2 - Où l'on apprend qu'une minouche n'est pas un berlingot.

 

Ce n'est pas d'une importance capitale, évidemment, mais je me suis mis en tête de faire le point sur les origines et les ressorts de l'épilation pubienne ! D'où mon achat chez ma buraliste. Hélas, j'ai beau lire et relire "Colifichets, parures et libertinage dans l'Antiquité" dans tous les sens, je n'y apprends guère plus que je ne sais déjà ; j'ose même avancer que le texte est un peu… rasoir. Les illustrations, bon ! Je comprends qu'elles aient sur le coup tourneboulé Mademoiselle Rose, m'enfin, rien de bien nouveau.
Je reprends paresseusement mes notes : Babylone, Egyptiens, Moyen-âge… Copier-coller et hop ! "… c'est à partir du 3ème millénaire avant J-C que semble s'être développée une véritable culture de l'épilation, notamment sous l'influence des..." Quoi ? … des religions et des croyances de l'époque ! Avec ça, je suis bien avancé !

Six heures… Je fatigue un peu devant mon écran, quelque part dans le jardin une tourterelle roucoule pour son tourtereau… Cette Mademoiselle Rose, tout de même… J'aurais dû lui demander son avis lorsque m'apparut en transparence le doux modelé de sa petite motte. "Ah, au fait Mademoiselle Rose, vous vous épilez intégralement ce me semble… Et pourquoi donc, je vous prie ? "
J'envisage quelques instants sa réaction et je ne me défais plus de l'image entraperçue de ce laconique triangle mauve hardiment exhibé dont la pointe se perd mystérieusement entre les chairs pâles de son sexe. Sexe lisse et nu, ourlé de rives rosées levées comme pâte à brioche où creuse le désir humide… Je tapote machinalement sur mon clavier… Et si je l'appelais, tiens… Si je l'appelais...

- Allo, Mademoiselle Rose ? J'ai une question… Dites-moi… Est-ce que vous vous épilez le minou ?
- Mais oui, Monsieur G !
- Intégralement ? Je veux dire, partout, complètement ?
- Mais oui. Partout, partout !
- Et pourquoi donc le faites-vous ?
- Eh bien parce que… Je sais pas moi ! J'aime bien voir ma chatte toute nue, c'est agréable quand je me touche et puis parce que ça me donne davantage l'impression d'avoir un sexe plutôt que s'il est caché sous un buisson… Et est-ce que je vous en pose des questions, moi ?
- Bon, bon… Et, est-ce qu'on peut voir cette merveille ?
- Mais bien sûr Monsieur G… Mais pas toucher parce que là, j'ai pas le temps…

Et Mademoiselle Rose de lever sa jupe, de la retenir sous son menton et de descendre son string mauve… Un instant coincé dans les profondeurs de ses lèvres, il se tend puis se dégage d'un coup. Je crois entendre un petit "Plop !" mais je dois rêver…

- Ahhh ! dis-je, pris au dépourvu.
- Ohhh ! dit Monsieur Rose au crâne lisse qui vient de surgir de derrière le comptoir. Alors comme ça tu te rases la minouche maintenant ?
- Il était temps que tu t'en aperçoives mon pauvre ami ! Ca fait bien deux ans…
- Ne dis plus rien ! Je sais bien pourquoi tu fais ça, moi : encore internet et ses trucs cochons, toutes ces filles qui s'exhibent, le berlingot à l'air…
- Si vous permettez Monsieur Rose… A Babylone on se baladait assez facilement tout nu, le sexe épilé et on n'avait pas Internet…
- Vous êtes sûr ? Et qu'est-ce que vous voulez qu'elle aille foutre à Babylone, ma Rose ? Mais je vais vous casser la…

… Je sursaute, je sors  de ma torpeur… Six heures et demie, merde ! Je jette un œil à mon écran où s'étale cette histoire à la noix… Bon. Je l'appelle…

- Allo, Mademoiselle Rose ?
- Oui, Monsieur G. Je vous ai reconnu ; quelle surprise…
- J'ai une question… Dites-moi…
- Allo ? Allo…
- Rose ? Vous m'entendez ? Oui, j'ai une question… Est-ce que vous…
- Ah, c'est badaud : je ne vous entends plus Monsieur G… Allo ?
- Allo ?