dimanche 5 octobre 2014

La tentation du voyage

Illustration : Pierre-Yves Vigneron

 

Pulsations pulsations…
C’est le train de nuit
Cadence et vibrations
Pénombre bleutée, murmures froissés
Battements battements…
Vitre embuée.
Irréelles filent des ombres

Paysages insoupçonnés
Rêve d’ailleurs. Désir désir
Pulsations des chairs
Cadence, danse, danse
Éclat de tes yeux
Frissons pulsations
C’est le train de nuit !

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samedi 2 novembre 2013

Le jour des morts

Défunts

C'est devenu si compliqué avec toutes ces fêtes mortuaires qu'il convient de préciser !

  • 31 octobre : fête des zombies, c'est Halloween
  • 1er novembre : fête des saints, c'est la Toussaint
  • 2 novembre : fête des morts, jour des Défunts

Mais en gros, ils sont tous morts...

 

 

Amour éternel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo ci-dessus : squelettes tendrement enlacés découverts il y a quelques années en Italie. Leur baiser sans fin qui défie la mort daterait de 5 à 6000 ans. Record inégalé !

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samedi 14 septembre 2013

C'est la rentrée...

... Et les premiers matins frisquets !
Petite laine indispensable...

Petite laine

Hélas, on dit que les femmes sont moins sexy dans leurs gros pulls...

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lundi 8 octobre 2012

Lux vesperis

De minces rayons de soleil filtrent par les persiennes, bousculent des galaxies scintillantes de poussières en suspension et s'étalent en petites flaques dorées sur son ventre où perlent d'infimes gouttelettes brillantes de transpiration...

La tête légèrement inclinée, cheveux bruns en cascade sur les épaules, elle somnole sur le grand lit. Aux fenêtres, les longs rideaux de voile blanc faseyent mollement. D'une maison voisine s'échappe un air nostalgique, une mélodie jouée au piano... "India song", je crois... La vie s'écoule, paresseuse.

D'un doigt, je frôle son buisson aux reflets ambrés...
Elle frissonne.
D'un doigt, j'effleure la courbe de sa motte...
Elle soupire.

L'indistincte rumeur du bourg me parvient de la rue, de l'autre côté...
Un rire fuse, des ombres passent derrière les volets...
Une autre vie s'infiltre dans la chambre où s'arrête le temps...
D'un doigt je caresse la fente humide de Miriane...
Elle ne bouge pas. Il n'y a que sa main qui saisit ma verge.
Doucement.
Et qui me branle.
Doucement...

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vendredi 3 février 2012

Foufounes électriques

Longtemps absente, Sophie me donne de ses nouvelles et me suggère de vous en faire part en publiant sa dernière lettre. Alors voilà...

  • Pour mieux connaître Sophie : SOPHIE  

 

Très cher G,

Je sais que je suis avare de nouvelles...
Je ne vous oublie pas, cependant. D'autant moins ces derniers temps que je me prépare à revenir en Normandie où je compte vous revoir dès mon retour : j'ai tant de choses à vous raconter ! Mais la petite histoire qui suit pourrait bien paraître dès à présent sur votre blog que vous négligez trop à mon avis.

Figurez-vous qu'il y a quelques jours, j'ai fait la connaissance d'un charmant jeune homme répondant au doux prénom de Félix, qui s'est entiché de moi ! Mais de curieuse façon... Sachez d'abord que c'est un véritable géant d'au moins deux mètres, bâti comme un bûcheron. Cela m'a beaucoup amusée, du haut de mon petit mètre 65, et dès que je l'ai vu j'ai pensé (vous me connaissez) que si tout chez lui était en rapport avec sa taille, ce ne devait pas être triste. Et je vous le confirme : ce n'est pas triste du tout, c'est... Mais attendez la suite.

