jeudi 29 janvier 2009
Perspectives
- M'enfin, c'est pas possible ! Faites quelque chose...
J'ai déjà ouvert la porte, sorti nos sacs, appelé l'ascenseur mais elle court dans tous les coins de la chambre, farfouille, cherche...
- Que vous arrive-t-il donc, ma Douce... Auriez-vous par hasard égaré quelque précieux effet ?
J'en rajoute mais j'adore ! Mon calme apparent la met parfois dans tous ses états, jusqu'à lui faire frémir les narines. Et et ça me bouleverse au plus haut point quant elle frémit des narines et qu'elle en perd tous ses moyens... Je rentre les sacs, je referme la porte.
- Oui, voilà ! 'Gzactement... J'ai égaré quelque effet, comme vous dites ! Je ne trouve plus ma... ma chose là. Vous ne sauriez pas, vous qui avez toujours les yeux partout ?
Non. Franchement je ne sais pas. Et j'ai beau regarder ici ou là je ne vois rien qu'elle aurait pu oublier... A vrai dire, je m'intéresse beaucoup plus à son agitation qu'à l'objet perdu : elle ne tient plus en place et voulant faire vite, vibrionne, s'agite en tous sens et marque son passage de son parfum ambré, comme sillage que je suis, le nez au vent... Et bien sûr je joue les utilités, explore le couvre lit en désordre, l'oreiller creusé de son empreinte.
- Et la salle de bain, vous avez inspecté la salle de bain ?
Oui, elle a inspecté la salle de bain... Et là-haut, me dis-je avisant cette curieuse mezzanine...
- Et là-haut ? Vous...
Aussi sûre qu'un guide de Chamonix, elle entreprend l'escalade. Parvenue sur la dernière marche, elle pose un genou, inspecte...
- Non, rien...
Au bas du marchepied, la situation s'éclaire soudain pour moi d'un jour nouveau...
- Heu... Regardez bien. Prenez votre temps ma Douce...
A hauteur de mon visage, ses longues jambes fusent vers les hauteurs et ses cuisses échappées de ses bas se perdent dans le clair-obscur de ses dessous où je brûle d'apercevoir l'ineffable trace d'un string, l'ourlet d'une culotte, le sourire d'une chatte... Mais dans le flou du mouvement, dans le frou-frou de sa jupe, je ne vois rien d'autre que la naissance d'une fesse, l'éclat fugitif d'une chair blanche...
- Je ne vois rien...
- Non... Moi non plus, hélas...
Je vais aventurer une main dans l'ombre ensorceleuse...
- Ah, mais... Suis-je bête !
Je reprends ma main. D'un petit saut gracieux, elle redescend, saisit son petit sac, vérifie le contenu.
- Tout va bien, elle était là...
- Mais que cherchiez-vous au juste ?
Elle rougit un peu...
- Ça !
... Et brandit victorieusement les quelques grammes d'une infime culotte...
J'ai bien pensé lui demander de remonter sur l'escabeau, mais...
mercredi 28 janvier 2009
Séance photos
C'était une chambre spacieuse et claire comme on n'en trouve que dans les hôtels de province, avec un grand lit, un miroir rococo et deux fenêtres. Il y avait aussi deux grands fauteuils et une table basse…
J'ai commencé à prendre des photos, puisque nous étions venus pour ça ! Des photos de la chambre, des fauteuils, de la table avec son bouquet sec, des rideaux aussi, en contre-jour parce que le soleil couchant donnait encore sa lumière dorée… Et je vous racontais des histoires, des bêtises…
Puis d'un coup, je vous ai vue entrer dans mon viseur ! Vous vous placiez dans le champ, tripotant le rideau, arrangeant le bouquet, jouant avec les moulures du miroir. Et j'ai continué à prendre des photos, de la chambre avec vous qui passiez, des fauteuils profonds que vous essayiez, aux rideaux derrière lesquels vous faisiez semblant de vous cacher !
Et je me disais "tout de même, elle va bien se décider !"
Et juste à ce moment là, votre jupe a glissé...
Et vous vous êtes retrouvée en petite culotte avec votre pull si court...
Et vous avez longuement examiné les fleurs en vous penchant un peu...
Et...
...
Et oui !
Je bandais Madame...
