutien-gorge ?

Elle referme la porte. Un peu gênée tout de même. Pas tant que moi qui fouille dans mes affaires pour en extraire l'objet oublié que je lui tends, du bout des doigts...

- C'est que, bon... J'en ai pas beaucoup, alors...

- Remarque, lui dis-je, ne faisant pas là preuve d'une très fine imagination, je ne trouve pas que tu en aies réellement besoin !

Son pull en témoigne par un gracieux renflement ponctué par ses deux mamelons en goguette. Je me surprends à penser que le frottement de la laine sur sa peau nue... Bref !

- C'est malin ! Ceci dit, je vais le remettre ici parce que dehors, tu vois, tu comprends ?

Je comprends... Ce que je comprends aussi c'est qu'elle va faire ça devant moi, sans se poser de question. Croisant les bras devant elle, saisissant son pull par le bas, elle le relève et le retire me dévoilant des seins somptueux dont les aréoles larges, rondes et brunes me regardent droit dans les yeux...

- Heu, dis-je...

- Quoi, dit-elle ?

- ... Rien... Tu veux un café ?

- Je veux bien... Attends, je remets mon...

- Non !

- Quoi, non ?

- Non, tu ne remets pas ton... Ça te gêne ?

- Heu... Non !

On reste là plantés un instant, un peu benêts l'un et l'autre puis elle ajoute :

- On s'était pas encore vus toi et moi ?

- Non...

- C'est drôle...

- Quoi ?

- Eh bien... Tu n'es pas vraiment un canon, tu n'es pas mon type de mec, ça fait déjà dix minutes que je me demande pourquoi je suis venue...

Je lui tourne le dos. Je m'affaire auprès de la cafetière électrique, je verse du café à côté, je laisse tomber le sucre et les petites cuillères...

- Et ?  dis-je vaguement agacé...

- Et... Tu me plais bien...

Je me retourne brusquement, la bouscule et lui renverse le café sur son jean. Nous sommes à deux centimètres l'un de l'autre. Plus exactement, nos lèvres sont à deux centimètres... Le reste touche, évidemment ! Ses seins langoureux se pavanent sur mon T-shirt... Et elle a réellement les yeux bleus !

- Ton jean... Désolé !

- Pas grave ! Toute façon, j'aime pas être à moitié nue...

Et le jean glisse...

- C'est peut-être le moment de me dire comment tu t'appelles, murmure-t-elle en saisissant ma ceinture...

- G. Et toi ?

- Sophie...

"L'AUTOMNE DE SOPHIE"

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lundi 25 mai 2009

En toute simplicité

J'ai reçu hier un mot de Sophie...
Avec son autorisation - en fait, elle me l'a fortement suggéré, attendant je suppose nombre de commentaires susceptibles de l'éclairer -  je publie ici un extrait de sa lettre...

Très Cher G.

C'est un rêve étrange la nuit dernière qui m'a permis de réaliser à quel point je suis habitée par un fantasme auquel je n'accordais jusqu'à présent que peu d'importance : l'insolite nudité d'un homme dans un contexte banal de la vie quotidienne...

Voici, en deux mots : une de nos soirées chez moi, apéritif voluptueux, musique sensuelle, badinage philosophique décadent et petit repas fin agrémenté de ce jeu coutumier de séduction auquel nous nous livrons toujours vous et moi... Rien de très spécial n'est-ce pas, sauf que vous étiez entièrement nu alors que je portais, sur une lingerie prune, ma petite robe lilas, celle des grandes occasions et que vous aimez tant. Vous étiez nu mais vous auriez pu être en complet veston ou en smoking que la situation n'aurait pas été plus naturelle ! Et c'est justement le naturel de cette nudité, incongrue en la circonstance, qui me met dans tous mes états et constitue le fond de ce fantasme...

Je vous observais, et je notais au fur et à mesure les différentes postures et formes de votre sexe, fonction de votre humeur et de vos pensées les plus secrètes, jusqu'à me persuader que votre fourniment me permettait de lire en vous ou du moins, d'apprécier différemment ce que vous me disiez !

