dimanche 16 février 2014

Contre la grille (Chroniques pour une inconnue 2)

Barbara, rappelle-toi... Moi, c'est Barbara.

Il est vrai que dans ce tailleur vert d'un autre âge, je parais un peu petite souris verte, celle que l'on repère sans bien comprendre pourquoi, la fille qui passe à côté de vous tous les jours sans que vous ne la regardiez, ni même ne la humiez. Oui c'est moi qui hante vos rêves, vos nuits sont à moi à défaut de vous posséder le jour.

Je vous veux, je vous le dis tout de go. Votre costume gris m'inspire, je veux être nue contre lui, qu'il râpe ma peau, m'échauffe le corps, le cœur, et plus encore. Oui je suis timide, je me contente de vous regarder le jour, et j'ai ce pouvoir sur vous la nuit, mais n'ose vous dire les endroits où j'aimerais que votre costume passe, sentir votre portable coincé dans la poche intérieure, dur comme votre queue que je rêve de toucher.

Je vous veux sur moi, en moi.

 

Grille

Vous avez quand même repéré ce corsage sur mon corps pas sage, les seins pointus, appelant vos mains, votre bouche ; cette jupe serrée sur mon cul bien planté. Je l'ai acheté une taille en dessous pour ne pas  fermer cette veste, juste pour faire comme Marylin et donner l'impression que tout va craquer. C'est moi qui craque. Prenez-moi là, votre bouche dans mon cou, pressant vos lèvres sur la veine qui martèle mon cœur et empêche le sang d'affluer au cerveau. Je ne veux pas penser, je veux oublier que vous ne me regardez pas. Ma chevelure léonine ? Je n'ai que des cheveux courts, fins, plats et sans reflet. Vous me confondez avec cette femme que vous suivez du regard, que vous appelez « mon épouse » belle, hautaine, distinguée et dont vous dîtes qu'il n'y a plus de complicité, vous la voulez, la désirez, elle vous repousse, que sais-je, mal de tête, mal d'ennui. J'ai sa chevelure dans vos rêves, et suis chaude comme la braise, vos yeux gris (aussi) me torréfient. Je vous veux, je ne veux plus mourir d'ennui.

Contre cette grille poussez-moi, allez-y bordel, qu'est-ce qui vous retient ? Je sens les barreaux, le métal froid, la folie douce m'envahit. Je vous veux, vous dis-je.

Barbara

 ( Chronique 1 : ICI )

Posté par Barbara_Oz11 à 19:43 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 20 février 2013

Chroniques pour une Inconnue - 1

  • Mes "Inconnues" sont un peu le sel et les épices dont je saupoudre mes histoires vraies…
    Brèves rencontres improbables et sans suite mais dont l'intensité marque le cours de ma vie : traces indélébiles, douces peines et voluptueux regrets. Elles passent, s'effacent et disparaissent. Elles emportent chaque fois et pour toujours, un peu plus de moi…


Vous me hantez, chère Inconnue !
Vous me poursuivez dans mes rêveries, mes fantasmes ; je vous vois partout, toujours la même. Paradoxalement comme si vous aviez toujours été là. Visage d'ange et sourire énigmatique, la beauté du diable et la fraîcheur d'un printemps doré. Qui êtes-vous donc, vous que je convoque dans mes rêves et qui s'impose à la moindre de mes langueurs ? Je ne connais même pas votre prénom ! Je suis pourtant sûr de l'avoir prononcé un jour, souvent ; et il ne me revient pas. J'aimerais vous appeler Eve : cela vous irait si bien. Mais c'est un autre nom que j'entends quelque part dans ma mémoire et que je ne sais plus dire…

Lorsque je vous ai vue la première fois, vous sembliez m'attendre adossée à la grille d'une vaste demeure, exacte reproduction d'une maison où j'ai vécu il y a bien longtemps. Qu'ai-je donc été vous chercher en ces lieux où je ne suis jamais retourné ? Et pourquoi donc ce tailleur vert amande que l'on dirait d'un autre âge ? Petite veste ajustée que vous n'avez pas refermée sur un chemisier faussement sage, jupe qui sculpte vos hanches, se tend sur vos fesses et se creuse un peu là, devant, juste là… Si courte cette jupe que, malgré votre magnifique chevelure léonine qui cascade sur vos épaules, malgré votre éclatant sourire et votre lèvre rubis que vous mordillez, je ne vois que la promesse de votre chair rosée, à la lisière de l'ourlet dont l'ombre mince, comme un trait d'interdit sur votre cuisse, m'invite à l'indécence.