Je vous regardais du coin de l'oeil tandis que je photographiais votre écharpe dans l'espoir d'y cueillir un peu de votre parfum... Je vous regardais venir à moi devant mon objectif et vous n'aviez pas encore esquissé la moindre pose, vous n'aviez même pas tendu vos petits seins vers moi que je bandais déjà, simplement parce que vous étiez là...
Je vous regardais, je vous guettais dans mon viseur et vous le saviez. Mais pour exalter plus encore votre désir, vous feigniez de croire que je ne m'intéressais pas à vous... Vous tourniez et virevoltiez, vous dansiez autour de moi puis enfin, n'y tenant plus, vous avez fait glisser je ne sais comment votre jupe jusqu'à vos pieds, réalisant d'un coup que vous n'aviez plus grand chose à retirer ! Et je photographiais votre chaînette à votre cou, attendant avec impatience de voir votre petite croix en or se balancer incongrûment entre vos seins nus... Puis votre pull, vous l'avez fait s'envoler d'un seul mouvement au-dessus de votre tête, ébouriffant vos cheveux et vous êtes retrouvée, un peu fragile, presque perdue, en petite culotte au milieu de cette grande chambre.
Je souris encore de votre surprise lorsque vous m'avez vu m'approcher, pointant mon objectif à quelques centimètres pour photographier cet adorable petit noeud de ruban, judicieusement piqué au dessus de votre aine ! Et ne me dites pas que vous n'avez pas vu le mouvement de mon appareil lorsque doucement je l'ai incliné pour voir la courbe délicate de votre motte étroitement moulée sous l'étoffe ! Vous l'avez si bien remarqué, que des deux mains, légèrement, imperceptiblement, vous avez descendu votre slip découvrant bientôt votre pubis puis votre chatte tout entière et votre fente entrebâillée...
Et avec ça, vous auriez voulu que je ne bande pas ?

jeudi 22 janvier 2009
Après dîner (2)
Toujours est-il que lorsque nous sommes arrivés à l’Univers, votre bras comme une ceinture chaude et sucrée était autour de ma taille. Nous nous sommes installés. Nous avons rapproché nos sièges, émerveillant ainsi mon ventre de cette intelligente connivence ..

… Et nous sommes arrivés au Pub.
Amarrés l'un à l'autre, chaloupant un peu pour accorder nos pas, mon bras autour de ta taille, ma main aux aguets sur la peau mouvante et tiède, juste à cette hauteur où l'on se dit que les frontières des convenances ne devraient pas exister.
Deux petites marches à monter. Je t'ai poussée devant moi, prétexte à voir onduler tes rondeurs sous ton léger cotillon. Frontière encore : l'ourlet de ta jupe le dispute aux dentelles de tes bas, entre les deux mon cœur chavire… Le bar est tout en longueur et juste après, petite table discrète d'où l'on peut voir sans trop se montrer, où l'on peut se montrer sans le vouloir vraiment. Mon bras laisse ta taille, ma main frôle tes fesses, ta veste tombe dévoilant un instant ton pull tendu sur tes seins qui me narguent, on s'assied l'un près de l'autre, on rapproche les sièges pour étudier la carte.
- Et... Qu'aimeriez-vous ?
Moi, ce que j'aimerais… Tes genoux qui se séparent modestement, le creux de l'étoffe entre tes jambes, la chaleur de ton ventre sous ma main vagabonde, mes doigts qui s'égarent et la moiteur ambrée de ton parfum… Rude whisky aux odeurs de tourbe ? Bière ? Et sa mousse blanche qui déborde de la choppe, s'écoule sur tes doigts, se répand sur tes lèvres… Cocktail explosif ? Et ta bouche qui aspire la paille fluo, ta bouche fruitée sur le bord du verre, ta langue…
- Un verre de vin, peut-être ? Est-ce que vous savez que…
J'ai posé ma main sur la tienne… J'ai pris ta main dans la mienne…
- Oui ?
Je ne pense plus qu'au vallon étroit qui s'ouvre entre tes cuisses, à ta motte bombée sous le satin de ta culotte, aux reliefs de ta fente, aux rives humides de ton ruisselet qu'aucun été n'assèchera jamais… J'envie le verre que tu baises, le cuir de ton fauteuil où tu te trémousses, la bougie dont la flamme danse dans tes yeux...
