samedi 4 octobre 2014

Souvenirs d'été

Rose

 

Sous la brise tiède, le jardin exhale ses fragrances estivales…
Senteurs mêlées de lavande et de chèvrefeuille…

Sieste baignée de l’arôme entêtant des seringats que ponctue l’odeur fraîche des héliotropes.

A l’ombre légère et parfumée des myrtes et des cytises aux effluves subtils, elle repose. Nue.

Allongé entre ses jambes, je paresse...
Ma tête repose sur son ventre ; je m'énivre du parfum poivré de son sexe…

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samedi 28 décembre 2013

Le Manoir de Serge

Le cadre

 

Manoir

Quelque part en Normandie, dans le Calvados et à deux pas de la mer, un somptueux manoir reconstruit par un Hollandais sur les ruines d'un château du XVIIe siècle… Restaurée à grands moyens, meublée avec goût, richement décorée, la bâtisse est déserte dix mois sur douze. Serge, amateur de musique, de photo et de jolies femmes, en est le gardien à demeure, jouissant ainsi d'un logement gratuit et d'un salaire raisonnable…
Magnifique gentilhommière qui s'élève sur trois étages, une bonne vingtaine de pièces luxueusement aménagées… Avenant, Serge m'entraîne joyeusement d'une salle à l'autre, retire les housses pour me montrer l'ameublement, s'attarde sur les détails, caresse les courbes des sculptures, ouvre des chambres…

Serge

J'avais fait la connaissance de Serge quelques semaines plus tôt à l'occasion d'un festival… Après quelques verres et trois ou quatre concerts, nous avions sympathisé suffisamment pour qu'il m'invite, "à la prochaine occasion" m'avait-il dit, à visiter son modeste château !

- Dis-moi, Serge, voilà un décor de rêve pour faire quelques photos légères en toute tranquillité, non ? Les amateurs de "porno-chic" seraient ravis…
- Tu ne crois pas si bien dire… J'ai invité Sandy pour ce soir, une amie qui pose pour moi… Si elle est d'accord, nous ferons quelques photos. Tu verras, elle est canon.
- Qui pose pour toi… Ah bon ! Et… ?
- Eh bien… Oui, bon… c'est arrivé  une fois ou deux. Sans plus !

Les filles

 - Surprise ! dit Sandy tout sourire lorsqu'elle franchit la porte.

Pétillante, brune, cheveux courts, le sein pigeonnant dans un décolleté de star, le jean suggestif jusqu'à l'indiscrétion du détail, elle avance les bras chargés de victuailles et de bouteilles.

- Et bonjour… chante une autre voix toute douce.
- Heu, oui… Je vous présente Perle, précise Sandy… Je l'ai convaincue de m'accompagner, ça ne dérange personne ? Elle n'a jamais fait de photos, elle est timide mais elle est très, très curieuse de tout ça… Et puis, je savais que vous étiez deux, alors...

Perle

Perle…
Les traits délicats d'une eurasienne qu'elle n'est pourtant pas.
De très longs cheveux noirs qui cascadent sur ses épaules accentuent le teint clair de son visage où brûle un regard profond à l'éclat bleuté.
Timide ou réservée, je ne sais ; on dirait qu'elle danse lorsqu'elle marche, et sa robe légère virevolte sur ses longues jambes…
"Tu aimes ?" me dit-elle tandis qu'ostensiblement je regarde ses cuisses qu'elle découvre en tournoyant.
Elle vient me frôler, baisse les yeux, se reprend et murmure :
"Vous aimez ?"

 

Le soir

Un cliché après l'autre, semant ici et là ses vêtements, Sandy qui ne porte plus qu'un string noir promène sa nudité dans le décor avec un naturel déconcertant. Beauté brune aux seins ambrés, elle va et vient, déplace un bibelot, écarte une tenture, s'assied, se lève, attrape un candélabre… Tout est prétexte, l'air de rien, à des poses aussi spontanées que suggestives tandis que Serge fait crépiter son Nikon. Discrète mais très attentive, Perle assise près de moi dans un coin observe la scène. Elle tripatouille les boutons de sa robe et me jette quelques regards à la dérobée, attendant je ne sais quelle suggestion… Je me décide :
- Vous n'allez pas rejoindre Sandy ?
Elle me dévisage un instant puis, baissant la voix :
- C'est une simple question ou c'est un ordre ?
Et je m'entends lui répondre le plus sérieusement du monde :
- C'est un ordre… Je veux te voir nue, Perle !

