Journal d'un Eronaute

Correspondances érotiques. Confessions intimes et récits alertes... L'érotisme comme principe vital

vendredi 30 mai 2008

Logement d'appoint

ElsaNuit

- Et… Tu dors où, quand tu viens à Paris ?

Question anodine… Quoique… A dix heures du soir, à l'issue d'un diner légèrement arrosé, posée par une femme brune aux longs cheveux défaits et à la poitrine somptueuse, la question mérite un instant de prudente réflexion… Je connais Judith depuis quelques mois : ordinaires relations de travail chez un éditeur, rencontres épisodiques autour d'un verre... Ce soir, c'était un dîner rapide. En tête à tête : le hasard, à la sortie d'une réunion.

- Alors, tu dors où ?

Cela dépend... de mon retour, de mon train, de la disponibilité des hôtels du quartier, ou comme ce soir, d'un ami qui m'a laissé la clef de son appartement, à Boulogne...
- Mais c'est loin, Boulogne !

Elle a quelque chose d'envoûtant dans son opulence, Judith. Je lui ai toujours vu et par tous les temps, un t-shirt noir échancré jusqu'à l'exubérance et de longues jupes légères qui virevoltent comme une énigme... Grande fille simple et belle, elle bouge comme une herbe haute sous le vent, elle glisse, passe, enivre d'un sourire qui a brûlé, dit-on, plus d'un prétendant. Inaccessible, Judith! On lui prête volontiers des mœurs saphiques, mais par dépit sans doute, au prétexte qu'on la verrait souvent dans certaines soirées, avec la mystérieuse Elsa, l'indéfectible amie au regard noir...

- Ecoute, c'est bête ! J'habite à deux pas, l'appart est immense... Demain je te dépose...
C'est tentant... Une heure de métro ou cinq minutes à pied... J'avoue que…
- Soit, dis-je... J'avoue que...
Et nous voici sur le boulevard, puis au pied d'un immeuble cossu dont le hall s'illumine à notre arrivée.

***

Au cinquième étage, sur le pallier, elle chuchote presque… "Tu verras, c'est d'un calme…" et sonne trois petits coups tout en ouvrant la porte.
- C'est nous, chantonne-t-elle à la cantonade !

Comment ça, "c'est nous" ? Et je la croyais seule…
Passablement intrigué, encouragé par mon hôtesse j'avance dans l'entrée et reste planté sur le seuil d'une grande pièce discrètement baignée de lumières douces et de musique langoureuse. Sur la table basse garnie de quelques bougies, mon whisky préféré et trois verres s'impatientent tandis que dévêtue d'un long négligé noir mollement retenu à la taille, Elsa glisse vers moi sa nudité vaporeuse...

- Donnez-moi deux minutes, dit Judith… Je vais me changer et je suis à vous…

Posté par Eronaute à 17:52 - 4 CONTES D'HIVER - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

Hospitalité

Je ne savais pas la Parisienne si accorte ! Qu'en est-il du Parisien ? Ou descendrai-je lors de ma prochaine visite à la capitale ? Dommage que je n'aie comme vous un carnet d'adresses aussi accueillantes...

Posté par Gicerilla, samedi 31 mai 2008 à 08:11

Je n'étais passée par ici depuis fort longtemps ! Je vois qu'on y est toujours aussi bien accueilli(e)*sourire*

Posté par bruine, samedi 31 mai 2008 à 14:23

Ça continue à ce que je vois, les situations surprenantes, les contextes, les occasions inespérés...

Posté par Claire, dimanche 1 juin 2008 à 08:04

Voilà un conte bien charmant, dont l'introduction laisse présager une suite fort agréable... mais je parie qu'il ne s'achèvera pas par "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" !

Posté par Chimeres, dimanche 1 juin 2008 à 10:50

Mais je te

...préviens, je n'irai pas à Paris"....Il avait tort Brel à mon avis...

Posté par kaos, mardi 3 juin 2008 à 15:54

Inaccessible...

et pourtant joueuse. Délicat piège de femmes mystérieuses et libres, les plus douces parfois, les plus exigentes souvent.

B

Posté par petite fr@nçaise, mardi 3 juin 2008 à 17:26

ah ce rêve de trio qui semble prendre forme. Forcément voluptueux...à suivre
baisers
Armandie

Posté par armandie, jeudi 5 juin 2008 à 15:06

au point ..

d'appoint, dites-vous ? que serait-ce s'il ne l'était point ! :D

Posté par Vallis, vendredi 13 juin 2008 à 10:24

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