Et j'envie la voix qui s'écoule de tes lèvres lorsque tu me dis soudain :
- A quoi pensez-vous ?
mardi 20 janvier 2009
Quand je pense...
C'est étrange tout de même !
Ce moment si particulier où finalement quelque chose se passe dans ma tête et qui me convainc sans peine de me laisser faire. Un peu comme si, drogué, fasciné, hypnotisé, paralysé, que sais-je… je ne pouvais plus faire autrement que de subir ce qui se passe… Il est vrai que la motivation dont elle fait preuve alors semble tenir d'une telle impérieuse nécessité que je serais bien incapable de m'y opposer. Il faut voir avec quelle fièvre mystique elle vient me cueillir d'une main attentive ! Il faut voir s'illuminer son sourire lorsque mon escargot tout chaud se redresse dans sa paume douce !
Quel soin, quelle attention inspirée n'a-t-elle pas pour lui prodiguer ses encouragements... Et que je te masse doucement les bourses, et que je te léchouille par-ci pour mieux te butiner par-là… Et que je te prenne entre deux doigts pour te laisser croire que tu es encore trop petit pour moi ou au contraire que j'y mette les deux mains pour que tu réalises à quel point ton sucre d'orge est immense… De ses lèvres de velours elle sculpte, façonne, érige… Dans sa bouche carmin, elle prend, suce, aspire… Et dans sa main ma hampe se redresse, s'étire et gonfle…
Je ne vois plus d'elle que les oscillations de sa tête, ses cheveux qui ondulent comme des herbes folles, ses mains qui vont et viennent dans une chorégraphie savante… Elle se redresse parfois pour me regarder droit dans les yeux avec son petit sourire, comme pour recueillir mon approbation. Alors dans ces moments, et toujours ses yeux dans les miens, par courtes séquences rapides et précises, elle me branle. Tout simplement ! Elle me branle et s'arrête juste à temps, pour reprendre ses petits coups de langues, ses petits coups de lèvres, ses agacements du bout des doigts et ses intrusions entre mes fesses…
Hypnotisé, oui… A sa merci ! Comme c'est étrange… Je ne me sens plus que sexe dressé, hampe levée, verge gonflée… Son pieu, son bâton, son sceptre, sa chose dure… Et je pense… Je pense à son coquillage humide qu'elle serre entre ses cuisses, je pense à ses lèvres que j'ouvrirai tout à l'heure du bout de mes doigts, à son bouton éclos que je titillerai de ma langue, que je prendrai entre deux doigts, à sa motte tendre, à sa chatte merveille, à son entre-délices, à son clitobisou, à ses vrèles d'amour, à son petit troubillon grenat, à son baise-moi-ça, à son prends-moi-vite…
Oh, oui ! Je ne pense qu'à ça... Mais elle me fascine, m'hypnotise, me paralyse et c'est étrange : elle a toujours le dernier mot...
lundi 19 janvier 2009
Autre lettre à une inconnue...
Ah, Madame !
Figurez-vous que ce matin je pensais à vous !
Pas précisément, non, puisque je ne vous connais pas, mais tout de même, une belle et ferme idée de vous qui accompagnait mon réveil, avec quelques échos indistincts d'une improbable conversation passée, l'évocation de votre manque et de son corollaire inévitable, le désir que vous exprimiez, votre envie de vous faire baiser ! Je sais, c'est un peu vert comme langage mais que voulez-vous, au réveil, j'ai quelque chose d'animal qui me reste de mon inconscient nocturne.
Et de toute évidence ce matin, mon inconscient n'avait pas eu le temps de camoufler son obscénité : je bandais comme un sauvage... Je ne sais pas ce qui, de cette bandaison primitive ou de la pensée que j'ai eue de vous, est arrivé en premier ! Toujours est-il que l'une et l'autre ce sont confondues avec entêtement jusqu'à exclure toute autre forme d'explication : je bandais donc je pensais à vous ou alors je pensais à vous, donc je bandais...
... Et pas qu'à moitié, je vous assure ! Même que je me suis demandé avec un peu d'effarement si cette fantaisie allait me quitter... Fantaisie qui, j'en étais sûr, vous aurait agréablement comblée ! Vous qui attendez que quelque chose arrive, moi qui me demande si oui ou non une maîtresse m'attend encore quelque part... Il y avait de quoi rire. Et pour le plaisir je suis allé boire mon petit café à votre santé , érigé comme un menhir et fier comme Artaban !