Alors, Perle entre dans la lumière…

Arabesques et froufrous d'étoffe, robe qui s'ouvre et qui s'évase en tombant, éclat d'un sein ferme et menu sous les flashes, modelé d'un pubis sous un slip blanc…  Perle me regarde, je hoche la tête et le slip blanc glisse, glisse lentement et dévoile la fente souriante d'une vulve lisse et rosée… Les filles dansent, se frôlent, minaudent en riant. Entre les longs cheveux noirs de Perle, je vois s'effleurer les pointes de leurs seins.

Plus tard…

- Bon, tout ça c'est bien gentil, déclare Sandy tout à trac, mais on pourrait peut-être varier les plaisirs…

Elle rejoint Serge. Je la vois lui confisquer autoritairement son appareil puis, agrémentant sa manœuvre de quelques papouilles convaincantes, lui retire sa chemise, défait sa ceinture, dégrafe son pantalon… "Allons bon, me dis-je, un coup monté ! L'inévitable partie à quatre." C'est vrai qu'il n'a pas trop résisté à l'assaut de Sandy, Serge ; mais je vois quelque chose dans son regard qui me persuade que cet intermède n'était pas prévu ! Perle s'approche de moi, murmure un "Pardonnez-moi…" inaudible pour les autres et se met en devoir de m'effeuiller délicatement. "Ah ! susurre-t-elle à mon oreille, rien sous le jean ? J'adore…" Elle s'attarde ; ses mains sont douces, je me laisse faire. Elle sent la vanille.

- Alors voilà ! s'exclame Sandy. Ça fait bien une heure que vous vous rincez l'œil tous les deux : alors, à nous de mater maintenant !
- Bon, eh bien matez à votre aise, dit Serge faussement agacé et en se servant une rasade de whisky…

Il me tend un verre… Ses yeux glissent sur moi, s'attardent un instant sur mon sexe modestement tendu par la séquence précédente et j'en fais autant : le sien, dont la turgescence commence à se voir, se balance à chacun de ses mouvements ! Bien bâti, le gars ; pectoraux qui saillent juste ce qu'il faut, ventre plat, musculature bien dessinée… Ca me donnerait presque envie de toucher, tout ça ! Juste pour vérifier…

Et Sandy, comme si elle lisait dans mes pensées, d'intervenir, mutine et Sainte-Nitouche :

- Dites les gars, c'est vrai que les mecs n'aiment pas trop se toucher s'ils ne sont pas homo ou bi ?
- Quelle idée bizarre dit Serge. Bien sûr que si ! Tiens, regarde…

Théâtralement, il m'ouvre les bras. Je joue le jeu et nous nous étreignons comme deux bons vieux camarades, juste un peu surpris par le contact de nos mâles appendices que la présence des filles tient en éveil. Dans la bousculade, ma main gauche descend jusqu'à ses reins et par réflexe, je lui tâte négligemment les fesses. "Merde, me dis-je in petto, quel cul !"

Toujours nues, les copines s'enlacent et se tortillent sous notre nez pour se murmurer des confidences en se tripotant un peu.

- Et… ça ne vous… excite pas ? dit Perle en hésitant. Parce que bon, dans cette tenue… Je me demande…
- Ce que veut dire Perle, enchaîne Sandy, c'est qu'elle aimerait bien que vous bandiez vraiment, en fait ! Si vous vous touchiez un peu, non ? Ça nous plairait de voir…

On se regarde Serge et moi, vaguement embarrassés. Et lui, tout bas, un peu bravache comme pour dissiper sa gêne, qui me déclare sans rire :
- T'inquiète : dans deux minutes elles nous sautent dessus !
Sans grande surprise, je sens son sexe se redresser et tutoyer le mien…
- Ah oui ? Eh bien n'y compte pas trop mon gars ! Je devine chez ces jeunes dames un entêtement qui frise l'obsession. Et puis, je vais te dire : au point où nous en sommes…
Et soudainement déterminé, je glisse ma main droite entre nous et lui saisis la verge à pleine main. Il n'a qu'un sursaut bref, un début de rebuffade accompagné d'un "Mais arrête !" qu'il souffle entre les dents à quoi je réponds, toujours en aparté :
- Avec ce que je tiens dans la main, tu vas avoir du mal à me convaincre que ça ne te plaît pas ! Montre donc à ces dames comme tu aimes…