J'étais au réveil très excitée, tout autant qu'intriguée par mon excitation ! Je réalisais que depuis le jour où pour la première fois et par pure provocation, je m'étais dévêtue devant vous, je n'avais cessé de désirer voir votre queue dans les circonstances les plus diverses, flaccide ou turgescente, au repos ou en alerte ou encore, prise de cette semi-bandaison que j'aime tant...

Je sais bien que je ne vous ai jamais parlé de cette inclination particulière. Et il est vrai que je rougis maintenant de l'audace qui me prend à vous l'écrire ainsi... Cela me dispensera d'avoir à vous le dire la prochaine fois que nous nous verrons : certes, vous ne m'avez jamais privée du spectacle de votre bâton de maréchal, mais voyez-vous très cher G, j'adorerais, vraiment j'adorerais que vous veniez dîner un de ces soirs, simplement vêtu de votre eau de toilette alors que je m'habillerai moi, comme pour un soir de fête...

...

Vôtre,
Sophie

Ma réponse :

Disons jeudi soir... Cela vous va ?
J'apporterai le dessert...

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jeudi 4 octobre 2007

Allons bon !

A sa demande, j'ai rejoint Sophie au Prélude, l'autre soir…

- Et vous n'avez pas eu un seul instant l'idée qu'elle se mettait à votre disposition ?
Affalés dans un profond "Chesterfield", nous sirotions notre inévitable Lavagulin. Lovée contre moi, elle m'agaçait de sa robe qu'elle ne cessait de remonter sur ses cuisses ambrées prenant un soin exquis à ne découvrir le haut de ses bas que de quelques centimètres, à deux doigts des dentelles de son shorty.
- A ma disposition ? Je crois plutôt qu'elle n'attendait que je la baise, ma Chère…
- Quel langage ! Et quelle erreur, mon ami ! Quelle erreur… Vous inviter à lui faire l'amour sous le prétexte d'un désir ancien n'était qu'une façon de vous montrer qu'elle pouvait être votre "chose", que vous pouviez en disposer, la prendre à votre guise… Je note cependant que vous avez inconsciemment compris son message : ne lui avez-vous pas dit "Et ce sera comme je veux" ?

Sophie ne se trompait peut-être pas… Il y avait eu avec Delphine cet étrange moment de pure perversité. Sa robe troussée, sa culotte descendue jusqu'à ses pieds… Et le plaisir que j'avais eu de la contraindre à ne se satisfaire que de mes caresses…
- Admettons… Mais pourquoi me dire ça ?
- Histoire de vous ouvrir de nouveaux horizons ! Vous souvenez-vous de Sylvie ? Cette fille qui vous assiégeait, il y a quelques années, qui passait des heures chez vous sous prétexte de rattraper des cours en retard… Et de ce jour où elle a débarqué alors que j'étais là ? Elle portait un infâme tee-shirt vert pomme...