J'étais ce soir là au "Quai des brumes", un bar de la rue Saint-Denis, lorsque je l'ai vu débarquer en chaloupant vers moi comme un marin, m'apporter une bière et me draguer ouvertement dès les premiers mots ! C'est assez rare ici, où ce sont généralement les femmes qui prennent l'initiative, pour que cela m'ait un peu surprise. Quoiqu'il en soit, lorsqu'après cinq minutes il a posé une main sur mon genoux, son sourire naïf m'a désarmée et je l'ai laissé faire, de plus en plus tentée je l'avoue, de satisfaire ma curiosité pour ses proportions intimes... A peine le temps d'y penser, et sa main glissait gentiment sur ma cuisse, puis sous ma jupe.
L'affaire s'engageait donc assez bien, mais quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'il m'a déclaré tout de go qu'il me verrait bien en compagnie de son amie Clarisse sans laquelle, précisa-t-il, je ne saurais l'apprécier pleinement ! Et donc, il fallait absolument que je les retrouve le lendemain aux "Foufounes électriques", rue Sainte-Catherine... Etait-ce l'effet de la douce pression de ses doigts qui subrepticement se frayaient un passage jusqu'à ma petite culotte, celui de son sourire ou le renflement imposant de sa braguette ? Quelque chose m'a convaincue de dire oui... Alors, j'ai dit oui !

Vous connaissez les "Foufounes électriques" ? C'est un lieu très branché de Montréal à la décoration minimaliste, sombre et bruyant... On y joue toutes sortes de musiques, électro, punk, goth tout à la fois, et on y parle fort sans trop se soucier du voisin... Il m'a accueillie comme si on se connaissait depuis dix ans, me posant distraitement deux bises ambiguës, tout près de la bouche... J'adore ça, ces petits baisers qui n'ont l'air de rien et qui ne demandent qu'à glisser d'un centimètre pour vous échauffer les sens. Les miens pourtant n'en avaient pas besoin ! Je ne sais si leurs "foufounes" ont le même sens que chez nous mais la mienne, ou les miennes, me semblait branchée sur du 220 volts. Pas étonnant qu'il y ait surchauffe : ici on utilise le 110 ! Mon dieu, mais qu'est-ce que je vous raconte...
"Elle s'en vient, me dit-il ; Clarisse, elle arrive..." Et j'ai vu soudain une sorte de petit elfe blond sortir de la foule, se diriger vers nous, se planter devant moi puis me dévisager avec un sourire séraphique sous lequel je percevais néanmoins une gourmandise qui m'en disait long sur la libido de la demoiselle ! Ah, cher G. elle vous plairait, Clarisse ! Un tout petit quart de siècle... Menue, fine, blonde, le teint nordique, les yeux bleus, le sein haut perché, le ventre rêveur, la fesse irrésistible ! Je ne suis pas vraiment bi mais vous savez que je demande qu'à l'être et là, j'eus envie soudain de signer des deux mains et de mes lèvres, sur le parchemin délicat de son pubis... Je crois que j'ai rougi en y pensant ! L'instant d'avant, c'était la braguette de mon géant qui aimantait tous mes regards et maintenant, j'imaginais le pubis soyeux de cette fille, une longue fente rose et... "Alors ? Tu es Sophie ? Mon Félix m'a dit qu'on allait s'entendre tous les trois..."
Tous les trois ? Je m'interroge mollement parce que la voilà déjà qui vient s'asseoir sur mes genoux comme une vieille et tendre copine, babille des compliments sur ma tenue, entrouvre un peu mon chemisier et me susurre en me mordillant l'oreille : "J'ai hâte de voir tes beaux seins... J'en ai si peu ! Touche..." J'ai touché, rougissant de plus belle ; et c'était faux : elle en avait. Des seins menus, certes, mais fermes et pointus dont je sentais le téton durcir sous mes doigts... Et je me suis surprise à lui répondre : "Moi aussi tu sais, j'ai hâte..." Et puis tout est redevenu normal... Trois amis autour de quelques verres, placotant – c'est comme ça qu'ils disent – riant de rien et heureux de vivre. Mais du coin de l'œil, je guettais les genoux de Clarisse qui s'écartaient un peu plus chaque fois que je lui parlais. "On va chez moi !" a-t-elle déclaré sans prévenir. Ce n'était pas une question... Félix s'est levé et nous sommes parties dans son sillage...