Alors il s'écarte, juste ce qu'il faut pour que nos spectatrices n'en perdent pas une miette… Et voilà que je me demande ce qui, de ces regards féminins, de mon geste inattendu ou de mon emprise soudaine sur ce garçon, m'excite soudain le plus. Le contact de cette verge qui durcit dans ma main m'est à la fois familier et étrange. Et pour cause : ce n'est pas la mienne ! Je la regarde et je commence à la branler doucement, découvrant alors le curieux balancement des testicules de mon compagnon… Et je bande !

D'un geste autoritaire et tapotant le sofa sur lequel elle est assise avec Perle, Sandy nous invite à les rejoindre…  Etrange sensation ! J'entraîne Serge, le hâlant presque par son sexe et je traverse la pièce en promenant mon érection et je me sens merveilleusement à mon aise ! "Diantre me dis-je, une maîtresse-femme, un dominant et deux soumis, voilà qui est intéressant…"

... ?...

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mardi 19 novembre 2013

Forêt de nuit

- C'est beau une forêt la nuit, quand il pleut, disait-elle...

... Nous roulions sur un chemin forestier. Je me suis arrêté à l'orée d'une clairière.

Elle s'est tortillée sur le siège.
Elle a retiré ses vêtements.
Elle est sortie 
sous l'averse tiède.

Elfe sylvestre improbable, elle virevoltait dans les phares de la voiture... Elle s'est approchée d'un grand pin, s'est collée à l'écorce trempée pour s'y frotter, impudique et sauvage. Subjugué par la fascination qu'elle semblait éprouver pour ce fût monumental, j'ai voulu voir de près l'étroit baiser de son ventre et du tronc qu'elle embrassait entièrement. La pointe de ses seins s'érigeait à la caresse rugueuse, alors que par à-coups successifs, son pubis battait délicatement contre l'immense phallus de bois. Dos cambré à l'extrême elle tendit son cul : l'eau s'y rassemblait, coulait entre ses fesses jusqu'à sa vulve qui ruisselait comme une source...

Sous la pluie, je me suis abreuvé et j'ai pris le fruit qu'elle m'offrait en silence...

 

Forêt la nuit

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mercredi 31 octobre 2012

Il est plus tard que tu ne penses...

"Le temps est une image mobile de l’éternité immobile."
Platon

 

Sur le parvis du théâtre, j'ai aperçu Eglantine dans le flot des spectateurs qui sortaient… J'ai toujours ressenti un léger picotement de plaisir quand je rencontre Eglantine par hasard. Elle m'a vu, de loin, m'a fait un petit signe pour que je l'attende et elle s'est dirigée vers moi…
Elle a bien mis trois minutes pour me rejoindre ; ça me plaisait beaucoup parce que je ne la quittais pas des yeux, qu'elle le savait et qu'elle aime bien que je la zyeute comme ça, sans vergogne. Histoire d'ajouter un peu de piment à notre chaste et platonique amitié ! Il lui arrive parfois, après-coup, de faire semblant de s'en offusquer "Non mais dis-donc, arrête un peu, on dirait que tu me déshabilles avec tes yeux de garçon…" Et elle trouve toujours un truc dans sa tenue qu'elle fait mine de remonter ou de refermer, en le descendant ou en l'ouvrant un peu plus… Ce soir, elle portait un pantalon noir léger et une tunique turquoise qui flottait autour d'elle comme une aurore boréale.

- Tu étais là aussi ? dit-elle en arrivant près de moi. Quelle horreur ce machin ! Massacrer Beckett à ce point… Tu as réussi à tenir jusqu'au bout ?

Elle m'a posé une bise sur chaque joue en frôlant mes lèvres au passage…

- C'est-à-dire qu'à force d'attendre Godot, j'ai fini par attendre la fin, moi… D'une longueur !
- Et avec ça, j'ai plus de bus pour rentrer… Merde !