Vous ne sembliez pas surprise de me voir venir vers vous… Je vous ai abordée sans un mot, j'ai posé mes mains sur vos hanches et vous avez soutenu mon regard. Vous mordiez encore votre lèvre d'un petit bout de dent où brillait votre salive lorsque mes doigts sont descendus jusqu'au bas de votre jupe que j'ai relevée pour caresser votre peau tiède. Puis vous pressant contre moi, vous soutenant au creux des reins, j'ai laissé une main remonter entre vos cuisses et empaumer votre sexe. Vous avez fermé les yeux, vous avez relevé votre tête, vous vous êtes abandonnée contre moi, me prenant par la nuque, ébouriffant mes cheveux… Je respirais vos lèvres entr'ouvertes qui sentaient la vanille tandis que je devinais sous l'étoffe légère, les reliefs, les creux, les pleins et les déliés de votre chatte…

J'aurais pu vous imaginer sans culotte sous votre jupe courte…
J'aurais suivi d'un doigt les rives tendres de votre motte, j'aurais…
Mais non ! Pour une première fois, ce n'aurait pas été très convenable...

Posté par Eronaute à 02:56 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 3 mars 2011

Une chemise

Juste une chemise...
Douillette, un peu large, un peu longue, sa chemise préférée.
Rien d'autre !
Sa tenue d'intérieur. Une chemise ouverte dont les pans se jouent de ma patience.

C'est étonnant... Parce que si elle l'ouvre beaucoup, sa chemise, dévoilant largement ses seins ronds qui frémissent au moindre mouvement, j'ai l'impression qu'elle est moins nue. Mais lorsqu'elle la referme un peu, juste un peu, lorsque ses seins se cachent de part et d'autre laissant mon regard errer sur cette vallée de promesses, c'est le comble de sa nudité qui s'offre. A la lisière du tissu, ses aréoles brunes jouent à cache-cache : une fois l'une, une fois l'autre, discrètement, l'air de rien, l'air de ne pas vouloir se montrer ou alors par hasard, comme un clin d'œil espiègle. Au gré du désir qui va et qui vient. Et puis soudain, voilà le téton qui pointe ! Il accroche le bord de la chemise, le retient, s'y caresse un peu, se dresse puis se dérobe : je n'ai plus le loisir que de rêver pour mieux la déshabiller...

Mes mains sous sa chemise et mes yeux dans les siens...
Sans ciller, sans un mot, mes mains sous sa chemise, à tâtons...
Son regard innocent et ses lèvres gourmandes,
mes mains sous sa chemise,
mes mains sous sa chemise,
ses seins à pleines mains...

Posté par Eronaute à 17:47 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 5 août 2009

Visite de courtoisie

Quand j'ai sonné à sa porte, Delphine est venue m'accueillir vêtue d'une simple chemise d'homme, blanche, trop grande, ouverte de haut en bas...

- Je te dérange, peut-être ?
- Pas du tout ! Entrez... Je vous attendais.
- Ah...

J'entretiens toujours avec Delphine des rapports étranges qu'alimente sans doute le souvenir de l'avoir fait sauter sur mes genoux il y a quelques années, bien avant que je réalise, le temps lui ayant donné une plaisante majorité, qu'il m'était possible de la sauter tout court ! C'est ainsi que pèse aujourd'hui sur nos relations ce goût d'interdit qui n'est pas si désagréable et que je cultive de façon un peu perverse... D'autant qu'elle ne demanderait que ça, la jouvencelle et qu'elle semble depuis longtemps se complaire dans ce commerce sans aveu.
Et là, planté sur le seuil de son petit intérieur, je considérais sa nudité blonde rehaussée par la liquette de coton dont les pans battaient de part et d'autre de ses seins, s'évasaient sur son ventre. Sa tenue décontractée ne semblait pas la gêner outre mesure et à la réflexion, moi non plus ! Seul le contexte me paraissait bizarre... D'autant qu'une voix me parvint de la pièce à côté : "Delphine... Non..."
- Je peux repasser si tu n'es pas seule...
- Justement ! Non... Venez...

