Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

mercredi 20 mai 2009

Escalade (1)

Trois-quarts d'heure, et j'y suis…

Sous l'éperon rocheux j'aperçois le refuge où je vais passer la nuit. Demain, je grimperai vers la "Dent de l'ours". Alentour, les pointes enneigées se teintent de rose, de violet, de parme. Magnifique. Si ce n'est qu'au sud une masse de nuages couleur de plomb court vers moi et ne me dit rien qui vaille. Il va tomber des cordes et ce n'était pas prévu ! Trois-quarts d'heure… C'est faisable : j'arriverai avant le déluge. En tout cas, bien avant le mec que je vois en contrebas, petite silhouette orange qui progresse encore sur la vieille moraine…

Le refuge. Une grande cahute accrochée sur une vire, sous un dévers… La porte de bois ouvre sur une pièce unique. Un placard à provisions que chacun veille à ne jamais laisser s'épuiser, un réchaud, une table, six chaises, un vieux poêle à alcool… J'ai une pensée pour les gars du pays qui ont un jour monté cette antiquité jusqu'ici ! Au fond, une modeste mezzanine agrémentée de paillasses : c'est le dortoir ! Huit places, dix à condition de se serrer un peu. Dessous, on entrepose les sacs, les cordes, les chaussures.
Lorsque j'y arrive, le vent se lève, la température chute d'un coup et la pluie commence à tomber, mêlée de grésil tandis que la tempête s'attaque consciencieusement à chaque planche de la cabane qui branle sous la tourmente. Je m'installe : le feu d'abord, l'eau ensuite, pour le thé, la soupe… Et puis deux bols, deux assiettes, puisque de toute évidence j'aurai ce soir un compagnon. Nous échangerons nos itinéraires, nous nous dirons trois mots, les yeux déjà perdus dans le silence : c'est comme ça en montagne. L'essentiel...

Orage

J'ai cru soudain que la porte avait cédé sous la bourrasque ! Mais dans l'encadrement une ombre hésite sous son bonnet auréolé de cristaux de glace, avance d'un pas, vacille et s'affale dans mes bras : le jeune type qui me suivait vient de se prendre l'orage et la pluie glaciale. Au bord de l'épuisement et de l'hypothermie, il me fait un petit malaise, paumé à 2500 mètres  d'altitude ! Je ferme la porte, vire son sac, je l'assieds tant bien que mal devant le poêle…
Premiers gestes d'urgence, je le secoue, le tarte un peu, le masse et remarque en le malaxant que le gars n'est pas un gars : c'est une fille ! En fait, j'ai eu un doute en découvrant son visage que lui bouffait son bonnet... Mais dans le feu de l'action, j'ai à peine remarqué les sourcils fins, les lèvres pulpeuses, la peau douce : l'objectif c'était de lui retirer ses vêtements trempés, de le réchauffer, de le frictionner. J'en ai eu un autre de doute en retirant sa chemise orange : elle lui collait au corps et ça lui faisait des pectoraux impressionnants. Sauf que ce n'était pas des pectoraux ! Et sous sa chemise, il avait une sorte de brassière, un soutien-gorge de sport en quelque sorte, le genre de truc élastique, sans agrafe ni rien, comme un t-shirt trop court, et moulant... Très moulant. Et en le lui retirant, je n'ai plus eu de doute du tout. Mais c'était étrange : j'ai noté l'information dans un coin de mon cortex reptilien et j'ai poursuivi ce que j'avais entrepris : la déshabiller, et vite parce qu'elle était complètement gelée, pour la sécher et la frictionner vigoureusement... Ses seins humides (Et beaux ! Pas énormes les seins, que j'ai pensé, mais beaux, nom de dieu, avec les pointes turgescentes comme des petites fraises des bois)... Ses seins humides donc, luisaient à la clarté vacillante du poêle. J'ai attrapé une couverture pour l'envelopper dedans puis j'ai retiré ses godasses, ses chaussettes, son pantalon... Et quand je suis arrivé à la petite culotte tout aussi trempée que le reste, j'ai eu une courte hésitation métaphysique !

Très courte, l'hésitation ! Fallait pas tergiverser : j'ai saisi le slip bleu pâle (tiens, ça va bien avec ses yeux, que je me suis dit pour essayer de penser à autre chose qu'à la petite motte inconnue qui bombait sous le coton et que j'allais dénuder...) et je l'ai fait glisser le long de ses jambes...
Elle était affalée sur la chaise, la tête renversée en arrière, les bras ballants, les cuisses légèrement ouvertes. Et dans les vaps... Je crois bien que j'ai eu très peur, là... Putain, tu vas revenir à toi, oui ! Je lui ai enfourné deux sucres dans la bouche, je lui ai fait boire du thé bouillant. Avale merde ! Je lui ai déviré une ou deux beignes que j'ai regrettées immédiatement, puis je l'ai emmitouflée, serrée, frictionnée, massée, cajolée... Je lui ai même mis les pieds sous mon pull pour les réchauffer ! Allez mon Doudou, reviens s'il te plaît...
Au dehors, c'était l'enfer : l'orage, le vent, le vacarme de la tempête... Je me suis couché sur elle...

Je ne sais pas combien de temps ça a duré cette histoire mais au bout d'un moment elle a bougé et j'ai entendu une petite voix qui sortait de la couverture :
- Bordel, mais c'est quoi cette connerie ?!

(A suivre...)

Abonnez-vous à l'Eronaute !

Posté par Eronaute à 18:38 - HISTOIRES VRAIES - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

Commentaires

sommet

Cette histoire est déjà craquante !..
La suite, la suite !

Posté par Ambre, jeudi 21 mai 2009 à 16:54

instantanément réchauffée !!! et frémissante d'impatience à l'idée d'en lire davantage... ;-)

Posté par Cara Mia, vendredi 22 mai 2009 à 00:19

Enfin... vous l'avez publié. Je savais que ce récit viendrait. Cela valait la peine d'être patiente.

Posté par Une visiteuse, vendredi 22 mai 2009 à 01:14

Poster un commentaire