Réponse d'une Inconnue
Ahh, Monsieur ! Si vous saviez, le plaisir que j'ai ressenti à vous lire...
Un délice qui coule le long des reins et qui m'a fait frémir !
Une femme aussi peut bander à sa façon.
C'est discret à peine palpable, c'est comme un second battement de coeur au creux des cuisses, un met délicieux , un secret gardé qui emplit de plaisir..
Alors Monsieur, merci !
L'Inconnue
jeudi 15 janvier 2009
Chanson du coin du feu
Comme au coin du feu
Je me suis assis au coin de toi
et je ne veux plus rien d'autre
Te regarder ma douce te regarder
Rêver aux flammes de tes yeux
à la chaleur de ton corps incendié
Sens embrasés désir attisé
Me chauffer aux braises de ton ventre
Pour te brûler ma douce pour me brûler...
dimanche 4 janvier 2009
Dernier verre
Blues et afro jazz.
Explosif, avec un fond de Scotch, un stylo et deux doigts de vague à l'âme !
Mon dernier verre...
Un pub à la lumière à peine suffisante pour jeter trois mots sur mon carnet et me livrer à mon exercice favori d'écorchage à vif : écriture automatique à cette heure. Ça peut toujours servir, demain, plus tard, ailleurs... Mon dernier verre pour une dernière page. J'aime trop les frontières de l'ivresse pour les traverser franchement. Je m'arrête toujours à temps, histoire de voir. Juste pour voir, de l'autre côté, les mirages de l'inspiration.
- Je peux m'asseoir ?
J'ai sursauté. Brune, élégante, la quarantaine florissante, le teint des îles et le tailleur bleu, elle s'installe, les jambes jointes élégamment inclinées sur le côté. Pose deux verres sur la table basse, me regarde... Antilles, GuadeloupeGuadeloupe… Un parfum de vanille. Une infinie douceur vaguement alcoolisée au fond des yeux.
- Je sais que je vous dérange ajoute-t-elleajoute-t-elle, et je ne suis pas ce que vous croyez !
- Je ne crois rien... Mais j'allais partir...
- Oh ! Désolée... Je voulais m'enivrer un peu... Et je ne crois pas pouvoir le faire seule...
Sa façon de dire "eniv'er" !
Bon chic, bon genre... L'expression me vient à l'esprit. Je la regrette, l'efface... Education certes, aisance, belles manières, réussite sans doute. Sans affectation. Elle me plaît… Me raconte... Rencart manqué, copines absentes, un verre puis deux, puis trois… Et le dernier, qu'elle ne veut pas boire seule. Dérive. Infinie douceur, infinie tristesse. Ça se conjugue.
- Je vous accompagne alors… On boit à quoi ?
- Je ne sais pas… A nous. Vous vivez seul ?
Elle a jeté un regard à ma main gauche : je ne porte pas d'alliance. Elle non plus.
- Non… Je ne vis pas seul. Vous non plus, je parie...
- Gagné ! Comment savez-vous ?
Elle rit, une larme au coin de l'œil. Buvons à nous alors...
A l'ivresse contenue, au plaisir de l'autre.
Elle défait un bouton de sa veste et libère l'écume blanche d'une dentelle légère où fleurit l'ombre discrète de ses seins... Elle porte, serré autour du cou, un foulard bleu piqué d'un camée d'un autre temps...
Puis elle boit.
- Merci, dit-elle... Faisons semblant. Vous voulez ?
Et la voilà qui me raconte... Sa journée, sa vie, sa soirée de la veille au théâtre... Et je lui réponds sur le même ton. Elle s'anime, belle, désirable sans aucun doute, assise bien droite dans son fauteuil. Et soudain...
- Vous avez envie de moi ?
Silence.
Un infime relâchement dans sa posture et ses genoux se sont séparés imperceptiblement, assez pour que je me perde un instant dans ce soupir ambré... Elle sourit...
- Très franchement ? Je ne...
- Rassurez-vous : moi non plus ! C'est juste l'idée que ça pourrait nous arriver... J'aime. Pas vous ?