La pluie venait de se mettre à tomber, d'un coup, drue, définitive, tandis que la foule se dispersait dans une sourde rumeur de désapprobation. Il ne resta bientôt plus que nous sous l'auvent du théâtre…

- J'ai ma voiture à deux minutes d'ici. Je te raccompagne ?

Cavalcade sous la pluie. Deux portières qui claquent puis le bruit infernal des gouttes sur la carrosserie, l'odeur de nos cheveux et de nos vêtements mouillés, nos respirations… En quelques instants, une épaisse buée aveugle les glaces et nous enferme dans une bulle intemporelle, bleuie par l'horloge de bord qui affiche un inquiétant "00:00".

- On y va ? me dit-elle.

J'ai sursauté ! J'ai démarré ; je suis sorti du parking désert puis j'ai pris la grande avenue. Tous les feux clignotaient à l'orange.

- Tu semblais déconnecté. Quelque chose ne va pas ?
- Je pensais à un truc… Quelqu'un a écrit que "le temps, c'est se qui se passe quand rien ne se passe". Paradoxal, non ?
- Ce qui voudrait dire que lorsqu'il se passe quelque chose, le temps n'existe plus ? Et là alors, maintenant, on en est où ?
- Je n'en sais rien : il est toujours zéro heure, regarde !

Elle a jeté un œil sur la pendulette, et moi sur son pantalon et sa tunique trempés qui lui collaient à la peau…

- Tu rigoles : il est presque 1 heure !
- Tu ne portes jamais de sous-vêtements ?
- Dis-donc, toi ! Fais plutôt attention à la route !
- En fait… Ce qui est effrayant, c'est que le temps n'est pas le même pour tout le monde ! Ton présent est différent du mien et mon "maintenant" à moi, n'est pas le même que le tien. Tu me suis ?
- A condition de me souvenir de mes cours de physique et de philo, oui, vaguement !
- Tu connais l'exemple : si je pouvais t'observer en ce moment en étant très loin dans l'espace, en fait, je nous verrais avant…
- Ne parle pas de malheur : je ne tiens pas à revoir la pièce !
- Et plus on s'éloignerait, plus on remonterait dans le temps.
- Et tu finirais par me voir sous la douche ce matin ! Je parie que tu en rêves…

Elle rigolait. Avec un kleenex, elle tentait inutilement de se sécher un peu. Elle s'épongeait consciencieusement en tirant sur sa chemise, ce qui accentuait un peu plus le relief de ses tétons bruns sous l'étoffe.

- Tu devrais retirer ton… machin, là… J'ai un pull sur la banquette arrière.
- C'est que…
- Oui, je sais : tu n'as rien dessous !
- Gna-gna-gna… Bon, merci… Tu ne regardes pas alors…
- Bien sûr que non !

Elle s'est contorsionnée dans tous les sens, elle a retiré sa tunique, j'ai d'abord aperçu son sein gauche qui dansait avec ses mouvements et luisait d'humidité, puis les deux, qui se tendaient tandis qu'elle étirait les bras, juste au moment où, la tête enfouie dans sa chemise, elle ne pouvait plus me voir… Je me suis dit bêtement "Mince, c'est la première fois que je vois les seins d'Eglantine." Puis mon pull a glissé mollement sur sa poitrine et c'était fini.

- Mets ta ceinture… Nom de Zeus, ça te fait un sacré décolleté, ce pull…
- Bon, et alors ? Ton voyage dans le temps ? Si je me souviens bien, le principe veut que si nous revenons à toute vitesse vers le sujet que nous observons, c'est son futur que l'on découvre.
- Exact : nous nous verrions déjà rendus devant chez toi…
- Et il se passe quoi devant chez moi ?