Je l'ai suivie, considérant avec intérêt, au bas de sa chemise, cet infime pli en creux sur son épiderme qui marquait la frontière entre ses cuisses et ses petites fesses nerveuses... J'avais eu bien sûr, l'occasion de contempler ensemble les unes et les autres, mais dans l'instant, cette chemise qui ne laissait entrevoir de son cul que des promesses frémissantes me paraissait la plus exquise des tentations...

- M'enfin Delphie, qu'est-ce que tu as fait à ce pauvre garçon ?!
Etalé sur le lit, un jeune type gisait en croix, immobilisé, pieds et mains attachés, nu...
- Mais c'est lui qui a voulu !
- Bon, peut-être. Mais je ne suis pas obligé d'être témoin de tout ça, moi ! Ou alors couvre-le...
- Ben non... Et c'est bien fait pour lui ! Vous savez ce qu'il me reproche ? De ne pas savoir le... Ca fait une heure que je... et rien. Et juste avant que vous ne sonniez, il a eu le culot de me dire que je n'avais qu'à demander à "mon vieux" de m'apprendre à sucer... Le "vieux" c'est vous, évidemment...

Evidemment... Je digérais doucement l'information lorsqu'à ma grande surprise Delphine se remit à l'ouvrage !
- Mais Delphine, arrête enfin !
- Mmmm... Mmm...
Et le "pauvre garçon" ne bandait pas ! Fasciné, je voyais son long sexe flaccide glisser entre les lèvres d'une Delphine attentive et convaincue ; mais de toute évidence, et contre toute attente, il ne bandait pas !

- Bon, ben... Ma présence n'est peut-être pas indispensable n'est-ce pas... Je crois que je ne vais pas m'attarder. Je repasserai...
- Mm'noon... Partez pas, s'il vous plaît...

Même pas le temps d'amorcer une retraite ! Avec une surprenante vivacité, elle avait basculé sur le flanc et s'agrippant à ma ceinture elle fourrageait déjà dans ma braguette dont elle sortait délicatement ma...
- Mais ça va pas ! Veux-tu bien...
- Oh ça va, dit-elle... Est-ce que je faisais tant de manières l'autre fois sur l'île aux cygnes ?

L'évocation de cet épisode me fit malgré moi l'effet d'un aphrodisiaque instantané. D'autant plus instantané qu'elle referma péremptoirement sa bouche sur mon sexe pour m'entreprendre avec une telle fougue que je doutai soudain de la virilité de son petit ami... Ah fichtre ! Je l'avais oublié celui-là ! Toujours entravé sur le lit, il ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes, se tortillait un peu et tentait vainement de couvrir du drap son membre qui gonflait à vue d'œil !
- Delphine, arrête ! Ton... Ton mec, là...
- Mmmm ?
- Il bande, ton copain...

Elle émit encore un vague et humide borborygme, puis d'un geste qui me parut prémédité cent fois parce qu'étrangement précis, elle avança une main vers le menhir du copain... Alors, nous manuellisant tous deux en cadence, elle a levé vers moi un visage angélique :
- Je savais que vous finiriez bien par m'aider sur ce coup là...

Et elle replongea...
Trois secondes, mais trois secondes seulement, je me suis demandé pour lequel d'entre nous elle avait monté ce piège diabolique... Et puis... je me suis dit... que j'aurais bien le temps d'y réfléchir plus tard...

Posté par Eronaute à 08:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 9 août 2008

Une péniche glissait...

C'était juste une promenade, après dîner…

Je lui ai pris le bras, ma main glissée légèrement. Elle l'a serrée contre elle. Contre son sein.
Elle parlait, volubile comme à son habitude. Paris, sa nouvelle vie, ses études… Nos souvenirs aussi. Nos "souvenirs de vieux amis" disait-elle. Du temps où elle était encore "une sale gamine qui prétendait vouloir me séduire"…

- Aujourd'hui encore…
- Quoi donc ?
- Je veux vous séduire…

Delphine marchait, sa hanche contre la mienne, regardant nous croiser quelques couples insouciants. L'Île des Cygnes sur la Seine est un rendez-vous d'entre deux mondes… Homos, hétéros, amants d'un soir ou d'une vie, discrète foule d'originaux qui se reconnaissent et s'ignorent. J'y ai même vu, un soir, Agnès trousser sa jupe et dévoiler son cul dans la lumière crue des bateaux mouches !

- Tu veux dire que tu veux coucher avec moi…
- … Que vous me fassiez l'amour, nuance !

