Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

lundi 9 juin 2008

Logement d'appoint (2)

- Bonsoir…

Elsa glisse vers moi comme une apparition, succinctement vêtue d'un déshabillé noir et vaporeux dont la coupe et le tombé me figent sur place. Largement échancré sur les épaules, son décolleté lui dessine sur la poitrine un long triangle renversé qui plonge jusqu'à son nombril. C'est là que  se rejoignent enfin les deux pans du col, retenus par une fine ceinture. Au-dessous, le vêtement s'évase à nouveau paresseusement sur son ventre où fleurit une toison noire. Il flâne sur ses hanches en froufroutant, glisse en s'ouvrant le long de ses cuisses et tombe pudiquement jusqu'à ses pieds nus.

Involontairement je présume, Elsa m'invite à une méditation géométrique : la triangulation des courbes ! Sorte de contradiction de l'esthétique féminine dont les douceurs ne s'arrondiraient que pour valoriser le delta de son intimité, trigone du plaisir frappé au coin du désir… Enchâssée dans la mousseline noire, la chair blanche d'Elsa dessine deux triangles de perfection opposés par la pointe, sablier où le temps ne s'écoule plus !

- Bonsoir, dit-elle encore…

Des ombres badinent entre ses seins, les frôlent et les sculptent d'estompes mouvantes, au gré de sa respiration qui soulève l'étoffe. Comme la houle… Ses aréoles brunes dont les pointes tutoient le liseré de son col, menacent de s'en échapper à chaque mouvement.
Elle vient vers moi, me tend une main. Que je veux prendre… Pour la lui baiser peut-être tant ce geste décalé me paraît de circonstance, mais elle s'avance encore et mes doigts frôlent son ventre où ils s'attardent et papillonnent…

- Vous prendrez bien quelque chose, dit-elle sans me quitter des yeux ?
Mes doigts musardent dans son buisson…
- Juste une goutte alors…

Nous n'avons pas bougé…
Sa main s'est posée sur mon pantalon, mes doigts se faufilent entre ses cuisses…
"Ne m'attendez pas !" crie Judith depuis l'autre pièce… "Sers-toi G, j'arrive…"
J'ai refermé ma main sur la motte tiède d'Elsa…

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* Logement d'appoint 1

Posté par Eronaute à 17:24 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

Je savais bien

...que Brel avait tort!

C'est superbement écrit...

Posté par kaos, mardi 10 juin 2008 à 11:50

Toujours autant de plaisir à lire tes textes, vraiment très agrèable un bonheur pour les sens et le bon goût!
Bises
Nono

Posté par Nono, mardi 10 juin 2008 à 15:33

Vous étiez particulièrement inspiré je vois...la triangulation des courbes...voilà qui me plaît bien !

Posté par Claire, mercredi 11 juin 2008 à 06:51

La géométrie avec vous c'est un délice.
baisers
Armandie

Posté par armandie, mercredi 11 juin 2008 à 08:50

le plus délicieux serait bien évidement d'avoir une suite rapidement et ne pas nous laisser dans un désarois si profond

Posté par oxanne, mercredi 11 juin 2008 à 23:25

Ah les filles...

... Je ne suis pas surpris que vous soyez fascinées par la géométrie : vous savez mieux que les hommes que le chemin le plus court entre le G du désir et le point O du plaisir n'est pas toujours une ligne droite !

Posté par L'Eronaute, jeudi 12 juin 2008 à 01:47

De G à O

Si tous les hommes pouvaient vous entendre... Il y aurait plus de femme épanouies sans doute.

Posté par Lyzis, jeudi 12 juin 2008 à 06:38

Envoûtée

Sublime. Le reste paraitrait fade.

Posté par Fleur de Lys, samedi 14 juin 2008 à 19:33

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