... Et Sylvie ne portait rien sous son infâme tee-shirt vert pomme. Hormis ses seins généreux et fermes qui pointaient avec arrogance tandis que son encolure trop large laissait penser qu'ils allaient se répandre, d'un instant à l'autre, s'offrir à l'admiration de tous. Comme toujours, Julie était adorable… Attentive à tous mes gestes, au moindre de mes besoins, cherchait mes notes, préparait le thé…
Et soudain… "Retirez votre tee-shirt, Sylvie !" avait dit Sophie… Je me souviens encore du regard de la fille : à la fois gourmand et affolé. "Mais, Sophie… Enfin, Sophie…" avait-elle tenté... "Retirez vos tee-shirt" répéta Sophie d'un ton glacial, "Vous mourrez d'envie que l'on vous utilise, que l'on se serve de vous n'est-ce pas ? Alors montrez vos seins à Monsieur G, cela ne lui déplaira pas !" Surprenante formulation qui en un instant me transforma en je ne sais quelle autorité à ne contrarier sous aucun motif... Plus surprenants encore, le visage de Sylvie soudain empreint d'une authentique humilité et ses yeux, qu'elle baissait modestement. Elle vint se poster devant moi et sans autre manière retira son débardeur qu'elle jeta négligemment sur une chaise... Je crus voir ses seins frémir quelques secondes, comme deux flancs de gelée anglaise... Un ange passa, pour se rincer l'oeil sans doute...
"Eh bien G, dites quelque chose !" Sophie dégustait son thé et croquait un biscuit dont deux infimes débris restaient accrochées à ses lèvres. "Oui, bien sûr... Sylvie, ne reste pas plantée là ! Sers-moi donc une tasse. Et... tiens-toi droite que diable !" Elle sursauta : "Oui Monsieur. Si cela vous fait plaisir..." Elle allait s'exécuter lorsque : "Sylvie, viens ici..." Elle fit volte-face dans un harmonieux frémissement de chair dorée. "Oui ?" dit-elle baissant encore les yeux... De mes deux mains je lui pris les seins pour les caresser assez fermement et je vis ses tétons se dresser si effrontément que je ne sus résister : je les pris l'un et l'autre entre le pouce et l'index et les lui pinçais... "Ah !" fit-elle, charmante...

- Et lorsque qu'elle vous a apporté votre thé, vous lui avez demandé de tremper ses bouts de seins dans votre tasse, ajouta Sophie...
- Non ! Je n'ai pas fait ça ?
- Mais si, souvenez-vous. Sous prétexte que cela leur donnerait des couleurs !
- Mais enfin, pourquoi évoquez-vous cette histoire ?
- Simplement pour attirer votre attention sur le fait que si j'ai su à l'époque détecter la soumission naissante de cette fille, je suis capable d'en dire autant pour Delphine aujourd'hui...
- Non !
- Mais si...

Pensivement, je considérais le fond de mon verre vide et tandis qu'avec beaucoup d'à propos je me disais in petto "Eh bien, eh bien, eh bien..." j'entendis vaguement Sophie poursuivre sa pensée et conclure : "Et puis, bon... Elle ne me déplaît pas du tout cette petite..."

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jeudi 8 février 2007

Cours de socio

Cette histoire ne date pas d'hier...

Un amphi bondé ce matin là, surchauffé, et je me trouve une place dans les dernières travées, tout en haut, pressé contre une "presque-Antillaise" que je ne connais pas. Je dis "presque" Antillaise à cause de son teint café-crème que démentent curieusement des yeux clairs et une chevelure ondoyante...  Des îles en tout cas, ou pas loin ! Elle prend des notes en regardant le prof par dessus ses lunettes rondes, tire un peu la langue et souffle sur ses cheveux qui lui mangent le visage... Chaque fois qu'elle bouge, ça sent le blues et le patchouli. Je crois bien qu'elle a les yeux bleus ! Je pense à Janis Joplin...

"... et brûler son soutien-gorge sur la place publique, vocifère d'un coup le prof de socio, ne relève que d'une conduite magique propre à nous affranchir de nos peurs de l'indifférence..." Un ange passe, volant de concert avec quelques mouches et ma voisine s'agite soudain, murmure entre ses dents "Ah, le con !", se contorsionne curieusement, s'affaire sous son t-shirt, et exhibe sous mes yeux, le sortant par une manche, son soutif  blanc façon Huit de Dim. Légère agitation dans l'entourage d'où fuse un "Oh, merde !" anonyme et admiratif... Pour ma part, bouche bée et stylo dressé, lorgnant franchement sur le T-shirt de la Joplin, je me demande comment un si petit bout de tissus pouvait contenir une telle paire de seins...

"Mademoiselle ! Vous auriez une réflexion à nous faire partager ?" dit le sociologue... Vaguement surprise, la courageuse ne trouve qu'une solution pour se donner une contenance : elle me refile le soutien-gorge que je fais prestement disparaître dans mon sac.