C'est une sorte de loft dans un immeuble bas du 19ème, une ancienne fabrique. Une grande pièce centrale dont l'immense baie vitrée, voilée d'un grand rideau blanc donne sur la Sainte-Catherine Ouest. La nuit est tombée, la neige virevolte, légère et serrée. Il doit faire au dehors un petit moins 15, mais l'appartement est bien douillet, joliment aménagé dans un style contemporain que réchauffent de douces lumières ambrées nichées dans tous les coins...
Je me doute un peu de ce qui va se passer ici mais j'ignore complètement comment on va y venir ! Félix met de la musique, Clarisse a sorti du vin de Californie. Moi, je la regarde s'activer : on dirait un ange qui danse, une fée qui volette ici et là... "Faut te mettre à l'aise" me dit Félix. Et pour m'encourager il retire mon manteau, puis ma veste puis mon grand gilet... Je me dis que s'il continue, avec les couches que j'ai superposées, ça ne va pas être très sexy comme strip-tease ! Peut-être a-t-il deviné... Il se détourne, puis me raconte. "Clarisse et moi, on n'est pas vraiment ensemble, tu sais... C'est juste une association, dans certains cas..." Une association ? "Oui... Tu vois ma taille ? Je suis très... Vois-tu ?" Un long frisson me parcourt de haut en bas. "Clarisse et moi, c'est difficile... Elle est... Tellement frêle et... Vois-tu ?" J'entrevois. D'autant mieux qu'elle apparaît soudain toute nue, merveilleusement nue, menue et d'un blond si léger qu'on croirait sa vulve toute lisse. Délicate miniature de femme mais femme aux proportions idéales, aux courbes fragiles. Elle marche vers lui et pour défaire les boutons de sa chemise, se hisse sur la pointe des pieds : je vois saillir ses petites fesses musclées, je vois se creuser son ventre et la cambrure de ses reins, ce qui accentue étonnamment la fragilité de cette liane... Ses doigts fins courent sur l'étoffe puis sur l'immense torse de Félix, descendent jusqu'à sa taille, se jouent de la ceinture, ouvrent le pantalon pour nous livrer enfin notre géant, nu, immense, beau comme un dieu de l'Olympe, et doté d'un... "Oh... Mon dieu !"
Je ne l'ai pas seulement pensé : je crois bien que j'ai dit "Oh... Mon dieu !" C'était une queue divine. Enorme et divine parce que remarquablement dessinée, magnifiquement proportionnée. Elle oscillait entre ses jambes, encore pendante mais gonflée comme un petit pain doré ! Et d'une longueur… Je ne suis pas de celles (ou de ceux !) qui pensent que la taille fait quelque chose à l'affaire, mais je suis bien sûre que toute femme honnête nourrit en secret une curiosité gourmande pour ces pénis surdimensionnés. Parce que tout de même... Cette idée de se faire emplir toute entière, d'imaginer cette énorme verge douce et dure à la fois glisser en vous sans concession jusqu'au fin fond de votre antre, le forcer un peu... Et la tenir, la caresser, la sucer, la sentir gonfler, la voir se dresser... Car il ne bandait pas, le bougre ! Pas encore. Vous n'imaginez pas le désir que j'ai eu alors de la voir s'ériger, fière comme un obélisque ! Si bien que lorsque j'ai vu Clarisse, petite chose délicieuse se blottir contre lui puis saisir à deux mains ce sexe dont elle ne pouvait même pas faire le tour de ses doigts, j'ai cru défaillir de contentement...
Cela tenait d'une adorable monstruosité ! Je ne sais comment dire. Ce membre improbable, qui sous les caresses légères de Clarisse se dressait impérieusement... Je n'ai pas résisté à la tentation : j'ai rejoint le petit elfe et de nos quatre mains réunies, de nos langues et de nos bouches nous avons sculpté ce manche de chair palpitante dont le gland écarlate luisait, distendu...

J'ai su alors quel parti on pouvait prendre dans une association comme celle de Félix et Clarisse... Le géant et le lutin unis dans la seule satisfaction de leurs désirs ! Il était toujours debout lorsqu'il a saisi sa petite copine par la taille, l'a soulevée comme un fétu, l'a renversée tête en bas, dos contre lui, les genoux accrochés à ses larges épaules, disposant ainsi son entre-jambes au niveau de sa bouche... J'ai vu sa langue gougnotter la chatte de la fille, la lécher, l'ouvrir puis la pénétrer tandis que la petite, branlant la queue de notre homme la faisait aller et venir entre mes lèvres. Croyez-moi : je me suis aperçue alors que je ne pouvais en prendre qu'un petit tiers et qu'il en restait suffisamment pour que ma jeune partenaire la tienne à deux mains ! Ce faisant, je caressais tendrement ses seins qui dans cette position n'en étaient que plus tentants...
Je n'étais pas au bout de mes surprises. Félix m'a repoussée contre un mur où je me suis tenue debout sur une petite marche, cuisses écartées. Puis, délicatement, il a retourné Clarisse, la posant à califourchon sur son mandrin où elle a commencé à glisser d'avant en arrière, comme sur un rail... Je voyais son petit cul se trémousser, ses lèvres s'épanouir autour du membre tendu à l'horizontale et dont, délicieux détail, surgissant curieusement des fesses de la fille, il dépassait une portion suffisante pour que Félix m'y empale ! Agrippée à notre homme, l'entourant de ses cuisses, Clarisse faisait aller et venir sa chatte sur son rail de chair et se masturbait, prise en sandwich entre lui et moi ; mes doigts s'insinuaient où ils pouvaient ; Félix me baisait...