Alors nous avons fait "comme si"… Nous avons poursuivi nos bavardages, elle a posé sa main sur mon bras, je lui ai dit "Tu te souviens ?" en lui parlant de moi. Elle a convoqué les images d'un passé qui lui était étranger et elle était émue. Nous sommes sortis en titubant un peu, elle s'est accrochée à moi. Et moi à elle, je crois… Nous avons marché jusqu'au square pour nous dégriser, mais pas trop. Sous le vieux hêtre, nos lèvres se sont effleurées puis je l'ai prise par la taille, "comme si"… Ma main descendait un peu sur sa hanche dont je sentais le mouvement à chaque pas. L'étoffe de sa jupe glissait en cadence sur sa peau, ma main suivait l'étoffe et les ondes douces de sa chaleur…
- Je vous raccompagne…
- Chez vous ou chez moi ? répond-elle en riant.
Au fond d'une petite rue, le néon bleu d'un hôtel clignotait en grésillant. On faisait toujours semblant, en montant le vieil escalier, en ouvrant la porte grinçante d'une chambre baignée par la lumière de l'enseigne… Nous faisions comme si…
- Comme si vous me désiriez ?
Sa veste a glissé sur le sol, puis sa jupe, suivie par les dentelles blanches.
Elle n'a gardé, serré autour du cou, que son foulard bleu, piqué d'un camée de vieil ivoire…
samedi 3 janvier 2009
Après dîner
Je vous sentais impatiente...
A peine avions-nous terminé notre dessert que déjà vous me pressiez de questions sur la suite de la soirée. Allions-nous rentrer, l'hôtel était-il très loin ? Je m'amusais... Il me tardait au moins autant qu'à vous de vous prendre dans mes bras, de mettre un peu de désordre dans votre tenue, dans vos cheveux, de vous... Dès l'instant où nous nous étions assis dans ce restaurant, je n'avais plus pensé qu'à ça. Je ne voyais que vos lèvres qui s'avançaient à chaque bouchée et lorsque votre genou touchait le mien - le faisiez-vous exprès ? - l'image de vos cuisses que vous deviez serrer et desserrer sous la table, s'imposait, tentante, chaude, brûlante. N'eût été le monde qui nous entourait, j'aurais volontiers plongé sous la nappe pour y déguster comme amuse-bouche le fruit que vous me cachiez encore. Vous doutiez-vous que dès lors se dressait l'étendard du désir ?
Et je voulais que cela dure, je voulais tout et ne voulais pas que cela arrive déjà... Un Pub ? Oui, tout proche, près du théâtre... Devant la grande fontaine, vous avez eu froid. Un coup de vent venu de la mer s'engouffrant entre les immeubles tourbillonnait sur la place. Vous m'avez pris le bras vous vous êtes blottie contre moi et, en même temps que votre parfum, j'ai senti la note sucré de votre désir vous envelopper d'un long frisson qui vous a fait rire... Vous avez serré votre veste sur votre pull et j'ai imaginé vos petits seins nus sous le coton léger, j'ai eu la vision de mes mains les prenant comme deux colombes frémissantes, mes doigts pressant légèrement vos tétons qui se dressaient sans doute, à cause du froid, ou à cause de moi... Je ne savais pas encore...
Et nous avons remonté, hanche contre hanche, la rue Crébillon *. "Père ou Fils ?" m'avez-vous demandé soudain et riant encore... "Je crains fort qu'il s'agisse du père ! Vous auriez mieux aimé qu'il s'agisse du fils, n'est-ce pas ? "
Des vitrines de lingerie nous éclaboussaient de lumière et nous laissaient muets de suggestions grivoises... Votre chaleur irradiait tout mon flanc. Vous imprimiez à mon corps les mouvements de vos hanches, je vous sentais tanguer, chalouper en douceur et cette danse impromptue m'en racontait d'autres, plus charnelles, tandis que du coin de l'œil je devinais votre jupe battre sur vos fesses, arrondir plus encore vos courbes que vous cambriez tout exprès... C'est alors que je vous ai pris votre taille, que j'ai niché ma main sous votre veste, accrochant un doigt à votre jupe où j'ai senti un peu de votre chair tendre et douce... "Voyez : l'Univers ! Nous sommes arrivés..."
* Claude Prosper Jolyot de Crébillon (dit Crébillon fils), écrivain licencieux du 18ème siècle, fils de Prosper Jolyot de Crébillon, auteur dramatique...
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