Certains cours légèrement soporifiques se terminaient parfois dans un tumulte aussi spontané qu'inattendu : sortant de l'hypnose, nous reprenions contact avec la vraie vie, nous affranchissant peu ou prou de ce qui avait pu se passer pendant deux heures. Ce fut le cas, ce jour là, où la course au resto U me fit perdre de vue ma voisine.

Début de soirée dans ma chambre de 9 mètres carrés à la Cité universitaire... On frappe, la porte s'ouvre : c'est elle !

- C'est pour mon... Tu me rends mon soutien-gorge ?

Elle referme la porte. Un peu gênée tout de même. Pas tant que moi qui fouille dans mes affaires pour en extraire l'objet oublié que je lui tends, du bout des doigts...

- C'est que, bon... J'en ai pas beaucoup, alors...

- Remarque, lui dis-je, ne faisant pas là preuve d'une grande et fine imagination, je ne trouve pas que tu en aies réellement besoin !

Son pull en témoigne par un gracieux renflement ponctué par ses deux mamelons en goguette. Je me surprends à penser que le frottement de la laine sur sa peau nue... Bref !

- C'est malin ! Dis donc, tu permets, je vais le remettre ici parce que dehors, tu vois, tu comprends ?

Je comprends... Ce que je comprends aussi c'est qu'elle va faire ça devant moi, sans se poser de question. Croisant les bras devant elle, saisissant son pull par le bas, elle le relève et le retire me dévoilant des seins somptueux dont les aréoles larges, rondes et brunes me regardent droit dans les yeux...

- Quoi, dit-elle ?

- ... Rien... Tu veux un café, que je lui dis la voix un peu rauque...

- Je veux bien... Attends, je remets mon...

- Non !

- Quoi, non ?

- Non, tu ne remets pas ton... Ça te gêne ?

- Heu... Non ! On s'était pas encore vus toi et moi ?

- Non...

- C'est drôle...

- Quoi ?

- Eh bien... Tu n'es pas vraiment un canon, tu n'es pas mon type de mec, ça fait déjà dix minutes que je me demande pourquoi je suis venue...

Je lui tourne le dos. Je m'affaire auprès de la cafetière électrique, je verse du café à côté, je laisse tomber le sucre et les petites cuillères...

- Et ?  dis-je un peu agacé...

- Et tu me plais bien...

Je me retourne brusquement, la bouscule et lui renverse le café sur son jean. Nous sommes à deux centimètres l'un de l'autre. Plus exactement, nos lèvres sont à deux centimètres... Le reste touche, évidemment ! Ses seins langoureux se pavanent sur mon T-shirt... Et elle a réellement les yeux bleus !

- Ton jean... Désolé !

- Pas grave ! Toute façon, j'aime pas être à moitié nue...

Le jean glisse... Merde ! Elle est magnifique ! C'est pas vrai...

- C'est peut-être le moment de me dire comment tu t'appelles, murmure-t-elle en saisissant ma ceinture...

- G. Et toi ?

- Sophie.

"L'AUTOMNE DE SOPHIE"

Posté par Eronaute à 08:30 - 3 L'AUTOMNE de SOPHIE - Commentaires [5] - Permalien [#]
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mercredi 18 octobre 2006

18 octobre - Des ronds dans l'eau

Marcher à ses côtés est un plaisir, depuis toujours...
Elle s'accroche à mon bras, comme une nef délicate à son remorqueur, et se fait aussi légère qu'un frêle esquif ballotté par le flux de la foule. Je ne connais pas d'intimité aussi complète, ou secrète, que celle-là, au milieu des autres, lorsque je sens sa chaleur traverser nos vêtements, que nos pas s'accordent, hanche contre hanche et que le temps ralentit sa course... Parfois sa tête s'incline un peu, frôle mon épaule, et son "Ivoire" revient encore agacer mes narines et mes sens...

- Vous avez bien failli déclencher une émeute avec votre "Pavé dans la mare"!