Nous arrivons…
Sur la place, l'horloge de l'église affiche tranquillement minuit et demi.
- Tu crois que ce serait bien de connaître l'avenir ? me demande-t-elle, les yeux rivés sur le clocher.
- En fait… La question que je me pose, c'est de savoir si nous vivons dans le même temps, le même présent. Si nous vivons bien la même chose. Est-ce qu'un ridicule millionième de nanoseconde de décalage quelque part dans l'espace-temps ne pourrait pas aboutir à un gigantesque malentendu entre les gens ? S'il y avait des fuites, tu vois ? Des fuites entre le temps des uns et le temps des autres…

Je me suis arrêté devant chez elle.
La pluie avait cessé je ne sais quand…
Des étoiles clignotaient dans un ciel sans nuage et je sentais son parfum.
Elle me regardait…

- … Parce que si nous n'avons pas le même temps, nous sommes seuls, tu comprends Eglantine ? Terriblement seuls. Chacun derrière ses yeux, condamné à regarder le monde à travers un prisme déformant, à utiliser des codes différents, à croire que nous nous comprenons alors que nous sommes tous des étrangers. Seuls…

Mon gros pull bâille sans pudeur sur sa poitrine nue. Elle se tourne vers moi et me regarde. Son visage n'est plus qu'à quelques centimètres du mien, son souffle sur ma bouche… Je vois poindre une larme au bord de ses paupières. Plus proche encore… Ses lèvres humides glissent sur les miennes, me respirent... Un petit bout de langue s'immisce, me cherche, me goûte, me trouve. Au fond de ses yeux noirs brillent des nébuleuses spirales, l'éternité scintille. Je me dis que le temps s'est peut-être arrêté pour moi sur une fraction de seconde, mais pas pour elle, qu'elle est déjà partie, rentrée chez elle, qu'elle dort…

Quelque part, une cloche sonne. Un seul coup, grave et long dans la nuit...

- Je pense à quelque chose… me dit Eglantine
- Et ?
- Eh bien, disons que j'accorde une confiance aveugle à Einstein ; je viens donc de joindre nos "masses" respectives de façon à ce que, n'en faisant plus qu'une seule, nous courbions toi et moi, l'espace de la même manière. Ainsi, toute trajectoire voisine devrait être déviée de manière identique pour toi et pour moi, sans aucun risque d'aberration dans l'espace temps, sans divergence aucune... Et je me demande si on ne pourrait pas approfondir cette théorie… Tu montes ? Il n'est pas si tard…

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samedi 11 février 2012

Délicate sélection

- J'avoue que j'aimerais bien savoir ce qui vous donne tant envie de m'exposer ainsi sur votre blog...
- Ma foi...
- N'y aurait-il pas là une forme d'exhibition de votre part ?
- De ma part ?
- Oui... Une façon de dévoiler vos désirs, vos plaisirs...
- Sans doute... Bon, alors ? Celle-ci ?
- Oui... Non... Plutôt celle-là : on y voit mieux mon abandon... Mais vous pourriez un peu la "flouter", non ? Ce serait moins...
- Soit ! Voilà :Agnes flou

- Quoique bon... On ne voit plus grand-chose maintenant ! Et puis ce pourrait être n'importe qui, vous ne trouvez pas ?
- Parce que vous tenez à ce qu'on vous reconnaisse ?
- Oui... Non ! Enfin... J'ai au moins envie de me reconnaître moi ! Et puis, ça manque de chair : quitte à être nue, autant que ce soit charnel !
- Bon... On enlève le flou, je colle un bandeau qui masque un peu...
- D'accord... Agnes masque

- Mmmoui... Sauf que là, c'est un peu artificiel, non ?
- Vous trouvez ?
- Oui... Puis on n'aperçoit qu'un bout de sein, mon ventre est masqué. Quant à mon sexe... On ne le devine même pas, mon sexe ! Je ne sais pas moi, mais au moins qu'on puisse le supposer ! Enfin... mieux que ça...
- D'accord... Alors un camouflage végétal... Votre ventre en pleine lumière... Le pli de la cuisse... La naissance de vos petits seins... Voici :

Agnes végétal

- Oui... Alors justement ! Déjà qu'ils ne sont pas gros mes seins, si vous les escamotez, c'est pas du jeu ! Puis bon, ça m'arrive de les montrer mes seins, tout de même ! Petits sans doute, mais je les aime bien...
- Bon...
- Et ce papillon ! Vous avez déjà vu des papillons de cette taille, vous ?
- Non...
- Un énorme papillon sur le pubis ! Je rêve... Il ne vous plaît pas mon sexe ?
- Mais c'est pas la question...
- Non, parce que si vous n'aimez pas ma chatte, il faut le dire !
- Bon, bon... Ne vous fâchez pas... Voilà !