Plus tard, bien plus tard, Félix a eu l'élégance de nous laisser entre nous... Il devait se douter que nous avions hâte de faire plus ample connaissance, Clarisse et moi. Nous nous sommes remarquablement bien entendues : nous avons bu un peu de vin, grignoté quelques gourmandises puis ouvrant son grand lit pourvu de nombreux coussins douillets, Clarisse m'a invitée à la rejoindre... Ce fut délicieux ! Mais ce sont là des histoires de femmes : je ne vous les raconterai donc pas...

Je vous embrasse,
Sophie

PS : J'ai parlé de vous à Clarisse. Elle ne connaissait pas votre Journal... Elle vous écrira peut-être.

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jeudi 7 avril 2011

Embruns

Le temps d'un soupir, il y eut comme un parfum d'inconnu qui émanait des embruns.
Par vagues successives déferlaient des émotions insoupçonnées, ourlées d'une écume d'interdit.
"Insatiable, dit-elle en riant, je suis insatiable !"
Elle s'offrait aux caresses frissonnantes de la brise, soupirait d'aise aux effluves marins, espérait en secret qu'on la vît...
Captive, elle s'abandonna.

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vendredi 9 octobre 2009

Le chasse-marée

Basse-mer...

- Je suis atterrée, G ! Et terrifiée aussi, pour faire bonne mesure... Accablée, terrorisée et puis je ne sais quoi d'autre, mais je le suis, croyez-moi ! Et n'essayez surtout pas de me consoler, ni de me plaindre...
Impermanence- Mais je n'ai encore rien dit, Sophie...

Ses lèvres tremblaient un peu. Nous étions chez elle, sous la véranda qui donne sur la mer. Refuge douillet mais ouvert aux mystères du large, à l'angoisse du vide et du temps qui passe sans nous le dire. Au loin là bas, un soleil automnal refusait de mourir, éclaboussant encore l'horizon de rayons rouges et or désespérés... Dans la lumière moribonde, Sophie m'apparaissait irréelle, splendide, magnétique à force d'être désirable. Comme hier, comme toujours...

- Vous n'avez encore rien dit, peut-être, mais je vous connais : vous allez trouver le moyen de me faire fondre et je vais oublier les raisons de ma dépression !
- Eh bien je ne vous console pas, je ne vous plains pas, mais dites-moi au moins ce qui vous arrive...
- Je vieillis ! Voilà ce qui m'arrive... Je vieillis et c'est une catastrophe : je grossis, je m’empâte, j'ai des vergetures ici ou là, ma chair est flasque, mes rides se creusent, mes seins tombent...
- Vos seins tombent ?! Vous voulez rire ou quoi ?
- Si ! Ils tombent… Et ils sont mous, c'est une horreur. Regardez...
D'un geste théâtral elle avait ouvert son chemisier sur sa poitrine nue, ferme, admirable, vivante. Sa peau douce et ambrée jouait si bien des reflets cuivrés du couchant que le soleil, un instant, suspendit sa course...

- Et puis bon, je suis obligée de porter des lunettes...
- Mais vous avez toujours porté des lunettes, Sophie !
- Oui, mais non !
- Ah...

Elle regardait la mer...
Silhouette dorée découpée sur le petit théâtre de l'estran que grignotait le flux du montant. Les vagues inlassables poursuivaient leur entreprise, apportaient et retiraient leur comptant de minuscules charognes marines, de putréfaction, de vie et de mort... Erosion, lente transformation, impermanence...

