Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

mercredi 26 septembre 2007

Symphonie sylvestre

(Réédition...)

J'avais fait une halte au cours de ma promenade de l'après-midi. Assis au pied d'un hêtre, je m'étais assoupi, bercé par le bruissement léger des insectes, vaincu par la douce chaleur estivale… Et j'avais voluptueusement sombré dans des rêves peuplés de nymphes rieuses et de jeunes filles en fleur qui se disputaient mes faveurs…

L'écho d'une tendre querelle me tira du sommeil. A quelques pas de moi, dans une clairière moussue, deux jeunes gens sacrifiaient innocemment à Éros. Mais le jeune homme semblait trop pressé…

- Attends, disait la jeune fille ! Attends, Léo... Il n'y a pas que ça…

Cette seule phrase me la rendit sympathique. Lui, déterminé, tentait déjà de la prendre. Elle, qui ne me semblait pourtant pas farouche, se tortillait sous lui pour éviter l'estocade et finit par se dégager, reprenant le dessus, le clouant au sol d'un baiser qui n'en finissait plus… Elle se redressa, dégageant d'une main sa longue chevelure. Et je la reconnus : c'était Delphine !

On eût dit une blonde amazone terrassant sa victime, ou une figure de proue aux jeunes seins sculptés par le soleil d'août… Agenouillée au-dessus de sa proie, la chevauchant à son tour, elle considérait sa victime dont je voyais le sexe s'ériger comme un totem. Quelque part dans la forêt, un coucou s'évertuait à donner une heure qui n'intéressait personne.

- Et tu voudrais me priver de mes jeux préférés en envoyant au nid ce bel oiseau !

Décidément, cette fille avait de l'à-propos ! Elle faisait maintenant courir ses doigts sur le ventre de son compagnon étendu sur le dos … Elle se penchait sur lui, considérait le glaive qui avait bien failli la transpercer prématurément et s'apprêtait à le fourbir de ses lèvres roses. Le garçon ne bougeait plus, dans l'attente de cette bouche dont j'imaginais le souffle léger et le parfum...

C'est alors qu'elle me vit ! Un rai de lumière sans doute, un mouvement dans le feuillage qui ne me dissimulait guère, et elle me vit… Nous n'étions qu'à quelques mètres, à portée de murmure… Un imperceptible tremblement de tout son corps trahit, le temps d'une seule seconde, sa surprise et sa gêne passagère. J'allais discrètement m'éclipser quand son étrange regard et un indicible sourire, m'en dissuadèrent.

- Ne bouge plus, et pas un mot, d'accord ?

Avec une duplicité qui me réjouissait, n'était-elle pas en train de parler à son amant tout en s'adressant à moi ? Intrigué, je la vis couvrir soigneusement le visage de Léo de son tee-shirt, le persuader de se taire et de ne plus bouger. Puis, sans cesser de me regarder, elle saisit le membre dressé…

J'admirais la douceur et l'aisance de cette main qui allait et venait sans précipitation sur toute la longueur de la verge, accompagnant le prépuce pour recouvrir le gland où elle s'attardait, le caressant de gracieux mouvements circulaires… Puis elle reprenait, montait et descendait, impérieuse, serrant plus ou moins la hampe, l'assurant d'une main ferme pour la presser parfois au point que, veines saillantes, elle doublait de volume ! Attentive, Delphine contrôlait la vitesse du mouvement, l'accordait aux réactions de son ami, le masturbait très lentement pour soudain le branler frénétiquement et s'arrêter de nouveau. Elle le lâchait alors pour lui imprimer quelques petits coups de langue et je voyais ce sexe libre, animé de battements et de soubresauts annonciateurs d'une issue inévitable...

Alors, mutine, Delphine le saisit entre deux doigts, obtint en un instant le jaillissement précoce qu'elle attendait, et plongeant ses yeux dans les miens glissa farouchement son autre main entre ses cuisses...

La clairière frémissait sous une brise légère et tiède. Les herbes hautes chuchotaient et se courbaient mollement avec la nonchalance de danseuses lascives puis se redressaient dans le soleil. Silence d'été que nourrissait le bourdonnement continu d'insectes invisibles accompagnant quelques soli d'oiseaux... Symphonie sylvestre que Delphine dirigeait d'une main de velours...

Posté par Eronaute à 08:30 - 1 DELPHINE en son Printemps - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

Symphonie

Toujours agréable à relire ...Comme elle l'est à vivre.
N'est-ce pas mon Amiral ?

Posté par Artemis, dimanche 10 août 2008 à 09:46

il s'en passe des choses pendant les promenades .. :-)

Posté par Vallisnéria, samedi 7 février 2009 à 22:09

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