jeudi 27 mars 2014

Éloge de la patience...

Combien de fois ai-je rêvé de ces moments où profitant de sa docilité, je jouis de son abandon pour la posséder entièrement ?

Liée, courbée, pliée...

Aveuglée par un bandeau, elle ne peut que me sentir, me deviner, me supposer ; elle me redoute et tu m'espère. A la seule injonction d'un ordre bref, elle fait glisser sa robe légère. Je l'observe à loisir, la frôle, l'effleure à peine. Je caresse des yeux l'orbe de ses seins, l'ivoire de son ventre, la courbe moussue de son pubis sombre. Je me nourris de son désir !

Jouant de son impuissance comme du trouble qui l'envahit, je lie ses poignets dans son dos et lui impose pour le plaisir des postures impudiques... A genoux, cuisses ouvertes, puis courbée en avant pour une obscène révérence, elle m'offre ses chairs où suinte son désir.

Je sais que ma verge bandée à l'orée de tes fesses exaspère son attente.

Je la prendrai...
Tout à l'heure, dans un instant, pas encore...

Offrande

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samedi 15 mars 2014

Paléo-soumission

Evidemment, il ne manque jamais d'esprits chagrins pour affirmer péremptoirement que les pratiques de domination et de soumission sont le fruit d'une décadence morale de nos sociétés modernes sur le déclin… Eh bien non ! Tout cela n'est pas le signe d'une société dépravée, et encore moins d'ailleurs, l'apanage d'une sorte d'intelligentsia libertine qui aurait réussi à imposer une mode dont les échos se répercutent l'air de rien jusque dans les magazines bcbg… Mais alors ? Alors, rien ! Rien que la résurgence d'un refoulé ancestral constitutif de la naissance d'une organisation sociale !

Tout a commencé à l'époque où quelques gros costauds menaient leurs clans à la baguette. Je vous parle d'un temps que les moins de 200000 ans ne peuvent pas connaître, bien sûr… Le Gros-Costaud conduisait ses hommes à la chasse, leur assurait une relative protection et accessoirement monopolisait toutes les femmes du clan pour son compte personnel. Et quand je dis accessoirement, c'est un euphémisme, bien entendu. Parce que pour assurer sa descendance, Gros-Costaud ne ménageait ni ses gonades, ni les petites nanas qu'il surveillait jalousement. Pendant ce temps, les jeunes et les gringalets tenaient la bougie – c'est sans doute pour ça qu'ils ont inventé le feu – attendaient inutilement leur tour ou allaient voir ailleurs pour piquer quelques femmes de tribus lointaines… Mais bon, ça ne pouvait pas durer !

Madame Homo erectus

Un jour donc, quelques gringalets réunissant leurs forces ont décidé de tuer le Père ! Pour faire bonne mesure, après l'avoir pulvérisé à coups de massue, ils l'ont même bouffé au cours d'une super-fête, d'abord pour faire disparaître le corps et puis… des fois qu'ils auraient pu prendre un peu de ses forces, au vieux, pourquoi se priver ? De mémoire d'homme (mais ils avaient encore la mémoire courte à l'époque) on n'avait jamais vu une orgie pareille ! Tout le monde était là, les vieux, les jeunes… les femmes aussi, bien sûr, enfin libérées de l'emprise du Maître. Et tout le monde se vautrait dans le stupre et la fornication, dansant, buvant des trucs à assomer un auroch, chacun baisant avec sa chacune et l'échangeant aussitôt avec sa voisine, sa sœur, sa mère, sa cousine... Bref, l'orgie !

Le lendemain, ce fut une autre affaire que l'on résuma en quelques grognements avinés autour des restes de Gros-Costaud :
- Et maintenant, alors ? C'est qui le Chef ? a dit l'intello de la bande.
- Ben si c'était tout le monde ? a dit l'un.
- Ca va être la merde… a dit un autre.
- Y a qu'à inventer la démocratie, a dit un presque gros costaud
- C'est quoi la démocratie, qu'ils ont tous dit…
- Ben c'est quand vous faites exactement comme je vous dis !

Ils l'on regardé avec des yeux torves en tripotant leurs massues…

- Oui, bon… Sous votre contrôle évidemment, si vous êtes d'accord !

Je résume, évidemment…
Et la vie a repris. Mais côté sexe, il y avait comme un malaise… D'abord ça leur faisait tout drôle d'aller avec les femmes du défunt Gros-Costaud pour qui ils avaient fini par dresser un totem au milieu du camp, histoire de se faire pardonner. Ils commençaient aussi à regretter le temps où une femme se gagnait à coups de beignes et puis, bon, ils les connaissaient un peu trop, les ex de Gros costaud. C'étaient comme des sœurs, quoi…

- Y a qu'à inventer le tabou de l'inceste, a dit un ancêtre de Freud…
- C'est quoi l'inceste ? a dit un gringalet...
- C'est malin, et on fait comment alors pour… a dit un autre en se tripotant les génitoires.
- Y a qu'à inventer l'exogamie, a repris l'intello.
- C'est quoi l'exogamie ? a demandé le gringalet...

Et c'est comme ça qu'on a pris l'habitude d'aller chercher des femmes dans les tribus voisines. C'était sympa parce que c'était l'occasion de bagarres homériques et ça faisait de nouvelles têtes dans le clan… A vrai dire, ça faisait de nouveaux culs à mater, de nouveaux seins à peloter et tout ça quoi… Puis bon, elles ne se laissaient pas toujours faire et ça rappelait le bon vieux temps. Il fallait parfois les attacher, leur filer quelques torgnoles, leur rappeler qui était le maître et tout le bazar… Puis ça s'est calmé. L'Intello a inventé la cohésion sociale…

- C'est quoi, la cohésion sociale ? a failli dire Gringalet. Mais il s'est retenu...

… On s'est mis a honorer la mémoire de Gros-Costaud.
On a voulu oublier qu'on l'avait bouffé et on a tout refoulé d'un bloc : le meurtre du père, les traitements infligés aux femmes, l'humiliation des gringalets.
Et le temps a passé en tricotant des tabous et des interdits…

Sauf que les interdits, voyez-vous, c'est fait pour être transgressés.

Homo erectus

Posté par Eronaute à 03:05 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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