C'est vrai ! Avertie de mes égarements faussement littéraires, Sophie lit maintenant mon blog avec assiduité.
- Vous auriez pu me laisser un commentaire...
- Ah, non ! C'est bien assez que vous m'y mettiez en scène pour que je n'aille pas m'exhiber un peu plus. Débrouillez-vous donc tout seul avec votre fan-club !

Y aurait-il un brin de jalousie dans cette remarque ? Sophie ne me laisse même pas le temps de réfléchir...
- Ce qui m'étonne cependant, poursuit-elle, c'est l'application de certaines de vos lectrices à ne pas vouloir lire vraiment et ne pas faire la part d'un second degré, tellement épais soit dit en passant mon cher G, que ce ne sont plus des ficelles que vous utilisez mais des haubans ! Mais d'accord... Admettons que vous vous deviez de rester simple ! A part cela, seule l'intervention de votre contradictrice donne de l'importance à un texte qui n'en a aucune...

... Sans doute ! Sauf peut-être pour son auteur qui, le temps de l'écrire, se donne l'illusion de hurler devant une sinistre banalité, celle du temps qui passe.
- Asseyons-nous...

Le Jardin des plantes est presque désert. Sophie me montre un banc, s'y installe, m'attire contre elle...
- Savez-vous... Les femmes se donnent des airs en prenant de l'âge. Et je sais de quoi je parle !

Elle a retiré ses lunettes pour me regarder de plus près. Ses petites rides au coin de ses yeux bleus lui donnent un sourire de 20 ans. Ses yeux ne changent pas ! Elle ne change pas d'ailleurs, puisqu'elle m'entraîne avec elle depuis toutes ces années, amie, amante, maîtresse... Précieuse, éternelle... Et me donne un baiser qui me porte loin, hors du temps. Elle se lève et s'approche du grand bassin...

Elle s'est baissée pour ramasser des cailloux, les lance dans l'eau dérangeant ainsi les reflets du couchant, considère pensivement les ronds à la surface. Un coup de vent soulève sa jupe. Elle rit, laisse l'étoffe caresser ses cuisses...
- Le drame, me dit-elle, mais vous le savez aussi bien que moi puisque c'est cela que vous dites dans votre billet, c'est que beaucoup de femmes croient devoir se donner une conduite après quelques années... Et là où l'on voit une indifférence pour la séduction et le désir, il n'y a qu'une attitude sociale : la même qui faisait dire à nos mères que les femmes mariées devaient couper leurs cheveux ou qui les empêche aujourd'hui de montrer leurs jambes... Qu'elles ne se plaignent pas d'être prises pour ce qu'elles ne sont pas réellement... Vous aimez ma jupe ?

...

Plus tard... Un visage dans le clair-obscur d'une bougie, des froissements de draps, un murmure...
- Vous lisez encore Michel Houellebecq ? Moi ça fait longtemps que je me contente de ses qua... trièmes de couverture, quand... quand  j'ai le temps ! Mais... mais que faites-vous enfin ? Oh ! Ohoui... Mais... Vous n'écri... rez pas cela, n'est-ce pas ! Oui... Tu...

Posté par Eronaute à 10:00 - 3 L'AUTOMNE de SOPHIE - Commentaires [4] - Permalien [#]
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mercredi 9 août 2006

Abîme

- Ne me dites pas que vous que vous racontez nos histoires sur votre blog...

- Eh bien... Si ! Je vous le dis.

- Mais... Même nos...

La surprise de Sophie m'amuse. Surprise teintée d'incrédulité puis d'effarement jusqu'à ce que je reconnaisse à un certain plissement de son nez l'intérêt qu'elle porte à tout ce qui peut être tant soit peu croustillant. D'un air innocent, elle croise ses jambes bien haut, lisse sa jupe pour la remonter aussitôt sur ses cuises et me regarde par dessus ses petites lunettes.

- Mais enfin nous ne sommes plus... Nous n'avons plus... depuis des années !

- Qu'est-ce que cela change ? Sans compter que vous semblez oublier nos conversations régulières généralement bien orientées, vos propos à double sens et même, souvenez-vous, des épisodes comme celui de votre véranda  il y a peu... (*)

- Vous avez osé ? Mais ce n'était qu'une expérience !