Agnès nue

 

- ... Heu... Évidemment, comme ça... Pfff... Vous ne trouvez pas que...
- Trop tard, Agnès ! C'est publié...

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lundi 10 octobre 2011

Sur mesure

ShortElle a enfilé l'un de mes vieux jeans et se contemple devant le miroir... De dos, de face... De dos surtout, hypnotisée par la tension généreuse de la toile usée sur ses fesses.
- Juste un peu long peut-être...
- Bouge pas...
Je prends un feutre pour tracer une courbe idéale. Aux ciseaux, je taille dans l'étoffe en suivant l'arrondi de sa cuisse. Les lames d'acier glissent sur sa peau tendre, se faufilent indiscrètes, effleurent, ouvrent de larges perspectives dans les replis tièdes de l'entre-jambes, poursuivent leur chemin...
- C'est mieux, non ?
- Juste un peu court peut-être...
- Penses-tu ! Aurais-tu quelque chose à cacher ?
- Plus maintenant, non...

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mardi 8 juin 2010

Sylve nocturne

Je me demande parfois comment nous ne nous sommes jamais lassés de nos rituels coquins avec Agnès... Leur variété peut-être...

L’un des plus fréquents, qui pour des raisons mystérieuses nous paraissait inévitable, consistait en ce qu’elle se retrouve de nuit, nue dans des sites divers et parmi les plus improbables ! Il y eut donc des places de villages, des chapelles, des cimetières, des chemins creux, les bords de Seine, le bois de Boulogne, des escaliers, des couloirs et des ascenseurs d’hôtels, un port de pêche ou deux, des aires d’autoroutes et des péages... J’en passe ! Moments uniques, étranges et jubilatoires, préludes à nos nuits les plus chaudes. Les plus tendres aussi.
Elle cédait à mes suggestions ou bien, spontanément – et elle avait un vrai talent pour faire ça – elle commençait l’air de rien à s’effeuiller dans la voiture puis me demandait de m’arrêter. Elle descendait, laissait glisser les derniers vestiges de sa pudeur et prenait des poses innocentes en observant le paysage alentour. C’était alors à qui trouverait l’idée la plus farfelue, la plus osée, la plus...

Un soir... Je me souviens, c’était un début d’été caniculaire. Le rituel attendu s’imposa de nouveau... Nous roulions en bord de mer dans le couchant ; dans les derniers éclats rougeoyants du soleil elle retirait ses vêtements pour ne conserver bientôt qu’un foulard léger. Par un chemin désert, nous nous sommes aventurés au cœur de la forêt côtière. Jusqu’à cette clairière où je crois, nous mourions d’envie de faire l’amour "sous l'obscure clarté qui tombait des étoiles"... J’ai coupé le moteur. Silence peuplé de bruissements inquiétants, fûts vertigineux dressés devant nous, nuit noire bientôt, transpercée par les phares. C’est dans ce paysage fantomatique qu’elle m’est apparue soudain, frêle silhouette, nue, fragile dans la lumière crue... Nous avons fait quelques pas. Je lui tenais la main, je la désirais, nous avancions vers la noirceur impénétrable…
- Envie d’avoir peur, murmura-t-elle...
- Pardon ?
- J’ai un peu peur. J’ai envie d’avoir peur...
- Et c’est bon, n’est-ce pas ?
- Oui...
- Et si je te laissais là ?
- Non ! ... Oui...

J’avoue que je ne comprenais pas tout… Comprendrai-je un jour tout des femmes ? J’espère que non... Je devinais sans doute : fantasme de viol ou je ne sais quoi, l’abandon, la fragilité, l’envie de fuir et de ne pas pouvoir – comme dans ces rêves où l’on essaie de courir sans avancer d’un pas - la peur au ventre qui exacerbe l’excitation... J’avoue aussi que la situation me troublait : l’idée de la livrer ainsi à l’inconnu me donnait le curieux sentiment de la posséder davantage. Je m’éloignai...
- Attendez...
- Tu as la trouille ?
- Oui... Mais éteignez les phares...
Revenu à la voiture, j’ai coupé la lumière... J’ai bruyamment claqué la portière et je suppose qu’elle a entendu mes pas qui s’éloignaient.