- Vous savez quoi, G ? La mer, c'est la vie autant que la mort... Le matin tôt, quand la plage est déserte, je descends me baigner nue et je me prends parfois pour un cadavre que la marée va reprendre pour nourrir un peu de vie, ailleurs...
Elle avait en parlant laissé glisser son chemisier puis sa jupe, qui s'étalait maintenant en corolle  sombre autour de ses pieds, puis sa culotte...
- Voyez comme je suis, G...
- Toujours la même, Sophie... Délicieuse…
- Oui, mais... Vous pourriez me désirer encore, parfois, de temps en temps, à l'occasion, en rêve ou pour de vrai ?
- Venez là, So...
- Oui, mais...

Haute mer. Beaucoup plus tard...
Sur la plage, à la limite des vagues...

- C'est terrible ça... Quand je te suce j'aime bien voir...
- Normal, non ? Moi aussi, quand je te...
- Oui, mais...
- Quoi encore ?
- J'ai laissé mes lunettes là-haut. Tu vois bien que je vieillis...

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mercredi 3 juin 2009

Sophie : la genèse (réédition)

C'est vrai qu'ici, je raconte tout dans le désordre.
Il n'y a pas d'avant ni d'après : il n'y a que du présent...
Il y a pourtant un début à tout ! Comme pour Sophie par exemple. Une histoire qui ne date pas d'hier...

___

 

Un amphi bondé ce matin là, surchauffé, et je me trouve une place dans les dernières travées, tout en haut, agréablement pressé contre une "presque-Antillaise" que je ne connais pas. Je dis "presque" Antillaise à cause de son teint café-crème que démentent curieusement des yeux clairs...  Des îles en tout cas, ou pas loin ! Elle prend des notes en regardant le prof par dessus ses lunettes rondes, tire un peu la langue et souffle sur ses cheveux qui lui mangent le visage... Chaque fois qu'elle bouge, ça sent le blues et le patchouli. Je crois bien qu'elle a les yeux bleus ! Je pense à Janis Joplin...

 

"... et brûler son soutien-gorge sur la place publique, vocifère d'un coup le prof de socio, ne relève que d'une conduite magique destinée à vous affranchir de nos peurs de l'indifférence..."
Un ange passe, volant de concert avec quelques mouches et ma voisine s'agite soudain, murmure entre ses dents "Ah, le con !", se contorsionne curieusement, s'affaire sous son t-shirt et exhibe sous mes yeux, le sortant par une manche, son soutif  blanc façon Huit de Dim. Légère agitation dans l'entourage d'où fuse un "Oh, merde !" anonyme et admiratif... Pour ma part, bouche bée et stylo dressé, lorgnant franchement sur le T-shirt généreux de la Joplin en herbe, je me demande comment un si petit bout de tissus pouvait contenir une telle paire de seins...

"Mademoiselle ! Vous auriez peut-être une réflexion à nous faire partager ?" dit le sociologue... Surprise, la courageuse ne trouve qu'une solution pour se donner une contenance : elle me refile le soutien-gorge que je fais prestement disparaître dans mon sac.

Certains cours légèrement soporifiques se terminaient parfois dans un tumulte aussi spontané qu'inattendu : sortant de l'hypnose, nous reprenions contact avec la vraie vie, oubliant provisoirement ce qui avait pu se passer pendant deux heures. Ce fut le cas, ce jour là, où la course au resto U me fit perdre de vue ma voisine.

 

Début de soirée dans ma chambre de 9 mètres carrés à la Cité universitaire... On frappe, la porte s'ouvre : c'est elle !

- C'est pour mon... Tu me rends mon soutien-gorge ?

Elle referme la porte. Un peu gênée tout de même. Pas tant que moi qui fouille dans mes affaires pour en extraire l'objet oublié que je lui tends, du bout des doigts...

- C'est que, bon... J'en ai pas beaucoup, alors...

- Remarque, lui dis-je, ne faisant pas là preuve d'une très fine imagination, je ne trouve pas que tu en aies réellement besoin !

Son pull en témoigne par un gracieux renflement ponctué par ses deux mamelons en goguette. Je me surprends à penser que le frottement de la laine sur sa peau nue... Bref !

- C'est malin ! Ceci dit, je vais le remettre ici parce que dehors, tu vois, tu comprends ?

Je comprends... Ce que je comprends aussi c'est qu'elle va faire ça devant moi, sans se poser de question. Croisant les bras devant elle, saisissant son pull par le bas, elle le relève et le retire me dévoilant des seins somptueux dont les aréoles larges, rondes et brunes me regardent droit dans les yeux...