- Une expérience ? Moi j'appelle cela une fellation. Tellement réussie d'ailleurs que vous avez joui avant moi, sans me donner le temps de vous prodiguer la moindre caresse...

- C'est que... Mais cessez enfin ! On va vous entendre... Et vous avez aussi écrit ça ?

- Non. Je me suis arrêté avant ! Il n'est pas toujours nécessaire de donner toutes les précisions. Vous savez bien que quelques suggestions suffisent pour rendre compte d'un émoi même passager. Croyez-vous, si je voulais décrire cette scène, qu'il me faudrait dire que vous rougissez un peu, que vous vous trémoussez sur votre siège, que vous croisez et décroisez sans cesse vos jambes en me laissant voir votre petite culotte ? Faudrait-il nécessairement que j'ajoute que votre chemisier s'est ouvert sur vos seins et que vous ne portez jamais de soutien-gorge ?

Les joues en feu, Sophie se trémousse sur son siège. Elle croise et décroise encore ses jambes me laissant brièvement entrevoir sa culotte blanche tendue sur la courbe de sa motte... Dans son agitation elle a laissé s'entrouvrir son chemisier qu'elle porte sur des seins à faire pâlir une minette de vingt ans !

- Et j'imagine bien sûr que vous avez des lecteurs... Et des lectrices, évidemment, qui s'identifient, fantasment ou même pire... Et si on me reconnaissait ? Vous y avez pensé ? Si on reconnaissait vos personnages !

- Mais non ! Vous savez, la réalité toute crue est souvent trop banale pour être écrite. C'est l'idée que l'on s'en fait qui la rend extraordinaire... Je modifie quelques détails dans mes textes. Je change les prénoms...

- Et je m'appelle comment dans vos histoires ?

- Rassurez-vous, Sophie. Je vous appelle Sophie...

(*) Voir "Juste un verre"

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jeudi 18 mai 2006

Juste un verre

"Un scotch ? Chez moi ? Juste un verre… Lundi soir prochain, je vous attends…"

C’est par ce laconique SMS que Sophie se manifesta dernièrement. Le ton, du moins ce que me donnait à entendre cette économique douzaine de mots, me laissait penser que le moral était bon mais qu’elle avait à me faire une urgente révélation.
A deux pas de la mer, sa maison semblait veiller depuis toujours à la régularité des marées normandes. J'entrai donc ce soir là dans le vaste salon anglais peuplé de bougies vacillantes et qui se poursuivait, donnant sur la plage, par une véranda envahie de plantes vertes. Tout cela sentait l'ambre ou le musc, parfois le patchouli… Au milieu de coussins abandonnés sur le sol, Sophie glissait comme une ondine, vêtue d’une fine chemise indienne tout droit sortie des années 70…

- Un scotch, me dit-elle en me présentant un verre…

Mes doigts frôlèrent les siens, s'attardèrent sur cette douceur passée. Ses yeux incroyablement bleus me fixaient par-dessus ses petites lunettes ; elle me rappelait Janis Joplin ! Puis elle trempa ses lèvres dans le whisky me gratifiant de l'immanquable grimace qu'elle avait lorsqu'elle buvait "notre" Lagavulin

- Vous aimez toujours autant, lui dis-je… Vos efforts sont louables !
- Cessez donc de vous moquer… Venez vous asseoir !

Elle me montrait sous la véranda un sofa sans âge où elle s'étendit avec nonchalance, révélant innocemment sous sa chemise un peu de sa peau dorée, tapotant à côté d'elle d'une main paresseuse la place qu'elle me destinait… Je fus soudain captif de sa bulle parfumée, de son "Ivoire" de Balmain qu'elle portait depuis des années, de son indicible sourire.

- Vous vivez assez bien votre célibat forcé, dis-je pour sortir du vertige qui me prenait…
- Fort bien ! Vous n'imaginez pas… Je n'imaginais pas moi-même d'ailleurs à quel point cette liberté pouvait être agréable… Pensez : qui je veux, quand je veux !