Je me suis assis quelque part au pied d’un arbre, dans un taillis pour qu'elle ne me voie plus... Moi, je ne percevais plus au loin que la tache claire de son corps, comme une apparition sur le touffus du sous-bois ; les yeux plissés, je croyais voir ses seins tendus soulevés par sa respiration, j’imaginais avec délectation la tâche plus sombre de son pubis. Je la rêvais plus nue que nue... La nuit était douce et parfumée, vibrante de craquements infimes, de souffles inquiets, de silences invisibles... Une appréhension étrange me gagnait, qui céda bientôt à de sourdes terreurs où l’image d’Agnès dénudée, offerte à son effroi, vint se ficher dans mon ventre comme un pal en fusion ! Un désir sauvage et brut s’imposa : je bandais... Je n’ose imaginer quelle partie primitive de mon cerveau me soufflait de partir en chasse et de chercher l’apaisement dans les chairs intimes d’Agnès. Silencieusement, je revins vers elle...

Debout contre un hêtre, elle y appuyait le front, frôlait de ses seins l’écorce rugueuse, entourait le tronc d’un bras et se balançait doucement d’avant en arrière  faisant saillir ses fesses blanches. Agnès se caressait ! Spectacle improbable, inattendu et qui pourtant, mesuré à mes propre réactions, me parut dans l’instant inévitable, évident... Elle ne m’entendait pas ou faisait semblant de ne pas m’entendre poursuivant ses caresses, si bien que je fus sur elle sans qu’elle puisse se retourner. Je l’ai serrée contre moi pour qu’elle sente l’ardeur de mon désir, et me défaisant à peine, je l’ai prise ainsi, la pénétrant d’un coup...
Nous avons joui ensemble, instantanément ou peu s'en faut, en hurlant comme des bêtes...

Plus tard, tendrement blottie contre moi alors que nous venions de nous aimer encore mais plus paisiblement, Agnès qui tremblait toujours me dit :
- Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai eu peur...
- Tu m’en veux ?
- Oui... Mais non...
Et après un long frisson :
- Vous pourriez me violer un jour ?

______________

Il y a souvent d'étranges échos dans certaines forêts ! Tenez...

Ici, Chilina
Là, Elodie

Et  qui encore ?

Et je pense à Baudelaire... Correspondances, Les Fleurs du mal.

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

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jeudi 11 mars 2010

Malicieux inventaire

Retrouvé au fond d'un placard, un sac à malices...
Son inventaire :

- quelques sangles souples
Malices- un lot de cordelettes plus ou moins longues
- des bouts de drisse, diverses grosseurs
- un martinet fait main, à 13 lanières de cuir
- un autre martinet à six garcettes douces
- un très beau godemiché artisanal en hêtre blond terminé d'un côté par une douce forme oblongue, de l'autre par une boule agrémentée de têtes en cuivre rondes, façon clous tapissiers
- un godemiché noir au gland proéminent et conique, de 35 centimètres de longueur et d'un diamètre fort convenable
- deux bracelets de cuir munis d'anneaux métalliques cliquetant
- un "bâillon" serre-tête à boule
- un attirail de contention avec mousquetons, anneaux et autres accroches de sécurité
- une pince ornementale pour clitoris
- un soutien-gorge et un string en chaînette laiton
- trois mètres de chaîne inoxydable aux maillons de 2 cm
- deux pinces à tétons (je crois, du moins...) réunies par une chaînette argent
- différentes sortes d'autres pinces tous usages...

... Dubitatif, je me suis souvenu soudain m'être un jour servi de tout ça...
Et même de tout ça à la fois !!!

"Bigre !" me suis-je dis...
"Bigre, bigre, bigre !!"
Et j'ai appelé Agnès que je n'ai plus vue depuis des lustres ; depuis qu'elle vit à Neuilly avec un honorable et riche banquier...

- Vous souvenez-vous, Agnès, de mon sac à malices ?
- ...
- Noir et rouge... Avec un double fond pour les...
- Mais... Vous ne l'aviez pas jeté ?
- Je croyais...
- Et ?
- Eh bien je l'ai retrouvé. Contenu intact...
- ...
- Il y a même la...
- Stop ! Ne dites plus rien ! Je me libère... Jeudi soir, ça va ?