- Heu, dis-je...

- Quoi, dit-elle ?

- ... Rien... Tu veux un café ?

- Je veux bien... Attends, je remets mon...

- Non !

- Quoi, non ?

- Non, tu ne remets pas ton... Ça te gêne ?

- Heu... Non !

On reste là plantés un instant, un peu benêts l'un et l'autre puis elle ajoute :

- On s'était pas encore vus toi et moi ?

- Non...

- C'est drôle...

- Quoi ?

- Eh bien... Tu n'es pas vraiment un canon, tu n'es pas mon type de mec, ça fait déjà dix minutes que je me demande pourquoi je suis venue...

Je lui tourne le dos. Je m'affaire auprès de la cafetière électrique, je verse du café à côté, je laisse tomber le sucre et les petites cuillères...

- Et ... ?  dis-je vaguement agacé.

- Et... Tu me plais bien...

Je me retourne brusquement, la bouscule et lui renverse le café sur son jean. Nous sommes à deux centimètres l'un de l'autre. Plus exactement, nos lèvres sont à deux centimètres... Le reste touche, évidemment ! Ses seins langoureux se pavanent sur mon T-shirt... Et elle a réellement les yeux bleus !

- Ton jean... Désolé !

- Pas grave ! Toute façon, j'aime pas être à moitié nue...

Et le jean glisse...

- C'est peut-être le moment de me dire comment tu t'appelles, murmure-t-elle en saisissant ma ceinture...

- G. Et toi ?

- Sophie...

 

 

 

"L'AUTOMNE DE SOPHIE"

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lundi 25 mai 2009

En toute simplicité

J'ai reçu hier un mot de Sophie...
Avec son autorisation - en fait, elle me l'a fortement suggéré, attendant je suppose nombre de commentaires susceptibles de l'éclairer -  je publie ici un extrait de sa lettre...

Très Cher G.

C'est un rêve étrange la nuit dernière qui m'a permis de réaliser à quel point je suis habitée par un fantasme auquel je n'accordais jusqu'à présent que peu d'importance : l'insolite nudité d'un homme dans un contexte banal de la vie quotidienne...

Voici, en deux mots : une de nos soirées chez moi, apéritif voluptueux, musique sensuelle, badinage philosophique décadent et petit repas fin agrémenté de ce jeu coutumier de séduction auquel nous nous livrons toujours vous et moi... Rien de très spécial n'est-ce pas, sauf que vous étiez entièrement nu alors que je portais, sur une lingerie prune, ma petite robe lilas, celle des grandes occasions et que vous aimez tant. Vous étiez nu mais vous auriez pu être en complet veston ou en smoking que la situation n'aurait pas été plus naturelle ! Et c'est justement le naturel de cette nudité, incongrue en la circonstance, qui me met dans tous mes états et constitue le fond de ce fantasme...

Je vous observais, et je notais au fur et à mesure les différentes postures et formes de votre sexe, fonction de votre humeur et de vos pensées les plus secrètes, jusqu'à me persuader que votre fourniment me permettait de lire en vous ou du moins, d'apprécier différemment ce que vous me disiez !

J'étais au réveil très excitée, tout autant qu'intriguée par mon excitation ! Je réalisais que depuis le jour où pour la première fois et par pure provocation, je m'étais dévêtue devant vous, je n'avais cessé de désirer voir votre queue dans les circonstances les plus diverses, flaccide ou turgescente, au repos ou en alerte ou encore, prise de cette semi-bandaison que j'aime tant...

Je sais bien que je ne vous ai jamais parlé de cette inclination particulière. Et il est vrai que je rougis maintenant de l'audace qui me prend à vous l'écrire ainsi... Cela me dispensera d'avoir à vous le dire la prochaine fois que nous nous verrons : certes, vous ne m'avez jamais privée du spectacle de votre bâton de maréchal, mais voyez-vous très cher G, j'adorerais, vraiment j'adorerais que vous veniez dîner un de ces soirs, simplement vêtu de votre eau de toilette alors que je m'habillerai moi, comme pour un soir de fête...

...

Vôtre,
Sophie

Ma réponse :

Disons jeudi soir... Cela vous va ?
J'apporterai le dessert...