C'était donc ça… Elle allait une fois encore me conter par le menu sa dernière aventure, sa dernière conquête, et finir en se plaignant de ne jamais trouver l'amant idéal.

- Je m'accommode avec une certaine volupté de ce désir permanent et de sa satisfaction ponctuelle, ajouta-t-elle sentencieuse. Je gère mes fantasmes, j'en invente de nouveaux… A ce propos…

Son regard me mit en alerte. Elle rassembla ses jambes sous elle, se pencha vers moi… Elle avait subrepticement posé sa main sur mon genou, comme une vieille amie qui peut tout se permettre.

- Vous savez, j'ai retrouvé le goût de choses simples. De ces petites choses que l'on fait par habitude entre amants, étapes successives du désir qui croît mais sur lesquelles on ne s'arrête que rarement… Vous voyez ?

Je ne voyais pas très bien encore mais je sentais sa main fiévreuse qui montait sur ma cuisse, je sentais jusqu'à l'ivresse proche le parfum tiède et doux qu'exhalait son décolleté en désordre…

- Ces… Ces choses que l'on pratique, ces caresses… Il m'arrive de ne plus penser qu'à ça, de ne plus vouloir que ça… Disposer d'un homme et le… le… juste ça… Vous comprenez ?

Sa main glissait encore… Je n'entendis plus bientôt qu'un indistinct murmure et le ressac de la mer sur la plage. Il y eut le crissement d'un zip que l'on défait, quelques froissements et comme un soupir d'aise de Sophie qui ne disait plus rien…
Je contemplais la pleine lune à travers mon verre où frissonnait le whisky vieil or aux reflets ambrés… Je bus une gorgée de mon Lagavulin qui révéla au nez quelques notes animales, puis une bouche marine, tourbée, sur fond de réglisse, à la finale fumée, finement boisée…

Je fermai les yeux…

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jeudi 2 mars 2006

Gourmandise

" Il faut que je vous voie... Que je vous parle… Demain ? Quinze heures ? Au Prélude ? C'est d'accord… "

Je n'ai pas eu le temps de lui dire oui. Ni de lui dire non d'ailleurs. Ce n'était pas une invitation… J'ai donc revu Sophie, au "Prélude"... son allure affairée de fourmi mutine, ses drôles de petites lunettes hexagonales… son sourire lumineux qui cachait mal, pour une fois, cette tristesse sourde que je lui connais, toujours prête à fondre comme un gros nuage noir sur son automne radieux…

- C'est dramatique G ! Je suis seule…

- Comment cela ? N'aviez-vous pas, aux dernières nouvelles, au moins trois amis très attentionnés ?

- Deux ! Vous exagérez toujours. Je ne les ai plus… Le plus âgé m'a quittée pour une gamine qui n'a même pas de fesses. Pour ce qu'il en ferait, de toute façon ! Et le plus jeune…

Elle tripotait pensivement la paille de son soda, jouant et tirant sur l'articulation en accordéon pour la redresser ou l'allonger, faisant glisser ses doigts le long de la tige. Je sentais qu'à poursuivre, elle allait m'agacer !

- Quoi, le plus jeune ?

- Eh bien, je l'ai renvoyé !

Après quatre maris, trois divorces, un veuvage et quelques galants, Sophie ne s'est jamais accommodée de la solitude. Tout de même, lorsqu'en septembre* je lui suggérais de prendre trois amants d'un coup, je n'imaginais pas qu'elle suivrait mon conseil à la lettre. Je me trompais…

- Renvoyé ? Ce blond sigisbée à l'œil clair et à la musculature avantageuse ? Mais il ne jurait que par vous, Sophie ! L'ardeur de ce jeune homme aurait dû vous combler. Sans compter sa voiture de sport, son bateau à Cabourg et...

- Disons que... Il n'était pas...

Elle hésitait, elle rosissait !

- Il était... il était trop... pressé, voilà !