Posté par Eronaute à 18:49 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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mercredi 17 février 2010

Ménage

Évidemment, j'aurais pu sonner, frapper... prévenir, quoi !
Au lieu de ça, j'ai ouvert avec la clef qu'elle m'avait aimablement prêtée, je suis entré et me suis dirigé vers le séjour d'où provenait un vrombissement caractéristique : elle passait l'aspirateur ! Une antique machine qui faisait un bruit d'enfer, dégageant au moins 85 décibels et qui vibrait tout ce qu'elle pouvait. Agnès passait l'aspirateur, consciencieusement, et complètement nue ! Après tout, il m'arrive aussi de vaquer à poil à mes petites affaires domestiques et je ne voyais là rien de très exceptionnel.  Sauf qu'à y regarder de près, ce genre d'activité dans une telle tenue offre un spectacle engageant...

Le tuyau s'enroulait curieusement autour de ses jambes, comme un petit animal familier qu'elle maintenait fermement entre ses cuisses. Avec l'esprit tordu que je peux avoir parfois, je me disais que d'une certaine manière elle joignait l'utile à l'agréable ! Affairée, penchée en avant et pourchassant jusqu'aux derniers moutons rebelles qui  avaient élu domicile sous le canapé, elle me présentait ses fesses rondes et fermes entre lesquelles disparaissait le flexible annelé... Elle ne m'entendait pas.
- Agnès, dis-je...

Elle a fait un bond de gazelle effarouchée et s'est tournée vers moi. Il y avait sur son visage un peu plus que de la surprise... Quelque chose comme une vague culpabilité, je ne sais pas ; de celle que pourrait afficher une gamine que l'on prendrait les doigts dans le pot de confiture et continuerait à se les lécher tout en disant "Mais non, mais non... C'est pas du tout ce que tu crois !" Surprise non feinte d'ailleurs, au point que dans son mouvement, s'empêtrant un peu plus dans les circonvolutions animales du tuyau constrictor toujours secoué de soubresauts, elle a vacillé et perdu l'équilibre. Je n'ai eu le temps que d'atténuer sa chute et elle s'est retrouvée à califourchon sur l'aspirateur qui vibrait de plus belle, dans l'une des plus attendrissantes et des plus indécentes postures qu'il m'ait été donné de voir...
- Ah ! fit-elle...

Puis à la réflexion et se reprenant :
- Ahhhhhmmmmhh...
A plein régime, l'aspirateur trépidait, bourdonnait, couvrant la suite des marmonnements indistincts d'Agnès.

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mercredi 11 novembre 2009

Hypnose

  • En ces temps de recueillement et de commémorations diverses, envie de ressortir de mes tiroirs quelques vieux petits texticules et de me souvenir...

 

- C'est mon tour, a-t-elle dit. Ce soir je fais ce que je veux…

Agnès à moitié nue m'a poussé sur le bord du grand fauteuil, m'a arraché chaussures et pantalon puis s'est penchée sur moi… Et je n'ai plus vu que le sommet de son crâne. Sa tête et son dos blanc. Comme un grand poisson qui ondulait dans les mers chaudes.

Son dos blanc, et le vieux miroir du fond avec ses bords biseautés, ses traces douteuses, ses illusions, ses diffractions… Agnès fourrageait dans mon slip.

Le vieux miroir de la grand-tante Ernestine - celui de son mariage - me jette un regard glauque. C'est dire qu'elle en a vu d'autres cette psyché décatie ! Et elle en a réfléchi des vertes et des pas mûres et même de toutes les couleurs puisque Ernestine, qui avait fait les colonies au bras de son officier de mari, faisait paraît-il des orgies aussi torrides que tropicales en compagnie de son époux...

Dans les irisations bleutées du miroir, je la voyais gober de gros fruits exotiques le menton dégoulinant de nectar, le sein lourd et vibrant de plaisir... Et tandis que me berçait l'évocation des impudeurs de jadis, des plis d'ombre et des éclats de lumière redessinaient la croupe tendue d'Agnès qui se gorgeait de mon désir…

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