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samedi 14 février 2009

Rue Robinson

Octobre, novembre au Nouveau Brunswick, ce n'est jamais vraiment comme on s'y attend !
Plus exactement, c'est tout ce qu'on attend, mais tout à la fois : l'été qui joue les prolongations et l'automne qui ressemble à l'hiver, déjà,  avec ses premières tempêtes de neige, et ses envies de coin du feu… Et ce jour là, il neigeait. La veille, je lorgnais encore sur les  t-shirts  légers des  filles dans la rue Main, mais ce jour là, la température était descendu sous zéro, et il neigeait…

La rue Main là bas, ils l'appellent "rue Main street". C'est du moins ce qu'on lit sur les plaques, bilinguisme oblige. Comme une sorte de dédoublement permanent où la langue française se bat pouce par pouce pour garder un peu de ses trente pour cent d'influence. Malgré le "chiac", mais c'est une autre histoire… Enfin, pas tout à fait, puisque j'étais là pour des histoires de francophonie, justement, invité au salon du livre qui se tenait quelque part sur le campus de Shippigan…

Et elle était là aussi. Un peu paumée au milieu des travées où on lui parlait de Chateaubriand et de Paul Eluard dans un français chantant l'acadien, mâtiné parfois d'anglicismes refrancisés qui la faisaient un peu frémir, surtout lorsque quelqu'un de bien intentionné se proposa de lui lire un extrait des chroniques de Ti-Léon à Zidore… "… J'ai r'mis ça su l'drive encor avec le feeder à place pi l'aute pied su l'brake.. ". C'est à ce moment là que nos regards se sont croisés et que j'ai vu comme un appel au secours dans ses yeux ronds de Française fraîchement débarquée en Acadie… Riche de quelques voyages d'avance et de relations locales, je brûlais déjà de jouer les "interprètes" et de lui monter comment se superposent les langues…

Enfin... Non ! Ça ne s'est pas passé tout à fait comme ça.
PullPlumeJe l'avais remarquée au stand d'à côté alors que j'étais plongé dans une n ième édition de l'histoire exemplaire d'Evangéline, et je ne cessais de la regarder parce que j'avais soudain une furieuse envie de voir ses seins nus ! Sous son gros pull, ils n'offraient qu'un modeste relief qui m'avait immédiatement électrisé... Puis j'étais retourné à "Evangéline" dont j'imaginais désormais la poitrine menue offerte aux vents mauvais de la perfide Albion...

"... Bin sûr ct'engin-là ... à force qui horlait... Pierre me f'zait des signes... j'ai fidjuré qui f'zait bye. J'sais pas pourquoisse qui s'hallait lé ch'veux…" La voix du lecteur se perdit dans le brouhaha général puis se tut, me laissant à mes rêveries sur l'histoire locale.

Il y eut un parfum de vanille...
Un parfum de vanille, un petit quelque chose de doux et l'insistance d'un regard qui venait de se poser sur moi. Je levai les yeux : elle était là. Une apparition dans une touffe de douceur ébouriffée et de lumière et de cheveux châtains. Elle sentait la neige du dehors, la gourmandise et le fruit défendu ! "Vous..." lui dis-je. Et puis j'ai compris qu'il n'y avait pas de présentations à faire parce que notre conversation avait dû commencer quelques siècles plus tôt...

- Vous savez que vous auriez pu vous appeler Evangéline ?
- Ah... Et vous aimeriez ?
- Oui...

Je lui ai raconté l'histoire... Elle ne cessait plus de me manger des yeux. Il y avait son souffle au bord de quelque chose. Elle semblait me boire et se noyer à la fois mais je me demandais qui de nous deux aller s'accrocher à l'autre... Je racontais, et elle me respirait, me dévorait, tandis que je me nourrissais de la brûlure de son regard...

 

Une heure plus tard, je lui ai proposé de retourner au centre ville. Du côté du Théâtre… "Il y a là un café, lui dis-je, où nous pourrions boire quelque chose et…" Je réalisai soudain qu'il fallait qu'elle découvre ça… "Vous avez déjà entendu la chanson Le Café Robinson ? Oui ? C'est là que nous allons…"

- Allez, viens...

J'ai ajusté son écharpe en la remontant sur son nez, j'ai resserré le col de son manteau en effleurant son menton. Toujours ce parfum de vanille... Et je l'ai poussée dans un taxi qui a projeté en démarrant de grandes gerbes de neige toute fraîche…

 

A suivre...

Attention en traversant cet article : une photo peut toujours en cacher une autre !

 

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