Les pierres du Pont Rouelle renvoyèrent sans aucune pudeur l'écho de sa voix… Nos ombres accouplées s'étiraient devant nous qui semblions vouloir les rattraper. Je distinguais la silhouette de ses jambes interminables sous sa jupe courte. J'eus conscience qu'elle serrait encore plus ma main sous son bras. Elle la prit, la remonta un peu et la laissa reposer sur la douceur velouté de son décolleté…

- C'est un jeu, Delphine… Tu n'as envie de moi que parce que les conventions te laissent croire que je suis inaccessible. Tabou, carrément !

Elle me lâcha à la sortie du pont, me fit face en s'adossant à un arbre…

- Et alors ? N'êtes-vous pas vous-même arrêté par des raisons exactement inverses ? Vous prônez sans cesse l'irrespect des tabous, le libertinage, la transgression et vous feriez exception avec moi sous prétexte que je grimpais sur vos genoux il y a quelques années ? Et merde ! Je suis majeure, non ?

Sa violence soudaine me la fit apparaître étonnamment proche… Son regard, sa bouche frémissante… Belle, blonde, jeune… Inaccessible à son tour. Désirable sans aucun doute. Et je n'avais pas envie d'elle, mais de son plaisir… Je posai mes mains sur ses hanches. Ses yeux s'arrondirent de surprise, plongèrent dans les miens pour s'y ancrer tandis que je remontais doucement sa jupe et découvrais peu à peu ses cuisses. Il n'y avait entre elle et moi aucun autre contact que celui de mes mains. Du revers de mes doigts je vins caresser son ventre, puis son pubis où frisait une toison duveteuse d'une infinie douceur… Sa culotte glissa. Son sexe s'ouvrait, tiède et humide…

- Mais… Pas ici… Nous ne sommes pas seuls, dit-elle…
- Si ! Nous sommes seuls.  Et ce sera comme je veux. Pour commencer.
- Pour… Pour commencer ?
- Oui, pour commencer. Et gardez les yeux ouverts, je vous prie…

Une péniche glissait sur la Seine, ouvrant dans l'eau noire un sillage d'ondes qui vinrent longtemps lécher la berge en soubresauts multiples. Delphine me regardait…

Nocturne

 

Posté par Eronaute à 17:17 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 26 septembre 2007

Symphonie sylvestre

(Réédition...)

J'avais fait une halte au cours de ma promenade de l'après-midi. Assis au pied d'un hêtre, je m'étais assoupi, bercé par le bruissement léger des insectes, vaincu par la douce chaleur estivale… Et j'avais voluptueusement sombré dans des rêves peuplés de nymphes rieuses et de jeunes filles en fleur qui se disputaient mes faveurs…

L'écho d'une tendre querelle me tira du sommeil. A quelques pas de moi, dans une clairière moussue, deux jeunes gens sacrifiaient innocemment à Éros. Mais le jeune homme semblait trop pressé…

- Attends, disait la jeune fille ! Attends, Léo... Il n'y a pas que ça…

Cette seule phrase me la rendit sympathique. Lui, déterminé, tentait déjà de la prendre. Elle, qui ne me semblait pourtant pas farouche, se tortillait sous lui pour éviter l'estocade et finit par se dégager, reprenant le dessus, le clouant au sol d'un baiser qui n'en finissait plus… Elle se redressa, dégageant d'une main sa longue chevelure. Et je la reconnus : c'était Delphine !

On eût dit une blonde amazone terrassant sa victime, ou une figure de proue aux jeunes seins sculptés par le soleil d'août… Agenouillée au-dessus de sa proie, la chevauchant à son tour, elle considérait sa victime dont je voyais le sexe s'ériger comme un totem. Quelque part dans la forêt, un coucou s'évertuait à donner une heure qui n'intéressait personne.

- Et tu voudrais me priver de mes jeux préférés en envoyant au nid ce bel oiseau !

Décidément, cette fille avait de l'à-propos ! Elle faisait maintenant courir ses doigts sur le ventre de son compagnon étendu sur le dos … Elle se penchait sur lui, considérait le glaive qui avait bien failli la transpercer prématurément et s'apprêtait à le fourbir de ses lèvres roses. Le garçon ne bougeait plus, dans l'attente de cette bouche dont j'imaginais le souffle léger et le parfum...