Elle eut la moue d'une petite fille que l'on prend les doigts dans le pot de confiture mais qui se plaint de ne pas en avoir assez. Malgré son envie d'entrer dans les détails, elle se tut, posant longuement son regard sur moi. J'aurais pu lui demander ce qu'elle comptait faire à présent, chercher quelqu'un d'autre, revenir à d'anciennes amours plus sûres... Mais quelque chose de plus grave la préoccupait...

- Vous savez ce qui me manque le plus ?

Je m'abstins de toute plaisanterie trop alerte mais j'osai une allusion à notre passé tumultueux :

- Moi, sans doute ! Et nos escapades nocturnes... Mais dites moi.

- Juste une petite chose : un regard... Celui d'un homme qui me désirerait encore juste après m'avoir prise, et qui ne pourrait plus !

* Voir  "Sophie en septembre"

Posté par Eronaute à 12:59 - 3 L'AUTOMNE de SOPHIE - Commentaires [2] - Permalien [#]

samedi 11 février 2006

Sophie en septembre

"Vous pourriez peut-être me trouver un mari !"

Elle me regardait avec un sourire déconcertant. Derrière ses curieuses petites lunettes hexagonales qui lui donnaient un air de collégienne, ses yeux brillaient d'une malice gourmande et pourtant, elle était d'une gravité à fendre l'âme...

– Je vous aurais bien proposé de vous épouser dès demain matin, mais...
– Oui... Je sais. Vous êtes déjà pris !

Elle riait...

– Mais quel besoin d'aller vous embarrasser d'un mari... Vous n'êtes pas bien comme vous êtes ? Vous avez de l'argent, vous êtes libre comme l'air, entreprenante, séduisante...
– La solitude G ! La solitude...

Un chat noir passait entre nos jambes, allant de l'un à l'autre... La nuit s'étirait, douce pour septembre, et la terrasse n'était plus éclairée que par une bougie et les yeux de Sophie.

– Vous savez Sophie, à nos âges... Croyez-vous pouvoir faire entrer un homme à demeure sur votre territoire ? Et pensez-vous qu'il quitterait le sien ?

– Vous suggérez que je prenne un amant ?

– Pas un amant, Sophie... Trois ! Comprenez-moi bien : trois à la fois.

Il vous en faut un vieux, veuf si possible, pour les voyages, la romance, les week-ends à Cabourg et les cadeaux somptueux. L'argent, vous vous en moquez, vous en avez déjà... Mais prenez-le tout de même avec un compte en banque confortable ! Puis il vous en faut un jeune, pour rendre vertes de jalousie vos amies casées depuis trop longtemps avec un vieux barbon. Pour son ardeur de jeune homme aussi, et les folies libidineuses dont je vous sais capable... Le troisième, choisissez-le parmi les quadragénaires ! Marié de préférence : vous aurez ainsi vos samedi et vos dimanche. Il ne vous accordera qu'une nuit par semaine, quelques 5 à 7 que vous attendrez avec impatience et par ci par là, de courts séjours en pension de charme... Et il sera fou de vous !

Elle nous avait resservi d'autorité un grand verre de vin à chacun et buvait de façon charmante, le petit doigt levé délicatement. Elle avançait ses lèvres, on eût dit un baiser qu'elle aurait donné à la vie.

– Alors, Sophie, vous commencez par lequel ? Parce qu'il vous faut un peu d'organisation !

– Par... le vieux, peut-être... Oui... Un sexagénaire... Alerte et attentionné... Cabourg...

Quelque chose s'agitait entre ses mots.

Il y eut une légère brise. Doucement, son châle glissa , découvrant ses épaules ambrées. Je me levai pour le lui remettre, effleurant sa peau nue... Elle posa sa main sur la mienne et levant ses yeux vers moi :

– Mais vous n'êtes pas veuf, G ! Vous n'êtes pas veuf...

Posté par Eronaute à 00:06 - 3 L'AUTOMNE de SOPHIE - Commentaires [0] - Permalien [#]
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