C'est alors qu'elle me vit ! Un rai de lumière sans doute, un mouvement dans le feuillage qui ne me dissimulait guère, et elle me vit… Nous n'étions qu'à quelques mètres, à portée de murmure… Un imperceptible tremblement de tout son corps trahit, le temps d'une seule seconde, sa surprise et sa gêne passagère. J'allais discrètement m'éclipser quand son étrange regard et un indicible sourire, m'en dissuadèrent.

- Ne bouge plus, et pas un mot, d'accord ?

Avec une duplicité qui me réjouissait, n'était-elle pas en train de parler à son amant tout en s'adressant à moi ? Intrigué, je la vis couvrir soigneusement le visage de Léo de son tee-shirt, le persuader de se taire et de ne plus bouger. Puis, sans cesser de me regarder, elle saisit le membre dressé…

J'admirais la douceur et l'aisance de cette main qui allait et venait sans précipitation sur toute la longueur de la verge, accompagnant le prépuce pour recouvrir le gland où elle s'attardait, le caressant de gracieux mouvements circulaires… Puis elle reprenait, montait et descendait, impérieuse, serrant plus ou moins la hampe, l'assurant d'une main ferme pour la presser parfois au point que, veines saillantes, elle doublait de volume ! Attentive, Delphine contrôlait la vitesse du mouvement, l'accordait aux réactions de son ami, le masturbait très lentement pour soudain le branler frénétiquement et s'arrêter de nouveau. Elle le lâchait alors pour lui imprimer quelques petits coups de langue et je voyais ce sexe libre, animé de battements et de soubresauts annonciateurs d'une issue inévitable...

Alors, mutine, Delphine le saisit entre deux doigts, obtint en un instant le jaillissement précoce qu'elle attendait, et plongeant ses yeux dans les miens glissa farouchement son autre main entre ses cuisses...

 

La clairière frémissait sous une brise légère et tiède. Les herbes hautes chuchotaient et se courbaient mollement avec la nonchalance de danseuses lascives puis se redressaient dans le soleil. Silence d'été que nourrissait le bourdonnement continu d'insectes invisibles accompagnant quelques soli d'oiseaux... Symphonie sylvestre que Delphine dirigeait d'une main de velours...

Posté par Eronaute à 08:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 29 janvier 2007

Ondine

Un mince rai de soleil filtrait par les volets mal joints... J'observais sa course sur le corps de Marion. Le pinceau de lumière dorée avait embrasé un instant le haut de ses cuisses puis, suivant les courbes tendres de son ventre, était remonté entre ses seins, dans son cou, pour caresser bientôt sa bouche... "Marion...", dis-je à mi-voix... "...Ondine !"

Elle s'éveillait...

- Cela fait des années que tu ne m'as plus appelée Ondine ! Tu étais le seul... Tu te souviens ?

Elle s'étirait, découpant sa silhouette à contre jour, auréolée de lumière... Oui, je me souvenais…

Je me souviens encore de la première fois où je lui ai donné ce nom. Nous remontions la dune du Pilat. Elle me précédait de quelques pas, se retournant parfois pour m'attendre, campée sur ses longues jambes et se déhanchait de façon scandaleuse...

- Scandaleuse ? !

Elle refusait obstinément de mettre quelque chose sur son maillot trempé mais je n'osais pas lui dire... Ou alors, je ne trouvais pas les mots pour lui dire que ces transparences, là, n'étaient pas encore de son âge ! Je ne sais plus aujourd'hui ce que je redoutais le plus : quelle se couvre enfin ou que je laisse se manifester un peu plus du trouble que je ressentais depuis le matin... Elle s'était soudain jetée contre moi pour me dire, blottie et tremblante : "Mais que crains-tu ?"

- Que craignais-tu ?

Je me souviens de ce corps vibrant et chaud qui se pressait sur moi, cherchant à me prendre, me séduire... Et que j'écartais doucement, lui disant "Ondine... Non..." Elle eût un sourire triste et fier, et s'essayant à être menaçante pour rire : "Plus tard, tu te souviendras de ce jour où tu n'as pas voulu m'embrasser".

Lorsque nous sommes arrivés en haut de la dune, elle s'est plantée devant moi : "Tu sais, même si tu t'en vas, même si je suis trop jeune, même si nous sommes loin, nous passerons notre vie ensemble." Puis, en riant, elle a dessiné autour de moi un cercle dans le sable. Elle m'a expliqué que c’était un cercle magique qui faisait de moi son prisonnier, que jamais je ne pourrais en sortir… "Tu ne t’échapperas plus de moi " m'avait-elle dit soudain grave !

- J’avais raison, n’est-ce pas ? Tu ne t’es pas échappé ?

Je n'ai rien répondu. J’ai repensé à cette phrase de Faulkner :

"Elle avait fait un cercle à l’intérieur duquel il se trouve toujours."

 

Posté par Eronaute à 11:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 20 septembre 2006

Lecture cursive

- Est-ce que je peux vous poser une question ?

Delphine était arrivée à l'improviste alors que je barbotais dans la piscine. Elle se tenait sur le bord. De la position que j'occupais, au centre du bassin, la tête au ras de l'eau, je voyais le reflet tremblotant de sa silhouette blonde baignée de soleil et qui s'allongeait jusqu'à moi… Trois ou quatre brasses pour la rejoindre : je nageais dans son image ! Et je fus à ses pieds, avec l'envie terrible de la saisir par les chevilles pour la basculer dans l'eau…

- C'est une question un peu osée, mais… Je pensais qu'avec votre expérience…

- Tu veux dire que j'ai suffisamment d'heures de vol pour tout entendre ! Passe-moi ma serviette, je te rejoins…

Elle eut un geste pour m'envelopper du drap de bain et me sécher le dos, ce qui l'obligeait en fait à me prendre dans ses bras…

- Assieds-toi Delphine… Que veux-tu savoir ?

Elle se posa sur un petit tabouret. Allongé sur le sol, je lui donnais l'inconfortable impression de me dominer alors que je l'observais tout à loisir. Pieds nus, un vague short un peu lâche et un débardeur trop ample aux fines bretelles et aux emmanchures trop larges où ses petits seins fermes frémissaient à chacun de ses mouvements. Et elle bougeait beaucoup !

- Pourquoi les gens qui tiennent des blogs érotiques sont-ils soit vulgaires, soit chiants, tristes et sentencieux ? Et graves en plus… Mais graves de chez grave, vous voyez ? Comme si la sensualité, le corps, le désir, l'amour, tout ça… c'était une sorte de culte pour initiés avec ses règles, son langage…

J'interrompis un instant la contemplation de son sein gauche dont le bout, à l'orée de son débardeur, me parut s'être dressé tandis qu'elle me disait tout cela, et je tentais de me concentrer sur une réponse… Je n'en trouvais pas !

- Si c'est aussi chiant que tu le dis, je ne vois pas pourquoi tu les consultes, ces blogs !

- Mais parce que j'aime bien les histoires un peu osées, les photos et… Pas vous ? Je suis même sûre que vous avez déjà écrit des récits érotiques. Et que vous...

Aïe ! Elle me disait ça en rougissant mais avec un air qui me laissait penser qu'elle en savait plus sur moi que je ne le supposais… Elle descendit de son tabouret pour s'asseoir en tailleur sur les dalles humides m'offrant comme seule perspective possible à hauteur de mes yeux l'intérieur de ses cuisses.

- C'est vrai que vous écrivez ? Sue m'a montré un texte... Attendez...

Son short large baillait un peu tandis qu'elle s'étirait pour prendre un cahier et mon regard se perdit dans l'ombre où j'eus soudain la brûlante tentation de plonger une main ! Elle était si près que je distinguais sur ses jambes un infime duvet diaphane et que je croyais percevoir le parfum d'un désir naissant. Je voulais m'en assurer : j'avais envie de la sentir, de la goûter, tandis qu'elle babillait encore, me parlait des modes de l'érotisme et du style compassé de certains auteurs, me citait des extraits... Je vivais la scène, incrédule, et je me voyais aussi en train de la vivre... Déjà quelques bouts de phrases naissaient de l'image de cet entrebâillement où la chair allait mystérieusement en s'obscurcissant, me plongeant dans un abîme de perplexité... Comment écrire qu'il me semblait bien qu'elle ne portait pas de culotte alors que seuls quelques éclats éphémères et dorés me laissaient supposer le chatoiement d'une légère toison opalescente ? ...

- ... et vous me feriez l'amour, avant la fin de l'été ?

- Écoute... Je vais réfléchir à tout ça... On en reparle, d'accord ?

Ce n'est qu'après m'être éloigné de quelques pas que j'eus un doute...
Cette dernière phrase, là...
C'était une citation ou une question ?

Posté par Eronaute à 13:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 22 janvier 2006

Travaux d'été

delph

Je passe chaque été quelques jours chez un vieil ami, dans sa maison du Vercors. Mathieu jouit d'une solide réputation universitaire : il organise là conférences, cours et autres séminaires pour des étudiants étrangers... Etudiantes, devrais-je dire, car je n'y ai jamais vu que des bandes dissipées de jeunes filles occupant autant leur séjour à l'étude de la philosophie qu'au bronzage sous toutes les coutures... Le soir, le parc s'anime d'aimables veillées, de bavardages à mi-voix qu'accompagnent souvent d'étranges cavalcades dans les buissons...

Cette année, la blonde Delphine est venue rendre quelques petits services pour l'intendance… Un job d'été, puisque Delphine qui habite le village proche et que nous avons vu grandir, est encore étudiante. L'hospitalité de mon ami lui permet de profiter d'un enseignement sophistiqué, du grand air, de la piscine et de la compagnie d'étudiantes étrangères de passage. Je n'ai jamais su ce qui attirait là ces jeunes filles débarquées  par deux ou trois pour quelques jours… Complément de formation sans doute, dans le cadre de leur Université d'été et participation aux publications de Mathieu. Cela donne à cette vieille et grande bâtisse une ambiance particulière où alternent réunions studieuses sous les arbres, repos ou jeux d'eaux dont les rires éclaboussent jusqu'aux parois des montagnes proches. Et tandis que mon ami et moi, "vieux sages" parmi la jeunesse impétueuse, restons alors sur notre réserve bienveillante, ces demoiselles ne font généralement pas de manières, vont et viennent, se baignent et prennent le soleil fort peu vêtues ! Même Delphine…

Ce matin là, lorsqu'elle est venue me proposer un café, je relisais paisiblement quelques pages de "L'éthique", installé sur un transat. Levant le nez, j'ai d'abord vu ses pieds nus puis mon regard a glissé sur ses longues jambes jusque sur ses cuisses dorées pour découvrir enfin un minuscule short de bain blanc, seul vêtement qu'elle portait, qui épousait étroitement les courbes et les replis de son sexe. Je ne détachais plus mon regard de cet éloquent réseau de pleins et de déliés où je voyais se creuser dans le coton une étroite et profonde vallée… Puis elle s'est penchée pour me tendre une tasse. Emergeant alors complètement de la lecture aride de Spinoza, j'ai découvert ses jeunes seins pointus, qui malgré sa posture restaient fermement dans leur position initiale… Enfin j'ai vu son visage encadré de ses longs cheveux qu'elle avait dénoués et ses yeux bleus plongés dans les miens, un petit sourire de défi piqué au coin de la bouche.

Un éclair vif dans son regard, une infime accélération de son souffle, un frémissement imperceptible de ses lèvres firent naître en moi la tentation d'un baiser... Je n'avais qu'à l'attirer, lui faire perdre l'équilibre pour qu'elle se retrouve affalée sur moi, dans mes bras... Une brise légère tournait l'une après l'autre les pages de mon livre qui effleuraient au passage la pointe de son sein... Une seconde d'éternité ! Je me voyais soulever ma main, tendre mes doigts vers la peau blanche, empaumer ces deux fruits parfaits dont le téton s'éveillait...

- Je vais me baigner, a-t-elle dit. Pas vous ? 

- Heu, non… Pas ce matin ! Mais avant, passe donc sous la douche : tu es couverte de brindilles... Le soir il n'y a pas beaucoup d'amateurs pour nettoyer la piscine ! 

J'ai retrouvé dans sa moue capricieuse la petite fille que j'avais connue autrefois…

- Pas de problème !

Elle a reculé de quelques pas... Médusé, je l'ai vue faire glisser son short qu'elle a lancé jusqu'à moi d'un lent et gracieux mouvement du pied. Puis saisissant le tuyau d'arrosage qui se trouvait là, riant parce que je protégeais mes papiers des gouttes qu'elle projetait, elle a commencé à s'asperger.

- Voilà ! Ca vous va comme ça ? Je suis toute mouillée... 

De minces filets d'eau ruisselaient entre ses seins, sur son ventre, convergeaient vers son pubis, s'accrochaient dans la lumière à ses poils blonds pour s'en échapper en gouttes brillantes entre ses cuisses…

Et faisant volte face, elle a couru vers la piscine, me présentant son petit cul adorablement musclé...

Posté par Eronaute à 19:16 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,